28:39

Momotarō | Conte traditionnel japonais

by Salima El Yaalaoui

rating.1a6a70b7
Évalué
4.9
Group
Activité
Méditation
Convient à
Tous
Écouté
2.7k

Ce conte est parfait pour toi si tu as des difficultés à t'endormir et nécessites une longue période de relaxation avant de tomber dans les bras de Morphée. L'histoire de ce soir est Momotarō, célèbre conte traditionnel japonais. Lu par Salima, ce conte nous rappelle que l'union fait la force et que le courage est la clé pour faire triompher le bien sur le mal. Allonge-toi dans une position confortable, ferme les yeux et laisse-toi emporter dans le village de Momotarō!

Script

Dans une petite chaumière,

Un peu en retrait du village,

Habitaient,

Jadis,

Un grand-père et une grand-mère.

Le grand-père allait tous les matins dans les bois et la grand-mère restait seule à la maison pour s'occuper de leur petit foyer.

Tous deux étaient travailleurs et vivaient paisiblement.

Ils auraient même été certainement satisfaits et heureux s'ils n'avaient pas eu un grand chagrin.

Ils n'avaient pas d'enfants et leurs vieux jours arrivés,

Ils se sentaient seuls.

« Ah,

Que ce serait agréable si un petit garçon ou une petite fille s'amusait ici !

» pensait souvent le grand-père en balayant la petite cour.

Et le grand-père revenant de la forêt,

Ses fagots sur le dos,

S'imaginait un petit garçon courant à sa rencontre et l'embrassant tendrement.

Mais à quoi cela leur servait-il ?

Ils n'avaient pas d'enfants et poursuivaient tristement leur travail,

Ne vivant que de leurs rêves.

Un jour,

La grand-mère emballa,

Comme d'habitude,

Le repas du grand-père.

Et quand celui-ci fut parti pour la forêt,

Elle prit le linge sale et s'en alla au bord de la rivière proche pour le laver.

Elle lava,

Rinça et ne leva la tête de son travail que lorsque son dos lui fit si mal qu'elle n'en pouvait plus.

« Je dois m'étirer et me reposer un peu »,

Se dit la grand-mère,

Et elle se leva.

« Mais qu'est-ce qui flotte là-bas sur l'eau ?

» s'étonna-t-elle soudain.

Et elle se protégea les yeux de la main pour mieux voir.

Une grosse pêche rouge s'approchait lentement du rivage.

« Serait-ce vraiment une pêche ?

Aussi grosse ?

» Et d'ailleurs,

Ce n'est pas encore la saison des pêches,

Pense à la grand-mère,

Qui prit rapidement un bâton et attira la pêche sur le rivage avant qu'elle ne puisse continuer son chemin.

La pêche répandait un tel parfum que la tête lui en tourna.

« Quel peut être le goût d'un fruit aussi parfumé ?

» La grand-mère mordit dans la pêche.

« Oh,

Elle est si sucrée et si tendre qu'elle fonde d'elle-même sur la langue !

» La grand-mère,

Enchantée,

Mangea une bouchée après l'autre,

Et ce n'est que lorsqu'elle eut mangé le dernier morceau qu'elle se souvint du grand-père.

« Que je suis méchante !

Je me délecte et n'ai pas laissé le plus petit bout au grand-père !

» Qui l'aurait trouvé bon de manger une pêche après son dur travail ?

Mais qu'ai-je donc dans la tête de n'y avoir pensé plus tôt ?

Ainsi se lamentait la grand-mère,

S'en prenait à elle-même,

Mais à quoi cela servait-il ?

Il n'y avait plus de pêche.

« S'il y en avait encore une qui arriva-t-en flottant,

» se dit la grand-mère avec espoir,

« je la garderai certainement.

» Elle laissa son linge et regarda la rivière,

Espérant y voir flotter un fruit arrivant pour le grand-père.

Elle regardait et regardait,

Et tout à coup,

Au bout d'un certain temps,

De nouveau une pêche apparut,

Encore plus grosse et plus rouge que la première.

« Pourvu qu'elle ne m'échappe pas !

» s'effraya la grand-mère.

Elle remonta sa jupe,

Entra dans l'eau et atteignit la pêche avec un long bâton.

Pour cela,

Elle dut tellement se pencher en avant qu'elle faillit tomber de toute sa longueur dans l'eau,

Mais elle tira tout de même la pêche vers elle.

« Oh,

Elle est encore plus rouge et sent encore meilleure que celle que j'ai mangée !

» Elle mettit son linge dans le panier,

Posa la pêche par-dessus et se hâta de rentrer.

Elle posa la pêche sur le rebord de la fenêtre,

Juste en face de la porte,

Pour que le grand-père la découvrit dès son entrée.

Puis elle se pressa de préparer le dîner.

Comme le soir tombait,

Le grand-père rentra à la maison.

Il ployait sous un tel tas de fagots qu'il paraissait presque dessous.

Il déposa le bois dans la cour,

Puis ôta ses sandales et entra dans la pièce.

« Qu'est-ce qui sent si bon ici ?

» demanda-t-il à peine sur le seuil.

« Cela sent la pêche,

Mais il est beaucoup trop tôt pour les pêches.

» « Cela en est pourtant une,

» dit la grand-mère en riant.

« Je l'ai moi-même tirée de la rivière.

» Et elle raconta au grand-père comment elle y était arrivée.

Elle oublia seulement de dire qu'elle en avait déjà mangée une.

« C'est certainement une pêche extraordinaire,

» dit le grand-père.

« Donne-moi vite un couteau,

Je vais la couper et nous allons en manger chacun la moitié.

» Mais que se passait-il ?

La pêche ne se laissait pas entamer.

Même lorsque le grand-père eut affûté son couteau,

La pêche résista comme si elle était faite du bois le plus dur.

« Je vais emprunter une scie aux voisins,

» dit le grand-père,

Et il partit chercher la scie.

Mais en chemin,

Il oublia tout à fait pourquoi il allait chercher les voisins.

« Grand-mère m'a certainement envoyé chercher des boulettes de riz.

» « Elle a lavé toute la journée et n'aura pas eu le temps de faire la cuisine,

» pensa-t-il.

Aussi se fit-il donner un bol de boulettes de riz par les voisins.

« Grand-mère vous rapportera dès demain des boulettes fraîches,

» promit-il,

Et il retourna à la maison.

À peine avait-il ouvert la porte et vu le gros fruit rouge qu'il se souvint de la scie.

« Que je suis étourdi,

Grand-mère !

Au lieu de la scie,

J'ai apporté des boulettes de riz.

Il me faut donc repartir.

» Pour un instant,

La pêche se partagea d'elle-même,

Et il en sauta un minuscule et beau garçon.

Il rit et déclara joyeusement « Je suis Momotaro,

Le plus grand garçon des pêches de tout le Japon.

» Ébahis,

La grand-mère et le grand-père ne surent que dire.

Quand enfin ils eurent repris leurs esprits,

Ils s'exclamèrent joyeusement.

« Nous allons donc avoir quand même un fils ?

» Le petit,

Le minuscule Momotaro,

Le plus grand garçon des pêches de tout le Japon.

Ils caressèrent le petit,

Le prirent dans la main,

Et il vint subitement à l'idée de la grand-mère que leur nouveau fils avait peut-être faim.

« Veux-tu quelque chose,

Enfant des pêches ?

» « Fais-moi une soupe de poissons bien grasses,

» pria le garçon.

Depuis lors,

La grand-mère fit des soupes de poissons grasses et de bonnes bouillies de flocons de riz et de miel,

Et le garçon des pêches grandit et grandit.

Ils le nourrirent d'abord dans une tasse,

Et il atteignit la taille d'une tasse.

Ils le nourrirent ensuite dans une poêle,

Et il atteignit la taille d'une poêle.

Et comme il avait encore faim,

La grand-mère le nourrit enfin dans le pétrin,

Et peu de temps s'écoula avant qu'il n'atteigne la taille du pétrin.

Avant que les deux vieillards n'aient pu s'en rendre compte,

Ils avaient dans la chaumière un jeune homme grand et fort qui attirait tous les regards.

Ses cheveux d'un noir d'ébène lui tombaient sur le front.

Ses yeux scintillaient comme des étoiles.

Et il était tellement fort qu'il aurait pu briser des rochers.

Comme le grand-père et la grand-mère non seulement le nourrissaient bien,

Mais lui donnaient de plus une bonne éducation,

Momotaro était à droit dans tout ce qu'il entreprenait.

Il était modeste et aimable dans les conversations avec les voisins.

Tous dans le village l'aimaient bien,

Et étaient heureux pour les vieux qu'ils aient une telle aide.

Un soir,

Alors que Momotaro et son grand-père étaient rentrés comme d'habitude de la forêt et qu'ils avaient entassé le bois dans la cour,

Ils se réunirent tranquillement tous les trois pour dîner.

C'est alors que Momotaro posa soudain son couvert et dit,

« Grand-père,

Grand-mère,

Vous m'avez bien élevé,

Et je vous remercie de tout cœur de vos soins,

Grâce auxquels je suis devenu un garçon grand et fort.

Mais ne m'en voulez pas si je vous dis qu'ici,

Dans le village,

Mes forces sont perdues.

Ramasser du bois et le vendre au marché n'est pas pour moi.

Je veux faire quelque chose de convenable,

Quelque chose qui puisse aider les hommes.

« Et que veux-tu donc faire ?

» demanda le grand-père.

« Je veux aller dans l'île des diables et exterminer les diables qui apportent tant de fléaux aux hommes.

Grand-mère,

Cousez-moi une nouvelle ceinture et un pantalon.

Cuisinez-moi des boulettes d'orge,

De mille et de marron,

Les meilleures de tout le Japon.

» La grand-mère se mit alors à pleurer.

« Garçon des pêches,

Regarde-nous.

Nous sommes tous deux déjà vieux,

Et nous n'avons personne au monde sauf toi.

Qu'allons-nous devenir s'il t'arrivait malheur ?

L'île des diables est très dangereuse,

Personne n'en est encore revenu vivant.

Toi non plus,

Tu ne reviendras pas,

N'y vas pas !

» le pria-t-elle.

Et elle ne cessait de gémir et de se lamenter.

Le grand-père,

À son tour,

Prit un air sérieux et dit tristement.

« Cher fils,

Grand-mère a raison.

Tu ferais bien de l'écouter.

Tu ne sais même pas quel danger t'attend de là-bas.

Les diables sont cruels et vindicatifs,

Ils ne connaissent pas de merci.

Je veux te révéler quelque chose que je n'ai encore raconté à personne,

Et le mieux serait d'ailleurs de ne même pas avoir à y penser.

Tous deux,

Grand-mère et moi,

Nous ne sommes pas de cette région-ci.

Nous vivions auparavant dans un endroit que l'on appelle aujourd'hui l'île des diables.

C'était une jolie région,

Partout des champs fertiles et des forêts regorgeant de gibiers.

Les hommes vivaient heureux dans plusieurs villages,

Jusqu'au jour où les diables attaquèrent l'île.

Ils mangèrent tous les hommes,

Les champs dépérirent,

Et même le gibier déserta les forêts.

C'est à un heureux hasard que nous devons notre vie.

Nous avons réussi à fuir jusqu'ici,

Où nous avons été accueillis amicalement.

Ne va pas dans l'île des diables,

Tu peux être utile aux hommes ici également.

Mais le garçon des pêches ne se laissa pas détourner de son but.

Maintenant qu'il savait que les diables avaient fait subir tant de mal,

Même à ces deux vieux sibans,

Il y voyait une raison supplémentaire pour vouloir rendre la monnaie de la pièce à ces démons.

Je vais me servir de mes forces et de tout ce que vous m'avez appris,

Et vous verrez que je vaincrai les diables.

Il était tellement décidé qu'il ne restait aux vieux qu'à céder.

La grand-mère cousit une ceinture et un pantalon à Momotaro,

Et pendant qu'elle préparait des boulettes d'orge,

De mille et de marron,

Les meilleures de tout le Japon,

Le grand-père tirait du bahut une vieille bouilloire cabossée et une merveilleuse épée décorée du meilleur acier.

Cette arme et cette bouilloire sont les seuls objets que nous avons pu sauver de notre pays.

Prends la vieille épée de mes ancêtres,

Elle te soutiendra dans ta bataille contre les diables.

Puis il prit le couvercle de la bouilloire et le donna à Momotaro en disant,

Ce couvercle aussi te sera utile.

Le chemin qui mène à l'île des diables y est gravé.

Regarde-le bien.

Au milieu d'une vaste plaine se trouve une grosse pierre noire.

Il y a un trou sous cette pierre et dans ce trou pend une corde.

Il faut que tu te laisses glisser le long de la corde si tu veux arriver dans l'île des diables.

Momotaro remercia le grand-père,

Saignit l'épée,

Prit le baluchon contenant les boulettes d'orge,

De mille et de marron,

Les meilleures de tout le Japon,

Y ajouta le couvercle et prit congé du grand-père et de la grand-mère.

Les deux vieillards lui souhaitèrent bonne chance,

Puis ils l'accompagnèrent jusque devant la cour et le suivirent longtemps des yeux.

Momotaro marchait joyeusement.

Il se réjouissait à l'idée de la dure tâche qui l'attendait,

Et au cours de laquelle il devait mettre à l'épreuve de force sa force et son savoir.

Un jour,

Devant le village,

Un chien blanc courut à sa rencontre et le saluait amicalement.

« Bonjour Momotaro,

Où vas-tu ?

» « Je vais dans l'île des diables afin de tous les exterminer.

» « Et que portes-tu dans ton baluchon ?

» « Des boulettes d'orge,

De mille et de marron,

Faites par grand-mère,

Les meilleures de tout le Japon.

» « Tu pourras goûter aux meilleures boulettes de tout le Japon,

Le pria le chien blanc.

» « Volontiers,

Mais il faudra pour cela que tu deviennes mon soldat.

» Le chien fut d'accord,

Et Momotaro lui donna une boulette d'orge,

Une des meilleures de tout le Japon.

Puis ils continuèrent le chemin à deux.

Ils arrivèrent un jour dans une forêt,

D'où un faisan vola à leur rencontre et les salua.

« Bonjour jeune homme,

Bonjour le chien,

Qui êtes-vous et où allez-vous ?

» « Je suis Momotaro,

Le plus grand garçon des pêches de tout le Japon,

Et voici mon soldat,

Le chien Shiro.

» « Nous allons dans l'île des diables afin de tous les exterminer.

» « Et que portes-tu dans ton baluchon ?

» « Des boulettes d'orge,

De mille et de marron,

Faites par grand-mère,

Les meilleures de tout le Japon.

» Le chien le faisait avide.

« Volontiers,

Mais tu dois pour cela devenir mon soldat.

» Le faisan fut d'accord,

Prit une boulette,

Une des meilleures de tout le Japon,

Et se joignit aux deux autres.

Dans une forêt profonde,

Ils rencontrèrent un singe.

« Où allez-vous ?

» leur cria le singe,

Alors qu'ils étaient encore loin.

« Et qui êtes-vous ?

» « Je suis Momotaro,

Le plus grand garçon des pêches de tout le Japon,

Et voici mes soldats,

Le chien Shiro et le faisan.

» « Nous allons dans l'île des diables afin de tous les exterminer.

» « Et que portes-tu dans ton baluchon ?

» « Des boulettes d'orge,

De mille et de marron,

Faites par grand-mère,

Les meilleures de tout le Japon.

» « Oh,

Que j'aimerais goûter une fois dans ma vie aux meilleures boulettes de tout le Japon !

» soupira le singe.

« Donne-moi donc au moins une.

» « Volontiers,

Mais tu dois pour cela devenir mon soldat.

» Le singe fut d'accord,

Reçut une boulette d'orge,

Une des meilleures de tout le Japon,

Et se joignit aux trois compagnons.

« Puisque nous sommes déjà si nombreux,

» dit Momotaro,

« nous devrions nous répartir les tâches.

» « Je serai votre général,

Et le chien Shiro sera mon adjudant.

» « Et vous,

Le faisan et le singe,

Vous serez de simples soldats.

» Cela plut aux animaux,

Et comme ils étaient tous les quatre bien fatigués,

Ils s'assirent sous un arbre et chacun mangea sa boulette d'orge.

Ah,

Que c'était bon !

Mais rien d'étonnant à cela,

Car c'était vraiment les meilleures boulettes d'orge de tout le Japon.

Ils prirent ainsi des forces,

Se reposèrent,

Puis se mirent de nouveau en route.

Tout autour,

La forêt était épaisse,

Ne laissant entrevoir la moindre parcelle de ciel bleu.

Ils grimpaient,

Puis descendaient dans des ravins escarpés,

Et alors qu'ils n'arrivaient presque plus à avancer de fatigue,

La forêt s'écarta subitement,

Et ils se trouvèrent au bord d'une immense plaine.

C'était un véritable désert de pierres,

Tant elles étaient nombreuses alentour,

Et pas le moindre buisson vert.

Momotaro s'arrêta,

Sortit le couvercle du paluchon,

Et dit,

« Ceci est certainement la plaine dont grand-père m'a parlé.

Au milieu doit se trouver une grosse pierre noire,

C'est notre prochain but.

Seulement,

Je ne sais pas comment nous allons la trouver.

La plaine est si grande qu'on n'en voit pas le centre d'ici,

Et si nous continuons droit devant nous,

Nous pourrions nous égarer dans ce désert de pierres,

Et ne plus jamais retrouver le chemin pour en sortir.

La meilleure chose serait que le faisant vole si haut qu'il voit la pierre et qu'il nous montre ensuite le chemin.

Mais avant,

Nous allons prendre des forces.

Ils s'assirent tous les quatre dans l'ombre de la forêt,

Et mangèrent les boulettes de marrons,

Les meilleurs de tout le Japon.

Puis ils se mirent en route avec des forces nouvelles.

Le faisant volait devant eux et leur montrait le chemin.

Ils marchèrent et marchèrent,

Le soleil brûlait impitoyablement sur la plaine aride,

Et nulle part il n'y avait la moindre parcelle d'ombre.

Le faisant agitait ses ailes de plus en plus lentement.

Il avait de plus en plus de mal à garder une hauteur suffisante pour ne pas perdre la pierre de vue.

Le chien Shiro tirait la langue et avait le souffle court.

Et le singe ?

Depuis longtemps,

Il ne sautait plus aussi joyeusement,

Mais se traînait au point que,

De temps en temps,

Les autres devaient l'attendre.

Momotaro s'était noué un linge autour du front pour éviter que la sueur ne lui coule dans les yeux,

Et scrutait tardamment l'horizon dans l'espoir de voir apparaître leur but.

Enfin,

Ils virent au loin une grosse pierre noire dominer la plaine.

À la vue de l'objectif,

Tous eurent un regain de force,

Et peu de temps après,

Ils purent s'asseoir à l'ombre de la pierre.

« Nous sommes arrivés,

» dit Momotaro.

« Sous cette pierre doit se trouver une ouverture,

Et dans cette ouverture,

Une corde.

» « Prenons des forces,

Et mangeons les boulettes de mille de grand-mère,

Les meilleures de tout le Japon.

» Il ouvrit le baluchon,

Et ils se rassasièrent.

Puis,

Avec des forces nouvelles,

Ils déplacèrent la pierre.

Sous celle-ci,

Baillait une ouverture noire.

Le premier à descendre fut le singe,

Suivi de Momotaro,

Qui avait placé le chien Shiro dans le baluchon qu'il portait sur le bras.

Le dernier à s'engager dans le trou fut le faisant.

Ils descendirent et descendirent,

Entourés de nuits noires,

Et il semblait que la corde n'allait jamais prendre fin.

Enfin,

Ils sentirent la terre ferme sous leurs pieds.

Ils étaient arrivés dans l'île des Diables.

Devant eux,

Se dressait un immense château fort,

Entièrement construit en poutres de chêne.

Cette fortification tremblait sous les hurlements des Diables.

Momotaro et ses amis se préparèrent à la lutte.

Puis,

Le singe frappa à l'immense portail de fer.

« Qui ose frapper à ma porte ?

» dit une voix à l'intérieur.

Et,

L'instant d'après,

Nos quatre amis étaient entourés de tout un troupeau de petits Diables rouges.

« C'est moi,

Momotaro,

Le plus grand garçon des pêches de tout le Japon.

Je suis venu avec mes amis dans l'île pour exterminer tous les Diables »,

Cria Momotaro.

Puis,

Il tira son épée et donna des coups dans toutes les directions.

Le faisant arrachait les yeux au Diable et le chien Shiro les mordait aux jambes.

Alors,

Les Diables rouges eurent peur et prirent la fuite.

Le singe poursuivit les fuyards à grands sauts,

Mettant en lambeaux la peau de tous ceux qu'ils pouvaient rattraper.

Peu de Diables réussirent à se réfugier à l'intérieur de la fortification et à courir jusque dans la grande salle où ils rapportèrent la nouvelle qu'ils avaient eu affaire à un effroyable ennemi.

Dans le château fort,

Les grands Diables verts faisaient un festin.

Ils étaient couchés sur des nattes.

À leur tête se tenait leur chef,

Le Diable noir.

Ils roulaient de grands yeux bleus entre lesquels leur long nez pendait presque dans les gueules grandes ouvertes et ils jetaient les os humains rongés derrière eux.

Il y avait un tel vacarme dans la salle dans lequel les Diables goûtaient un peu trop à la raque qu'aucun d'eux n'avait perçu la lutte qui faisait rage dehors.

Et lorsque les Diables rouges pénétrèrent éperdus dans la grande salle,

Il fallut un certain temps avant que les Diables verts les remarquent.

« Quelle idée de nous déranger pendant notre repas,

Bande de vourriens !

» dit le Diable noir.

« Disparaissez !

» Un certain Momotaro a pris position devant le château avec son armée.

« Ils veulent tous nous exterminer !

» se lamentèrent en pleurnichant les Diables rouges.

« Nous exterminer ?

Nous,

Les plus terribles de tous les Diables ?

Ha ha !

Quelle plaisanterie !

Il y a longtemps que nous n'avons entendu quelque chose d'aussi drôle.

Où est-il s'est effronté ?

Il vient à point,

Nous avons justement besoin d'un dessert !

» Ainsi s'exclamaient les Diables verts tous à la fois,

Se tenant le ventre de rire.

« Me voici !

» fit soudain entendre une voix forte et claire.

Dans l'encadrement de la porte se tenait Momotaro avec ses amis et il criait.

« Je suis Momotaro,

Le plus grand garçon des pêches de tout le Japon,

Élevé avec de la soupe de poissons grasses et avec de bonnes bouillies.

Je suis venu avec mes soldats pour vous exterminer et venger tous les hommes que vous avez assassinés.

Ensemble,

Nous avons mangé les boulettes d'orge de mille et de marrons faites par grand-mère,

Les meilleures de tout le Japon,

Et elles nous ont donné la force de dix mille hommes.

Je vous engage à la lutte.

» Alors les Diables verts eurent peur.

Plutôt que de se mesurer avec un tel héros,

Il valait mieux demander pitié.

Ils offrirent des cadeaux aux quatre compagnons,

Acceptèrent de satisfaire n'importe quel désir si seulement ils voulaient partir en paix.

« Pourvu seulement qu'ils partent,

Se disaient les Diables,

Nous aurons vite fait par la suite de tout récupérer.

» Mais Momotaro perça la ruse et ne céda pas aux prières et aux supplications des Diables.

Il tira son épée et,

Avec ses soldats,

Passa à l'attaque.

Quelle bataille !

A peine un Diable vert avait-il réussi à échapper à l'épée,

Que le chien le mordait,

Que le faisant lui arrachait les yeux,

Lui bêquetait la tête,

Battant en plus des ailes si rapidement que le Diable ne voyait plus rien,

Et le singe jetait les cruches après ceux qui voulaient s'enfuir.

Personne n'échappa.

Toute la fortification raisonnait du vacarme de la lutte,

Et les Diables désespérés ne savaient plus où se cacher.

Ils avaient l'impression d'être attaqués par dix mille épées,

D'être mordus par dix mille chiens et d'être piqués par dix mille faisans.

Et ceux qui réussissaient à échapper à cette terreur étaient poursuivis par dix mille singes qui leur arrachaient la peau.

Finalement,

Momotaro coupe à la tête au Diable noir et la bataille fut terminée.

Les amis,

Épuisés par la lutte,

Firent le tour du château,

Rassemblèrent tous les trésors qu'ils purent trouver,

Les entassèrent sur une charrette et prirent le chemin du retour.

Mais avant de quitter l'île,

Ils mirent le feu à la fortification pour que plus rien ne rappela les Diables cruels.

Un jour,

Le village vit apparaître un cortège bien étrange.

Devant une charrette surchargée étaient attelés un chien et un faisan,

À l'arrière un singe poussé et à côté de la charrette marchait un jeune homme de belle prestance qui portait une épée et souriait aimablement à tout le monde.

« Mais c'est Momotaro !

» s'exclamèrent les voisins étonnés.

Et ils coururent vite apprendre au grand-père et à la grand-mère la joyeuse nouvelle du retour du garçon des pêches.

Quelle n'était pas la joie de grand-père et de grand-mère lorsqu'ils aperçurent dans leur cour leur fils,

Le plus grand garçon des pêches de tout le Japon ?

Ils ne pouvaient détourner les yeux de leur fils,

Et maintes fois celui-ci dut raconter comment il avait vaincu les méchants Diables.

L'acte héroïque de Momotaro vint aux oreilles du prince de la région qui nomma Momotaro administrateur suprême de l'île libérée.

Peu de temps après,

Momotaro prit pour femme la plus belle jeune fille de tout le Japon,

Et ils vécurent heureux jusqu'à la fin de leurs jours avec le grand-père et la grand-mère.

Souvent le chien Shiro,

Le faisan et le singe venaient leur rendre visite,

Et en ces occasions,

La grand-mère ne manquait jamais de leur servir ses boulettes,

Les meilleures de tout le Japon.

Badeni.

4.9 (17)

Avis récents

Cynthia

June 16, 2025

Je me suis endormie avant la fin du compte, il faudra que je le réécoute!

Edward

February 12, 2025

Très agréable. Merci

© 2026 Salima El Yaalaoui. All rights reserved. All copyright in this work remains with the original creator. No part of this material may be reproduced, distributed, or transmitted in any form or by any means, without the prior written permission of the copyright owner.

Trusted by 35 million people. It's free.

Insight Timer

Get the app

How can we help?

Sleep better
Reduce stress or anxiety
Meditation
Spirituality
Something else