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Retraite Son, Silence et Dance - Jour 4 - Dharma Talk : Quel Rapport la Conscience Entretient-Elle Avec Le Monde ?

by Denis Robberechts

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Si c’est à travers la conscience que l’on perçoit le monde, il faut se poser la question : comment la conscience perçoit-elle le monde ? Et quel monde perçoit-elle? Un monde réellement existant à l’extérieur ou bien une simple projection d'elle-même sous l’apparence d’un monde extérieur ?

Script

Bienvenue à ce discours Lidarma,

Qui s'inscrit un peu dans la continuité du discours précédent,

Du moins je l'espère.

Là,

Pendant ce temps où je restais silencieux,

Les yeux fermés,

J'étais en train de chercher un peu comment j'allais commencer,

Voir où j'allais démarrer.

Je ne sais pas,

On dirait qu'ils sont très fixes,

Et du coup c'est des moments intéressants pour moi,

Qui me rappellent un peu l'improvisation dans la musique classique indienne.

La musique classique indienne,

Il y a quelque chose que je trouve très beau,

C'est que les musiciens,

C'est une musique d'improvisation,

Les musiciens,

Les… Prenons par exemple un sitariste,

Il a deux petites cordes au-dessus qui s'appellent les tchitkaré,

Et ces cordes-là sont deux petites cordes rythmiques,

Et il joue les cordes,

Il fait… Il peut rester comme ça,

C'est très joli,

Et en fait il attend une idée qui lui vient,

Il attend l'improvisation.

Quand elle lui vient… Et puis il revient sur ses cordes… Et puis il fait son autre improvisation.

Et il a la possibilité comme ça d'avoir des espaces,

Et de… Tout son travail,

Au musicien,

C'est de réussir à rester présent,

S'enfouiller dans sa mémoire,

Qu'est-ce que je pourrais bien jouer maintenant ?

Parce que s'il fait ça,

Il va jouer de la mémoire et c'est plus vraiment de l'improvisation,

C'est ce qu'il a pratiqué dans sa chambre.

Et s'il a suffisamment de confiance en lui,

D'ouverture,

De courage,

Il peut rester sur ces deux petites cordes avec l'esprit relativement vide,

Jusqu'à ce que naisse de l'atmosphère,

Y compris de l'écoute des gens qui sont autour de lui,

Naisse un phrasé,

Naisse une impulsion.

Et on le voit dans la musique classique indienne,

Quand un musicien a suffisamment de confiance,

A suffisamment… La confiance est essentielle,

Imaginez s'il se sent jugé,

S'il doit absolument réussir un bon concert,

S'il y a des autres artistes qui… Et qu'il imagine ce qu'ils vont penser de lui,

S'il a tout ça dans la tête,

Il est obligé de trouver quelque chose,

Il n'a pas l'ouverture.

Mais s'il a suffisamment de confiance,

À ce moment-là,

Il reste sur son petit chit-carré.

Et quand ça vient,

On sent que ça vient d'au-delà de sa mémoire,

On sent quelque chose,

Il y a une atmosphère particulière,

Qui est une atmosphère qui est née de l'audience et du musicien,

Pas juste du musicien.

Et voilà,

D'être là,

J'étais là,

Alors je vois mon esprit qui cherche,

Je sais plus ou moins dans quelle direction je veux aller,

Pas trop comment je vais commencer,

J'attends.

Et puis en fait,

Ça m'a rappelé cette atmosphère d'improvisation et j'ai décidé que c'était un point de départ.

Les thèmes qu'on aborde pour le moment sont… Le thème qu'on a abordé hier et qu'on va aborder aujourd'hui sont… C'est des thèmes qu'on pourrait dire philosophiques,

Métaphysiques,

Complexes ou compliqués à articuler et à vraiment comprendre.

Donc si vous vous sentez perdu en plein milieu,

Tout ça ne vous tracasse absolument pas.

Il y a aussi tout un vocabulaire et des tournures d'esprit qui sont propres à la recherche spirituelle ou au dharma,

En tout cas à ce type de recherche spirituelle bouddhiste,

Hindoue.

Et quand on n'est pas familier avec ça,

Il faut le temps de se familier à un vocabulaire ou à des manières de voir,

Des tournures d'esprit.

Donc ça peut parfois être juste des petites graines qui se plantent à ce moment-là,

Plus que de réussir vraiment à comprendre.

Et pour ceux qui arrivent à vraiment bien suivre,

Toujours attention,

Attention,

Il n'y a rien à croire,

Il y a tout à tester.

Une des raisons pour lesquelles on pratique la méditation,

On pourrait dire,

C'est la connaissance de soi.

Projet assez vaste.

Ici on va aller directement à la connaissance de qui on est au-delà des idées qu'on a à propos de nous-mêmes.

Dans les idées qu'il y a à propos de nous-mêmes,

On a stocké tout un tas de choses du passé,

Tout un tas de choses qu'on a crues à propos de nous-mêmes,

Qu'on a appris,

Qu'on nous a dit ou qu'on s'est formé nous-mêmes.

Et peu à peu,

On a une image de nous-mêmes qui est extrêmement limitante et qui est souvent interfère avec la relation qu'on a directement avec notre sensation d'exister.

On ne parle pas de cette connaissance de soi qui a besoin de la mémoire pour être ravivée à chaque fois.

On va parler de la connaissance de soi qui est de vraiment se ressentir comme existant.

Quand on pratique la méditation,

Comme on le fait ici,

On est assis ou allongé,

Et on peut devenir familier avec ce mouvement de la conscience,

On devient familier avec la distraction,

Une des choses avec lesquelles on devient le plus familier probablement.

Beaucoup,

Beaucoup,

Beaucoup de distraction,

Beaucoup de pensée.

Des moments où on va se rendre compte qu'on est en train de penser,

Et à ce moment-là,

On revient à la respiration par exemple.

Si on a une bonne concentration,

À ce moment-là,

Il va y avoir une absorption dans la respiration.

C'est comme s'il n'y avait plus que la respiration.

À ce moment-là,

Il n'y a pas une conscience de nous-mêmes en train d'observer la respiration,

Il y a juste la respiration.

On est absorbé dedans.

Ça peut arriver.

En général,

Cet état d'absorption,

On le trouve plus facilement dans l'activité que dans la méditation.

Dans l'activité,

On est en général absorbé quand on fait ce qu'on aime.

À ce moment-là,

Il n'y a pas de pensée,

Ou tellement peu.

Et ce n'est certainement pas des pensées élaborées en histoire,

Dans tout ce qui est artistique.

Quand on fait ce qu'on aime,

Quand on fait l'amour,

On traite pensée à tout un tas d'histoires.

Donc cet état d'absorption,

On le trouve aussi quand il y a du danger,

Ou par exemple,

On fait une retraite,

Enfin on a fait des retraites parce qu'elle ne s'est plus faite depuis plusieurs années.

Mais méditation et escalade,

Très intéressant.

Quand on escalade,

Il n'y a pas d'histoire construite,

Il n'y a pas la place,

Cette sensation de devoir,

Vraiment de devoir être présent,

Cette sensation d'être en danger.

Alors qu'en escalade,

On est assuré,

On n'est pas en danger,

Mais c'est tellement presque contre-nature que le focus est là,

Complet.

Il n'y a pas place pour la pensée.

Donc ça peut arriver en méditation qu'on soit extrêmement concentré sur un objet,

La respiration,

Les sensations physiques,

Les sons,

Et du coup on n'est pas conscient,

On ne sait pas qu'on est présent,

On est pleinement présent mais on ne sait pas qu'on est présent.

Et puis,

Il y a cet autre état où on est avec notre respiration et on sait qu'on est avec notre respiration.

On est présent et on sait qu'on est présent.

Et il y a l'état où on disparaît complètement dans le sommeil.

Et quand on disparaît dans le sommeil,

On n'a plus la sensation d'être présent et il n'y a plus de contact avec le monde.

Point de vue hadou,

De ce côté-là,

Le monde n'existe plus.

Point de vue de la physique quantique,

Il se pose des questions.

Einstein,

Pas trop d'accord.

Je pense que même quand je ne vois pas la lune,

Elle est là.

Là,

Dans le sommeil profond,

Dans le point de vue hindou,

Le monde n'est pas là.

Le monde est en lien avec la perception du monde.

Donc nous,

Dans notre expérience,

On ne sait pas trop.

Pour nous,

Intuitivement,

On va dire que le monde est là.

Il est là,

On le sait,

Les autres nous le racontent dès qu'on ressort.

Donc le monde était là.

Donc là,

Il y a juste deux points de vue différents,

Une question ouverte.

Ces états-là,

On les visite.

Dans notre expérience,

En tout cas,

Il y a un moment quand on passe sous la ligne de la conscience.

Un moment,

On disparaît dans le sens où on n'est plus conscient de nous et il n'y a plus d'objet.

On n'a plus conscience non plus de quelque chose.

C'est différent de l'unité avec la respiration où là,

On n'a plus conscience de nous,

Mais il n'y a plus que la respiration.

Là,

Il y a une unité en fait.

C'est un état d'unité.

On est un avec la respiration.

Il n'y a plus moi qui observe la respiration.

Il y a juste la respiration.

Il n'y a plus la conscience de soi.

Dès qu'il y a la conscience de moi qui observe la respiration,

Ce n'est plus un état d'unité,

C'est un état divisé.

Il y a ce qui est observé et il y a l'observateur.

Et là,

L'observateur,

Quand on ressent cet état d'observateur,

On se sent extrêmement présent.

Et du coup,

Il peut y avoir même une pensée.

Là,

Je suis bien présent.

Ou même juste la sensation qui n'est pas une pensée,

Une sensation de « je suis présent ».

Et la question fondamentale qui nous remue les neurones,

C'est qui est le « je » qui est présent ?

Je suis présent.

Je suis présent.

On peut dire « je ressens ma propre présence ».

La présence de qui ?

À qui appartient la présence qui est là en ce moment ?

Ça,

C'est une question qui pointe du doigt les profondeurs de nous-mêmes pour qu'on puisse rentrer en contact avec ce qui de nous est conscience.

Et donc,

C'est une question qui nous amène à mieux connaître notre essence,

Donc la connaissance de soi,

La connaissance de nous-mêmes.

Quand on se sent conscient,

On a la sensation « je suis conscient ».

Et donc,

Là,

La question qui se pose dans toutes les spiritualités,

C'est qui est conscient ?

Et même le doute peut s'instiller.

Est-ce que cette conscience est individuelle ou pas ?

Est-ce que c'est ma conscience qui est le propriétaire de cette conscience ?

Et là,

Les points de vue suivant les traditions diffèrent.

Il y a une histoire dans le bouddhisme,

Une histoire du temps du Bouddha.

Il y avait un saddhou,

Un saint homme très respecté,

Très vénéré,

Qui était complètement dévoué à la recherche spirituelle.

Et un jour,

Ce saint homme se demande « est-ce que je me demande si ma pratique va me mener à l'état d'éveil,

Ou si je suis déjà à l'état d'éveil ?

» Il se pose cette question.

Et là,

En rêve,

Lui vient une déva,

Une déesse,

Avec qui il a une relation particulière.

Avec cette déesse,

Il a déjà des affinités.

Et elle vient dans ses rêves,

Et elle lui dit « Bah Ria,

Tu te demandes si tu es déjà éveillé.

Je peux te dire que tu n'es pas éveillé.

Mais non seulement tu n'es pas éveillé,

Mais à la manière dont tu pratiques,

Cette manière dont tu pratiques ne te conduira pas à l'éveil.

» Il faut pouvoir l'entendre,

Ça.

Il faut quand même une bonne dose d'humilité.

Et c'est déjà quelque chose de très beau dans cette histoire,

C'est que visiblement.

.

.

Bon,

C'est l'histoire,

Mais Ria fait « Ok ».

Alors il lui dit « Mais alors dis-moi,

Qui peut m'enseigner le chemin vers l'éveil ?

» Et cette déva lui dit « Il y a un homme pour le moment qui est dans le monastère de.

.

.

Je ne sais plus exactement lequel.

A quelques jours de marche de où se trouvait Bah Ria.

Et qui enseigne le chemin vers l'éveil.

» Bah Ria dit « Ok,

Je vais le voir.

» Il prend la route.

À mon avis,

Il ne devait pas trop faire son sac.

Il ne faisait pas de sac,

En fait,

À cette époque-là.

C'était des moines errants,

Mondiants.

Lui,

Bah Ria,

C'était une tradition où il s'habillait avec des écorces.

L'hadouisme est magnifique.

On trouve tout dans l'hadouisme.

Et il arrive au monastère.

Et là,

Il voit des moines en train de pratiquer.

Il dit « Voilà,

Je suis venu voir le Bouddha,

J'ai besoin de conseils.

» Il lui dit « Le Bouddha est parti faire la quête de nourriture.

» Tous les jours,

Il partait faire la quête de nourriture.

Bah Ria va en ville,

Trouve le Bouddha et lui dit « Oh Bouddha,

Enseigne-moi le chemin pour ma libération.

Enseigne-moi le chemin vers l'éveil.

» Et le Bouddha lui dit « Bah Ria,

Ce n'est pas trop le moment,

Je suis en train de faire ma quête de nourriture.

» Et là,

Bah Ria,

Il insiste,

Il dit « Oh Bouddha,

On ne sait pas combien de temps tu vas vivre.

On ne sait pas combien de temps je vais vivre.

S'il te plaît maintenant,

Enseigne-moi le chemin vers l'éveil.

» Une deuxième fois,

Le Bouddha lui dit « Écoute Bah Ria,

Vraiment,

Ce n'est pas trop le moment là.

» Et puis,

Bah Ria insiste.

Et là,

Dans cette histoire en fait,

S'il insiste,

On voit comment pour lui,

C'est vraiment au cœur de l'urgence.

Toute son intention est dirigée vers l'éveil.

Il insiste une troisième fois,

Il dit « Bouddha,

Je t'en prie,

Enseigne-moi maintenant le chemin vers l'éveil.

On ne sait pas combien de temps la vie t'est donnée,

Ni combien elle m'est donnée.

» Et alors,

Le Bouddha lui répond « D'accord Bah Ria,

Il faut que tu pratiques de cette manière.

» Alors,

C'est un peu difficile à traduire.

La langue française,

Les langues,

Pour ça,

C'est les grammaires de nouveau.

Et le Bouddha lui dit quelque chose comme « Dans ta pratique,

Fais en sorte que dans ce qui est vu,

Qu'il n'y ait que ce qui est vu.

Dans ce qui est entendu,

Qu'il n'y ait que ce qui est entendu.

Dans ce qui est ressenti,

Qu'il n'y ait que ce qui est ressenti.

Dans ce qui est perçu,

Qu'il n'y ait que ce qui est perçu.

Quand Bah Ria,

Dans ta pratique,

« Il n'y aura,

Dans ce qui est vu,

Que ce qui est vu.

Dans ce qui est entendu,

Que ce qui est entendu.

Dans ce qui est ressenti,

Que ce qui est ressenti.

Et dans ce qui est perçu,

Que ce qui est perçu.

Alors,

Il n'y aura pas de toi dû à ça.

» C'est-à-dire,

Là c'est ma petite traduction,

« Il n'y aura pas ta propre présence.

» Quand il n'y aura pas de toi dû à ça,

Alors il n'y aura de toi ni ici,

Ni là-bas,

Ni entre les deux.

Ceci est le chemin pour la libération de la souffrance.

Pratique comme ça.

Pratique de la sorte,

Bah Ria.

C'est bien ça qu'il lui dit.

Il ne lui dit pas,

Je vais te dire la vérité.

Il lui dit,

Pratique de la sorte,

Ça c'est très important dans ce soutran.

Pratique de la manière suivante.

Dans ce qui est vu,

Qu'il n'y ait que ce qui est vu.

Dans ce qui est entendu,

Qu'il n'y ait que ce qui est entendu.

Dans ce qui est ressenti,

Qu'il n'y ait que ce qui est ressenti.

Dans ce qui est perçu,

Qu'il n'y ait que ce qui est perçu.

Dans notre pratique,

Qu'est-ce que ça veut dire ?

Ça veut dire que je suis assis en méditation.

Quand il y a un son,

Qu'il y ait juste le son.

Qu'il n'y ait plus la sensation,

J'entends un son.

Mais il y a un son.

Quand il y a une pensée qui émerge,

Qu'il n'y ait plus la sensation,

Je pense.

Mais il y a une pensée.

Est-ce que vous sentez la différence ?

Est-ce que vous sentez comment ça change la qualité et comment on se sent dans la méditation ?

Qu'est-ce qui arrive à cette sensation d'individualité ?

Si au lieu de,

Quand il y a une pensée,

Dire ou ressentir,

Pas simplement dire,

Ressentir,

Je pense,

Il y a juste une pensée.

C'est une autre manière de voir.

Cette manière de voir,

Dans laquelle il n'y a plus le jeu,

Dans lequel il n'y a plus le centre.

Krishnamurti disait souvent,

Est-ce qu'il est possible de vivre sans un centre ?

Est-ce qu'il est possible de penser sans un centre ?

Un jeu.

Une entité qui est le centre de toutes les expériences.

Dans le son,

Il y a juste le son.

Il n'y a pas un jeu qui entend le son.

Dans la pensée qui émerge,

Il y a juste la pensée qui émerge.

Il n'y a pas un jeu qui pense.

Quand il y a la conscience,

Il y a juste la conscience.

Il n'y a pas un jeu qui est conscient.

Si on ressent la présence de la conscience comme ça,

Notre expérience est très différente de si on la ressent comme étant je suis conscient.

Nous avons intuitivement la certitude que nous existons individuellement.

C'est le point de vue dans lequel notre société a évolué,

Notre monde a évolué.

La certitude que de A jusqu'à Z,

Nous sommes des individus,

Des êtres séparés les uns des autres,

Avec tous des différences.

Est-ce qu'on peut remettre ça en question ?

Difficile de remettre en question des choses aussi profondément ancrées.

Mais est-ce que c'est possible de se reposer la question ?

Est-ce qu'à tous les niveaux de mon être,

Je suis séparé ?

Ou est-ce qu'il y a un endroit de mon être vers l'essence automatiquement,

Obligatoirement ?

Ou ce n'est plus mon essence mais juste l'essence ?

Est-ce qu'il est possible que ce que je ressens comme étant la conscience n'est pas ma conscience mais la conscience ?

La pratique de la méditation nous amène à visiter une grande échelle de nos états d'être,

Beaucoup plus que quand on ne prête pas attention à notre monde intérieur.

Quand on ne prête pas attention à notre monde intérieur et quand on vit la vie comme elle se présente,

Sans aller visiter le dedans,

Sans se poser,

Sans ralentir,

Sans concentrer,

Sans être curieux,

À ce moment-là,

La palette des expériences qu'on a de nous-mêmes est souvent dans ce qui bouge vite,

Dans ce qui est fort,

Dans ce qui attire l'attention.

Quand on pratique la méditation,

Quand on se désintéresse de ce qui va vite,

Quand on se désintéresse de ce qui attire l'attention,

De ce qui est,

J'ai envie de dire grossier,

Pas d'une façon péjorative,

Mais des sensations fortes,

Au niveau de l'ouïe,

De la vue,

Des odorats,

Du goût,

Des pensées,

Des pensées qui génèrent des émotions fortes,

Quand on se retire de tout ça,

Peu à peu,

On en vient à devenir familier avec des couches de nous-mêmes où il y a de moins en moins de mouvements.

Et quand on en vient à vivre des couches de nous-mêmes où il y a de moins en moins de mouvements,

Il y a de moins en moins de sensations de jeu.

Alors là,

Je lance comme une grosse affirmation,

Mais de nouveau,

C'est bien à vous approprier ça.

Quand l'esprit se pose,

Quand il y a une perception du silence,

À ce moment-là,

Il y a moins de présence de notre personnalité,

De notre individualité.

Elle ne se manifeste pas,

Notre personnalité.

On est moins comme ceci ou comme cela.

Souvent,

Dans les manières dont on se connaît,

On peut dire,

Moi,

J'ai une tendance colérique,

Ou j'aime ci,

J'aime ça,

J'aime pas ci,

J'aime pas ça.

On a tout un tas de préférences et de manières d'être qu'on connaît.

Ça,

C'est un certain niveau de notre être.

Mais il y a aussi des états de nous-mêmes qui,

Quand on se pose,

N'ont rien à voir avec ça.

Des états dans lesquels on n'est pas quelqu'un de colérique ou pas de colérique.

Des états dans lesquels on n'est plus même vraiment quelqu'un.

Une citation de Nisargadatta Maharaj.

Quand l'esprit est complètement silencieux,

Le monde n'existe pas.

C'est quand même des grosses affirmations,

Ça.

Je veux dire,

Il faut déjà comprendre ce que ça peut vouloir dire et puis comment on va faire pour explorer ça.

Déjà,

Déjà,

Quelque part,

Se dire,

Comment est-ce qu'on va remettre en question l'existence du monde ?

Est-ce que ça a un sens,

Déjà ?

Il faut trouver des réponses à toutes ces questions-là.

Quel est le sens ?

Comment est-ce qu'on va faire ?

Quel est le chemin pour remettre en question l'existence du monde ?

C'est cette affirmation du Bouddha dans le Sutra dans lequel il dit « Les choses apparentes,

Extérieures à l'esprit,

N'existent pas.

» « Les choses apparentes,

Extérieures à l'esprit,

N'existent pas.

» C'est chaud,

Hein ?

« Elles sont l'esprit lui-même,

Dans différentes formes,

Qui apparaît à lui-même.

Les corps,

Les lieux,

Les choses,

Sont l'esprit lui-même,

Je l'affirme.

» Dans le point de vue du bouddhisme,

La conscience,

Cette conscience,

On ne parle pas d'un truc abstrait ici.

On parle de ce moment où on est présent et on sait qu'on est présent,

Par exemple.

On peut sentir cette conscience dans l'atmosphère.

On a tous au moins eu quelques micro-moments où on se sentait présent.

Et pour certains,

Des moments plus longs,

Où il y a clairement.

.

.

Alors,

On a la sensation « je suis présent ».

Cette conscience n'existe pas indépendamment de l'objet qui est perçu.

Comme dans ce point de vue hadou,

Quand on dort,

Le monde n'existe pas.

Le monde existe en même temps que la conscience du monde.

Cette notion de.

.

.

Le mot « exister »,

Il va falloir le peaufiner un petit peu.

Qu'est-ce que ça veut dire,

« exister » ?

Qu'est-ce qu'ils entendent par « exister » ?

Prenons.

.

.

Il y a déjà cette notion d'interdépendance.

J'aurais dû prendre un beau texte de Thich Nhat Hanh sur l'interdépendance,

Qu'il appelle « l'inter-être ».

Cette notion que toute chose dépend de toute chose pour exister.

Rien n'existe indépendamment de tout le reste.

Qu'il y a une réalité indivisible dans laquelle rien n'a d'existence séparée.

C'est l'esprit.

L'esprit est rationnel.

Il ne peut fonctionner que d'une façon rationnelle.

C'est-à-dire,

Il fait des rations pour pouvoir penser,

Observer et comprendre.

Mais il rationalise un tout qui n'est pas divisible.

Chaque chose a un impact sur tout le reste.

Il y a une image de ça,

Le collier d'Indra,

Un dieu hindou.

Le collier d'Indra,

C'est une image.

.

.

Il faut imaginer plein de perles en trois dimensions reliées par des liens.

Elles sont toutes reliées entre elles,

Des perles brillantes.

Et dans chaque perle,

On voit toutes les autres.

Chaque perle reflète toutes les autres perles.

Donc l'interdépendance,

C'est le fait qu'une chose n'existe pas sans les autres choses.

Par exemple,

Un exemple qui est très parlant,

Je trouve,

C'est l'exemple de l'arc-en-ciel.

Un arc-en-ciel existe parce qu'il y a de la pluie et du soleil.

Il faut ces éléments pour qu'il y ait un arc-en-ciel.

Pour que la pluie existe,

Il faut que les rivières,

Les océans,

Les arbres,

Tout l'écosystème.

L'arc-en-ciel existe parce que des insectes de l'écosystème font partie.

.

.

Tout ce qui fait partie de l'écosystème existe,

Fait que cet arc-en-ciel est là.

Sans ces choses-là,

Cette chose-là n'existe pas.

Rien d'individualité dans ce sens-là.

Maintenant,

Si on en revient au point de vue qu'on avait hier,

Il faut encore autre chose pour que l'arc-en-ciel existe.

Posons-nous la question.

Est-ce que l'arc-en-ciel existe si personne ne le voit ?

Là,

Il y a une piste.

Il faut la saisir.

Quand on a des pistes comme ça,

Il faut la saisir.

Est-ce que l'arc-en-ciel existe si personne ne le voit ?

On sait que les yeux ont un certain spectre,

Perçoivent un certain spectre.

Il se pourrait que certains animaux ne voient pas l'arc-en-ciel,

Par exemple,

Parce que leurs yeux voient des spectres différents.

Il se pourrait que ce soit l'œil humain dans ce spectre qui voit cet arc-en-ciel comme s'il était là.

Mais il faut les yeux.

Si il n'y a aucune présence,

Si il n'y a aucune perception de l'arc-en-ciel,

Est-ce que l'arc-en-ciel existe ?

C'est un peu la même question que est-ce que la lumière du frigo est toujours allumée quand le frigo est fermé ?

Parce qu'à chaque fois qu'on ouvre,

C'est allumé.

C'est la même question,

En fait.

Quand on dort,

Est-ce que le monde existe ?

Les expériences qui.

.

.

Je vous disais,

En mécanique quantique,

Je suis très curieux,

Mais je n'ai pas beaucoup de connaissances.

Mais de ce que j'ai compris,

Une des expériences fondamentales,

Qui a été d'ailleurs nommée comme la plus belle expérience de tous les temps par certains scientifiques,

C'est l'expérience de.

.

.

Eh oui,

Je disais ça,

L'expérience de la planche à deux fentes.

Certains d'entre vous en ont probablement déjà entendu parler.

Pour sûr,

Même.

C'est l'expérience qui met en valeur,

Qui montre que l'attitude des particules subatomiques qui vont être projetées va être différente suivant qu'elles sont observées ou non.

C'est-à-dire que quand elles sont observées,

Elles se comportent de façon prévisible comme des particules,

C'est-à-dire de la matière,

Et que quand elles ne sont pas observées,

Elles se comportent comme des ondes.

C'est-à-dire qu'elles ne sont pas localisées comme une chose.

Elles évoluent comme une onde,

Comme une onde dans l'eau.

Mais dès qu'on regarde tout,

C'est une chose.

Dès qu'on ne regarde pas tout,

Ce n'est pas une chose.

Chaque fois qu'on mesure,

Elle va être là où on s'attend qu'elle soit.

Mais quand il n'y a pas de mesure,

On peut voir après l'impact la trace qu'elle a laissée.

Elle n'a pas laissé la trace d'une chose,

Mais elle a laissé la trace d'une onde.

En gros,

C'est une hyper simplification.

Mais ça amène Niels Bohr à faire cette affirmation que l'univers n'est pas fait d'atomes,

Mais d'histoires.

Ce qui est suggéré dans l'enseignement de Bouddha à Barya,

C'est de pratiquer d'une certaine manière.

Pour ceux d'entre vous qui comprennent cette manière,

Vous pouvez l'expérimenter.

S'entraîner à voir et à percevoir avec la sensation qu'il n'y a personne qui observe.

Il y a une pratique qui s'appelle en français ça donnerait ni moi,

Ni mien.

Une sensation physique par exemple,

On la voit à travers le filtre de ce n'est ni moi,

Ni à moi.

Souvent on va avoir une sensation physique,

On va sentir directement,

Il va y avoir,

C'est le pied qui picote.

Et là,

De reprendre et en essayant de voir cette sensation physique comme ni moi,

Ni à moi.

Juste une sensation,

Juste un phénomène.

Là c'est intéressant parce que c'est une pratique,

C'est pas simplement d'être pleinement conscience de ce qui est perçu,

Mais c'est essayer de le voir d'une certaine manière.

C'est bien ça l'enseignement de Bouddha à Barya.

C'est essayer de percevoir comme si cette sensation n'était pas ni moi,

Ni à moi.

Elle est juste là.

Et quand il y a une pensée qui arrive,

Si vous pouvez ressentir la différence entre je pense et il y a une pensée.

Dans l'expérience,

C'est énorme cette différence.

Parce qu'il y en a beaucoup d'entre nous ici,

Quand on est assailli par les pensées,

Qui se sentent par exemple impuissants,

Qui se pensent tout le temps.

Mais c'est différent de dire,

Dans ma méditation,

Il y a beaucoup de pensées.

Parce que dans je pense tout le temps,

Il y a une sensation d'impuissance,

Il y a une sensation d'incapacité,

Il y a une sensation d'échec.

Tout ça vient avec.

Dans le il y a beaucoup de pensées,

Qui est proche de ce que je disais,

Kam nai re,

Il n'y a pas de travail.

La manière dont s'expriment les hindous.

Et donc,

Quand il y a une pensée qui vient,

D'essayer de ressentir,

Il y a une pensée.

Pas hors-ut,

Je pense encore.

C'est ça les instructions de Bouddha à Bahriya.

Dans ce qui est vu,

Qu'il n'y ait que ce qui est vu.

Il n'y a pas un je qui voit,

Il n'y a que ce qui est vu.

Pas moi ni à moi.

Dans ce qui est entendu,

Qu'il n'y ait que ce qui est entendu.

Dans ce qui est ressenti,

Qu'il n'y ait que ce qui est ressenti.

Dans ce qui est perçu,

Qu'il n'y ait que ce qui est perçu.

C'est clairement,

Ce qu'il lui propose,

Une technique de méditation dans laquelle on utilise un point de vue.

Et ce qui est intéressant,

C'est de ne pas trop se perdre dans le,

Oui mais,

Alors est-ce qu'il y a,

Parce que les ados,

Les bouddhistes,

Ça a vachement discuté,

Self or non self,

Est-ce qu'il y a un soi ou est-ce qu'il n'y a pas de soi.

Le Bouddha,

Il était là,

Il n'y a pas de soi.

Alors là,

Ça m'était,

Pour les ados,

Ça ne le faisait pas trop avec Atma et tout.

Donc,

Mais plutôt que de savoir si c'est vrai ou si ce n'est pas vrai,

C'est quand je vois de cette manière-là,

Comment je me sens ?

Comment je me sens quand je vois comme ça ?

Pour tous les points de vue qu'on a,

C'est de cette manière-là qu'on devrait les tester.

Si les religieux,

Les croyants,

Pouvaient tous faire comme ça,

C'est-à-dire voilà,

Moi c'est à travers ce filtre de décodage que je vois,

Et du coup,

Ça me connecte vachement bien à la vie,

Et bien super.

Ou au contraire,

Si ce filtre de décodage me rend dur avec moi-même et avec les autres,

Alors il y a un problème,

Il faut changer de point de vue.

Ce n'est pas tellement que c'est vrai ou que ce n'est pas vrai.

J'en fous ça en fait.

Dans les enseignements du Bouddha,

Il n'y a pas de soi.

Il n'y a pas une entité qui s'appelle Denis là.

Il n'y a pas.

Il n'y a pas l'âme.

Il y a une conscience qui émerge en même temps que des phénomènes et qui disparaît en même temps que les phénomènes.

Vacuité.

Il n'y a pas une entité préexistante,

Éternelle,

Qui est témoin des phénomènes qui apparaissent et disparaissent.

Je n'en fous si c'est vrai ou si ce n'est pas vrai.

Quand on voit la vie comme ça,

Qu'est-ce que ça change ?

C'est ça la question importante.

Par contre,

Ce dont on ne se fout pas du tout,

C'est est-ce que c'est plausible ?

Parce qu'on ne va pas pouvoir vraiment essayer de voir la vie comme ça si ce n'est pas du tout plausible.

Vous voyez ce que je veux dire ?

C'est là que maintenant il y a du boulot derrière.

Parce qu'il va falloir réfléchir et voir si c'est possible en fait.

Ce n'est pas pour dire c'est vrai ou ce n'est pas vrai,

Mais il faut au moins que ça se tienne.

Sinon,

On ne va pas pouvoir essayer de voir la vie comme ça.

Il faut y réfléchir.

Il faut se dire,

Ben voilà.

Mais du coup,

Qu'est-ce que ça change ?

Qu'est-ce que ça change à la situation de la planète ?

Qu'est-ce que ça change à l'engagement pour vraiment faire quelque chose au niveau justement de cette situation,

De l'écologie,

De la politique,

De tous les drames qu'on est en train de vivre ?

Qu'est-ce que ça change si je me vois comme ça en relation avec ma famille ?

Qu'est-ce que ça change à ma critique intérieure ?

Voilà.

On va devoir confronter ce point de vue-là à tout ce qui apparaît dans notre vie pour voir,

Si je le vois comme ça,

Qu'est-ce que ça change ?

Et les endroits où ce point de vue fonctionne,

Alors on peut l'utiliser.

Il y a d'autres points de vue qui sont nécessaires.

Moi,

Denis,

Père de famille,

Avec un travail,

Ceci,

Cela,

C'est super nécessaire.

Ce n'est pas laisser tomber un pour l'autre.

Ce n'est pas pour maintenant dire voilà,

Je suis éternel et omniscient pour toujours et Denis n'existe pas.

Ça a foiré l'histoire.

Ça n'a pas bien se passé,

Ça.

C'est de connaître tout le spectre de mon expérience et d'être capable d'avoir cette plasticité,

D'aller d'un à l'autre quand c'est nécessaire.

Et d'utiliser le point de vue et la perspective adéquate en fonction du moment.

On ne peut pas toujours vivre dans cet espace de nous-mêmes où rien ne se passe.

Il y a des états de méditation dans lesquels il n'y a plus notre corps.

Il y a des états de méditation dans lesquels il n'y a plus de pensée.

Mais ce n'est pas une manière de vivre.

On ne peut pas vivre comme ça.

On a besoin du corps,

De la pensée,

On a besoin de la créativité,

La pleine conscience.

Beaucoup de gens comprennent qu'en fait,

On doit vivre tout le temps pleinement conscient.

C'est impossible.

C'est impossible.

La créativité,

Elle se fait au travail de la pensée,

De se projeter,

L'engagement.

Il faut éviter de se dire voilà,

Ça c'est l'état,

Ça.

Ou bien de s'identifier,

Ça c'est moi,

Et le reste c'est pas moi.

Non,

Non.

De visiter toutes les manières et nos états de conscience et nos manières d'être.

Acquérir cette plasticité,

De gravir l'échelle et redescendre l'échelle de nous-mêmes.

Des endroits de la surface,

Et je n'emploie pas du tout la surface d'une manière péjorative,

Des endroits de la surface jusqu'au cœur où rien ne bouge.

Avoir la capacité d'évoluer.

C'est ça qu'on apprend en méditation.

La capacité de visiter tous les endroits de nous-mêmes.

Une petite citation de Niels Bohr.

Je suis bien copain avec lui pour le moment.

Donc c'est à Niels Bohr,

C'est le scientifique qui a eu le prix Nobel en 1922,

En physique.

Et donc il dit ici,

L'opposé d'une affirmation correcte est une affirmation erronée,

Mais l'opposé d'une vérité profonde peut être une autre vérité profonde.

Ça,

Ça laisse de l'espace.

Merci pour votre écoute.

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