
Conte la Chenille | Shin Denshin
Ce conte répond à l'envie de partager et illustrer la communication d'âme à âme. Merci à Laura pour cette expérience, j'espère du fond du coeur que cette chenille saura vous ravir, vous distraire ou vous enseigner. Merci à Ravi Kant pour la photo
Script
Connais-tu l'histoire de Temeta ?
Temeta,
La petite chenille,
Rouge et jaune,
Qui habite le champ de Monsieur Jonquois.
Temeta est une petite chenille,
Toute petite chenille,
Presque minuscule chenille.
Temeta aime prendre son temps,
Elle a l'habitude de quitter l'herbe pour aller à la rencontre,
En se hissant sur sa tige,
Pour aller à la rencontre de Léna.
Léna,
La plus belle des marguerites du champ de Monsieur Jonquois,
Léna,
La somptueuse marguerite,
Blanche et jaune,
Et tous les jours Temeta se prélasse en s'allongeant au cœur de Léna.
Le cœur de Léna lui semble si vaste que chaque jour Temeta,
La toute petite chenille,
Grimpe,
Grimpe,
Grimpe,
Grimpe sur la tige pour aller profondément se poser,
Délicatement se poser dans la fleur qu'elle aime tant.
Et chaque jour,
Léna dit à sa fleur,
Dans le regard que je te porte,
Jour après jour,
J'essaye,
Je fais en sorte,
Je tente de lâcher tous les efforts pour te voir.
Dans le regard que je te porte,
J'essaye de te regarder sans effort,
J'essaye de me laisser voir par le regard que je te porte.
Et tandis que j'ouvre mes yeux,
J'ouvre l'espace entre mes sourcils,
J'ouvre ma bouche,
Mon visage entier reçoit ta présence.
Et alors qu'une délicieuse douceur se propage en moi,
Et alors que je me rends réceptive à toi,
À cette délicatesse,
Jour après jour,
Je te vois et me sens en totale présence avec toi.
Jour après jour,
Léna recevait la visite de Temeta la petite chenille.
Et c'était délicieux que d'être ensemble,
Être ensemble,
Ne rien se dire et pourtant tout entendre de l'autre,
Ne rien se dire et pourtant tout sentir pleinement,
Délicatement,
Délicieusement.
Jusqu'un jour où la petite chenille avançait de plus en plus difficilement,
Ses couleurs devenaient de plus en plus pâles,
Tellement pâles qu'on aurait dit qu'elle était malade.
La petite chenille s'aperçut qu'elle sécrétait énormément de fils de soie.
C'était tellement gênant,
Tellement,
Tellement de fils de soie que progressivement,
Alors qu'elle ne pouvait même plus bouger,
Qu'elle ne pouvait plus se hisser sur la tige de sa fleur tant aimée,
Elle sentit se former autour d'elle,
À partir d'elle,
Un drôle de filet qui progressivement devenait de plus en plus dur,
De plus en plus solide,
Comme si ce filet l'invitait,
La contraignait à entrer en présence avec elle-même.
Et au bout de quelques jours,
La petite chenille,
Rouge et jaune,
S'aperçut qu'elle était complètement enserrée dans un cocoon.
Au début,
Limitée par ses mouvements,
Elle se dit mais comment faire ?
Je ne peux plus me hisser,
Je ne peux plus regarder la fleur que j'aime tant,
Je ne peux plus être avec elle.
Alors,
Son cœur devint triste,
Et dans cette tristesse,
Dans ce cocoon,
L'Aina cherchait,
Cherchait,
Cherchait.
Mais l'Aina,
La magnifique Marguerite,
Ne pouvait pas voir Téméta.
Elle savait que Téméta s'était peut-être assoupie,
Peut-être endormie,
Dans cette étrange forme qui était là,
En bas de ses pétales,
En bas de sa tige,
En bas de sa fleur.
L'Aina sentait la présence de son ami Téméta,
Et Téméta,
Quant à elle,
Entrait tellement profondément en elle-même qu'elle eut une idée.
Elle se dit,
Est-ce que je pourrais me regarder moi-même,
Dans cet œil intérieur,
Comme je sais regarder ma fleur ?
Alors,
Elle essaya,
Elle essaya,
Et puis elle essaya,
De se regarder elle-même,
Sans effort,
De se regarder pour se laisser voir,
Et tandis qu'elle ouvre ses yeux,
L'espace entre ses sourcils,
Sa bouche,
Son visage,
Son corps entier qui était devenu énorme dans ce cocoon,
Sentait sa présence à elle.
Quelle expérience incroyable !
Jusqu'à ce que,
Quinze jours plus tard,
L'Aina,
La petite chenille,
Étant tellement à l'étroit dans ce cocoon,
N'en pouvait plus de rester immobile.
Elle commença à bouger,
À essayer de se décourdir un peu,
Et le cocoon se déchira,
Petitement tout d'abord,
Et puis de plus en plus nettement,
Jusqu'à ce que la petite chenille puisse sortir totalement de ce qui fut sa prison,
Et ce qui fut également son propre berceau,
Puisque c'est là qu'elle a découvert cette magnifique capacité de s'écouter soi-même,
Pleinement,
Totalement.
Et au moment de sortir de ce cocoon,
Elle s'aperçut que son corps avait totalement changé.
La petite chenille jaune et rouge n'était plus du tout une chenille,
C'était bien moi !
Et pourtant,
Je pouvais tendre mes ailes,
Déployer ses orangées,
Et je pouvais même m'envoler.
Et depuis ce jour,
La petite chenille,
Devenue papillon,
A rendu visite tous les jours à sa fleur,
Avec le cœur et l'esprit totalement,
Totalement,
Totalement présents.
Et c'est ainsi que la magnifique Marguerite Emetta d'Italena vient te poser sur moi.
J'ai un secret à te dire,
Je dois te remercier,
Parce que j'avais entendu qu'en effet,
Lorsque l'esprit pense,
Le cœur ressent.
J'avais entendu,
Mais je n'avais pas vécu.
Et grâce à toi,
Petite chenille,
Devenue magnifique papillon,
Grâce à toi,
Je sais ce que c'est qu'être en présence.
Je sais ce que c'est qu'être pleinement,
Totalement,
Exactement à l'endroit de mon cœur,
De mon esprit,
Et de cet endroit palpitant et unifié.
Je peux être en contact joyeux,
Plein et entier avec ton âme,
De chenille devenue,
Merci à toi d'être là pour me faire sentir ce que cette pleine présence peut apporter,
D'âme à âme,
De cœur à cœur,
À esprit.
Rencontrez votre professeur
4.5 (17)
