
Grands Textes de Méditation: le Tao Te King 1
Dans cette série, je vous propose une lecture du Tao Te King, ou Dao De Jing, un des textes les plus anciens du Taoïsme. Ce texte évoque le Tao, un principe qui habite notre expérience de la réalité, et qui offre des clefs a qui peut le réaliser et s’y connecter, notamment par la méditation. Il est présenté dans la traduction historique de Stanislas Julien que j’ai révisée pour intégrer les découvertes archéologiques récentes (publiées en anglais par Ames et Hall).
Script
Bienvenue dans cette série sur les grands textes de la méditation.
Aujourd'hui,
Nous lisons le Tao Te Ching.
En nous reconnectant au message de ces textes classiques et à la vision de leurs auteurs,
Nous pouvons sentir,
Voir,
Comprendre et toucher la nature du mystère,
De la sagesse et de la créativité que la méditation peut libérer en nous.
Ces textes sont présentés sans commentaire.
Si vous seriez intéressé par une série qui inclut une discussion,
Merci de le signaler en commentaire et de me suivre.
Je l'offrirai dans le futur.
Aujourd'hui donc,
Nous lisons les 4 premiers courts chapitres du Tao Te Ching ou Tao Te Ching.
Son titre peut être traduit par « Livre de la Voix et de la Vertu » ou de manière peut-être plus juste,
« Le classique du Tao et de sa puissance ».
Ce texte de tradition taoïste est apparu en Chine dans une période très troublée où les manuels de guerre étaient les écrits les plus lus.
Des guerres sans fin entre seigneurs locaux ravageaient toutes les plaines chinoises,
Détruisaient les foyers,
Séparaient les couples,
Faisaient disparaître les enfants.
Le Tao Te Ching apparut alors,
Comme un antidote,
Une vision d'un autre possible pour le monde,
Une paix que certains entrevoyaient dans ces rimes parfois obscures.
Les versions les plus anciennes du texte,
Découvertes récemment et présentées ici,
Sont arrivées jusqu'à nous,
Tracées sur des lames de bambou ou des pièces de soie.
Traditionnellement attribué à Lao Tzu,
Une figure mythique,
Il est une compilation de dictons sur le Tao.
Ces dictons trouvent probablement leur source dans les contemplations des hommes et des femmes qui s'étaient tournés vers la solitude et la nature pour retrouver la sagesse qu'ils ne voyaient plus dans le monde des hommes.
Ils partagent avec nous leur vision du Tao,
Cet élément qui est au cœur de nos expériences et qui est source d'harmonie et de justesse de vision,
De compréhension et d'action.
Premier chapitre La voix qui peut être exprimée par des mots n'est pas la voix éternelle.
Le nom qui peut catégoriser les choses n'est pas le nom éternel.
Ce qui est sans nom est l'origine de toutes choses dans le ciel et la terre.
Ce qui est nommé est leur mère.
C'est pourquoi,
Constamment exempt de désir,
On entrevoit l'essence du mystère.
Constamment désirant,
On perçoit sa manifestation limitée.
Ces deux choses ont une même origine et reçoivent des noms différents.
On les appelle toutes deux obscures.
Elles sont obscures,
Le plus obscur de l'obscur.
Elles sont les portes de multiples mystères.
Deuxième chapitre Dans le monde,
Dès que tous ont su que le beau est beau,
Alors la laideur apparut.
Lorsque tous ont su apprécier que l'aptitude est l'aptitude,
Alors l'inaptitude apparut.
C'est pourquoi l'être et le non-être naissent l'un de l'autre.
Le difficile et le facile se produisent mutuellement.
Le long et le court se donnent mutuellement leur forme.
Le haut et le bas se complètent mutuellement.
Les notes raffinées et les sons bruts s'accordent mutuellement.
L'avant et l'après se placent mutuellement en séquence.
C'est pour cette raison que le saint homme s'attèle à son service sans action calculée.
Il propage ses enseignements qui vont au-delà de ce qui peut être mis en parole.
Dans tout ce qui arrive,
Le sage développe les choses mais ne les initie pas.
Il agit en leur nom mais ne se les approprie pas.
Il les suit jusqu'à leur accomplissement mais il ne s'attache pas à leur mérite.
C'est seulement parce qu'il ne s'attache pas à leur mérite que toutes ces choses ne le quittent point.
3ème chapitre En n'exaltant pas ceux de caractère supérieur,
On empêche le peuple de devenir querelleur.
En ne présentant pas les biens difficiles à obtenir,
On empêche le peuple de devenir voleur.
En ne présentant pas ostensiblement ce qui pourrait être désirable,
On empêche le peuple de devenir insatisfait.
C'est pourquoi lorsque le sage gouverne,
Du peuple il vide l'esprit et le cœur.
Il remplit le ventre.
Il affaiblit l'aspiration.
Il fortifie les os.
Il s'applique constamment à enseigner au peuple à être sans objet dans ses savoirs et ses désirs.
Il fait en sorte que ceux qui marchandent leur savoir restent à distance.
Il agit de manière non calculée et libre et alors il n'y a rien qui ne soit bien gouverné.
4ème chapitre Le Dao est vide.
On en fait usage.
Il paraît inépuisable.
Il est d'une profondeur si abyssale qu'il semble la source de tout ce qui arrive.
Il émousse les arêtes aiguisées.
Il délie les nœuds.
Il adoucit la lumière aveuglante.
Il remet les choses sur leur voie.
Il est d'une profondeur si caverneuse.
Il semble persister éternellement.
J'ignore de qui il est la descendance.
Il semble avoir précédé les dieux les plus anciens.
Ici se termine cette première lecture du Tao Te Ching.
N'hésitez pas à partager vos pensées et questions en commentaire et à me suivre pour ne pas rater les chapitres suivants.
Merci pour ce moment de partage.
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4.6 (43)
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