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Retraite Son, Silence et Dance- J1- DharmaTalk

by Denis Robberechts

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4.9
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Méditation
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Préparation à la retraite. Comment s'engager sur le chemin de la bienveillance et ramener du sens dans notre quotidien à travers la pratique de la méditation, l'exploration et la compréhension profonde du Dharma ?!

Script

Bienvenue à ce premier discours de la retraite.

Il y a quelque chose que je dis souvent au début de la retraite et que j'ai oublié.

C'est le bon moment,

C'est de dire que si je suis assis sur une table,

Ça n'a rien à voir avec une quelconque hiérarchie,

Mais c'est juste parce que je vous vois mieux,

Vous me voyez mieux,

Vous m'entendez mieux.

Et voilà,

C'est un peu,

Sinon même un peu bizarre,

Parfois même un peu inconfortable pour moi,

Mais nettement plus pratique.

Donc cette retraite,

C'est la dixième son silence et danse,

Mais elle marque aussi le début de ma quinzième année d'enseignement.

Et j'ai réalisé ça juste là,

Avant de venir en fait.

15 ans,

15 ans,

La première fois que j'ai donné mon premier discours.

Et du coup,

Ça me faisait regarder un petit peu en arrière sur ces 15 ans.

Je me rappelle de ce premier discours où je parlais,

Donc c'était en Espagne,

J'avais été invité par Djaïa Achmor de Rwanda,

Et on était trois enseignés dans une retraite d'une soixantaine de personnes,

Je pense.

Et je me rappelle très bien de mon émotion,

Je me rappelle très bien de mon agitation,

D'une certaine angoisse de devoir m'exprimer devant autant de personnes.

Je l'avais déjà fait un petit peu avant,

Mais ça c'était le premier discours formel,

On va dire.

Et j'avais parlé beaucoup de mon chemin,

De ce qui m'avait amené à être assis là et à parler de mon expérience,

Toute cette époque que j'ai passée en Inde à la recherche de quelque chose d'ultime.

Ça c'était mon premier discours,

Et puis depuis,

Je m'en ai donné plein,

Plein,

Plein.

Je me suis dit,

Je dois en avoir dit aussi des conneries.

C'est inévitable,

C'est inévitable,

Comprenez bien.

Je pense que c'est important aussi de savoir ça,

D'éviter le piège.

Parfois quand quelqu'un a un rôle comme ça,

On a tendance à donner beaucoup de crédit à ce qu'il dit.

Ou bien si on lit dans un livre,

Ça a plus de crédit que si c'est juste quelqu'un qu'on croise comme ça.

Et je pense qu'il y a des avantages à donner du crédit,

On donne du poids et du coup ça marque.

Et ça c'est super,

C'est important en fait.

C'est un peu pour ça qu'on est là aussi.

Mais en même temps,

Il y a aussi un piège là-dedans de du coup l'accepter comme tel.

Et ça c'est pas fructueux,

Ça c'est pas fructueux.

Déjà parce qu'il peut y avoir des erreurs.

Il peut y avoir des erreurs parce que par exemple dans ma conception actuelle du dharma qui a déjà bien changé sur les 15 dernières années,

Il y a automatiquement forcément des endroits non compris ou mal compris.

Il peut y avoir aussi que ce que vous comprenez ce n'est pas ce que je voulais dire.

Il y en a plein des erreurs comme ça en communication.

Et puis du coup,

Si vous croyez à ce que vous avez compris,

Ce n'était pas du tout ça que je voulais dire.

Et parfois on peut rester 5 ans ou 10 ans avec une croyance comme ça,

Dans la pratique.

Et même si c'est juste,

Même si ça a été compris,

Même si le concept exprimé était juste,

Le fait de juste le laisser au niveau de le croire sans vraiment l'expérimenter,

Ça ne va pas faire du travail,

Ça ne va pas nous transformer vraiment.

Donc il n'y a finalement pas grand chose à croire.

Et même quand moi j'affirme certaines choses,

Parfois je peux parler avec beaucoup de certitude,

Mais je pense que c'est fructueux de le recevoir comme des questions en fait,

Tout ce qui peut être éventuellement affirmé.

Ma conception de la méditation,

Ma conception de la vie,

Ma conception du dharma,

Du sens de la vie,

Ça a énormément changé en 15 ans.

Je pense qu'une des choses que j'aime avec le dharma,

Avec la recherche spirituelle,

C'est que ça donne du sens.

Là c'est aussi l'année de mes 50 ans,

C'est tous des chiffres ronds qui tombent.

Et je pense,

Il me semble que le sens,

C'est essentiel de garder du sens dans notre vie,

D'avoir une raison de se lever le matin.

Et je pense que pour beaucoup,

Il y a des hauts et des bas,

Et pour beaucoup c'est en chute le sens,

Parfois avec l'âge aussi.

Les gamins ne se posent pas vraiment la question,

Ils se lèvent,

Ils jouent,

Ils veulent jouer,

La question du sens n'est pas encore là.

Mais au fur et à mesure qu'on prend de l'âge,

À un moment la routine s'installe,

On répète les choses,

On est beaucoup à s'organiser et tout ça,

Et puis la vie se structure,

Se réduit un petit peu,

Notre vision de la vie devient plus cadrée,

Plus formelle.

Et puis,

Quand c'est 10 ans comme ça,

20 ans comme ça,

À un moment ça perd un peu du sens,

De continuer comme ça tout le temps,

Se lever,

Gagner sa chapati ou sa tartine au milieu de la vie,

Et juste chercher à assurer les bases de la vie.

Et le dharma,

Je trouve,

Ça ramène du sens.

Pour moi,

La manière dont je vois le chemin spirituel,

Je vois ça comme une enquête.

Pour moi ça vient d'un sens,

J'en parle très souvent,

Ça vient d'un sens profond,

Que la vie est beaucoup plus vaste que ce que j'en perçois.

Beaucoup plus vaste que ce que j'en perçois.

Et que ma vision de la vie est extrêmement limitée,

Et que cette limitation cause des frictions avec la vie,

Cause tout un tas de problèmes.

Ma relation de moi à moi-même,

À travers cette vision limitée,

Est problématique.

Ma relation de moi aux autres,

À travers cette vision limitée,

Est problématique.

Et donc,

Vraiment de savoir que la manière dont je vois,

Je comprends la vie est limitée,

Et que ça cause problème,

Du coup,

Ça me donne envie de rechercher,

De réouvrir.

Et ça,

Ça ressemble clairement à une grande enquête.

Et ça c'est super.

C'est super d'avoir ça dans une vie.

D'avoir ce sens d'être chercheur.

Et dans la manière dont ça s'est déroulé pour moi,

Je ne me suis jamais attaché à une tradition,

Un enseignant,

Une technique,

Une manière de voir.

Mais par contre,

J'ai toujours été intéressé par des traditions,

Des enseignants,

Des techniques et des manières de voir.

Et je me suis donné le droit de refondre en moi tout ce que je pouvais aller chercher à l'extérieur.

Je ne sais pas si ça a du sens.

Beaucoup de choses ont servi ma recherche.

Quand je suis arrivé en Inde,

Une des premières choses que j'ai faites,

C'était une retraite.

Une retraite dans le style Vipassana de Mohenka,

Que certains d'entre vous ont pratiqué et connaissent.

Et ça a été hyper fort,

Révélateur.

Ça m'a donné vraiment du dynamisme pour me lancer plus loin dans la pratique de la méditation.

Et en même temps,

Ce n'était pas le style et la tradition qui me convenaient.

C'était clair pour moi en sortant de la retraite.

Je cherche autre chose,

Un autre style,

Une autre approche.

Il y a tellement de styles.

Et je n'ai pas vraiment trouvé.

J'ai ressenti que ce qui pouvait m'informer,

Ce qui pouvait nourrir ma quête,

C'était la musique classique indienne.

Parce qu'elle est venue sur mon chemin,

À travers un aval qui jouait des tablas.

Je croyais que c'était très simple,

C'est une petite percussion indienne.

J'ai d'abord cru que c'était très simple.

En fait,

Ce n'est pas simple du tout.

Mais j'y ai vu.

J'ai commencé et très vite j'ai vu qu'à travers la musique classique indienne,

Je pouvais apprendre déjà la position,

La stabilité,

La patience.

Le fait de dissocier la main gauche et la main droite et les effets que ça pouvait avoir sur le fonctionnement cérébral.

Et la relation à l'improvisation,

La beauté.

Ça ouvrait des portes sur ma quête spirituelle.

Donc,

C'est devenu mon enseignement.

Et puis j'ai trouvé un maître de musique qui était très inspirant,

Qui l'est toujours,

Je le vois encore,

Chaque fois que je vais en Inde.

Avec qui j'ai beaucoup appris un peu dans le style plus hindou,

La vision hindouiste de la spiritualité.

J'ai fait des retraites,

Notamment avec Christopher Titmuss qui est un enseignant bouddhiste.

Et là,

J'ai rencontré un petit peu de nouveau,

Comme Vipassana Goenka,

C'est des techniques qui viennent du bouddhisme.

Christopher Titmuss aussi utilise des techniques du bouddhisme.

Et donc voilà,

J'ai compris,

Exploré un petit peu plus le bouddhisme avec lui.

Je suis retourné à l'hadoïsme avec un autre maître en Inde.

Et puis j'ai fait des retraites solitaires tout seul.

Ça m'est venu comme ça,

C'était mon chemin,

C'était d'aller me mettre tout seul et puis de voir ce qui se passe.

C'était ça en fait dedans,

C'était qu'est-ce qui se passe si je suis loin de tout ce que je connais.

Toujours m'éloigner plus de ce que je connais,

D'une envie.

Donc je ne me suis pas figé sur une tradition ou sur une technique.

Là je me suis même inscrit,

C'est pour le mois prochain,

À un stage clown.

Et ça à voir avec ce que dedans je ressens qui est bon pour moi et qui va me libérer et ça me permet de marcher sur mon chemin.

C'est juste pour moi.

Et c'est ça que je trouve magnifique.

J'aime cette approche de la spiritualité qui est en moi,

Qui est mienne.

Je ne me suis pas dédié à une tradition et je pense que pour certaines personnes c'est essentiel de se dédier à une tradition,

Ça fonctionne très bien.

Mais pour d'autres d'entre nous c'est pas comme ça que ça fonctionne.

Pour d'autres d'entre nous on a le besoin ou la capacité ou les deux d'aller picorer à gauche et à droite et de fusionner à l'intérieur et de ressentir ce qui est juste pour nous.

Avec une notion peut-être même de maître intérieur.

De quelque chose à l'intérieur de nous qui sait ce qu'il faut.

Et développer la capacité d'écouter ça.

D'où ce style de retraite.

D'où cette possibilité de marier une retraite de méditation silencieuse avec un live set techno.

Complètement hors cadre mais avec tellement de sens.

Et tout est possible et chaque chemin peut être personnel et individuel.

Le Bouddha aussi il a visité différents maîtres et il a suivi son chemin.

Il a essayé des trucs délirants comme manger des racines pendant des années.

Chaque personne qui nous a inspiré a suivi son propre chemin.

Et je pense que c'est important de soi-même se ressentir sur un chemin.

C'est quoi mon chemin ?

Qu'est-ce qui déjà m'a fait grandir ?

C'est toujours un peu problématique ces histoires très colorées de retraite solitaire et de musique classique indienne.

Où le chemin du Bouddha ça a l'air tellement inaccessible.

C'est pas forcément ça un chemin.

Il y avait Nisargadatta Maharaj qui est un de mes maîtres préférés en Inde.

En Inde il était rouleur de bidi,

Il roulait des bidis et il avait cinq enfants.

Et il n'avait pas de thunes et du matin au soir il roulait des bidis et qu'il vendait dans la rue.

Et si vous lisez ses compréhensions de la vie,

C'est absolument fantastique.

On rencontre là quelqu'un qui a touché à l'immensité,

Qui est familier avec l'immensité.

Rien d'exceptionnel.

Le chemin ne doit pas forcément être quelque chose d'exceptionnel.

Déjà le fait d'être venu ici,

Le fait qu'on soit ici ensemble,

Le fait individuellement que vous soyez ici,

C'est clairement,

Je pense que c'est difficile à nier,

Vous pouvez chacun ressentir que c'est un pas sur votre chemin,

C'est guider par l'intérieur.

C'est répondre à un appel.

On n'aurait pu aller au ski.

Venir ici,

Se mettre en silence,

Manger de la soupe le soir,

Ne parler à personne.

C'est quoi le sens si ce n'est pas la réponse à une espèce d'intuition ?

Il y a beaucoup de sens.

Mais ça répond à une intuition profonde.

Là,

À ce moment-là,

Quand on met ça dans l'image,

Alors à ce moment-là ça a du sens de faire ce qu'on fait.

Et donc de reconnaître que,

Parce que parfois on est tellement critique avec nous-mêmes,

Qu'on a toujours l'impression qu'on ne fait pas ce qu'il faut,

Et qu'il y a un chemin mais moi je ne suis pas dessus.

Et de là,

Peut-être d'adoucir un petit peu cette vision-là et de dire,

Oui,

Oui,

Ce que j'ai fait dans ma vie,

Cet élément-là,

Je vois bien que ça a participé à ma construction et à ma libération.

À ce stade,

Là où j'en suis en fait dans ma recherche,

C'est tout chamboulé.

C'est tout chamboulé là où j'en suis dans ma spiritualité.

Donc,

Comme je vous le disais,

La rencontre avec le vice-personnel Goenka et puis les quelques retraites que j'ai faites avec Christopher,

Et puis aussi les gens qu'on a enseignés pendant longtemps,

Christopher et moi ensemble.

Et donc j'ai été un peu familier avec le bouddhisme,

Mais sans plus en fait.

Jamais vraiment proche du bouddhisme.

J'ai toujours été quelque part plus proche de l'adoïsme à travers ma relation à la musique classique indienne et mon maître,

Et plus le fait simplement de vivre en un.

Et là récemment,

Suite à des rencontres,

Des lectures,

Et encore plus récemment au dernier voyage en Inde où j'ai eu la chance d'aller à un discours du Dalai Lama,

Il y a des points de vue du bouddhisme qui sont venus me renvoyer une lame de fond et qui de nouveau ont rechamboulé toutes mes perspectives.

C'est ça qui est magnifique.

Ce n'est pas juste s'asseoir et revenir à la respiration.

Ce n'est pas juste ça,

La méditation,

Le chemin spirituel.

Ce n'est pas juste être capable d'être concentré.

Il y a beaucoup plus que ça.

Ce qui est fantastique,

C'est que ça fait un an et demi,

Deux ans,

Pour moi que toute ma compréhension est remise en question,

Rechamboulée,

Rebrassée.

Elle n'est pas du tout figée.

Ce qui à un moment,

La manière de pratiquer que j'avais à un moment,

Était nécessaire juste pour moi et maintenant se transforme en autre chose.

C'est ça qui donne une dynamique dans ma vie qui n'aurait pas justement une dynamique et donc un sens et un enthousiasme.

Il y a un enthousiasme énorme à me lever le matin,

À m'asseoir et à pratiquer.

Quand je disais que cette conscience que la vie est bien plus vaste que ce que j'en perçois,

Alors ça peut-être que tout le monde peut le comprendre,

Mais vraiment cette conscience met du temps,

C'est de plus en plus fort.

C'est de plus en plus fort cette conscience du fait que c'est immense,

C'est super vaste,

C'est bien au-delà de ce que j'en comprends et de ce que j'en perçois et je peux m'ouvrir à ça.

Et la compréhension de comment m'ouvrir à ça,

Ça chemine,

Ça évolue,

Ça remue,

Ça transforme.

Dans le discours du Dalaï Lama,

C'était super,

On a eu énormément de chance.

On ne savait pas du tout qu'il y avait un discours du Dalaï Lama à Dharamsala,

Qui est l'endroit où les réfugiés tibétains ont pris refuge en quittant le Tibet,

Et donc où le Dalaï Lama habite.

Il donnait en fait une série,

C'était trois discours sur le fait de prendre refuge.

C'était organisé par une communauté coréenne.

Et on a eu la chance de pouvoir participer au troisième discours.

C'était super parce que c'était le début de notre voyage,

C'était le deuxième jour ou le troisième jour,

Et on a dû passer tous les contrôles,

Et on n'était pas sûr même de pouvoir rentrer en fait,

Donc on se sentait vraiment privilégié de pouvoir être là.

Et lui dans ce troisième et dernier jour d'enseignement,

Il faisait un petit peu une synthèse des deux premiers jours,

Et il y avait un peu ce sens qui transmettait aux coréens ce qu'ils voulaient absolument qu'ils ramènent chez eux à propos du bouddhisme.

Il y avait un peu ce sens là.

Et une chose qu'il leur disait,

C'était,

Il mettait une emphase assez forte en fait,

Il y est revenu souvent sur le fait,

Sur l'étude.

Il disait,

Étudiez,

Étudiez les textes.

Ce n'est pas suffisant de prier,

Ce n'est pas suffisant de faire des prosternations,

Ce n'est pas suffisant de revenir au silence.

Étudiez,

Essayez de comprendre,

D'intégrer,

De réaliser les textes du Bouddha et des gens qui ont marché sur le chemin du bouddhisme,

Qui ont laissé des traces,

Et qui peuvent nous apprendre quelles sont leurs découvertes.

Je pense que c'est quelque chose qu'on a un peu perdu à notre époque,

Chez nous.

J'ai l'impression qu'on a été un peu déçus par l'église catholique à une époque,

Et du coup on a jeté le bébé avec l'eau du bain,

Et on n'entend plus beaucoup parler de notre exil ancien,

On n'entend plus beaucoup parler des gens avant nous qui ont créé notre manière de penser,

Parce que ça se transmet,

Notre manière de penser vient de bien avant,

Une bonne partie en tout cas,

On n'apprend plus les recherches spirituelles qui se sont faites dans nos traditions,

Et qui pourtant peuvent nous aider à explorer notre propre expérience.

C'est ça le but,

C'est d'explorer notre propre expérience.

Mais c'est sorti un peu du tableau,

On n'entend plus parler à l'école,

C'est plus nulle part en fait cette histoire-là.

La spiritualité dans nos pays,

On n'en parle plus,

C'est un truc un peu sur le côté de la vie,

En dehors.

Et d'où,

C'est le matérialisme qui a rempli la totalité de l'histoire.

S'il n'y a plus de vie de l'esprit,

À ce moment-là le bonheur passe à travers la possession,

L'acquisition de choses.

Et lui donc,

Le Dalai Lama,

Ça ne s'est pas du tout passé comme ça au niveau du peuple tibétain par exemple,

Ou même en Asie d'une façon générale,

La spiritualité est encore bien vivante de ce côté-là du monde.

Mais il leur disait,

Pas juste croire,

Pas juste prier,

Pas juste faire tourner de l'ensemble,

Pas juste se prosterner,

Pas juste se concentrer et revenir au silence,

Étudier,

Chercher à comprendre.

Et ce que je trouve super riche en fait dans l'étude,

C'est que,

Quand on lit certains textes,

On voit la manière dont certaines personnes pensent,

Et ça,

Ça nous questionne.

Les textes,

Par exemple,

Dans le bouddhisme,

C'est chercher,

Explorer la nature de la réalité.

Imaginez un peu le truc.

La nature de la réalité.

Chercher à comprendre et expérimenter la nature même de la réalité.

Ou la connaissance de soi,

Dans tous les domaines de la psychologie,

Dans les domaines de la philosophie,

Et dans les domaines de la spiritualité,

Jusqu'à la réalisation du non-soi.

Imaginez.

Le non-soi,

De la non-existence individuelle.

Eh bien,

Il faut déjà en lire,

Réfléchir,

Se poser des questions,

Explorer dans notre propre expérience,

Avant de pouvoir même comprendre la question.

Juste pour comprendre la question,

Il faut des années.

Et réussir à se poser des questions,

C'est une chose la plus difficile au monde,

Je trouve.

On a tout de suite tendance à croire dans nos réponses,

Et même,

On a.

.

.

Quelque part,

C'est normal,

Parce que c'est beaucoup plus simple,

Mais on vit comme si on savait.

On se lève le matin et on vit comme si on savait de quoi il s'agissait,

En fait.

C'est quand même étonnant.

Mais ça manque du coup de magie,

Ça manque de gratitude,

Ça manque de spontanéité,

Il n'y a plus le regard de l'enfant.

Se poser des questions,

Remettre en question ce qui a toujours été une évidence,

Comme l'existence individuelle,

Il faut y aller.

Mais,

D'abord,

Ça ouvre une quête,

Ça ouvre un chemin,

Ça donne du sens,

Et c'est extrêmement libérateur,

Parce que ce qui nous tient petits,

C'est la croyance en cette existence individuelle,

Ce qui donne autant de puissance à ce qu'on appelle l'ego,

Qui est un mot un petit peu galvaudé,

Et qui est en train de manger le monde,

Là,

Un peu partout,

Avec moi,

Moi,

Moi,

Ma richesse et mon pouvoir et ma sécurité.

C'est justement la croyance en une existence individuelle.

S'il est vrai que quelque chose de nous existe au-delà de notre individualité,

Réaliser ça nous libère de cette contrainte,

De cette petite boîte dans laquelle on vit.

Alors là,

Il y a une question.

Puis là,

On peut y passer du temps avec celle-là.

Toujours dans son discours,

Dalaï Lama parlait aussi de prendre refuge,

Qui est une notion très présente dans le bouddhisme.

On dit parfois prendre refuge dans le Bouddha,

Le Dharma et la Sangha.

Le Bouddha étant,

Non pas le gars,

Mais plutôt la capacité d'éveil que chacun a en soi.

L'état d'éveil.

Le Bouddha,

Ça veut dire éveil.

Donc,

Refuge dans l'éveil.

Le Dharma,

Qui est le chemin qu'on prend.

Donc,

Prendre refuge dans le fait de s'engager sur notre propre chemin.

C'est beau,

Ça.

Prendre refuge dans la décision,

Dans l'engagement sur notre propre chemin.

Si on sent qu'un chemin nous appelle et qu'on s'engage dessus,

Alors,

On va être protégé,

Par exemple,

De la dépression.

Parce que ça a du sens,

Ce qu'on vit.

On va suivre vraiment notre intuition,

Ce qui est vraiment important.

C'est l'inverse d'essayer de se distraire en faisant tout un tas de trucs,

Parce qu'en fait,

On n'est pas en train de répondre à quelque chose qui nous semble essentiel.

Donc,

Prendre refuge en répondant à ce qui nous semble essentiel.

Se mettre à l'abri de la perte de sens.

Et donc,

Dans le refuge,

Dans le refuge proposé dans le bouddhisme,

Il y a le vœu du Bodhisattva,

Qui est quelque chose comme je m'engage.

C'est un vœu.

Il y a une cérémonie formelle dans le bouddhisme où les bouddhistes qui veulent s'engagent à.

.

.

Je cherche la manière de le formuler,

Il faudrait le regarder.

Il y a différentes prières qui vont avec.

Mais c'est un engagement à se libérer de l'illusion,

De toutes les croyances erronées qu'on a à propos de la vie,

Et qui nous limitent et qui nous gardent petits.

Se libérer de l'illusion.

Marcher vers l'illumination.

La réalisation.

Suivre son chemin vers la réalisation.

Pour pouvoir aider tous les êtres en souffrance.

Parce que forcément,

Plus on est pris dans tout un tas de malentendus avec la vie,

Plus on a des croyances qui ne sont pas du tout en accord avec la réalité,

Plus on est en souffrance et on crée de la souffrance autour de nous,

Et moins on est à même d'aider ceux qui sont en souffrance autour de nous.

Donc le vœu du bodhisattva,

C'est de se libérer de notre propre confusion,

Ce qui est énorme.

Parce qu'il y a plein de niveaux à ça.

Jusqu'au non-soi.

Jusqu'à l'évacuité.

On y reviendra à ces termes.

Et ces concepts.

Se libérer de notre propre confusion pour pouvoir accéder soi-même au bonheur et aider tous les gens qui sont en souffrance.

Et ce vœu,

Dans le bouddhisme,

Ils font vœu de se réincarner encore et encore et encore tant qu'il y a des êtres en souffrance.

Alors la notion de réincarnation à nous,

Ça ne nous parle pas beaucoup.

Ce n'est pas dans notre culture.

Mais on peut imaginer,

Parce que dans le bouddhisme,

Il y a cette notion de sortir du cercle des réincarnations.

Et donc là,

C'est vraiment un vœu de bienveillance,

De générosité et de compassion que de dire non.

Je vais rester dans ce bordel tant qu'il y a encore quelqu'un qui est en train d'y souffrir.

Même si j'ai trouvé la sortie,

Je vais rester.

Donc c'est vraiment impliquer une qualité du cœur et dire je vais cultiver les six perfections qui viendraient peut-être plus tard.

Je vais cultiver les six perfections.

Je vais marcher sur le chemin qui me libère de la confusion pour pouvoir aider tous les êtres et je vais continuer à me réincarner jusqu'à ce que la souffrance ait disparu de tous les êtres vivants.

Pour nous,

Cette dernière partie peut paraître conceptuelle.

Laissons-la de côté.

Mais juste,

Je la cite parce que ça donne l'amplitude quand même du vœu.

Pour eux,

Ce n'est pas rien.

Et là,

Quand vraiment,

Je pense que quand vraiment on a en soi ce vœu,

Cette décision,

Cette direction donnée à notre vie,

C'est une direction qu'on donne à sa vie,

Ça c'est très clair.

Une direction de recherche,

D'exploration,

De compréhension pour se libérer de la confusion.

Quand on a une direction avec une telle intention de bienveillance,

Ça c'est un refuge.

Là,

On est protégé,

Pas des difficultés extérieures,

Mais de la dépression intérieure.

On peut peut-être ressentir le sens que ça a de vivre comme ça,

Le sens que ça peut donner à notre vie si on est engagé sur un tel chemin.

Et il n'y a pas besoin d'être bouddhiste,

C'est juste de ressentir la justesse et la beauté de cet engagement,

Ou de ce type d'engagement.

Et si ça sonne,

Ça sonne comme quelque chose qui vous parle,

Ça vaut la peine du coup de le réfléchir,

Et peut-être même de se le formuler à soi-même.

Ou ne serait-ce que se formuler.

.

.

Parfois on a peur de ce genre de trucs,

Parce que c'est quand même des gros.

.

.

On a l'impression qu'on n'est pas capable,

Mais au moins de reconnaître que ça nous appelle,

Qu'on aura envie d'être capable d'avoir une telle direction,

Une telle lumière,

Une telle étoile,

Un tel but vers lequel marcher,

Qu'on voudrait,

Peut-être même le vœu,

Ça serait d'être un jour capable de pleinement s'engager dans ce chemin.

C'est ce que je ressentais en réfléchissant à toutes ces années de pratique,

Et à cette exploration,

En fait.

C'est vraiment.

.

.

Les bénéfices de cette pratique et de cette recherche spirituelle,

Pour moi,

C'est énorme.

Dans toutes les directions,

J'y trouve des bénéfices,

Dans mon expérience.

Mais là,

C'est vraiment ce qui se mettait en avant,

C'est ce sens,

Le sens que ça a,

Le fait de ramener du sens dans mon quotidien.

C'est pas juste me lever et faire ce que je fais.

Il y a comme autre chose derrière,

À chaque fois.

Et du coup,

Ça me faisait penser,

Comme je le disais tout à l'heure,

Je pense que c'est un peu un mal de notre époque,

Le manque de sens,

La perte de sens.

Et c'est très grave.

Et on doit chacun se protéger de ça.

On doit chacun réussir à trouver un sens,

À créer un sens.

On peut créer le sens de nos vies.

Je me rappelle avoir lu un livre de.

.

.

Je crois que c'est Karl Frankel,

Peut-être quelqu'un d'entre vous l'a lu.

C'était un jeune psychiatre,

Je pense,

Qui.

.

.

Autrichien,

Qui a été prisonnier à Auschwitz.

Je pense que c'est un des premiers en sortant à écrire un livre.

Et pas du tout un livre.

.

.

Il y en a certains qui décrivent vraiment ce que c'était,

Leur expérience.

Mais lui,

Comme il était psychiatre,

Il a vraiment écrit sur le.

.

.

Presque la psychologie des prisonniers,

La psychologie des gardiens.

Un regard vraiment.

.

.

Un regard de psychiatre sur ce qui se passe quand on enferme autant de gens ensemble et quand on donne du pouvoir à certaines personnes et pas à d'autres.

Et quand on met des gens dans ce genre de conditions.

Il écrit sur ça,

En fait.

Il y a une distance qui est mise.

Et il en parle du sens.

Il parle beaucoup du sens.

D'ailleurs,

Quand il est sorti de là,

Il a fondé la troisième.

.

.

Je crois qu'on l'appelle la troisième école de psychologie viennoise,

Qui est basée sur le sens.

Redonner du sens.

Et il disait que tous les prisonniers qui survivaient,

C'est les prisonniers qui avaient une raison de survivre.

Qui voulaient revoir quelqu'un.

Qui avaient un rêve quand ils allaient sortir.

Et on voyait tout de suite ceux qui n'y croyaient plus et qui avaient perdu cette motivation,

Ce sens,

En fait.

Parce qu'on les voyait parce qu'ils fumaient une cigarette et une cigarette,

Ça vaut un repas.

Donc ils échangeaient leur repas contre une cigarette et ça veut dire qu'ils avaient lâché l'histoire.

Et lui,

Ce qui donnait du sens,

C'est qu'il se voyait écrire ce livre.

Il s'est dit.

.

.

Il a commencé à essayer de comprendre la psychologie de chaque personne qui était autour de lui.

Et il se voyait,

Il se projetait,

Il se voyait écrire ce livre,

Donner des conférences et enrichir la compréhension humaine à travers son expérience.

Et c'est ça qui le faisait tenir.

Trouver un sens,

Avoir un but,

Donner une direction.

Et moi,

Ça,

Le dharma,

Ça m'amène ça.

Ça m'amène ça.

Ça m'amène l'enthousiasme à continuer à chercher,

À creuser,

À savoir.

.

.

C'est vaste,

C'est mystérieux.

L'expérience humaine,

La vie,

C'est vaste,

C'est mystérieux.

C'est d'une beauté surprenante.

Donc dans cette retraite,

Il y aura.

.

.

On a déjà bien commencé,

Vraiment,

De la concentration,

Le silence de l'esprit,

Ancrer l'attention ailleurs que dans la pensée,

La dégager de la pensée,

L'ancrer dans la respiration.

On a commencé avec la respiration.

On utilisera d'autres objets.

Mais on va aussi,

Vraiment,

À travers ces discours,

Après,

Même à travers des méditations guidées,

On va aussi ramener la réflexion,

Le concept.

La réflexion et le concept,

On est un petit peu balancés aussi de la méditation,

Quelque part.

Il y a un peu cette notion que j'ai eue pendant longtemps,

En fait.

Pendant très longtemps,

Pour moi,

La pratique,

C'était revenir au moment présent.

Point barre.

Revenir au moment présent.

C'était ça,

Ma pratique.

Et même quand je voyais mon esprit qui essayait de comprendre ou d'expliquer la vie d'une manière ou d'une autre,

Je coupais court et je revenais au moment,

À travers ma respiration,

À travers mes sensations physiques,

À travers ce qui était juste là.

C'était ça,

Ma pratique.

C'était ça,

La pratique,

Pour moi.

C'est ma compréhension du chemin spirituel.

Et je pense que ça a été bon pour moi à ce moment-là de faire ça,

Mais c'était extrêmement réduit comme compréhension du dharma.

C'est beaucoup plus que ça.

Et c'est pour ça que j'étais vraiment heureux d'entendre le Dalaï-Lama qui mettait une telle emphase sur l'étude,

La compréhension.

Donc là,

Dans vos méditations ou dans vos moments libres,

Il peut y avoir des réflexions qui sont riches.

Et là,

Il faut les cultiver,

Ces pensées.

Les pensées qui ont du sens,

Où on ressent qu'il y a une recherche de sens et où on ressent qu'il y a une compréhension profonde ou quelque chose qui s'ouvre,

Il faut cultiver ces pensées.

Et s'il y a une chose,

Par exemple,

Dans ce discours,

Il y a quelque chose vraiment qui a fait sens pour vous,

Qui vous a touché,

Qui sonne comme précieux ou important,

Il faut y repenser encore et encore.

Sinon,

Ça va partir.

Ça ne va pas laisser de traces.

Il faut le cultiver.

Il faut s'en rappeler.

Il faut le re-réfléchir.

Il faut essayer de le comprendre avec,

De le mettre en perspective avec nos autres compréhensions et voir comment tout ça s'articule.

Ça peut être dans la méditation.

Un moment vient quelque chose où on sent que là,

Il y a une pensée.

Parfois,

On appelle.

.

.

En anglais,

C'est un insight.

Et en français,

Ça serait,

On pourrait dire une compréhension profonde.

Parfois,

Qui émerge comme ça de nulle part.

Une compréhension profonde.

Et là,

On voit clairement quelque chose,

Un aspect peut-être de notre vie ou plus un aspect de la psychologie humaine ou quelque chose.

À ce moment-là,

Ce serait dommage de revenir à la respiration.

Il faut cultiver à ce moment-là cette pensée.

Voir où elle mène.

Essayer de la comprendre.

Essayer de la mettre en perspective avec les autres.

Ça,

C'est aussi de la méditation.

Et puis,

Après quelque temps,

Ça va devenir un peu n'importe quoi.

Ça s'embrouille et tout ça.

Ça serait peut-être là.

C'est le moment de revenir à la respiration.

Là,

Depuis quelques années,

Je vais dans les écoles.

Et c'est ça que je fais,

En fait,

Dans les écoles.

Je vais.

.

.

Il y a une partie,

Avec les élèves,

Depuis 7 ans jusqu'à 16 ans.

Il y a une partie du temps où on quitte la pensée.

Donc,

Je les guide un peu,

Comme les méditations guidées que je fais ici,

Mais en plus court,

Un peu plus ludique.

Pour qu'ils se désintéressent de leur pensée et qu'ils s'intéressent à leur expérience du moment.

Donc,

Vraiment là,

Quitter la pensée.

Et puis,

La deuxième partie du temps,

On se pose des questions philosophiques.

On réapprend à se poser des questions et à repenser par soi-même toutes choses.

C'est un peu les deux extrêmes,

Finalement.

Il y en a un où il ne faut pas penser,

Et puis l'autre où il faut vraiment penser.

On réapprend à penser et on apprend à ne pas penser.

Ici,

C'est aussi ce qu'il faut faire.

Ce n'est pas juste ne pas penser.

Si notre pratique est tout le temps juste le moment présent,

Est tout le temps juste en contact avec la réalité telle qu'elle est,

Et qu'il n'y a pas tout ce processus de compréhension,

Il n'y aura pas cette fameuse libération.

Il n'y aura pas tous ces malentendus qui sont en fait à l'arrière de nos pensées,

Qui nous font voir la vie d'une certaine manière,

Ne vont pas être atteints,

Ne vont pas être déracinés.

La réflexion fait vraiment partie du chemin.

Merci pour votre attention.

4.9 (12)

Avis récents

Cécile

September 6, 2025

Merci Denis !

Mbiko

January 29, 2021

Merci beaucoup! Juste ce dont j'avais besoin d'entendre aujourd'hui.

Catherine

April 24, 2020

Je m'attendais à une méditation guidée, ce n'est pas le cas mais très bonne surprise, j'ai beaucoup aimé votre réflexion sur le chemin spirituel🙏🏼❣️🌍 Merci beaucoup🙏🏼

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