
Honte de Soi épisode 3: Survie, Colère, Voie Singulière
Troisième talk d'une série inédite sur la honte de soi. Ces talks mêlent des éléments de mon parcours personnel et professionnel en tant qu'accompagnatrice à la révélation de soi par la voix depuis déjà 10 ans et auteure conférencière autour de la relation corps, voix, mots, entre soi et soi, soi et les autres. Ici, j'évoque la force de la honte en tant qu'effacement de la vie, ainsi que le rôle des exemples inspirants pour oser être soi. Ces audios sont pour moi une offrande d'une part de mon chemin de résilience, ainsi qu'une façon de contribuer à démystifier le sujet de la honte dite toxique, et à lever les tabous liés. Pour qui? Toute personne interpellée par le sujet, mais pas pour les personnes cherchant une aide thérapeutique, ni pour les personnes recherchant des analyses psychologiques ou intellectuelles du sujet. Toute personne reconnaissant l'intelligence de la vie et cheminant vers plus de légèreté et d'acceptation de soi, en conscience de son vécu.
Script
Je crois que la honte,
C'est avant tout l'effacement de soi.
La honte m'a fait.
.
.
Perdre ou m'a fait éviter des tas de choses belles et importantes dans ma vie.
Ça m'a fait manquer.
.
.
Des relations amoureuses,
Tout simplement.
Je n'ai pas vécu l'amour pour certaines raisons qui sont liées à ma honte.
Ça m'a fait manquer des opportunités professionnelles ou artistiques.
Par exemple,
Je ne sais pas.
.
.
J'ai pas pu aller au bout d'un projet d'album de musique parce que j'avais honte.
Ça m'a fait rater des opportunités d'aller bien,
Tout simplement,
Au niveau de la santé aussi.
C'est-à-dire que j'ai mis en danger ma santé parce que j'avais trop honte de moi pour consulter,
Pour être prise en charge.
Donc,
Des fois,
Ça va très loin parce qu'en fait,
Il y a un abandon de soi,
Un déni de soi qui se fait malgré soi.
Donc,
C'est compliqué à dire,
Mais je le dis quand même parce que c'est important.
Pour moi,
C'est une forme de suicide en étant en vie,
En fait,
Quand c'est vraiment de la longue trêve.
Toxique.
C'est finalement vouloir s'effacer peu à peu.
On le sait quand on est dans une situation de souffrance,
Parce que de toute façon,
On fait tout pour ne pas se faire remarquer,
Pour faire profil bas.
Et c'est d'autant plus souffrant quand on sent qu'on n'est justement pas comme les autres.
Donc,
Ce n'est pas pour vouloir simplifier les choses,
Mais il est vrai que l'histoire du vilain petit canard ou du mouton noir,
Qui en fait sont un beau mouton blanc éclairant les autres,
Ou un beau cygne blanc blanc qui va qui va voler sur des eaux en compagnie d'autres signes,
C'est révélateur en fait.
Je ne dis pas que c'est tout le temps corrélé,
Mais en tout cas dans mon cas,
Ça a joué comme ça aussi.
C'est-à-dire que bien sûr,
Avoir honte de soi,
C'est aussi la résultante du fait qu'on est inadéquat.
Non pas intrinsèquement,
Il n'y a aucun problème avec soi,
Mais c'est que les autres nous renvoient ça parce qu'on est trop différents.
Et d'une manière qui paraît parfois invisible ou impalpable,
Si je prends mon propre exemple,
Ce n'est pas pour parler de moi,
Mais c'est pour le dire pour les gens qui sont dans cette situation ou l'ont été,
C'est que j'ai toujours tout fait pour ne pas poser problème,
Donc j'étais typiquement le genre d'enfant ou de petite fille.
Modèle qui ne posait pas souci et donc personne n'aurait pu dire que j'avais un tempérament artistique et que j'allais finalement mener une vie relativement en marge du système et avec ce que je transmets aujourd'hui et ce que je pratique,
Qui vraiment détonne complètement Malgré l'apparence que j'ai et malgré ce que je peux faire ressentir aux gens de tout à fait banal,
Normal,
Ordinaire,
Parce que je suis complètement ordinaire,
Pour moi je suis complètement normale,
Mais j'ai réussi à coups d'efforts invisibles.
À rentrer dans les moules en développant une intelligence liée à l'hypervigilance,
Qu'on confère à une chanson récente improvisée où je parlais du haut potentiel d'inquiétude,
Où vraiment c'est ça,
Cette intelligence qu'on mesure est en fait une intelligence de suradaptation et de survie aussi,
Qui fait qu'on peut acquérir des codes très vite,
Voire les approfondir,
Parce qu'on sait que notre survie sociale,
Voire physique,
Tient à ça.
Donc,
Il va falloir observer les autres,
Comment ils agissent,
Comment ils interagissent,
Qu'est-ce qu'ils attendent de moi,
Qu'est-ce que je dois faire pour échapper,
En fait,
Au pire parfois.
Donc là,
Je n'ai pas besoin de détailler.
Chacun,
En fonction de son histoire ou de ce qu'il peut connaître d'autres histoires,
Peut se faire des exemples dans sa tête et sans aller sur des choses vraiment dramatiques qui existent aussi.
Ça relève quand même d'une croix qu'on fait sur soi.
C'est-à-dire,
Moi je n'existe pas,
Mais il faut que je développe un autre moi,
En quelque sorte,
Ce qu'on appelle le fameux faux self,
Si on veut,
Mais en tout cas,
Que je m'inflige une autre identité pour être sûre que les choses vont marcher.
Et ça peut durer longtemps comme ça.
Et la chance,
En fait,
Elle tourne ou la route tourne au moment où Malheureusement,
Mais heureusement aussi souvent,
Le corps finit par parler,
Par lâcher,
Les choses vont être somatisées,
On va se rendre compte que là il y a quelque chose qui se fissure et qu'en fait on s'est oublié pendant longtemps,
Très longtemps,
Pour plaire,
Pour qu'on plaire au regard extérieur.
Encore une fois,
Souvent,
Parfois,
Peut-être toujours,
Je ne sais pas,
De façon subtile,
Voire très subtile et donc invisible.
C'est-à-dire qu'on croit bien faire,
On croit que c'est ça qu'il faut faire parce qu'en fait,
On s'est tellement mis de côté rapidement.
Qu'on n'a jamais connu autre chose.
C'est là où la question de ce qui est normal ou naturel intervient.
J'en ai parlé déjà une autre fois,
J'en reparlerai probablement.
Il y a vraiment à observer ça aussi,
Savoir où on se situe par rapport aux normes qu'on a vécues.
Est-ce qu'on croit être naturel pour soi ou pas ?
Qu'est-ce qu'on observe chez les autres ?
Qu'est-ce qui nous plaît ou pas ?
Et rétablir notre référentiel,
Qu'est-ce qu'ont vraiment mes besoins profonds,
Mes envies et mes limites.
Donc ce soi effacé,
C'est un abandon de soi avant tout.
Je dirais,
Me concernant,
Qu'il y a eu quand même cette chance très tôt.
Petite,
De percevoir qu'il y avait autre chose que ça,
Autre chose que cette vie de de travailler,
D'aller voir une famille,
Des enfants.
D'avoir cette espèce de schéma plaqué,
Comme dans les jeux Barbie et Ken.
Je ne parle même pas de normes sociales plus précises que ça,
Mais d'une espèce de déroulée stéréotypée.
Pour moi,
La vie était ailleurs.
La vie,
C'était autre chose que ça.
J'ai essayé comme j'ai pu,
Alors l'enfance permet ça.
Heureusement,
J'ai eu la chance quand même pendant l'enfance,
Malgré tout ce que je mettais comme effort pour camoufler mes angoisses,
Malgré une dépression infantile,
Non existentielle,
Que je reconnais en tout cas comme telle maintenant,
C'est-à-dire vraiment des angoisses assez fortes de mort et de questionnement sur le sens de la vie et de la mort.
Malgré tout ça,
Il y avait aussi une joie immense,
Très naturelle,
Inaltérable qui revenait avec chaque nouveau matin et qui continue de m'allumer même aujourd'hui.
Chaque matin qui recommence,
C'est un miracle d'être là,
D'être en vie,
D'avoir cette grâce,
Ce cadeau de revivre une nouvelle journée et de ne pas savoir ce qu'il va se passer exactement,
Mais d'avoir envie de mettre des choses en place,
En action,
Ou de ne rien faire,
Peu importe.
D'avoir ce don,
Ce don d'être en vie pour une journée,
Quelques heures,
On ne sait pas.
Et ça,
Cet aperçu-là,
Ces moments de joie que j'ai eus,
En particulier à travers justement le chant,
Et aussi cette relation,
Ce contact avec le divin,
Non pas la religion,
C'est passé à travers la religion,
Mais c'était davantage ce sentiment de reliance profonde à quelque chose qui à la fois me protégeait et m'ouvrait complètement.
Ça,
Ça a été fondateur pour moi et je pense que ça a été le pilier.
Qui fait que même dans les pires moments,
Et tu sais qu'il y en a eu,
Même dans toutes les phases de relance suicidaire,
Je savais qu'il y avait autre chose.
Je savais qu'autre chose était possible.
Mais malgré moi,
Chemin faisant grandissant,
Je me suis sentie comme entraînée malgré moi dans ce fameux tunnel.
On parle tout le temps du tunnel des EMI,
Des NDE.
Une fois qu'on est mort cliniquement et qu'on voit la lumière au bout du tunnel.
Moi,
Je sentais qu'effectivement,
J'entrais dans un tunnel,
Mais qu'en fait,
C'est ça qui allait me faire mourir.
C'est le tunnel dans lequel je devais me couler pour pour réussir dans la vie,
Pour ne pas être au chômage,
Pour ne pas être toute seule,
Pour ne pas être agressée,
Pour ne pas être jugée de façon négative.
En fait,
Il fallait que je coche toutes les cases négatives,
Vous voyez ce que je veux dire ?
Pour éviter des situations compliquées,
Conflictuelles,
Douloureuses.
Qui m'aurait mise en danger ou mise à mal.
Ou qui aurait fait de moi une mauvaise personne.
Donc je prends des raccourcis,
Mais c'était vraiment ça en fait.
Donc ça a été compliqué,
Mais j'ai fait parce que c'était comme marche ou crève.
En fait,
Je n'avais pas le choix et je ne voyais pas comment faire autrement parce que je n'avais pas non plus autour de moi d'autres exemples de personnes qui faisaient autrement,
Qui vivaient autrement,
Qui aimaient autrement.
Les seules attaches sécures que j'avais finalement vraiment,
Qui me reliaient vraiment à la vie,
Se trouvaient dans les chansons et dans les livres.
Et je dois clairement ma vie à la musique,
Pas que,
Bien sûr.
Sur la structure dans laquelle j'ai grandi,
Aux personnes qui m'ont élevée,
À des personnes qui m'ont entourée,
Aux personnes qui m'ont enseignée,
C'est-à-dire que je ne fais aucun rejet là-dedans,
Ce n'est pas une question de noir ou blanc.
Mais néanmoins,
S'il n'y avait pas eu.
.
.
Ce contact-là avec l'art et avec aussi des manifestations dans la nature,
De choses très ordinaires,
Très simples.
Qui nous rappelait qu'il y avait autre chose.
Je ne sais pas comment j'aurais tenu en fait.
Je pense que je serais restée avec l'idée que j'arrivais pas à faire comme les autres,
J'arrivais pas à être heureuse avec cette vie-là,
Ou j'arrivais pas à me dépasser,
J'arrivais pas à faire comme les autres,
Et que donc ça ne m'en valait pas la peine.
Mais comme j'avais eu cet avant-goût et ces petits rappels de temps en temps,
Et ces soutiens aussi secrets,
Invisibles,
Avec des vivants très éloignés,
Mais aussi avec des morts.
Tous ces gens que j'écoutais et que je lisais.
Comme j'avais eu ça,
Alors.
.
.
Je savais qu'il y avait l'étincelle.
Le feu a toujours été là.
Mais c'est vrai que c'est beaucoup plus difficile quand on n'a pas ce qu'on appelle ces tuteurs de résilience.
Il m'a fallu attendre beaucoup plus tard,
La vingtaine,
Vingt,
Vingt-cinq ans après,
Qu'il faut effectivement,
Quand j'ai commencé à apprendre les cours de chant de manière sérieuse,
Avoir des validations aussi,
Des personnes qui me renvoyaient le fait que oui,
En fait,
J'avais quelque chose dans ma voix,
J'avais quelque chose à transmettre.
Et que j'étais bien à ma place là-dedans,
Qu'il se passait quelque chose quand je chantais,
Que ça touchait,
Et que j'avais des capacités,
Et qu'on sentait que c'était ça mon truc,
L'improvisation,
Et qu'il y avait des choses à creuser,
Il y avait des possibles en fait.
C'est ce qu'on appelle,
Typiquement,
Renouer avec son potentiel,
Ouvrir le potentiel.
Et chacun a ça.
Mais pour ça,
Il faut être allumé par quelqu'un.
Il faut qu'il y ait quelqu'un quelque part qui rallume le contact et qui nous réveille en quelque sorte,
Nous sortent de cette torpeur et nous ramènent à la vie,
Nous sortent de ce tunnel pour revenir dans la vie.
C'est une expérience de mort imminente que j'ai eu l'impression de faire pendant des décennies,
Parce que j'étais réduite à l'état.
Malgré moi,
De zombies.
Et je le savais,
J'en étais consciente.
Je tiens à faire ce parallèle.
Peut-être où j'ai refuté plus tard,
Peu importe.
Mais en tout cas,
Aujourd'hui,
Là où j'en suis,
J'ai envie de parler comme ça.
C'est effectivement de me voir aller dans la vie.
En étant que l'ombre de moi-même,
Voir ce qui se passait et me dire mais c'est pas ça,
Mais je vois pas comment faire autrement.
Et en plus je le fais très bien,
C'est-à-dire que je m'adapte,
Pour les autres tout va bien,
Et en plus j'ai des bons résultats,
Enfin tout le monde est satisfait de moi,
Mais moi ça va pas.
Donc heureusement que la dépression m'a rattrapée,
Heureusement que l'addiction m'a rattrapée aussi,
Heureusement que plein de choses m'ont rattrapée,
Suffisamment souffrantes,
Pour redonner des signaux d'alerte et que,
Concomitamment ou en parallèle,
Des contacts se sont rallumés pour me ramener vers la ville.
Et c'est là où la sortie du tunnel se fait.
Et par contre,
Contrairement à ce qu'on décrit dans les MDE,
Ça n'a pas été quelque chose de hop,
Tu reviens et c'est bon,
Tu es en vie et tout reprend et tu mènes ta meilleure vie,
Tu as compris le sens de la vie,
Tu sais ce que tu dois faire ou avec qui,
Pas du tout.
Ça a été beaucoup plus progressif.
Je pense du fait que les choses étaient tellement enquistées profondes qu'on ne peut pas des fois se remettre de certaines choses comme ça d'un coup.
On a besoin de choses progressives pour refaire ami,
Ami avec la vie.
Retrouver son chemin de vie,
Le sens de ce qu'on a vécu,
Et oui,
Penser les blessures,
Et non pas les effacer.
C'est-à-dire que la trace,
Elle existe.
Mais la trace,
On ne va pas empoisonner les hôtes avec,
On ne va pas se faire hara-kiri non plus,
On va essayer de trouver une façon.
Je ne sais pas si c'est de la magnifier,
En tout cas de la sublimer,
De faire en sorte que si elle apparaît,
Si elle se voit,
Elle soit la moins douloureuse possible.
Je suis totalement aux antipodes par contre de l'idée qu'il faudrait Voilà,
Vraiment faire table rase et puis.
.
.
C'est bon,
C'est le passé,
Tout ça c'est le passé,
Je continue et tout.
De toute façon,
On est rattrapé.
Et ça,
C'est terrible et en même temps c'est très significatif.
De toute façon,
Tout ce qu'on met sous le tapis revient tôt ou tard.
Et je suis assez en colère aussi,
Une part de moi est assez en colère contre tout ce qui relève de ce qu'on appelle le bypass spirituel.
On en parle un peu plus,
Même en français,
Ces dernières années,
C'est-à-dire cette idée selon quoi,
De toute façon,
En fait,
Voilà,
L'égo n'est que l'égo.
Toutes les voies à l'intérieur de nous qui nous diminuent,
Les critiques intérieures,
Tout ce qui est relatif au jugement,
Les expériences passées,
Même traumatisantes,
Tout ça ne sert à rien à l'égard de l'être réveillé que nous sommes.
Donc c'est bon,
On peut laisser aller et juste être.
Mais non,
En fait,
Il ne s'agit pas de faire comme si il ne s'était rien passé,
Il s'agit d'aller Regardez !
Rencontrer à nouveau ce qui n'a pas été rencontré.
Trouvez des façons d'accueillir Mautrey Galvodin et trouvez une façon d'être avec ça.
Pour retrouver la bonne distance.
Et ça,
C'est chacun qui le fait.
Je veux dire,
Il n'y a aucune recette,
Il n'y a aucune méthode ou modèle de thérapie tout fait qui peut marcher entre guillemets.
C'est chacun qui va approcher son histoire à sa façon.
Et là où la voix intervient,
C'est qu'on va pouvoir moduler les choses justement.
C'est-à-dire concrètement.
Peut-être,
Au cours de certaines séances,
Chanter plus ou moins fort,
Ou chanter une berceuse pour se réparer un peu intérieurement.
Ou bien faire des sons un petit peu bizarres,
Guturaux,
Voire un peu torturés,
Mais qui nous libèrent d'une certaine façon sans avoir rien à dire.
Ça peut être aussi raconter son histoire,
Ça peut être mettre des mots comme ça qui vont intervenir ponctuellement parce qu'on sent que c'est fort,
Un peu comme du slam,
Du spoken word,
Quelque chose qui va.
.
.
Qui va venir identifier les parts d'une souffrante,
Qui va venir juste dire « Ok,
Il y a eu ça ».
C'est un peu comme faire un signe à quelque chose.
Ou à quelqu'un qui est très loin,
Mais en même temps qu'on se sent encore très proche de nous.
Et donc qu'on n'a pas à refouler en permanence,
Et pas à nier non plus.
Franchement,
Que vienne de.
.
.
Tous ceux qui pourraient balayer d'un revers la main tout ce qu'ils ont subi de souffrance en disant non mais c'est rien du tout,
C'est bon,
Maintenant je n'en parle plus,
Tout va bien.
Il y a très peu de personnes qui ont pu le faire et qui sont capables de le faire.
Le monde en lui-même est traumatisant et traumatisé en tant que tel,
C'est-à-dire le système global dans lequel on vit.
Donc,
Ça n'aurait aucun sens de vouloir dire « je vais bien tout valoir ».
Non.
Mais il ne s'agit pas non plus de ce qu'on plaire dans de la victimisation.
C'est juste tellement sortir de ça,
Sortir de ces idées toutes faites.
C'est tellement petit,
Crétin,
Limitant,
Idiot,
Réducteur.
Et triste de voir comme aujourd'hui il y a toujours cette double dimension de vouloir accéder à quelque chose de libérateur et où c'est bon.
C'est bon,
Je suis sur une voie qui me mène vers plus haut.
En niant la souffrance intériorisée et donc en se faisant encore des nœuds à l'intérieur,
Ce qui va ressortir après,
Inévitablement,
Sous forme de colère envers soi,
Envers les autres,
Et donc de haine aussi,
Et la haine du corps,
De notre corps,
Du corps des autres,
Et donc toutes les somatisations qui vont avec.
Et de l'autre côté,
Ce constat affligeant aussi de de se complaire dans un rôle passif où en fait on ne serait juste que le produit de ce qui nous est arrivé et incapable incapable d'être autre chose que.
.
.
Que le jouet,
Finalement,
De nos expériences,
Qu'un acteur passif,
En quelque sorte.
Donc l'entre-deux.
Évidemment,
À mon sens,
À moi en tout cas,
Et la seule,
Ce n'est même pas une issue,
En fait c'est vraiment tranché à travers ces deux illusions extrêmes et juste se relier à « Qu'est-ce qui me fait me sentir en joie ?
Qu'est-ce qui me fait me sentir vivant ?
» Pour moi,
C'est le seul guide,
C'est la seule indication GPS.
Est-ce que je sens que c'est bon pour moi ou pas ?
Est-ce que quand je fais ça,
Est-ce que je suis en contact avec cette personne,
Avec cette expérience,
Est-ce que je sens que.
.
.
J'ai envie de sourire,
Que mes yeux pétillent,
Que j'ai plein d'idées,
Que je suis bien,
Qu'en fait je ne me pose plus de questions parce que tout est juste.
Et je sens que je peux y aller,
Je peux rester tranquille,
Me taire,
Au contraire je peux donner de ma voix aussi,
Je peux participer sans avoir peur.
Et je peux me tromper,
C'est pas grave.
Et si ça,
C'est oui ?
Eh ben OK,
Je continue en fait.
Et si c'est non,
Ça veut dire que je vais essayer autre chose.
C'est vraiment mener sa barque en s'écoutant,
En s'écoutant.
Mais pour ça il faut déjà commencer à y mettre quelque chose de soi.
Donc il faut quand même commencer à sortir quelque chose et c'est là où effectivement avoir des voix extérieures qui inspirent,
Qui interpellent,
Qui aident,
Et tout à fait précieux,
C'est comme des lanternes et indispensable,
C'est ce dont je parlais tout à l'heure,
C'est comme ses témoins,
Ses flambeaux.
Morts ou vivants,
Qui peuvent témoigner qu'autre chose est possible,
Qu'on peut se sentir bien à sa façon,
En étant qui on est,
En s'exprimant à sa façon.
Non pas des modèles à copier,
Mais plutôt,
Ce qui m'a aidé,
En tout cas,
Voir des gens mener leur propre chemin,
Mener leur propre marque.
De façon parfois tout à fait ordinaire.
N'allez surtout pas imaginer que je parle de personnes qui font des exploits physiques ou mentaux,
Que sais-je,
Ou qui ont traversé des choses absolument incroyables.
Non,
Non,
Non,
Pas du tout.
Ça peut aussi être des choses beaucoup plus banales,
Mais des témoins de ce que c'est de se relier au vivant dans l'ordinaire le plus ordinaire et d'y trouver de la joie pure.
Où est la joie pure,
C'est-à-dire sans raison,
Sans attente.
Il n'y a plus de place pour l'un d'eux.
Il n'y a plus aucune place,
La question ne se pose même plus.
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