
Conte Inuit - Tinouk et la baleine
by Lucile Deau
Je vous propose un conte qui nous vient du Groenland, plus précisément des Inuits, dont le nom signifie les "hommes". Ce conte raconte une belle histoire entre Tinouk et une baleine, je vous laisse découvrir ce voyage avec quelques effets sonores. * Peinture sur une écorce réalisée par mes soins.
Script
Voici un conte inuit.
Tinouk et la baleine On raconte que dans le grand royaume blanc vivait un petit garçon qui s'appelait Tinouk.
Son père était mort alors qu'il n'était qu'un bébé.
Et il habitait seul avec sa mère dans un igloo.
Parfois Tinouk partait à la pêche avec ses oncles et ramenait du poisson pour le déjeuner.
Mais la plupart du temps,
Comme il n'osait pas qu'il mendait,
Tinouk et sa mère ne mangeaient pas à leur faim et le garçon en souffrait.
Aussi,
Un matin,
Tinouk décida qu'il était assez grand pour apporter de la nourriture sans l'aide de quiconque.
Et il prépara son kayak et s'est filé.
« Fais bien attention à toi !
» supplia sa mère,
Les yeux brillant de larmes.
« Tu n'es pas encore un homme !
» « Ne te fais pas de soucis,
Je vais pêcher plein de poissons !
» lui répondit le jeune garçon.
C'était le début de l'été.
La banquise avait cédé la place aux grandes étendues de toundra que venait lécher l'océan Arctique.
La journée promettait d'être somptueuse,
Baignée d'un soleil qui ne se coucherait pas.
Car à cette époque de l'année,
Il n'y a pas de vraie nuit en terre inuite.
Dans son kayak,
Tinouk ne prit pas un instant de repos.
Des heures durant,
Il posa ses filets puis les retira.
Mais malgré toute sa patience et sa détermination,
Il ne réussit à ramener que deux malheureux poissons.
« Il faut que je rentre à présent,
» se dit-il.
« Mais ma pêche est si petite.
Que va penser maman ?
J'aurais tant voulu lui faire plaisir et qu'elle ait à manger.
» Il eut un hoquet,
Mais ravala ses larmes.
Il ne voulait plus pleurer comme pleurent les enfants.
Il ne voulait plus être un enfant.
C'est en faisant demi-tour qu'il aperçut le rocher.
Un rocher énorme qu'il n'avait jamais vu.
Il se frotta les yeux.
« Je rêve,
Ce n'est pas possible.
Ou alors,
Je me suis perdu ?
» Il eut un instant de doute.
Il scruta les alentours.
Mais tout était semblable à d'habitude,
Sauf cette colline,
Comme c'était curieux.
Intrigué,
Tinouk se mit à ramer en direction de ce drôle de rocher.
Mais quand il fut suffisamment près,
Qu'elle s'ouvrit.
Il fut suffisamment près.
Quelle surprise !
C'était une baleine.
Une baleine énorme,
Endormie,
Là,
À moitié sur la plage et à moitié dans l'eau.
« Quelle est grosse !
» s'exclama le jeune garçon.
« Voilà qui nous ferait de la viande à manger pour plusieurs mois.
» Doucement,
Il tira son bateau sur la grève,
Et muni de son harpon,
Se dirigea le cœur battant vers l'animal.
Comme il était petit à ses côtés.
Lorsqu'il fut à quelques pas,
Il vit s'ouvrir ses yeux.
« Ne me tue pas !
» s'écria la baleine en le découvrant.
« S'il te plaît,
Ne me tue pas !
» Figé par la surprise,
Tinouk essaya de garder une attitude décidée.
« Mais,
» dit-il,
« je suis bien obligée.
Mère et moi avons faim.
» Puis,
Plein de remords,
Il poursuivit.
« Que fais-tu donc,
Échouée,
Ici ?
» « J'arrive juste des eaux chaudes,
» répondit-elle.
« J'ai fait un très long voyage,
Et je suis fatiguée.
» « Je me suis endormie dans l'eau,
Mais elle n'est plus là,
À présent.
» « Hum,
» marmonna Tinouk,
« c'est à cause de la marée.
» Et disant cela,
Il réajusta son arme et se mit en position pour tirer.
« Oh non,
Je t'en prie,
» supplia le colossal animal,
« je ne veux pas mourir maintenant.
Ne me tue pas,
S'il te plaît.
» Elle pleurait,
Et Tinouk,
En l'entendant pleurer,
Eut envie de pleurer à son tour,
Et aussi de la consoler.
Il n'aimait pas faire du mal.
« Sèche tes larmes,
» déclare-t-il gentiment,
En rangeant son harpon.
« Les vagues vont revenir,
Et tu pourras t'en aller.
» Le cœur plus léger,
Il remonta dans son kayak.
« Oh,
Merci,
» chantait la baleine.
« Je n'oublierai jamais ton geste,
Tu verras,
Je n'oublierai jamais.
» Le soir venu,
Tinouk ne raconta rien à sa mère.
Il avait un peu honte de s'être laissé aller à la pitié,
Car l'un et l'autre n'avaient pas suffisamment dîné.
« Je ne suis pas assez courageux,
» pensait-il,
« je ne suis pas un homme.
» Le lendemain,
Il retourna pêcher.
Mais ce jour-là,
Contrairement à d'habitude,
Une dizaine de poissons verrent se prendre dans ses filets.
« Se pourrait-il que ce soit la baleine qui veille au loin sur moi ?
» se demanda-t-il.
Le surlendemain,
Il n'eut plus de doute.
Sa pêche était si bonne qu'il alla au marché en vendre une partie.
Et cela continuait ainsi.
Tinouk attrapait suffisamment de poissons pour que non seulement sa mère et lui mangent à leur faim,
Mais que deux sur trois,
Ils gagnent bien leur vie.
Souvent,
Lorsqu'il était seul en mer,
Il apercevait l'animal qui nageait au loin.
Il savait que c'était elle,
Parce qu'elle lui faisait des signes avec sa queue.
Et lui,
Des larmes de reconnaissance plein les yeux,
Il lui faisait des signes avec sa main.
J'aimerais rajouter cette petite note qui est inscrite avec ce conte.
Les Inuits avaient besoin de croire que l'animal qu'ils voulaient tuer pour se nourrir était d'accord et se sacrifier de bonnes grâces pour eux.
J'aimerais également vous rajouter que les baleines à bosse mesurent jusqu'à quinze mètres de long.
Leurs nageoires pectorales,
Très grandes,
Sont à l'origine de leur nom scientifique Megapter,
Qui signifie « grandes ailes ».
Les baleines à bosse migrent de novembre à mai dans les eaux chaudes de l'océan Indien.
Elles reviennent se nourrir dans les eaux riches en krill de l'Arctique en juin,
Après un parcours de plusieurs milliers de kilomètres.
Chaque baleine à bosse porte sur la queue un dessin différent pour chaque individu.
Les marins scandinaves racontaient que,
Tout comme les dauphins,
Certaines baleines qu'ils côtoyaient rassemblaient des bancs de poissons pour les diriger vers le filet des hommes.
Je vous remercie d'avoir écouté ce conte inuit,
Provenant du livre 21.
6.
Provenant du livre 21 contes des origines de la terre de Brigitte Hélène,
Aux éditions Flabarion Genève.
Rencontrez votre professeur
4.8 (13)
Avis récents
More from Lucile Deau
Méditations similaires
Trusted by 35 million people. It's free.

Get the app
