
Conte Edmée la maison aux 5 portes
J’ai plaisir à vous partager ce conte partagé lors d'une sieste contée que j'avais le bonheur de guider. Il parle de choix, de regard, d'ouverture et comme à mon habitude de douceur. Et oui ! Nous pouvons accomplir nos exploits dans l’ouverture à l’autre et le consentement. Du fond du coeur, j’espère qu’il vous enchantera et vous embrasse Bravo à Noelle Otto pour sa photo pexel
Script
Alors je vous invite à vous installer,
À prendre le temps de vous installer et puis à commencer à entrer dans l'univers de ma voix.
Alors peut-être pour l'instant vous devez tendre un peu l'oreille et puis dans quelques minutes,
Dans quelques secondes peut-être,
Marius aura la gentillesse de me rejoindre avec le kalimba.
Laissez donc votre oreille s'ouvrir à cet autre univers,
À cet univers tout tranquille,
Tout doux,
Un univers qui va nous permettre de cheminer à travers une histoire,
Une histoire qui va nous compter la femme aux cinq portes.
Il était une fois Edmé,
Une femme qui était passagère de sa propre vie.
Elle ne s'était pas rendue compte qu'elle pouvait habiter sa vie.
D'ailleurs elle ne s'était jamais posé la question.
Edmé était ce qu'on appelle une personne tout à fait intégrée.
Elle avait un métier,
Elle a eu une famille,
Elle avait des enfants et puis elle traversait sa vie comme on passe devant une vitrine.
Parfois elle regardait à l'intérieur de la vitrine sans vraiment voir ce qui s'y trouvait et d'autres fois Edmé passait devant la vitrine sans même regarder.
Et puis un jour alors qu'elle cheminait dans sa propre rue pour aller jusqu'à sa propre maison,
Edmé s'aperçut qu'il y avait une autre maison,
Une maison qu'elle n'avait jamais vue,
Une maison qu'elle n'avait jamais pris le temps de regarder.
Edmé était interloqué.
Comment est-il possible que je n'ai pas vu cette maison ?
Alors bien sûr il commença à se dire mais pauvre fille,
Tu dis n'importe quoi franchement,
Cette maison elle a toujours été là.
Sa petite voix intérieure était extrêmement critique envers elle-même.
Alors la petite voix intérieure continuait et elle lui disait Edmé franchement t'es vraiment incapable,
Cette maison est dans ta rue et tu ne l'as jamais vue,
N'importe quoi,
Tu es vraiment nulle.
Et Edmé avait tellement l'habitude d'entendre cette petite voix qu'elle n'y prêta pas vraiment attention.
Bien sûr elle connaissait les sensations que cette petite voix engendrait,
Ces sensations tellement désagréables,
Ces sensations qui étaient tellement asséchantes à l'intérieur.
Edmé s'était habituée à entendre les sensations.
Edmé continua à avancer un peu entre deux,
Entre l'envie d'aller vers cette maison qu'elle n'avait jamais vue et puis l'écoute de sa voix intérieure qui lui disait franchement ça n'a pas de sens.
T'as déjà pas le temps et tu vas aller voir un truc que tu connais pas franchement ça n'a pas de sens.
Mais quand même une autre petite voix intérieure lui disait allez vas-y essaye alors Edmé se laissa aller.
Edmé se laissa guider et s'est pas l'emmener devant cette maison qu'elle n'avait jamais vue.
Elle se positionna devant cette maison et elle en poussa une première porte.
Cette première porte l'emmena devant un jardin,
Un jardin totalement en friche,
Un jardin qui sans doute naguère avait été joli ou peut-être coloré.
Et bien aujourd'hui il était empli de broussailles,
Il était complètement inaccessible.
Edmé toujours habitée par sa voix intérieure se dit mais oh là là oh là là.
Et puis elle commença à regarder.
Elle vit des fleurs fanées,
Elle vit un fenouil tellement monté qu'il avait donné plein de graines.
Elle vit une serre un peu comme la de Lilian,
Une serre elle aussi abandonnée.
Toujours avec sa petite voix intérieure,
Edmé se dit oh là là quel chaos,
Ce jardin est une friche.
Elle sentit à l'intérieur d'elle même une sorte de crainte,
Une sorte de crispation.
Et sa voix intérieure était toujours là à lui dire t'es incapable d'aller dans des endroits jolis,
Te voilà maintenant devant cette maison dans un jardin complètement en friche,
Incroyable.
Pourtant une autre petite voix toute petite poussait Edmé à parcourir ce jardin dont elle ne connaissait rien.
Cette petite voix toute petite,
Toute petite,
Toute petite lui permit de voir qu'il y avait dans ce jardin un basilic,
Un basilic qui par miracle avait résisté à la chaleur de l'été.
Elle se dit quelle merveille.
Alors tout en sentant ses deux voix intérieures elle se dit l'été a été sec et pourtant ce basilic a survécu,
Ce basilic a trouvé loin loin loin de quoi se nourrir,
Un peu comme dans la serre de Lilian.
Et la petite voix lui dit ne juge pas cet ensemble de friches,
Ne juge pas ce jardin chaotique,
Réjouis-toi de la possibilité de voir ces graines de fenouil portées par le vent,
Réjouis-toi de la possibilité de voir ici quelques feuilles d'oseille qu'encore tu peux cueillir.
Alors Edmé était un peu étonnée,
Un peu ébranlée de l'intérieur,
Pas tout à fait tranquille tout de même.
En tout cas elle se dit qu'elle allait continuer son chemin et en passant par la deuxième porte,
La porte de la maison,
Elle s'autorisa à entrer.
En entrant dans cette maison elle vit un escalier,
Une volée de marche,
Un peu comme ici.
Mais cette volée de marche donnait sur quelque chose de terriblement sombre.
Cette maison était dans une nuit profonde,
Profonde,
Profonde.
La profondeur de la nuit et les bruits,
Les multiples bruits que vous entendez peut-être vous aussi,
Edmé les entendait.
Et la petite voix qui juge disait bien sûr tous ces bruits,
Ils te gênent.
Mais par chance il y avait une autre petite voix capable derrière,
Capable d'entendre derrière les sons,
Derrière les sons qui parfois nous gênent.
Cette autre petite voix,
Toute petite,
Toute petite disait à Edmé,
Fais avec ce que tu as,
Fais avec le son qui est là.
Il te dérange,
Qu'importe,
Continue d'avancer.
Après cette volée de marche,
Tu ne sais pas ce qu'il y a,
Tu ne connais pas cette maison.
Qu'importe,
Vas-y,
Vas-y,
Explore.
Bien sûr,
L'autre petite voix lui disait,
Tu n'as le temps de rien faire et te voilà dans une maison dont tu ignores tout.
En train de cheminer dans une maison après un escalier aléatoire,
Dans une nuit si profonde,
Que vas-tu donc trouver ?
Vraiment.
Et cette petite voix critique,
Elle était tellement habituelle que Edmé faisait comme si c'était normal.
Quand même,
Dans cette sensation de froid,
Dans cette sensation de nuit profonde,
Edmé se décida à écouter cette toute petite voix qui l'avait fait entrer dans le jardin,
Qui lui avait permis de voir le basilic,
Qui lui avait permis de voir dans la serre le fenouil en graines.
Alors elle écouta cette petite voix,
Elle gravit les escaliers et devant elle,
Il y avait une troisième porte.
Alors là,
Edmé se dit,
Mais je suis dans le noir,
Il fait froid,
Je ne connais rien,
Est-ce que j'ouvre cette porte ou pas ?
Elle était prise d'un ensemble de questionnements et hop,
Hop,
Hop,
Son petit vélo intérieur se mettait en route et en route et en route et les questions se mélangeaient les unes aux autres et puis accéléraient le rythme.
Et puis bien sûr,
Vous l'avez tout à fait entendu tout à l'heure,
La critique,
Elle était toujours là.
Tu n'es pas capable de gagner ta vie et te voilà traînée dans une maison dont tu ignores tout,
Avec des portes et un escalier dont tu ne sais pas l'issue.
Et puis,
Écoute tout ce qui t'entoure,
Tous les sons qui t'entourent,
Rien n'est harmonieux,
Mais tu préfères être là,
C'est ça,
Comme d'habitude tu perds ton temps.
Tu es vraiment une personne trop dispersée et Edmé était un peu perdue avec cette voix qui était toujours en train de la critiquer,
Toujours en train de lui dire de ne pas oser,
De ne pas faire.
Mais il y avait la petite voix,
L'autre petite voix qui lui dit,
Mets donc plutôt les mains sur ton cœur et dans cette obscurité,
Dans cette maison obscure,
Alors que tu es devant une troisième porte,
Laisse parler la chaleur de tes mains,
Laisse parler la sagesse de ton corps,
Laisse,
Laisse,
Laisse.
Alors bien sûr pour Edmé,
C'était très compliqué de laisser.
Qu'est-ce que ça veut dire laisser ?
Et puis tout d'un coup,
Edmé,
Les mains sur son cœur,
Alors que la maison était pleine de bruits étranges,
Sentit la chaleur,
La chaleur de ses mains,
La chaleur de ses mains sur son cœur et s'affine.
Cet ensemble de chaleur,
De ses mains sur son cœur,
Lui donna accès à,
Comme une lanterne,
De l'intérieur de son corps,
De son cœur,
Venait une lumière et cette lumière qu'elle laissait irradier progressivement,
Grossissait,
Grossissait,
Grossissait et éclairait l'ensemble des escaliers,
À tel point que Edmé eut le courage d'ouvrir la troisième porte.
Toujours les mains sur le cœur,
Derrière cette troisième porte,
Edmé découvrit une maison qui n'avait pas de toit,
Une maison qui n'avait que des murs.
Incroyable,
Une maison avec des portes,
Des murs et pas de toit.
La petite voix aussitôt se mit à dire,
Voilà,
Évidemment,
Qu'est-ce que tu crois ?
Tu crois qu'on peut rentrer comme ça dans une maison dont on ignore tout ?
Tu crois qu'on peut entrer comme ça,
À travers cet ensemble de bruits,
Cheminer et faire son chemin ?
Edmé,
Tu n'as pas d'autre chose à faire ?
Tu ne ferais pas mieux de gagner ta vie ?
Enfin,
Te concentrer,
Faire le focus sur ce qui est important pour toi ?
Mais la petite voix,
L'autre petite voix commençait à en avoir marre de cette grosse voix qui l'embêtait tant.
Alors Edmé regarda cette maison.
Ben oui,
C'est vrai,
Cette maison n'a pas de toit,
C'est vrai.
Et alors ?
Est-ce que ça m'empêcherait d'habiter ici ?
Est-ce que cette maison,
Finalement,
N'est pas emplie de rire ?
Parce que je les vois,
Moi,
Derrière toutes les photos de cette maison,
Derrière les matières qui ont été choisies,
Derrière l'aménagement.
Je vois que cette maison a vécu.
La petite voix se dit,
Je pense que maintenant,
Cette grosse voix qui me critique toujours,
Eh bien,
Je peux lui répondre.
Je ne veux plus me soumettre à elle.
Je ne veux plus lui dire,
Tu entends tous les bruits qui te dérangent ?
Ben non,
J'ai envie de lui répondre.
Ces bruits ne me dérangent pas.
Ils font partie de la vie.
Et la petite voix lui dit,
Tu sais,
Grosse voix,
Je ne suis pas comme toi.
Je ne suis pas une grosse voix.
Je n'ai pas réponse à tout.
Je ne sais pas tout ce qu'il faut faire.
Je ne sais pas ce qui est bien.
Je ne sais pas ce qui est mal.
Mais ce que je sais,
C'est que nous pouvons vivre ici,
Dans cette maison que nous découvrons.
Et que finalement,
Qu'il y ait des bruits divers ou bien pas de toit,
Qu'importe,
Ce n'est pas ça l'essentiel.
Alors Edme se dit,
Finalement,
Je pourrais prendre le risque d'être ici.
Je pourrais prendre le risque d'habiter cette maison sans toi.
Et alors,
Parcouru d'une nouvelle légèreté,
Edme regarda les portes autour d'elle,
Celles de l'étage,
Regarda les murs autour d'elle,
Regarda l'absence de toit qui lui permettait de voir le ciel,
Qui lui permettait de voir passer l'oiseau et qui,
Sans doute,
Lui permettrait de voir la nuit,
Les étoiles.
Edme décida de redescendre l'escalier.
Et avec une nouvelle légèreté,
Avec le cœur plein de sourire,
Elle referma la porte de cette maison.
Et dans quelques secondes,
Elle pourra également,
En refermant la porte de cette maison,
Dans la périphérie de Nevers,
Cette maison que nous pouvons arpenter,
En refermant la porte de cette maison,
Edme va bientôt pouvoir décider d'ouvrir la porte de sa propre maison.
Mais pas la maison qu'elle fréquentait.
Cette maison-là,
Elle la connaît.
Non,
La maison qu'elle ne fréquentait pas.
La maison qu'elle ne fréquentait pas suffisamment.
Et cette maison n'est autre que sa maison intérieure.
Alors Edme,
Arrivée au perron de sa propre maison physique,
Après avoir passé quelques jours dans cet espace qu'elle découvrait à Coulanges-les-Nevers,
Se décida de se poser et d'écouter différemment les gens,
Les sons qui l'entouraient.
Peut-être le vent,
Peut-être l'oiseau,
Peut-être la pluie.
Et elle se dit,
Tiens,
Finalement,
Quand j'ai poussé cette première porte,
Eh bien,
Oui,
J'ai découvert un jardin chaotique,
J'ai aussi découvert le basilic,
Celui qui avait résisté à la sécheresse de l'été.
Et puis,
En poussant la seconde maison,
J'ai découvert cet escalier que j'ai pu gravir même dans l'obscurité.
Et puis,
Arrivée tout en haut,
J'ai découvert cette troisième porte qui me donnait accès à une maison sans toit.
Moi qui croyais qu'il fallait absolument un toit.
Et puis,
En redescendant et en refermant cette porte,
Je me suis rendu compte que je pouvais retourner à ma propre maison et je pouvais sentir que la maison qui compte le plus lorsque je quitte Coulanges-les-Nevers,
C'est la maison que je construis dans mon cœur.
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