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Relaxez vous avec la descente d'Alice au pays des merveilles

by J-Christophe BEAU

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Activez le mode par défaut de votre cerveau avec cet extrait Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll. Cette micro-pause relaxe vous permettra de mettre votre cerveau en mode par défaut (MPD) pour une régénération optimale. Le MDP désigne, en neurosciences, un réseau constitué des régions cérébrales actives lorsqu'un individu n'est pas focalisé sur le monde extérieur, et lorsque le cerveau est au repos, mais actif comme pendant les phases de rêves.

Script

Descente dans le terrier du Lapin.

Alice commençait à se sentir très lasse de rester assise à côté de sa sœur sur le talus et de n'avoir rien à faire.

Une fois ou deux,

Elle avait jeté un coup d'œil sur le livre que lisait sa sœur,

Mais il ne contenait ni image ni dialogue.

Et,

Pensait Alice,

À quoi peut bien servir un livre où il n'y a ni image ni dialogue ?

Elle se demandait,

Dans la mesure où elle était capable de réfléchir,

Car elle se sentait toute endormie et toute stupide à cause de la chaleur,

Si le plaisir de tresser une guirlande de pâquerettes valait la peine de se lever et d'aller cueillir des pâquerettes lorsque,

Brusquement,

Un lapin blanc aux yeux roses passa en courant tout près d'elle.

Ceci n'avait rien de particulièrement remarquable,

Et Alice ne trouva pas non plus tellement bizarre d'entendre le lapin se dire à mi-voix « Oh mon dieu,

Oh mon dieu,

Je vais être en retard ».

Lorsqu'elle y réfléchit par la suite,

Il lui vint à l'esprit qu'elle aurait dû s'en étonner,

Mais sur le moment,

Cela lui sembla tout naturel.

Cependant,

Lorsque le lapin tira bel et bien une montre de la poche de son gilet,

Regarda l'heure et se mit à courir de plus belle,

Alice se dressa d'un bond,

Car,

Tout à coup,

L'idée lui était venue qu'elle n'avait jamais vu de lapin pourvu d'une poche de gilet,

Ni d'une montre attirée de cette poche.

Dévorée de curiosité,

Elle traversa le champ en courant à sa poursuite,

Et eut la chance d'arriver juste à temps pour le voir s'enfoncer comme une flèche dans un large terrier placé sous la haie.

Un instant plus tard,

Elle y pénétrait à son tour,

Sans se demander une seule fois comment diable elle pourrait bien en sortir.

Le terrier était d'abord creusé horizontalement comme un tunnel,

Puis il présentait une pente si brusque et si raide qu'Alice n'eut même pas le temps de songer à s'arrêter avant de se sentir tomber dans un puits apparemment très profond.

Soit que le puits fut très profond,

Soit que Alice tomba très lentement,

Elle s'aperçut qu'elle avait le temps,

Tout en descendant,

De regarder autour d'elle et de se demander ce qui allait se passer.

D'abord,

Elle essaya de regarder en bas pour voir où elle allait arriver,

Mais il faisait trop noir pour qu'elle n'y put rien distinguer.

Ensuite,

Elle examina les parois du puits et remarqua qu'elles étaient garnies de placards et d'étagères.

Par endroits,

Des cartes de géographie et des tableaux se trouvaient accrochées à des pitons.

En passant,

Elle prit un pot sur une étagère.

Il portait une étiquette sur laquelle on lisait « marmelade d'orange »,

Mais,

À la grande déception d'Alice,

Il était vide.

Elle ne voulut pas le laisser tomber de peur de tuer quelqu'un,

Et elle s'arrangea pour le poser dans un placard devant lequel elle passait tout en tombant.

« Ma foi !

» songea-t-elle,

« après une chute pareille,

Cela me sera bien égal quand je serai à la maison de dégringoler dans l'escalier.

Ce qu'on va me trouver courageuse,

Ma parole,

Même si je tombais du haut du toit,

Je n'en parlerai à personne.

Supposition des plus vraisemblables en effet.

Plus bas,

Encore plus bas,

Toujours plus bas.

Est-ce que cette chute ne finirait jamais ?

Je me demande combien de kilomètres j'ai pu parcourir,

Dit-elle à haute voix.

Je ne dois pas être bien loin du centre de la terre.

Voyons,

Cela ferait une chute de six à sept mille kilomètres,

Du moins je le crois.

Car voyez-vous,

Alice avait appris en classe pas mal de choses de ce genre,

Et quoique le moment fut mal choisi pour faire parade de ses connaissances,

Puisqu'il n'y avait personne pour l'écouter,

C'était pourtant un bon exercice que de répéter tout cela.

Oui,

Cela doit être la distance exacte.

Mais par exemple,

Je me demande à quelle latitude et à quelle longitude je me trouve.

Alice n'avait pas la moindre idée de ce qu'était la latitude,

Pas plus d'ailleurs que la longitude,

Mais elle jugeait que c'était de très jolis mots,

Impressionnants à prononcer.

Bientôt,

Elle recommença.

Je me demande si je vais traverser la terre d'un bout à l'autre.

Cela sera rudement drôle d'arriver au milieu de ces gens qui marchent la tête en bas.

On les appelle les antipathes,

Je crois.

Cette fois,

Elle fut toute heureuse de ce qu'il n'y eut personne pour écouter,

Car il lui semblait que ce n'était pas du tout le mot qu'il fallait.

Mais je serai alors obligé de leur demander quel est le nom du pays,

Bien sûr.

S'il vous plaît,

Madame,

Suis-je en Nouvelle-Zélande ou en Australie ?

Et elle essaya de faire la révérence tout en parlant.

Imaginez ce que peut être la révérence pendant qu'on tombe dans le vide.

Croyez-vous que vous en seriez capable ?

Et la dame pensera que je suis une petite fille ignorante.

Non,

Il vaudrait mieux ne rien demander.

Peut-être que je verrai le nom écrit quelque part.

Plus bas,

Encore plus bas,

Toujours plus bas.

Comme il n'y avait rien d'autre à faire,

Alice se remit bientôt à parler.

Je vais beaucoup manquer à Dina ce soir,

J'en ai bien peur.

Dina était sa chatte.

J'espère qu'on pensera à lui donner sa soucoupe de lait à l'heure du thé.

Ma chère Dina,

Comme je voudrais t'avoir ici avec moi.

Il n'y a pas de souris dans l'air,

Je le crains fort,

Mais tu pourrais attraper une chauve-souris,

Et cela,

Vois-tu,

Cela ressemble beaucoup à une souris.

Mais est-ce que les chats mangent les chauves-souris ?

Je me le demande.

À ce moment,

Alice commença à se sentir toute somnolente,

Et elle se mit à répéter comme si elle rêvait.

Est-ce que les chats mangent les chauves-souris ?

Est-ce que les chats mangent les chauves-souris ?

Et parfois,

Est-ce que les chauves-souris mangent les chats ?

Car voyez-vous,

Comme elle était incapable de répondre à aucune des deux questions,

Peu importait qu'elle posa l'une ou l'autre.

Elle sentit qu'elle s'endormait pour de bon,

Et elle venait de commencer à rêver qu'elle marchait avec Dina,

La main dans la patte,

En lui demandant très sérieusement.

Allons,

Dina,

Dis-moi la vérité.

As-tu jamais mangé une chauve-souris ?

Quand brusquement,

Patatra,

Elle atterrit sur un tas de branchages et de feuilles mortes,

Et sa chute prit fin.

© 2026 J-Christophe BEAU. All rights reserved. All copyright in this work remains with the original creator. No part of this material may be reproduced, distributed, or transmitted in any form or by any means, without the prior written permission of the copyright owner.

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