
Histoire pour dormir
Du fond de mon coeur, je vous partage cette histoire écrite pour entrer dans le sommeil. Elio le cartographe vit une expérience initiatique, comme vous si vous souhaitez entendre cette dimension. Les basses fréquences du ronron du chat nous accompagnent vers la relaxation puis l'endormissement. J'ai grand plaisir à vous conduire à la rencontre de ce ronronnement qui va accompagner votre sommeil. Ainsi, vous vous régénérez délicieusement. Merci Min An pour la photo pexel
Script
Bonsoir,
Bienvenue dans le programme Nuit Paisible,
8 heures pour se reposer et bien dormir,
Tout simplement.
Je suis Florence Lamouret et j'ai à cœur de contribuer,
À la mesure qui est la mienne,
À diffuser la douceur,
La paix,
Le bien-être.
Ainsi je te propose de t'installer exactement comme c'est bon pour toi,
Là où tu te trouves,
Te poser,
Te poser dans ton corps,
C'est-à-dire sentir tes épaules,
Sentir ton dos,
Sentir tes bras et ajuster la posture exactement comme tu le souhaites.
Tu peux écarter totalement les doigts,
Les bras,
Les jambes et sentir ton corps reposer dans cette position.
Tu peux également contracter,
Te mettre dans une posture de fœtus avec les genoux proches de la cage thoracique et puis les bras qui enlacent tes genoux et ainsi passer d'une position resserrée contre toi à une position totalement ouverte.
Je resserre le corps là où je le souhaite et j'ouvre complètement.
Opte pour la position que tu souhaites,
Avec toutes les variations qui te plaisent,
C'est toi qui décide.
Installe-toi le plus confortablement et surtout prends conscience de ta qualité d'accueil,
Tu peux totalement accueillir ton corps.
Que ma voix t'accompagne,
Une partie de toi est à l'écoute et une autre partie est déjà exactement à l'endroit de son repos.
Pendant que ma voix dresse un chemin,
Dessine une possibilité dans la nuit qui vient qui est là,
Alors tu peux sentir le repos s'installer,
La détente s'installer à mesure qu'une autre partie de toi écoute avec curiosité,
Avec intérêt,
Peut-être même avec attente.
Ainsi toutes les parties de toi sont là présentes dans ce moment et c'est extraordinaire que d'être présent dans le moment.
Tu peux porter ton attention sur ta respiration,
L'air entre,
L'air sort et il n'y a rien besoin de faire,
Tout cela se fait.
Observe combien ton corps est respiré.
Et pour mieux observer combien ton corps est respiré,
Tu peux décider d'inspirer profondément par la bouche ou par le nez comme c'est bon pour toi et puis d'expirer sans ta respiration se faire.
Tu inspires volontairement et tu expires en relâchant tout.
L'air entre,
Tu le sens passer à travers tes narines et puis l'air sort et lorsque l'air sort,
Tu constates que sa température est légèrement différente.
Et alors tu peux continuer à inspirer,
Expirer,
Inspire,
Expire comme bon te semble,
À mesure que ma voix trace le chemin une partie de toi est à l'écoute et une partie de toi est déjà dans la détente.
Peut-être déjà dans une forme de sommeil,
Une partie de toi expérimente les multiples visages du sommeil.
Ainsi tu peux observer tes mains,
Là où sont posées tes mains,
Quelles sont les sensations.
Observe ton pouce droit,
Puis ton index de la main droite et passons à la main gauche.
L'index et l'auriculaire.
Certaines sensations deviennent plus présentes et d'autres plus diffuses et cet équilibre évolue.
Le repos s'organise de lui-même.
Ainsi je vais te raconter une histoire.
C'est l'histoire d'Elio.
Elio vivait dans un village posé,
À l'endroit exact où les saisons hésitent.
Elio était cartographe.
Il aimait dessiner des routes,
Des chemins,
Indiquer l'altitude,
Le niveau,
Les crêtes et les vallées.
Il mettait des couleurs douces qu'il appliquait à l'aquarelle avec un grand soin et beaucoup de délicatesse.
Oh,
Comme ses cartes étaient belles.
Il était reconnu pour la précision de ses cartes par ceux qui aimaient connaître leur chemin,
Savoir exactement ce qu'ils allaient rencontrer sur la route.
Il était admiré par ceux qui aimaient la beauté de ses nuances.
Elio faisait partie des plus grands géographes du monde.
Il recevait les informations de ses collègues géographes et compilait les expériences des randonneurs,
Des automobilistes,
Des cadastres,
Toutes les informations venues d'un peu partout pour préciser ses cartes.
Sa capacité à synthétiser toutes ces informations était saluée par ses collègues.
Ses collègues voyaient bien qu'Elio avait un sens inné de l'espace,
Un petit quelque chose qui ne s'apprend pas.
Elio aujourd'hui ne quittait plus sa maison.
Autrefois,
Il avait voyagé,
Voyagé,
Voyagé.
Il sentait lui aussi qu'il avait un sens inné de l'espace.
Une partie de lui connaissait le chemin alors même qu'il n'était jamais venu dans cet endroit.
Elio avait donc voyagé,
Voyagé,
Voyagé.
On disait de lui qu'il savait parfaitement s'orienter.
Il faisait l'admiration de son entourage.
Tout naturellement,
Il avait donc fait des études de géographe,
Cartographe.
Et il diffusait à travers le monde entier sa façon de concevoir ses cartes,
De représenter l'espace.
Il diffusait un grand bien-être,
Une sensation extrêmement agréable pour chacun.
La sensation d'être vraiment à sa place.
Elio,
Par sa présence,
Par son travail,
Par sa précision,
Par ses couleurs,
Par ses cartes,
Diffusait la douceur,
La détente,
La tranquillité d'être.
À sa place.
Un jour pourtant,
Vers 35 ans je crois,
Peut-être 32,
Je n'ai pas l'information précise,
Un jour pourtant,
Alors qu'il accompagnait un groupe de Japonais,
Je crois.
Non,
Des Européens.
Ah oui,
Ça me revient.
C'était en Tanzanie.
Oui,
C'est ça.
Le groupe voulait voir le monde d'en haut.
Le groupe voulait voir le monde du dessus de Kilimanjaro.
Le groupe était extrêmement fier d'être avec un tel géographe cartographe.
Chacun se sentait tellement bien,
Tellement à sa place.
Quelle sensation merveilleuse.
Quelle détente.
Quelle douce simplicité.
Comme à l'accoutumée,
Elio prenait ses repères sans faire le moindre effort.
Ça se faisait tout seul.
Il était exactement là où il devait être.
Lors de cette ascension pourtant,
Elio s'était trompé de chemin.
Rien de dramatique.
Le groupe ne s'était même rendu compte de rien.
Chacun à la descente se sentait rempli d'une immense tranquillité.
Chacun respirait profondément,
Largement.
Chacun expérimentait les bienfaits de se sentir simplement bien,
Détendu,
Relaxé,
Tranquille.
Le groupe était rentré sain et sauf,
Rempli d'une nouvelle dimension de soi.
Mais pour Elio,
C'était différent.
Quelque chose en lui était resté là-bas.
Depuis,
Il était terrorisé à l'idée de perdre le contrôle,
De lâcher la maîtrise,
De se tromper de route,
D'oublier quelque chose,
De faire le mauvais choix.
Alors,
Elio avait choisi l'immobilité.
Il avait perdu le repos.
Il explorait le monde depuis son bureau,
Voyageant par l'encre,
Les courbes et les échelles.
Ses cartes faisaient le tour des royaumes et lui restait chez lui,
Pétrifié par une forme de peur.
Une petite chatte s'était présentée à sa porte.
Il l'avait recueillie et nommée tout simplement Lune.
Lune,
Cette petite chatte venue d'on ne sait où,
Avait un pelage fauve.
Fauve comme l'heure dorée qu'aiment tant les photographes,
Vous savez.
Cette heure où la lumière du soleil est la plus chaude,
La plus douce.
Cette période où le soleil se trouve entre 0° et 6° au-dessus de l'horizon.
Ce moment où le soleil s'habille de multiples orangées,
Jaunes et or.
Le pelage de Lune,
La douce petite chatte,
Était tout en nuances.
Lune possédait un don.
Un don discret,
Incroyable et pourtant tellement efficace.
Ses ronronnements n'étaient pas simplement apaisants,
Relaxants.
Ils accordaient les cœurs,
Ils accordaient les situations,
Ils accordaient les temps,
Ils accordaient les idées.
Les ronronnements de Lune remettaient en mouvement ce qui était contracté,
Comme si chaque vibration rappelait au corps sa capacité naturelle à se relaxer,
À se réguler.
Lorsque Lune ronronnait,
Elio retrouvait le goût de respirer sans se surveiller.
Lorsque Lune ronronnait,
Elio touchait le calme intérieur.
Lune était sa gardienne.
Un soir d'automne,
Alors que le feu crépitait tranquillement,
Quelqu'un frappa à la porte d'Elio.
Une femme,
Maelys,
Se tenait là.
Personne ne l'avait vue arriver,
Personne ne la connaissait.
Elle semblait avoir emprunté un chemin que le village ne comptait pas.
Elle entra sans demander,
Comme si la maison l'attendait depuis longtemps.
Elle posa sur la table une carte,
Une carte inachevée,
Traversée d'un blanc inquiétant.
Elle regarda la carte et dit « ce vide grandit » dans un mélange de colère et de tristesse.
Elle ajouta « si personne ne le traverse,
Il avalera tous les chemins et s'en sera fini de la possibilité de trouver sa place.
Je ne veux plus me taire,
J'ai trop peur,
J'en ai assez.
Les routes du monde commencent à disparaître et tu es le seul à pouvoir les lire avant qu'elles ne s'effacent.
Rends-moi la douceur du sommeil que ce trou m'a volé.
» Aussitôt,
Sa peur de se tromper,
De faire un pas irréversible,
De perdre ses repères,
Se réveilla et Elio refusa.
Maelys ne discuta pas.
Elle se contenta de caresser l'une qui se mit à ronronner d'une manière nouvelle,
Plus profonde,
Presque vibrante.
Puis Maelys disparut,
Laissant sa carte derrière elle.
Les jours suivants,
Elio tenta d'ignorer l'appel.
Non,
Il avait dû rêver,
Cette chose-là n'est pas arrivée.
Mais la nuit,
Il rêvait de chemins qui s'effaçaient sous ses pieds.
Il était pris d'une forme de panique.
Le sommeil le quittait.
Et un désir grandissait en lui,
Malgré lui.
Non pas le désir de partir loin,
Mais celui de ne plus rétrécir.
Il ne pouvait pas laisser cette carte vide.
En regardant la carte de plus près,
Il comprit que la partie manquante commençait au seuil de sa propre maison.
Etait de franchir le seuil de son contrôle et de dessiner le début du chemin.
Lune,
La petite chatte fidèle,
Était à ses côtés,
Alternant silence et ronronnement.
Elio sentait tout le soutien de sa petite lune,
Fidèle,
Attentive,
Douce,
Présente.
Lorsqu'il doutait,
Lune se plaçait sur ses genoux.
Lorsqu'il paniquait à l'idée de ne pas savoir comment traverser le vide de la carte,
Elle ronronnait.
Elle ronronnait jusqu'à ce que le souffle d'Elio s'élargisse,
Se détende,
Se tranquillise.
Il pouvait alors inspirer,
Expirer librement,
Inspirer encore et expirer encore,
Tout à fait délicatement.
Elio finit par franchir le seuil,
Il finit par traverser le vide de la carte.
Lune ne poussait pas,
Elle invitait,
Elle invitait par son ronronnement.
Le voyage de la traversée du trou dans la carte fut étrange.
Elio passait le seuil de sa maison,
Revenait à sa carte pour en dessiner le chemin.
Ce simple mouvement était une succession d'épreuves.
Elio fut confronté à sa peur de se tromper,
Sa pensée n'arrêtait pas de le critiquer.
Enfin quand même,
C'est ridicule,
Ce n'est pas difficile de passer de ta table à carte au seuil de ta porte,
Tu l'exagères.
Sa pensée le faisait tourner en boucle,
Il ne trouvait ni la paix,
Ni le sommeil.
Tu n'es pas assez bon pour voir ce simple chemin,
Reste en alerte,
Tu dois tout contrôler.
Lune percevait les mouvements contraignants de sa pensée,
Sa pensée refusait à Elio la possibilité de se laisser tranquille,
De se détendre.
Lune redoublait ses ronrons encourageants pour lui dire,
Tu peux te laisser aller,
Le chemin va se faire tout seul,
Dans la douceur avec toi même.
Elio recevait les encouragements et sentait que Lune l'invitait à renoncer à tout maîtriser,
Renoncer à tout maîtriser pour revenir à la douceur de qui il est.
Sa bataille est forte sur la table à tracer du cartographe et la petite Lune redoublait de douceur.
A un moment clé,
Au cœur du blanc de la carte,
Elio comprit que ce qui le redoutait n'était pas de se perdre,
Mais de se transformer,
De se laisser faire,
De se laisser aller,
À la détente,
De retrouver la simplicité du chemin.
Lorsqu'il eut compris ça,
Quelque chose se débloqua.
Le dénouement surprit Elio lui-même.
Il ne conquit rien,
Il ne traça pas un nouveau chemin,
Il s'arrêta pleinement,
Complètement,
Totalement,
Et dans cet arrêt pleinement,
Totalement,
Complètement présent aux sensations de son corps,
À l'instant qu'il est là,
Et dans cet arrêt conscient de sa capacité à avancer sans connaître,
Les routes réapparurent.
La carte se compléta,
Non par le mouvement,
Mais par la présence.
La carte se compléta avec toutes les nuances,
Les couleurs,
Les tracés qu'Elio connaissait si bien.
Maelys réapparut quelques jours plus tard,
Et sans rien dire,
Elle lui sourit,
Reprit la carte désormais complète,
Et reprit son chemin.
Elle était maintenant détendue,
Tranquille,
Elio avait accueilli sa tristesse,
Sa colère,
Il pouvait avancer dans la douceur de faire un pas après un pas.
Avant de quitter la maison,
Maelys prit le temps de sentir le ronronnement de lune,
Elle regarda Elio avec une infinie tendresse,
Tout empli du ronronnement de lune.
La demande de Maelys avait été entendue,
Et ils pouvaient désormais,
L'un et l'autre,
Reprendre leur chemin respectif.
Ils pouvaient désormais avancer,
Et s'arrêter de se figer,
Pour faire place à la douceur,
À la détente d'être pleinement,
À sa place,
À compter.
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