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8. Rencontre Avec Mes Guides

by Janick

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Jackie comprend que son écriture et que son histoire sont uniques. Elle part à l'exploration dans sa forêt d'en-dessous, à la rencontre des ses guides. Des surprises l'attendent. La vie de couple lui apporte joie et peine... la réalité est parfois dure. Elle célèbre la première Journée Nationale de la Vérité et de la Réconciliation en faisant sa cérémonie. Cette dernière lui fait voir ce que pourrait être son futur de vielle femme. Musique : Mumbay Rains par Rahul Popawala

Script

Ioni,

Mon espace sacré,

Épisode 8,

Rencontre avec mes guides,

Avertissement.

La lecture suivante traite de questions sensibles liées au traumatisme profond.

Chères auditrices et auditeurs,

Sachez que ce texte peut déclencher certaines réactions émotionnelles.

Alors,

Soyez à l'écoute et n'hésitez pas à demander l'aide dont vous avez besoin.

Janik Villeneuve,

Auteur et conteuse,

22 septembre 2021.

L'automne,

Le grand cycle vie-mort-vie.

Le lapin a laissé la place au bébé,

L'enfant laisse place à la mère.

C'était une étape obligatoire,

Il faut laisser aller l'ancien pour accueillir le nouveau.

J'ai le contrôle sur mes actions,

Mais pas sur leur répercussion.

Je peux écrire tant que je veux,

Je peux croire en mon talent.

Personne ne peut me l'enlever,

Mais mes efforts ne sont pas une relation de cause à effet.

Je dois comprendre cela,

Avoir du courage,

Le courage de ma voix.

C'est une voix unique qui ne plaît pas à la majorité.

Elle est hors normes,

Hors conventions.

C'est normal que ma tribu lui soit semblable.

Aussi,

Je dois apprendre à suivre les étapes sans vouloir le résultat tout de suite.

Surtout,

Ne pas oublier que l'enveloppe que j'ai reçue en méditant porte le chiffre 50,

Et sur mon dessin d'enfant,

Je parle au micro devant une femme âgée.

Deux années me séparent de cet anniversaire.

Patience.

C'est comme une pierre lancée dans une mare d'eau.

Avant d'arriver à la rive,

Je dois partir du centre.

Je devrais me réjouir d'être tranquille ici avec mon cahier,

Mes crayons et mes papiers.

Je suis un esprit libre,

Libéré de son histoire dramatique qui fait sa petite affaire dans sa cour.

Pour sortir de la noirceur,

Mise en lumière par la pleine lune,

Je suis allée me laver les racines.

Je suis allée à la rivière,

J'ai enlevé mes bottes de caoutchouc et j'ai mis mes pieds sur les pierres dans l'eau.

Je suis allée danser le bangra sur la plus grosse roche au centre de la rivière et j'ai laissé le vent passer à travers moi.

L'eau a emporté les débris vers le lac.

Je sentais son énergie sacrée entrer par mes pieds et par mes mains.

J'ai pris en photo la roche prisonnière des racines de l'arbre qui pousse par-dessus.

C'est une analogie de ma douleur du matin.

Quand je me suis sentie rechargée,

Je suis repartie pour aller puiser de l'eau à la source.

Mais au coin du pont,

Il y avait une fourgonnette stationnée et plein de gens dehors,

Des femmes,

Des hommes et des enfants,

Des membres du peuple Cix.

Ça a rempli mon cœur de joie de les voir chez eux et d'avoir la confirmation par les esprits des anciens que je me tenais sur un endroit spécial,

Sacré.

Peut-être était-ce le lieu des Powwows ou des Potlucks avant que ça ne devienne un stationnement pour les gars de motoneige.

Je n'ai pas osé arrêter pour leur parler,

Me contentant de leur envoyer la main.

Je suis rentrée chez moi avec mon 20 litres d'eau et la sensation d'avoir fait mon nettoyage.

23 septembre.

Willie le chat est venu nous retrouver dans le lit,

Ce qui nous a fait débuter la journée de bonheur.

Nous avons changé un peu notre routine et nous sommes de retour dans l'heureuseté.

Phil m'a dit qu'il se sentait soutenu,

Appuyé dans ses efforts à cause de mon jardinage,

De mon organisation et de mes efforts.

Il m'encourage à continuer avec la permaculture comme ligne directrice.

J'ai fait un tirage de tarot ce matin,

En utilisant six cartes,

En les plaçant en forme de pyramide et n'utilisant que les arcanes majeures.

L'empereur était en haut,

À l'endroit.

En dessous,

Deux cartes à l'envers,

Soit à ma gauche l'impératrice et le monde à ma droite.

En dessous,

Toujours à l'envers,

Le mât,

La lune et l'étoile.

Je vois Phil dans cet empereur,

En haut de ma construction.

Je suis l'impératrice qui organise le monde dans lequel on vit.

Je suis soutenu par mon passé,

Le mât qui part en voyage avec son chagris,

Sa blessure et son baluchon.

Je poursuis mon intuition avec la lune et je marche vers mon destin,

Nu dans la nature où je déverse les fluides de mes urnes,

Dans la rivière au son des oiseaux.

J'ai le droit de me faire écrivaine.

J'ai le droit de danser au centre de ce monde parfait.

Je suis en lien et supporté par mon intuition et mon destin.

J'éclaire le monde.

J'éclaire ma nuit.

Mais toutes ces cartes renversées me portent à penser que mon univers pourrait être chamboulé par cet empereur,

Bien assis en haut de ma pyramide.

24 septembre 2021.

Je fais de la méditation à la place de prendre de la médication.

J'ai parlé avec ma tante,

La bouddhiste.

Je suis chanceuse de l'avoir à l'écoute.

Je lui parle de mes découvertes spirituelles.

Elle me comprend.

Elle a fait ce voyage avant moi.

Elle aimerait me voir,

Mais je n'ai pas de plan de voyage dans l'Est.

Je n'ai pas non plus la liberté d'action.

Sans argent personnel,

C'est difficile de prendre la clé des champs.

Même si je sais que Phil paierait,

Ce n'est pas un périple que je veux faire sans lui.

De plus,

Il faut y aller au bon moment,

Quand les jardins se reposent dans le gros de l'hiver.

Et toujours,

Il y a les poules,

Jean-Charles et Willie,

À qui il faut déléguer les soins.

Phil m'a dit des choses qui m'ont fait mal cette semaine.

La première de ses remarques fut à propos de mon écriture.

Il m'a dit de me concentrer à jardiner plutôt que de me penser publiable,

Que je n'ai pas assez de pratiques comparées aux professionnels,

Aux éduqués et aux diplômés en littérature.

La seconde fut à propos de mon dessin au pastel sec.

Il m'a déclaré « Ouais,

Tu dessines pas vite ».

Aussi,

Il a rajouté que mon art était correct pour moi,

Mais pas plus.

Je sais que je ne suis pas terrible,

Mais j'ai pris sa remarque en me disant « C'est correct,

Je ne te montrerai plus rien et de cette façon,

J'éviterai les mauvaises critiques ».

Je sais que ce n'est pas une bonne avenue,

Mais pour le moment,

Je suis froissé et je le prends un peu personnel.

Pour en remettre ce matin,

En lui mentionnant que je voulais laver les vitres de la maison,

Il me fait remarquer une coulisse de peinture,

Plaidant que cette salissure était là depuis très longtemps.

Comme si je n'avais jamais lavé les vitres depuis mon arrivée,

Il y a quatre ans.

J'ai pogné les nerfs.

Je lui ai rétorqué que non seulement j'avais lavé ses vitres à chaque changement de saison,

Mais qu'il avait aussi engagé sa fille pour le faire avant mon arrivée.

Ma joie de vivre et mon beau sourire furent effacés.

Je me sentais vraiment insultée,

Réduite à une mauvaise écrivaine,

Une dessinatrice médiocre,

En plus de ne même pas être une bonne femme de ménage.

Le cumul de ses commentaires ont vraiment porté un coup à mes identités.

Je me sentais toute petite,

Ne représentant pas grand chose.

En voyant mon changement d'attitude,

Il s'est repris en bafouillant de gentils compliments,

Mais les couteaux étaient plantés dans mon dos.

J'avais hâte de me retrouver seule,

Avec mes plaies alléchées.

Je repense à mon appel avec ma tante.

Je lui ai parlé de mes analyses intuitives et de mes observations à propos de sa mère.

Mis à part ses talents de cuisinière que j'avais sous-estimé,

J'avais bien saisi l'essence et la douleur de ma grand-mère.

La valeur de la femme dans les années 1920 était quasi nulle.

S'il arrivait un malheur,

Comme de tomber enceinte ou de se faire agresser,

C'était automatiquement de leur faute,

Se faisant traiter de garce tout en portant le déshonneur de la famille face au voisinage.

Sur une photo prise dans son salon,

Assise bien droite sur son fauteuil en cuir,

On discerne la mort dans son regard,

Maquillée par le désir de bien se présenter,

De sauver les apparences en exposant une richesse factice.

Selon le Larousse,

Une garce,

C'est un nom qui caractérise une fille ou une femme de mauvaise vie,

Une fille ou une femme mauvaise ou très désagréable.

Quand on l'utilise comme adjectif,

Ça représente ce qui est méchant,

Mauvais.

C'est une étiquette très lourde à porter.

J'imagine la douleur de naître femme à cette époque,

Cette souffrance expérimentée dès la sortie du ventre,

Et ce,

Pour une vie entière.

26 septembre 2021.

En faisant mon petit ménage du lundi,

J'ai dansé et chanté en passant la palayeuse.

En faisant rentrer Willy,

J'en ai profité pour saluer les quatre points cardinaux.

En me préparant pour ma session d'écriture,

Je le trouve couché sur mon journal.

Nous ne sommes qu'à geler le temps nécessaire,

Et ensuite,

J'ai pu faire place à ma session d'écriture et de méditation.

Je continue mon travail introspectif.

Je m'intéresse plus particulièrement à mes ancêtres et à la terre habitée par ma mère.

Je suis allée dans le village de son enfance,

Sur le terrain de la maison qu'habitaient mes grands-parents.

C'était plein de fleurs et de grands foins.

J'ai pris le sentier derrière,

Celui qui mène à la grosse roche,

Celle que nous avions escaladée une fois entre cousins.

En chemin,

J'ai découvert une tale de bluets à travers d'anciens brûlés.

Je cueillais à pleine main,

Et les bluets étaient gros et abondants.

Soudainement,

J'ai senti la présence de la famille de ma mère,

Celle de mon père et celle des Inus,

Qui tous ensemble cueillaient les fruits,

Certains pour la revente,

D'autres pour la subsistance.

J'ai ressenti la joie de la transformation,

Les tartes,

Les gâteaux renversés,

La valeur du travail avec la nature.

Elle m'a dit qu'elle serait toujours là pour nous,

Même si certaines années sont plus dures que d'autres.

En relevant ma tête,

J'aperçus l'ours,

Elle aussi,

À la cueillette.

Nous sommes tous des parents si proches.

28 septembre 2021.

Décès de Robert,

Notre poisson bêta.

J'apprends,

Grâce à un nouveau cours,

Comment les esprits communiquent avec moi.

Il existe plusieurs moyens,

Comme les sensations énergétiques,

Les goûts qui viennent dans la bouche et les odeurs qui montent au nez,

Aussi les mots chuchotés à l'oreille et les images projetées sur l'écran de mes yeux fermés.

Je réalise mes dons de clairvoyance,

Si longtemps étouffée au fond de mon être.

Je suis allée en méditation dans la forêt d'en dessous,

Avec la femme sauvage.

Elle a pris les devants,

Elle connaît le chemin.

Nous sommes descendus tout en bas du sentier et nous sommes sortis par mon chakra racine pour entrer dans le réseau des mycorhizes,

Dans le mycélium.

La porte d'entrée était tout près,

Sous le petit barrage de la rivière de Kwakwessem.

Soudain,

Nous avons frappé un mur.

Devant nous se dressait une fondation en ciment.

C'était celle de la maison d'enfance de ma mère.

Je l'ai reconnue,

Car il y avait encore des poupées encastrées dans le ciment.

Je suis montée dans mon excavatrice pour casser le mur.

Pendant ce temps-là,

La femme sauvage s'est transformée en chien de prairie pour creuser un tunnel sous la maison.

Après avoir libéré les poupées,

Nous avons suivi ce tunnel pour émerger au pied des plus grosses chutes de la région.

De l'autre côté du lac,

J'ai revu ce jour de notre visite familiale,

Le moment où ma mère prenait la pause pour la petite Jackie,

Qui jouait à la photographe,

Et celui,

Beaucoup plus triste,

Ce jour de mai où mon frère flottait la face la première,

Dans la rivière.

À ce moment précis,

J'ai senti l'arrivée de mes guides totémiques.

Un après l'autre se sont manifestés l'ours,

Le carcajou,

La louve,

Le chevreuil,

L'orignal,

L'aigle,

Le corbeau,

La truite et la wananish,

Tous autour de moi,

Sur mes épaules,

Sortant de la terre et de l'eau.

Ces animaux totèmes dansaient au rythme du tambour,

C'était une grande réunion,

Comme un powwow.

Je découvre mes pouvoirs,

J'en ai plusieurs,

Je sens la vie,

Je la vois.

Instinctivement,

Je travaille mes connexions avec le monde des esprits.

Je reçois beaucoup plus de messages depuis que je suis à l'écoute.

Les animaux,

Ils ont toujours été près de moi,

Les chats surtout.

Ma grand-mère paternelle me surnommait la mère des chats.

À mon plus mal,

J'étais devenue une percheronne aux grosses pattes,

Un chevreuil apeuré devant les phares d'une voiture et une truite noyée dans un océan de bière.

J'apprends à maîtriser ces super-pouvoirs.

En fait,

Même enfant,

J'ai toujours rêvé devenir Superwoman ou la femme bionique.

Je suis revenue des morts,

Encore une fois,

Mais là,

C'est pour exister du côté des vivants et pour y rester.

Je suis maintenant rapide,

Agile,

Sage,

Prévoyante,

Forte,

Courageuse,

Changeante,

Légère,

Souple,

Mustelée,

Douce et chaude.

Je suis une femme.

29 septembre,

Journée de jeûne.

Je me prépare pour une session de divination.

Je pars à la rencontre de mes guides spirituels.

Déjà,

À peine installé sur mon coussin,

Je ressens une présence.

C'est Thérèse,

Mon prof de gymnastique,

Enfant.

Elle me ramène à mon corps,

Celui que j'ai tant négligé en l'emballant de gras dans l'immobilité.

Je lui demande comment va se dérouler l'année qui vient.

Elle me répond,

D'une moisson à l'autre.

Elle me guide vers la souche de l'arbre sage que j'ai rencontré en plantant.

Elle la relie à une roche tout près d'ici,

Au sommet de la montagne,

Et elle pointe vers les chutes,

Celles qui pleuraient le départ de mon frère.

De cette triangulation,

J'ai pu passer au centre et aller à la rencontre de mon guide.

Je suis arrivée à la porte,

Celle gardée par des félins en chair et en roc.

De l'autre côté,

Il y avait un jardin dans lequel j'étais invitée.

Une présence est venue vers moi.

Elle était superbe et forte.

Quand je lui ai demandé son nom,

Elle m'a dit,

Diane,

La chasseresse et la déesse de la forêt.

Elle m'a donné une leçon de tir à l'arc.

Moi,

La sagitaire,

Je n'avais jamais appris à viser.

Elle m'a confié que mon but n'était pas de tuer,

Mais de toucher les cœurs avec mes flèches.

J'ai observé les pointes,

Et au lieu d'un silex tranchant,

Il y avait au bout de chacune un exemplaire de mon livre.

Elle m'a donné le contrôle de sa diffusion.

Rudement,

Elle a mis entre mes mains un carquois rempli de flèches et un arc,

Et elle m'a dit,

Vas-y,

C'est toi qui décide.

Diane avait aussi un cadeau pour ma femme sauvage.

Elle lui a offert un tambour pour accompagner le rythme de mon cœur,

Pour ne plus que je ne me perde dans le dédale de ma forêt intérieure.

À mon retour,

Je sentais la poupée d'intuition fière de ses rencontres.

Ainsi équipée,

Elle se sent plus responsable de sa vie,

Du chemin qu'elle aimerait prendre,

Le chemin peu fréquenté,

Celui tracé par les caribous.

Cet après-midi,

Je ressasse les messages que j'ai reçus ce matin.

J'ai saisi que j'ai le contrôle sur mon écriture.

Je n'ai pas besoin de maison d'édition,

Ou même d'être publiée.

J'ai toujours marché à côté de la rue principale.

Pourquoi mon écriture serait différente ?

Je peux envoyer mon livre à qui je veux.

Je n'ai de limite que mon égo.

J'ai toujours été à part.

Pourquoi mon livre serait « mainstream »,

Se retrouvant dans une pile,

À côté de ceux de centaines d'autres auteurs,

Dans une librairie près de chez vous ?

Non,

Je ne pense pas que c'est cela qui va arriver.

Je vais continuer mon travail dans l'ombre.

Ma lumière ne va qu'en être plus brillante.

J'ai bien compris le message de Diane.

Grâce à cette rencontre,

J'ai repris le contrôle de ma production et de ma destination.

Elle m'a littéralement mis les armes entre les mains en me disant « Envoye ».

Elle est brusque,

Diane.

Curieuse,

J'ai fait mes recherches dans les internets.

C'est une divinité à trois faces.

J'ai vraiment le don d'appeler des figures multiples.

Hier,

C'étaient les animaux de la forêt qui sont venus danser avec moi,

Et aujourd'hui,

C'est leur patronne qui m'attendait dans les bois.

Sa relation avec la mise au monde des enfants est fantastique.

Elle a refusé d'en avoir en restant vierge,

Mais pourtant,

C'est elle qu'on appelle pour aider aux accouchements.

C'est fort,

N'est-ce pas?

30 septembre 2021.

Première journée nationale de la vérité et de la réconciliation au Canada.

Pour l'occasion,

J'ai enfilé des cristaux orange,

Bleu et transparent,

Comme autant de soleil de lune,

Et d'océan.

Le vent souffle aujourd'hui.

Il emportera avec lui ma douleur et ma peine.

Je vais aller chercher de l'eau sacrée.

Je vais aller me recueillir à la rivière et y déposer quelques outards en origami,

Que j'ai pliés plus tôt.

Ainsi,

J'espère aider à dégager quelques poupées,

Encore prisonnières,

Des fondations de ce pays.

Voilà,

Ce sera ma commémoration personnelle.

Premier octobre 2021.

Ce fut toute une cérémonie.

J'en ai perdu mon panier en osier dans le courant de la rivière.

J'ai ressenti beaucoup de choses et je me suis raconté bien des histoires.

Je me sens pas mal seule là-dedans et je me console en me disant que c'est normal,

Que peu de gens vivent dans l'eau et dans l'air en même temps.

C'est comme si je réintégrais une partie de mon âme,

Celle que je cachais.

Elle revient vers moi.

Je me sens multiple et unique.

Quelquefois,

J'ai l'impression de vivre ailleurs que tous les autres.

Même fil.

En après-midi,

Comme il faisait très beau,

Je me suis assise à travers les alices odorants,

Une des rares fleurs toujours abondantes en ce premier octobre.

Elles sentent le miel et presque sur chaque cotouffe,

Il y a une abeille ou un bourdon au travail.

Elles sont tellement butinées qu'elles bougent comme si elles étaient caressées par le vent.

Je m'imagine en vieille femme,

Seule avec ses chats et ses poules,

Avec mes bêtes,

Comme ma grand-mère paternelle disait.

Je vois un labyrinthe de jardins,

5000 fois mieux qu'avec les humains de qui je m'éloigne.

Je sens que je pourrais devenir une ermite,

Mais jamais seule,

Habitée par tous mes guides spirituels.

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