
Quand Ma Souffrance Passée M'Empêche de Grandir
Un texte au souffle vivant pour ceux qui veulent sortir de la victimisation et aborder la non dualité dans une voie d'amour, grâce à la puissance vibratoire des mots. Ecrit comme une lettre à l'intime, faisant partie des Mots doux et puissants qui sont ma manière de canaliser messages intimes et universels, il contient un peu beaucoup de mon vécu, un peu beaucoup de ce que vit le monde. Faut-il l'épreuve pour grandir? Entre résilience, dolorisme, amour de soi, la quête demeure : traverser l'épreuve, sans s'identifier à sa souffrance. En découvrir plus sur les mots doux et puissants : voir mon profil.
Script
Voici un texte qui fait partie de l'anthologie des lettres à l'intime « Les mots doux et puissants ».
J'avais à cœur de le repartager ici aujourd'hui parce que je trouve qu'il résonne formidablement bien avec cette période actuelle où les souffrances individuelles comme collectives sont exacerbées.
Peut-être justement,
Enfin ça me paraît évident,
Parce qu'elles sont profondément interreliées et que quiconque travaille sur sa propre souffrance dans le sens délit les nœuds qui l'étranglent,
Participe à délier aussi le monde autour.
Donc voici ce texte qui s'intitule « Faut-il l'épreuve pour grandir pour les personnes qui découvrent mon travail ?
» sur ce sujet des mots doux et puissants,
Ce sont des adresses à un « tu » qui n'est pas vous,
Avec un « je » qui n'est pas forcément moi non plus,
Qui se veut en fait plutôt une approche directe au cœur et au corps,
Mais sans avoir à chercher qui fait quoi,
Qui est quoi,
Sans jugement,
C'est une invitation dont chacun fait bien ce qu'il veut effectivement.
Ce n'est pas un appel à réaction,
Ce n'est pas une tentative de conviction de quoi que ce soit,
C'est juste une canalisation de ce qui me traverse à un moment donné,
Qui appartient non pas à moi,
Mais à ce qui est véhiculé dans l'univers.
DIA 1 Grandir,
C'est ça ?
Est-ce qu'il fallait cette épreuve pour grandir ?
Est-ce qu'on ne grandit que dans l'épreuve ?
Cette phrase s'accompagne souvent des suivantes.
Si tu as beaucoup souffert,
Tu ne pourras pas t'en remettre d'un coup.
Et si tu n'as pas souffert comme moi,
Tu ne pourras jamais me comprendre.
Je mérite d'aller bien,
Vu comme j'ai souffert.
Je me suis longtemps vu moi-même imbibé de ces idées héritées de religions,
De dogmes sociétaux familiaux.
Il faudrait mériter le bien-être du corps de l'esprit ?
Et on ne pourrait donc pas échapper aux épreuves douloureuses de la vie si on veut évoluer ?
Le dolorisme possède un goût arriéré qui nous plonge tant en arrière qu'il nous éloigne de notre dignité première.
Levez la tête vers le ciel.
L'épreuve peut me broyer,
Mais je reste libre de ce que j'en pense,
Je peux reconnaître ma souffrance sans m'y complaire éternellement.
Sortir de la dualité,
C'est à tout le moins rentrer dans un champ des possibles,
Bien plus vaste,
Qui nous redonne une palette de sensations et de révélations bien plus nuancées,
Riches et subtiles,
Que les simples oppositions vulgaires dont raffole le mental.
Je vais bien,
Je vais mal,
Tout est parfait,
Tout est absurde.
Comment grandir,
Malgré,
Voire même avec l'épreuve,
Alors que nous vivons encore avec ces croyances ?
Il n'y a aucune étendue qui ne puisse être inondée d'amour.
Les larmes servent aussi à cela.
Irriguez les failles jusqu'à ce que la vie y revienne.
L'enchevêtrement de souffrances arrosées d'amour accouche d'un terreau plus fertile qui redonne du sens à nos vies.
Pendant ce temps pourtant,
D'autres êtres croupissent.
Aigreur,
Ressentiment,
Victimisation,
Abandon de soi sont des éléments qui stoppent la croissance,
Favorisent l'enlisement,
Font le lit de l'isolement ou d'un entourage nocif.
Cette souffrance-là ne peut pas faire grandir car tous les souvenirs ressassés sans même imaginer une délivrance de quelques secondes ne sont que la culture du mal-être et ultimement un appel à se laisser mourir,
À rester au bras du sol au lieu de rejoindre les racines du ciel.
S'empêcher de grandir,
Je l'ai fait quasiment toute ma vie,
Par peur de dépasser les autres,
Ceux qui avaient souffert avant moi.
À présent,
J'espère que leurs souffrances,
Celles dont j'ai connaissance et celles qui resteront secrètes,
Sont une bonne raison pour moi d'aller bien.
Parce qu'en étant heureux et libres,
Nous libérons dans le même temps tous ces êtres proches,
Par le cœur ou le sang,
Qui ont souffert avant nous.
Notre plein droit au bonheur et à la liberté réside à lui seul dans cette certitude.
Nous ne pouvons pas nous élever sans les autres,
Y compris ceux qui sont tombés avant nous.
Si j'y pense seulement deux secondes,
Je sens à nouveau à quel point tout ce que j'ai appris,
Tout ce que j'ai compris,
Tout ce qui m'a aidé,
Vient du partage des épreuves des autres,
Et parfois de la mienne,
Quand j'ai osé le faire ici ou ailleurs.
Et ce tout est celui qui me fait me sentir reliée et qui m'aide à grandir.
Il n'y a pas de joie sans souffrance,
Pas d'élan sans repli,
Et notre vie n'a de sens que celui qu'on donne à tout ce qui nous traverse.
Nous cessons d'opposer nos moments d'insouciance à ceux de la tourmente,
Quand nous arrêtons de courir après le bonheur pour simplement revenir dans le corps,
La voix,
La respiration,
Alors oui,
Nous pouvons le dire,
Cela est vivant et cela contient tout ce qui semble contradictoire.
Le rapide et le lent dans nos vies,
Les obstacles et les chances,
La gloire et la déchéance,
Le rire et les larmes.
Reconnaître cela est déjà grandir d'un bronc vers la terre et le ciel en même temps,
Car là aussi,
L'un ne va pas sans l'autre.
Si la souffrance se transcende,
Ce n'est que par cette pleine présence à l'amour.
Réparer revient toujours à la même chose,
Recoudre les bords déchirés,
Refaire union,
Dépasser l'illusion de la séparation.
Et dans cette image du tissu rafistolé,
Je sens aussi celle de l'écorce mille fois parcourue de zébrures,
Des gratinures.
Et pourtant croit sans cesse vers le ciel.
J'ai fini par comprendre.
Peut-être parce que la cinquantaine approche de ce qu'est grandir.
Apprend à s'aimer,
Pour de vrai,
Comme le parent qu'on voudrait pour soi.
Afin d'aimer en retour et pour de vrai les autres.
Et c'est ma conviction intime et profonde que je partage ici,
Acquis ce sens dépassé par l'épreuve.
Toute souffrance porte en elle un appel ardent et incessant pour davantage d'amour.
Peut-être pas tout de suite.
Peut-être pas de façon évidente.
Mais chaque instant demeure une opportunité pour se laisser à nouveau aimer par la vie,
Un peu,
Beaucoup,
Infiniment.
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