
Trouve ta propre couleur, ce qui vibre en toi
Ce conte méditatif a été enregistré en live, chaleureux merci aux participants ! Je vous propose de partir à la rencontre de Naelle la peintre amoureuse des couleurs. Ensemble nous allons partager le chemin qui l’amène à découvrir sa propre couleur. Je vous invite à assister à sa prise de conscience, un peu comme si nous étions à ses côtés. Du fond de mon coeur Photo : merci à Wictor Sparrow pexels pour cette jolie illustration
Script
Alors je vous invite à vous installer,
À sentir vos pieds sur le sol,
À entrer en contact avec tous les sons qui nous entourent,
Le son à l'extérieur de cette salle puisque nous sommes en live,
Le son de ma voix,
Le son peut-être de votre respiration,
Tout ce qui est là est utile,
Le son de l'oiseau qui vient de passer,
Tout ce qui est là est utile pour nous permettre de rentrer dans un espace de nous-mêmes qui est toujours accessible,
Un espace de nous-mêmes dans lequel nous pouvons trouver de la paix,
De ressourcement,
En fermant les yeux et juste en entrant en contact avec ce qui est,
Quels que soient les bruits extérieurs ou les bruits intérieurs.
Je vous invite à vous asseoir pleinement dans votre corps et à sentir le poids de vos pieds sur le sol,
Tu peux prendre la mesure de tes doigts dans tes chaussures,
De tes orteils dans tes chaussures,
À droite et à gauche le pouce,
Le deuxième orteil,
Le troisième orteil,
Le quatrième orteil et le cinquième orteil,
Tu peux laisser totalement tes pieds posés dans tes chaussures et à mesure que tes pieds posent dans tes chaussures,
Tu peux sentir que ton visage se détend,
Se relaxe,
En mettant un petit sourire,
Tu peux sentir combien à l'intérieur de toi,
Il existe grâce à ce sourire une zone de tranquillité,
Toujours accessible,
Dès que nous fermons les yeux,
Quel que soit l'univers autour de nous,
Quels que soient les bruits de la ville,
Les bruits de ce qui nous entoure,
Un sourire et les yeux fermés nous amènent dans un espace extrêmement précieux de nous-mêmes.
Je vais te raconter une histoire qui se terminera par un son,
Celui-là,
Pour comprendre que l'histoire est terminée.
Dans un village accroch�� aux pentes douces d'une colline,
Les maisons semblaient raconter des histoires quand on les regardait.
Il y avait celle qui était toute rouge,
C'était la maison du charcutier.
Il y avait cette maison rouge,
Pleine de courage et pleine des tempêtes traversées.
Un peu plus haut,
Il y avait une maison jaune qui éclatait de lumière sous le soleil.
La maison jaune était toujours entourée d'enfants et de rires.
Et près du figuier,
Il y avait une autre maison,
Une maison peinte de différents bleus.
Cette maison était paisible,
Silencieuse.
L'on disait que le temps s'y écoulait plus doucement qu'ailleurs.
Une autre maison plus loin était orangée et puis une autre encore bleu-ciel et encore une autre vert mousse et encore une autre vert pomme.
Toutes les maisons du village,
Toutes les maisons sur cette colline avaient de la couleur,
Du rose au violet en passant par l'indigo et même une maison arc-en-ciel.
Chaque couleur avait une présence,
C'était un peu une évidence.
On ne se demandait pas pourquoi la couleur était là.
Elle était là,
Juste,
À cet endroit.
Au milieu de tout cela vivait une jeune fille nommée Naël.
Sa maison à elle,
Pour une raison tout à fait étrange,
Était grise.
Pas un gris franc,
Pas un gris choisi,
Un gris indécis.
Un gris comme un ciel qui n'arrive pas à savoir s'il veut ou non pleuvoir.
On aurait dit que la couleur avait commencé et puis s'était arrêtée en chemin.
Naël passait souvent de longues heures assise devant sa maison à observer les autres maisons.
Elle n'éprouvait pas de jalousie,
Non.
Plutôt une sorte de curiosité,
Une sorte de nostalgie sans souvenir.
C'était très étrange à éprouver.
Elle sentait,
À l'intérieur d'elle-même,
Que quelque chose lui manquait.
Dans son ventre,
Une sensation lui disait,
J'ai besoin de me remplir,
Je me sens vide.
C'était tout à fait étrange.
Ce quelque chose qui lui manquait n'avait pas vraiment de mot,
N'avait pas vraiment de nom.
Depuis longtemps,
Une idée s'était installée en Naël,
Douce idée mais persistante.
Les autres ont quelque chose que je n'ai pas.
Une couleur à eux,
Une évidence.
Moi,
Il me manque une part essentielle.
Ce n'était pas une pensée bruyante,
C'était une sensation diffuse qui revenait dans les silences quand Naël regardait ses mains,
Quand il tentait de créer,
Quand elle tentait de fabriquer des choses.
Naël peignait.
Naël peignait depuis toujours,
Presque.
Elle avait appris seule en observant les ombres,
La lumière,
Les feuilles,
Le reflet dans l'eau.
Mais au lieu de peindre ce qu'elle ressentait,
Elle peignait ce qu'elle croyait devoir être.
Elle se mettait à une pression phénoménale pour peindre ce qui lui semblait bon,
Juste,
Bon de peindre.
Un jour,
Elle peignait avec des traits forts comme la Maison Rouge et des couleurs intenses,
Presque violentes.
Le lendemain,
Elle essayait la douceur de la Maison Bleue.
Et puis un autre jour,
La légèreté de la Maison Orange.
Et puis,
Un autre jour,
La joie de la Maison Jaune.
Elle copiait sans le dire.
Elle adaptait.
Elle ajustait.
Elle corrigeait.
Ces toiles étaient-elles belles ?
Étaient-elles justes ?
Personne ne pouvait vraiment dire qu'elles étaient ratées.
Et pourtant,
Lorsque Naël les regardait le soir,
Une étrange sensation montait en elle.
Ce fameux vide.
Ce fameux vide qui revenait,
Comme si tout était là,
Sauf quelque chose d'essentiel.
La toile était pleine de couleurs,
Sans présence.
Alors,
Elle recommençait encore et encore et encore.
Plus les jours passaient et plus Naël cherchait sa couleur et plus sa couleur semblait s'éloigner.
Parfois,
Elle s'approchait des autres,
Écoutait leur histoire,
Espérait comprendre quelque chose,
Comprendre pourquoi ce vide en elle.
Mais chaque récit ne faisait que renforcer une impression profonde,
Intérieure.
Les autres avaient quelque chose à dire,
Mais elle,
Non.
Alors,
Naël se retirait et dans ce retrait,
Une mélancolie douce s'installait.
Pas une tristesse lourde,
Plutôt une absence,
Un vide.
Un soir d'orage,
Le ciel changea brusquement.
Le vin levant se leva sans prévenir,
Soulevant la poussière des chemins,
Faisant claquer les volets.
Les gens rentraient rapidement chez eux.
Naël resta dehors,
Un instant de plus,
Regardant les couleurs du village vibrer sous les éclairs du tonnerre.
Puis la pluie tomba,
Fracassante,
Presque irréelle.
Cette pluie tombait tout droit.
Cette pluie tombait,
Tombait,
Tombait,
Comme si la pluie voulait recouvrir le monde sans le déranger.
Naël rentra chez elle trempée,
Sans vraiment comprendre pourquoi son cœur battait plus fort.
Elle s'endormit et au matin,
Le silence était total.
Elle sortit de sa maison grise,
S'arrêta nette.
Tout dans le village était gris.
Les maisons rouges,
Jaunes,
Bleues,
Oranges,
Vertes,
Vermillons,
Bleu ciel,
Toutes avaient perdu leurs couleurs.
Le village entier semblait figé dans une seule teinte,
Uniforme,
Étrange.
Les habitants en sortirent,
Troublés.
Certains touchaient les murs pour vérifier qu'ils étaient réels.
Naël regardait autour d'elle,
Le souffle court,
Mais quelque chose attira son attention,
Ses mains.
Une goutte tombait de son visage,
Une larme.
La larme s'écrasa sur le sol et là,
Elle toucha la terre.
Et à l'endroit de la larme apparut un bleu,
Pas le bleu de la maison près du figuier,
Non,
Un autre bleu,
Un bleu plus profond,
Plus dense,
Comme s'il venait de très,
Très,
Très,
Très loin.
Naël resta immobile,
Et puis une deuxième larme coula,
Et le bleu s'étendit,
Et puis plus rien.
Le silence s'épaissit,
Même le vent avait cessé.
Naël fixa la tâche de couleur comme si elle pouvait disparaître à tout instant.
Elle voulait par son regard la capturer.
Son cœur battait lentement maintenant,
Lourd,
Incertain.
Une pensée traversa son esprit,
Presque effrayante.
Et si tout cela n'était pas dû au hasard ?
Naël essuya ses joues,
Attendait,
Rien ne se produisit.
Elle resta là,
Immobile,
Suspendue entre deux mondes,
Celui où tout était gris et celui où quelque chose venait d'apparaître sans explication.
Elle regarda autour d'elle,
Les maisons restaient ternes,
Le village figé.
Alors,
Une autre pensée monta,
Plus profonde,
Plus intime.
Et si cette couleur n'appartenait qu'à moi ?
Un frisson traversa Naël.
Ce n'était pas du tout une certitude rassurante,
C'était vertigineux.
Parce que si c'était vrai,
Cela voulait dire que Naël n'avait plus à chercher ailleurs,
Qu'elle n'avait plus besoin d'imiter,
Qu'elle devait regarder en elle et sentir ses émotions vivre,
Sentir ses émotions sortir,
Se laisser pleurer si elle était triste,
Se laisser rire aux larmes si elle était joyeuse.
Et pendant un instant,
Naël hésita.
Vraiment.
Que fallait-il faire ?
Revenir à ce que je connais ?
Continuer à copier,
Ajuster,
À rester dans ce gris qui m'était familier ?
Ou franchir quelque chose d'inconnu,
Sans garantie,
Sans modèle ?
Les doigts de Naël tremblèrent légèrement,
Et presque malgré elle,
Elle se releva et rentra dans sa maison.
Pendant des heures un peu estomaquée,
Elle resta assise,
Sans bouger,
En regardant par la fenêtre le village qui était devenu tout gris,
Et à l'intérieur d'elle-même,
Un étrange carnaval d'émotions.
Un étrange ballet de sensations physiques,
De pensées.
Enfin,
Elle sentait la vie en elle.
Lentement,
Elle prit une toile.
Et pour la première fois,
Elle ne réfléchissa pas à copier.
Il n'y avait rien à penser.
Elle ne pensa pas aux autres maisons qu'elle avait tant et tant copiées.
Elle ne chercha pas à bien faire.
Elle prit seulement ses pinceaux,
Ses peintures,
Et sans réfléchir,
En fermant les yeux,
En clignant parfois des yeux.
Elle laissa venir ce qu'elle ressentait de ses profondeurs.
Au début,
C'était tout à fait confus,
Tellement inhabituel.
Une lourdeur dans la poitrine,
Une sensation de manque,
La fameuse sensation de vide,
La fameuse sensation de « mais je n'ai rien à dire ».
Et puis,
Cet ensemble engendra une tristesse,
Une tristesse sans image,
Tout à fait surprenante.
Les mains de Naël tremblèrent légèrement,
Et progressivement,
Elle posa une première couleur,
Ce fameux bleu,
Ce fameux bleu à elle,
Ce bleu qui était sorti de ses larmes.
Au début,
Ce n'était pas harmonieux,
Pas équilibré,
Pas beau au sens habituel,
Mais c'était vivant,
Vivant,
Vivant,
Vivant.
C'étaient les couleurs de ses profondeurs,
Et puis bien vite,
Alors que son pinceau parcourait la toile,
Chaque émotion devenait une teinte,
Tout à fait différente.
Chaque sensation trouvait un chemin.
La mélancolie devenait profondeur,
Le manque devenait intensité,
Le désir devenait lumière.
Et peu à peu,
Une toile prit forme,
Pas comme celle des autres,
Pas celle que Naël avait peinte jusqu'à présent,
Non.
Une toile libre,
Une toile sans jugement sur soi,
Une toile pleinement assumée,
Une toile pleinement vivante.
Naël peignait,
Peignait,
Peignait,
Sans chercher à ressembler,
Sans chercher à corriger.
Parfois,
C'était inconfortable.
Ce teintiment dans sa poitrine était inconfortable.
Parfois,
Elle doutait,
Mais à chaque fois,
Quelque chose de stable,
Et pour la première fois,
Comme un fil,
Comme quelque chose qu'elle pouvait étirer.
Les habitants,
Intrigués,
Commencèrent à revenir vers Naël,
Pas pour retrouver leurs anciennes couleurs,
Mais pour comprendre ce qui émanait de ces toiles.
Certains restaient longtemps sans parler,
Et d'autres ressentaient des choses qu'ils n'avaient jamais ressenties,
Et qu'ils ne pouvaient même pas nommer.
« Il y a quelque chose,
Disait-il,
Je sens quelque chose dans tes toiles,
Naël.
» Naël ne cherchait plus à expliquer,
Elle peignait simplement,
Et peu à peu,
À mesure que Naël peignait dans la liberté de sa propre création,
Les couleurs revinrent dans le village.
Elles n'étaient plus tout à fait les mêmes,
Comme si elles avaient été touchées par la grâce,
Comme si elles avaient été touchées par quelque chose de plus profond.
Un soir,
Naël regarda les collines assises devant sa maison.
Sa maison était toujours là,
Grise,
Et par un manque qui n'était plus un manque.
Elle voyait partout que sa maison avait pris des nuances,
Avait pris la beauté qui était la sienne.
Alors Naël comprit,
Avec une clarté tranquille,
Que ce qu'elle avait toujours pris pour un manque était en réalité un passage,
Une profondeur,
Que les autres ne vivaient pas de la même manière.
Naël comprit que sa sensibilité ne demandait pas à être corrigée,
Mais à être traversée,
À être assumée,
À être incarnée.
Naël n'avait plus besoin de copier,
Elle n'avait plus besoin de douter,
Elle pouvait désormais être exactement qui elle était,
Peindre ce qu'elle voulait.
Que ce soit avec le bleu,
Ou avec toutes les nuances,
Ou avec le gris,
Tout était désormais possible.
Elle avait simplement cherché sa couleur en elle,
Profondément en elle.
Et maintenant qu'elle laissait sa propre couleur exister,
Qu'elle ne ressemblait à aucune autre,
Elle pouvait découvrir ce qu'était sa propre beauté.
Et alors,
Le village qui avait repris toutes ses couleurs,
Put se rendre chez Naël pour fêter le retour des couleurs,
Le retour de la vie,
Le retour de l'autorisation à être pleinement qui tu es.
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