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Le Petit Prince (Chapitres 20-23)

by Kathy

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Le Petit Prince (Chapitres 20-23) Lecture du Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry. Rencontre avec le renard, l'aiguilleur et le marchand. "L'essentiel est invisible pour les yeux." Laissez-vous porter par les aventures de l'aviateur et de son jeune ami plein de sagesse et de douceur. Merci pour vos dons et vos partages qui m'aident à produire plus d'enregistrements. (Musique de Kai Engel et Doctor Turtle.)

Script

Le Petit Prince,

Chapitre 20 Mais il arriva que le Petit Prince,

Ayant longtemps marché à travers les sables,

Les rocs et les neiges,

Découvrit enfin une route,

Et les routes vont toutes chez les hommes.

« Bonjour !

» dit-il,

C'était un jardin fleuri de roses.

« Bonjour !

» dirent les roses.

Le Petit Prince les regarda.

Elles ressemblaient toutes à sa fleur.

« Qui êtes-vous ?

» leur demanda-t-il stupéfait.

« Nous sommes des roses,

» dirent les roses.

« Ah !

» fit le Petit Prince,

Et il se sentit très malheureux.

Sa fleur lui avait raconté qu'elle était la seule de son espèce dans l'univers,

Et voici qu'il en était cinq mille,

Toutes semblables dans un seul jardin.

« Elle serait bien vexée,

» se dit-il,

« si elle voyait ça.

Elle tousserait énormément et ferait semblant de mourir pour échapper au ridicule.

Et je serais bien obligée de faire semblant de la soigner,

Car sinon,

Pour m'humilier moi aussi,

Elle se laisserait vraiment mourir.

Puis il se dit encore,

« Je me croyais riche d'une fleur unique,

Et je ne possède qu'une rose ordinaire.

Ça,

Et mes trois volcans qui m'arrivent aux genoux,

Et dont l'un,

Peut-être,

Était un pour toujours,

Ça ne fait pas de moi un bien grand prince.

» Et,

Couché dans l'herbe,

Il pleura.

Chapitre XXI C'est alors qu'apparut le renard.

« Bonjour,

» dit le renard.

« Bonjour,

» répondit poliment le petit prince,

Qui se retourna,

Mais ne vit rien.

« Je suis là,

» dit la voix,

« sur le pommier.

Qui es-tu ?

» dit le petit prince.

« Tu es bien jolie.

» « Je suis le renard,

» dit le renard.

« Viens jouer avec moi,

» lui proposa le petit prince.

« Je suis tellement triste.

» « Je ne peux pas jouer avec toi,

» dit le renard.

« Je ne suis pas apprivoisé.

» « Ah,

Pardon,

» fit le petit prince.

Mais,

Après réflexion,

Il ajouta,

« Qu'est-ce que signifie apprivoiser ?

» « Tu n'es pas d'ici,

» dit le renard.

« Que cherches-tu ?

» « Je cherche les hommes,

» dit le petit prince.

« Qu'est-ce que signifie apprivoiser ?

» « Les hommes,

» dit le renard.

« Ils ont des fusils et ils chassent.

» « C'est bien gênant.

» « Ils élèvent aussi des poules.

» « C'est leur seul intérêt.

» « Tu cherches des poules ?

» « Non,

» dit le petit prince.

« Je cherche des amis.

» « Qu'est-ce que signifie apprivoiser ?

» « C'est une chose trop oubliée,

» dit le renard.

« Ça signifie créer des liens.

» « Créer des liens ?

Bien sûr,

» dit le renard.

« Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon,

Tout semblable à cent mille petits garçons.

Je n'ai pas besoin de toi.

Tu n'as pas besoin de moi non plus.

Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards.

Mais si tu m'apprivoises,

Nous aurons besoin l'un de l'autre.

Tu seras pour moi unique au monde.

Je serai pour toi unique au monde.

» « Je commence à comprendre,

» dit le petit prince.

« Il y a une fleur.

Je crois qu'elle m'a apprivoisé.

» « C'est possible,

» dit le renard.

« On voit sur la terre toutes sortes de choses.

» « Oh,

Ce n'est pas sur la terre,

» dit le petit prince.

Le renard parut très intrigué.

« Sur une autre planète ?

» « Oui.

» « Il y a des chasseurs sur cette planète-là ?

» « Non.

» « Ça,

C'est intéressant.

» « Et des poules ?

» « Non.

» « Hum,

Rien n'est parfait,

» soupira le renard.

Mais le renard revint à son idée.

« Ma vie est monotone.

» « Je chasse les poules.

» « Les hommes me chassent.

» « Toutes les poules se ressemblent et tous les hommes se ressemblent.

» « Je m'ennuie donc un peu.

» « Mais si tu m'apprivoises,

Ma vie sera comme ensoleillée.

» « Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres.

» « Les autres pas me font rentrer sous terre.

» « Le tien m'appellera hors du terrier comme une musique.

» « Et puis regarde,

Tu vois là-bas les champs de blé ?

» « Je ne mange pas de pain.

» « Le blé pour moi est inutile.

» « Les champs de blé ne me rappellent rien.

» « Et ça,

C'est triste.

» « Mais tu as des cheveux couleur d'or.

» « Alors,

Ce sera merveilleux quand tu m'auras apprivoisé.

» « Le blé qui est doré me fera souvenir de toi.

» « Et j'aimerais le bruit du vent dans le blé.

» Le renard se tut et regarda longtemps le petit prince.

« S'il te plaît,

Apprivoise-moi,

Dit-il.

» « Hum,

Je veux bien,

Répondit le petit prince.

» « Mais je n'ai pas beaucoup de temps.

» « J'ai des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître.

» « On ne connaît que les choses que l'on apprivoise,

Dit le renard.

» « Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître.

» « Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands.

» « Mais comme il n'existe point de marchand d'amis,

Les hommes n'ont plus d'amis.

» « Si tu veux un ami,

Apprivoise-moi.

» « Hum,

Que faut-il faire,

Dit le petit prince ?

» « Il faut être très patient,

Répondit le renard.

» « Tu t'assoieras d'abord un peu loin de moi,

Comme ça,

Dans l'herbe.

» « Je te regarderai au coin de l'œil et tu ne diras rien.

» « Le langage est source de malentendus.

» « Mais chaque jour,

Tu pourras t'asseoir un peu plus près.

» Le lendemain revint le petit prince.

« Il eût mieux valu revenir à la même heure,

Dit le renard.

» « Si tu viens,

Par exemple,

À quatre heures de l'après-midi,

» « dès trois heures,

Je commencerai d'être heureux.

» « Plus l'heure avancera,

Plus je me sentirai heureux.

» « À quatre heures,

Déjà,

Je m'agiterai et m'inquièterai.

» « Je découvrirai le prix du bonheur.

» « Mais si tu viens n'importe quand,

Je ne saurais jamais à quelle heure m'habiller le cœur.

» « Il faut des rites.

» « Qu'est-ce qu'un rite,

Dit le petit prince ?

» « C'est aussi quelque chose de trop oublié,

Dit le renard.

» « C'est ce qui fait qu'un jour est différent des autres jours.

» « Une heure des autres heures.

» « Il y a un rite,

Par exemple,

Chez mes chasseurs.

» « Ils dansent le jeudi avec les filles du village.

» « Alors le jeudi est un jour merveilleux.

» « Je vais me promener jusqu'à la vigne.

» « Si les chasseurs dansaient n'importe quand,

Les jours se ressembleraient tous.

» « Et je n'aurai point de vacances.

» Ainsi,

Le petit prince apprivoisa le renard.

Et quand l'heure du départ fut proche.

.

.

« Ah,

Dit le renard,

Je pleurerai.

» « C'est ta faute,

Dit le petit prince.

» « Je ne te souhaitais point de mal,

Mais tu as voulu que je t'apprivoise.

» « Bien sûr,

Dit le renard.

» « Mais tu vas pleurer,

Dit le petit prince.

» « Bien sûr,

Dit le renard.

» « Alors tu n'y gagnes rien.

» « J'y gagne,

Dit le renard,

À cause de la couleur du blé.

» Puis il ajouta,

« Va revoir les roses.

» « Tu comprendras que la tienne est unique au monde.

» « Tu reviendras me dire adieu et je te ferai cadeau d'un secret.

» Le petit prince s'en fut revoir les roses.

« Vous êtes belles,

Mais vous êtes vides,

Leur dit-il encore.

» « On ne peut pas mourir pour vous.

» « Bien sûr,

Ma rose à moi,

Un passant ordinaire croirait qu'elle vous ressemble.

» « Mais à elle seule,

Elle est plus importante que vous toutes.

» « Puisque c'est elle que j'ai arrosée.

» « Puisque c'est elle que j'ai mise sous globe.

» « Puisque c'est elle que j'ai abritée par le paravent.

» « Puisque c'est elle dont j'ai tué les chenilles,

Sauf les deux ou trois pour les papillons.

» « Puisque c'est elle que j'ai écoutée se plaindre,

Ou se vanter,

Ou même quelquefois se taire.

» « Puisque c'est ma rose.

» Et il revint vers le renard.

« Adieu,

Dit-il.

» « Adieu,

Dit le renard.

» « Voici mon secret,

Il est très simple.

» « On ne voit bien qu'avec le cœur.

» « L'essentiel est invisible pour les yeux.

» « L'essentiel est invisible pour les yeux.

» Répéta le petit prince afin de se souvenir.

« C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.

» « C'est le temps que j'ai perdu pour ma rose,

» fit le petit prince afin de se souvenir.

« Les hommes ont oublié cette vérité,

» dit le renard.

« Mais tu ne dois pas l'oublier.

» « Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé.

» « Tu es responsable de ta rose.

» « Je suis responsable de ma rose,

» répéta le petit prince afin de se souvenir.

« Bonjour,

» dit le petit prince.

« Bonjour,

» dit l'aiguilleur.

« Que fais-tu ici ?

» dit le petit prince.

« Je trie les voyageurs par paquet de mille,

» dit l'aiguilleur.

« J'expédie les trains qui les emportent,

Tantôt vers la droite,

Tantôt vers la gauche.

» Et un rapide illuminé,

Grondant comme le tonnerre,

Fit trembler la cage d'aiguillage.

« Ils sont bien pressés,

» dit le petit prince.

« Que cherchent-ils ?

» « L'homme de la locomotive l'ignore lui-même,

» dit l'aiguilleur.

Et gronda,

En sens inverse,

Un second rapide illuminé.

« Ils reviennent déjà ?

» demanda le petit prince.

« Ce ne sont pas les mêmes,

» dit l'aiguilleur.

« C'est un échange.

» « Ils n'étaient pas contents là où ils étaient ?

» « On n'est jamais contents là où l'on est,

» dit l'aiguilleur.

Et gronda le tonnerre d'un troisième rapide illuminé.

« Ils poursuivent les premiers voyageurs ?

» demanda le petit prince.

« Ils ne poursuivent rien du tout,

» dit l'aiguilleur.

« Ils dorment là-dedans,

Ou bien ils baillent.

» « Les enfants seuls écrasent leur nez contre les vitres.

» « Les enfants seuls savent ce qu'ils cherchent,

» fit le petit prince.

« Ils perdent du temps pour une poupée de chiffon.

» « Et elle devient très importante.

» « Et si on la leur enlève,

Ils pleurent.

» « Ils ont de la chance,

» dit l'aiguilleur.

C'était un marchand de pilules perfectionnées qui apaisent la soif.

On en avale une par semaine et l'on n'éprouve plus le besoin de boire.

« Pourquoi vends-tu ça ?

» dit le petit prince.

« C'est une grosse économie du temps,

» dit le marchand.

« Les experts ont fait des calculs.

» « On épargne 53 minutes par semaine.

» « Et que fait-on de ces 53 minutes ?

» « On en fait ce que l'on veut.

» « Moi,

» se dit le petit prince,

« si j'avais 53 minutes à dépenser,

» « je marcherais tout doucement vers une fontaine.

»

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Avis récents

Pierre

November 28, 2024

Bonjour Kathy , toujours un vrai bonheur que de t'écouter . Très belle journée :)

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