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La Fée Des Marais T'offre Le Sommeil

by Christian Ségot

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"La Fée des marais t'offre le sommeil" Conte celtique pour l'endormissement - Série Les Veilleurs de Brume" Contes et mythologie celtique pour l'endormissement La tradition celtique — Avalon, les Fées, les bardes — offre une esthétique sonore et narrative incomparable. Voix grave, tempo lent, sons de harpe celtique, pluie. Épisode 3 — "La Fée des marais t'offre le sommeil" — 35 min Conte d'endormissement narratif pur. Une fée guide l'auditeur dans un voyage sensoriel nocturne. Présence celtique, mythologie irlandaise des Sidhes. Pure relaxation garantie et marche dans un marais irlandais au son de la harpe. Format "conte pour adultes"

Script

Il existe,

Dans les terres d'Irlande anciennes,

Des endroits que les cartes n'ont jamais su nommer.

Des endroits où la brume ne se lève jamais tout à fait,

Où les roseaux gardent des secrets depuis des millénaires,

Où l'eau est si noire et si calme qu'on ne sait plus si c'est le ciel qui se reflète dedans ou si c'est le marais lui-même qui rêve.

Ce soir,

Tu te trouves à l'orée de l'un de ces endroits.

Tu es arrivé là comme on arrive dans tous les lieux importants,

Sans vraiment savoir comment.

Un pas après l'autre,

La journée derrière toi,

Longue et lourde comme elle l'était,

Et maintenant ce seuil,

Cette lisière entre les roseaux et le reste du monde.

Avant d'aller plus loin,

Prends une grande inspiration.

Respire ce que tu imagines sentir ici,

L'air humide,

La tourbe,

Le parfum indéfinissable de l'eau ancienne et des fleurs nocturnes que personne n'a jamais pensé à nommer,

Et en expirant,

Laisse partir le dernier résidu du jour,

Les visages,

Les mots,

Les listes,

Expire-les dans le marais,

Il en a vu d'autres,

Il peut tenir ça.

Les anciens irlandais appelaient ces marais les Rai Lokana,

Les lacs royaux,

Non pas parce que des rois y vivaient,

Mais parce que ces eaux appartenaient à un royaume entièrement.

Le royaume de ceux qu'on appelle les Siddha,

Les habitants des collines creuses,

Les gardiens de l'entre-deux.

Et cette nuit,

L'un d'entre eux t'attend,

Sens le sol sous tes pieds,

La tourbe spongieuse qui cède légèrement à chaque pas,

Pas dangereuse,

Accueillante plutôt,

Comme si la terre elle-même te disait,

Tu peux poser ton poids ici,

Entièrement.

Tu fais un pas vers les roseaux,

Ils s'écartent doucement,

Comme s'ils t'attendaient aussi.

Au cœur d'une marée,

Il y a une lumière,

Pas la lumière d'une lanterne humaine,

Pas celle d'une lune que tu reconnaîtrais,

Une lumière propre,

Une lumière qui semble venir de dedans les choses,

De l'intérieur même de l'eau,

Des roseaux,

De l'air humide,

Et dans cette lumière,

Elle se tient,

Mobile,

Sa robe est faite de brume et d'écorce de bouleau.

Ses cheveux sont sombres comme l'eau de tourbe et ils flottent légèrement,

Comme si même l'air autour d'elle vivait à un rythme différent du tien.

Elle s'appelle Morwenna,

Ce nom signifie dans la langue des anciens « celle qui conduit vers les eaux profondes ».

Encore,

Elle te regarde simplement,

Et dans ce regard,

Il y a quelque chose que tu n'as pas connu depuis longtemps,

Pas de jugement,

Pas d'attente,

Pas de demande,

Juste la reconnaissance,

Celle de quelqu'un qui sait exactement ce que tu portes,

Qui sait exactement combien tu es fatigué,

Et qui n'a rien à te prouver et ne te demande rien à prouver.

Tes épaules descendent,

Tu ne les avais pas remarquées si hautes,

Morwenna tend la main vers toi,

Paume ouverte,

Elle ne t'attrape pas,

Elle ne t'entraîne pas,

Elle offre simplement,

Et ta main trouve la sienne,

Sa paume est fraîche,

Comme l'eau de source,

Comme la première respiration d'un matin d'automne,

Cette fraîcheur remonte le long de ton bras,

Jusqu'à ton épaule,

Jusqu'à quelque chose dans ta poitrine qui était serrée depuis trop longtemps,

Et qui se desserre,

Elle commence à marcher doucement,

Et tu la suis,

Vous marchez,

Et le marais s'ouvre devant vous deux,

Comme un livre qu'on a ouvert que la nuit,

De part et d'autre du chemin que Morwenna connaît par cœur,

Un chemin que tes yeux ne voient pas,

Mais que tes pieds comprennent,

Les roseaux murmurent entre eux,

Dans une langue faite de frottements et de soupirs,

L'eau autour de toi est noire,

Et pourtant,

Parce que des milliers de reflets d'étoiles y vivent,

Et à chaque pas que tu fais,

À chaque léger mouvement de cette eau,

Les étoiles bougent,

Comme si c'était toi qui les déplaçait,

Frodone,

Sa voix est si basse,

Qu'elle ressemble parfois au vent,

Parfois à l'eau,

Parfois à rien du tout,

Au loin,

Quelque chose brille,

Ce n'est pas une lumière que l'on allume,

C'est une lumière qui a toujours été là,

Qui attendait simplement que tu sois assez calme pour la voir,

Morwenna s'arrête,

Elle se penche vers l'eau et elle plonge les deux mains à la surface,

Quand elle les ressort,

Quelque chose brille entre ses paumes,

Pas une pièce,

Pas rien de ce que les hommes ont appris à désirer,

C'est plus simple que ça,

C'est un peu de lumière,

Juste un peu de lumière d'eau,

Et elle s'approche de toi,

Elle pose cette lumière contre ta poitrine,

Tu sens quelque chose de chaud,

Là où étaient ses mains,

Quelque chose qui ressemble à un souvenir de chaleur,

Comme un feu que tu n'aurais pas allumé toi-même,

Et cette chaleur descend dans tes jambes,

Jusqu'au sol,

Tu es lourd maintenant,

Lourd,

Celui qui ne pèse pas,

Celui qui repose,

Morwenna te regarde,

Elle sait,

Elle sait que tu n'as plus besoin d'aller nulle part,

Que ce marais c'est déjà l'endroit,

Devant vous deux maintenant,

Quelque chose que tu ne t'attendais pas à trouver ici,

Petite couverte d'herbe douce,

Un seul arbre dessus,

Un vieux chêne dont les branches s'inclinent doucement vers l'eau,

Comme s'il avait appris au fil des siècles à s'incliner,

Et au pied de cet arbre un endroit pour t'allonger,

Comme si l'île l'avait préparé pour toi,

Tu t'allonges sur l'île,

L'herbe est plus douce que tout ce que tu connais,

Le vieux chêne au dessus de toi,

Ses feuilles bougent très légèrement,

Comme si l'arbre respirait,

Morwenna s'assied au bord de l'eau,

Elle ne te quitte pas,

Elle reste là,

Et son chant très doux enroule le soir autour de toi,

Des lumières bougent sur l'eau,

Tu ne sais plus si ce sont les étoiles,

Elles sont belles,

Quelque chose de blanc passe,

Très haut,

Silencieux,

Un oiseau que tu ne connais pas,

Ou peut être un rêve,

Tu n'as plus de frontière nette entre ce que tu vois et ce que tu imagines,

C'est bien,

C'est exactement bien,

Morwenna pose une main sur ta cheville,

Juste là,

Légèrement,

Et cette main dit,

Il n'y a rien que tu aies oublié de faire,

Rien que tu dois encore comprendre ce soir,

Tout cela peut attendre l'aube,

Et l'aube est encore là,

Les veilleurs arrivent,

Ils viennent du bord du marais,

Silencieux,

Ils ont des noms que les langues humaines ne prononcent qu'en rêve,

Ils se placent,

Autour de l'île,

Autour de toi,

Tu es gardé ce soir,

Rien ne peut passer,

Quelque part,

Très loin maintenant,

Tu peux aller encore plus loin,

Plus loin que ça,

5.0 (1)

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