
Méditation 1h - Entraînement de l'esprit avec les sensations
Entraînement de l'esprit d'une heure en utilisant les sensations : - Utiliser le souffle (comptage) - Utiliser les sensations liées à la respiration - Utiliser la posture et les sensations corporelles
Script
Pour commencer cette méditation,
Je vous propose de simplement observer votre état d'esprit.
On observe dans quel état se trouve notre esprit en ce moment.
On fait une sorte de météo intérieure,
Un état des lieux.
Est-ce qu'on est plutôt dans la distraction ou la torpeur ?
Est-ce qu'on est plutôt dans la joie ou la tristesse ?
Simplement on observe dans quel état se trouve notre esprit en ce début de pratique.
Ensuite,
On va prendre quelques secondes pour observer notre corps et on observe s'il y a plutôt des tensions,
Des douleurs ou au contraire si on est détendu.
On relâche toutes les préoccupations,
On relâche les ressassements du passé,
On relâche les appréhensions du futur et les distractions du moment présent et on tâche d'être ici et maintenant.
L'esprit est posé dans le corps et le corps est posé sur le coussin.
Examinons notre motivation.
Quelles sont les raisons qui nous poussent à pratiquer la méditation,
L'entraînement de l'esprit ?
Et si notre motivation n'est pas très claire,
On peut simplement repenser à un moment ces derniers jours où on a été esclave d'une émotion conflictuelle,
Un moment où on a été esclave de la colère,
De la jalousie,
De l'orgueil,
Esclave de la tristesse.
Vraiment,
On repense à un moment où on constate à quel point on était plus libre,
À quel point on était esclave d'une émotion conflictuelle et notre motivation pourrait être simplement de dompter notre esprit,
De l'apprivoiser,
L'entraîner pour que quoi qu'il se passe on puisse rester en paix.
Et on essaie vraiment que cette motivation soit claire et de la même manière que quelqu'un qui souhaite faire un marathon va trouver la motivation nécessaire pour aller courir régulièrement dans la semaine,
Pour s'entraîner pour son marathon.
Si vraiment notre motivation à entraîner notre esprit est claire,
Notre soi est fort,
Ça va énormément nous aider à nous motiver à trouver les ressources nécessaires en temps,
En énergie,
Pour trouver des moments dans nos journées et entraîner cet esprit.
Et on va essayer de garder cette motivation pendant toute la séance,
Un désir clair de se libérer de nos émotions conflictuelles et donc d'entraîner cet esprit.
Et si à un moment durant cette séance on tombe un petit peu dans la lassitude,
La torpeur,
Essayons de nous rappeler cette motivation,
Qu'on est vraiment là pour entraîner l'esprit,
Donc c'est tout à fait normal qu'on puisse tomber dans des moments d'impatience,
Peut-être d'agacement,
Peut-être de sommeil,
Et le tout c'est vraiment d'entraîner l'esprit.
Et de la même manière que quand on apprivoise un animal,
Il faut en même temps une certaine discipline,
Une certaine rigueur,
En même temps ça demande beaucoup de douceur et de bienveillance.
Pendant toute cette séance on va essayer de maintenir cet équilibre entre discipline,
Rigueur d'un côté,
Et en même temps bienveillance et douceur.
Et avant de commencer les entraînements de l'esprit,
On va développer un état d'esprit positif,
Altruiste et équanime.
Et pour ça on va commencer par penser à tous les gens qu'on aime,
Tous les gens qui nous sont proches,
Tous les gens auxquels on tient.
Nous pouvons nous inclure dans ces gens.
Et quand on pense à tous ces gens,
On essaye d'observer ce qui se passe dans notre corps,
S'il se passe quelque chose.
Peut-être que quand on pense à tous ces gens qu'on aime,
Il y a une sorte de chaleur qui arrive au niveau du cœur,
Peut-être qu'un sourire apparaît sur notre visage.
Et à tous ces gens qu'on aime,
On va leur envoyer des pensées positives,
Des pensées altruistes,
On va leur souhaiter qu'ils se libèrent de leurs souffrances et des causes de leurs souffrances.
On leur souhaite que quoi qu'ils puissent vivre,
Ils puissent rester en paix.
Et quand on fait ces souhaits,
On essaie vraiment de les ressentir dans notre corps,
Dans nos tripes,
Dans notre cœur.
Un peu comme quand on souhaite à quelqu'un de réussir un examen ou quand on souhaite à quelqu'un quelque chose de positif,
Que ce soit vraiment quelque chose qui vienne de notre corps et pas de la tête,
Que ce soit quelque chose vraiment de l'ordre du ressenti.
Sentir ce souhait dans nos tripes,
Que tous ces gens qu'on aime puissent se libérer de leurs souffrances et des causes de leurs souffrances.
Ensuite,
Nous allons penser à tous les gens qui nous sont indifférents,
Tous les gens qu'on ne connaît pas,
Tous les gens qu'on a croisés aujourd'hui dans la rue,
Tous les gens dans les autres pays et avec la même sincérité et la même intensité que pour les gens que nous aimons.
On va leur envoyer des pensées positives,
Des pensées altruistes,
On va leur souhaiter qu'ils puissent se libérer de leurs souffrances et des causes de leurs souffrances,
On leur souhaite qu'ils soient en paix.
Et enfin,
Nous allons penser à tous les gens qui nous mettent en colère,
Tous les gens que nous n'aimons pas.
Parfois ça peut être des gens dans notre famille ou des gens au travail qui nous mettent en colère,
Mais il ne faut pas hésiter à élargir et à vraiment penser à tous les gens qui peuvent nous mettre en colère,
Peut-être des personnalités politiques,
Des gens qu'on a vus dans les médias,
Des gens qui engendrent de la souffrance,
Qui nous mettent en colère et que nous n'aimons pas.
Et quand on pense à tous ces gens,
On va commencer par essayer de réaliser à quel point tous ces gens-là sont eux-mêmes esclaves de leurs émotions conflictuelles.
Ils sont esclaves de leur colère,
De leur orgueil,
De leur jalousie,
Et c'est parce qu'ils sont esclaves de leurs émotions conflictuelles qu'ils engendrent de la souffrance autour d'eux et pour eux-mêmes.
Et donc on essaie de prendre juste quelques secondes pour réaliser qu'aucun être humain n'est né en souhaitant engendrer de la souffrance autour de lui,
Et tous ces gens qu'on considère comme mauvais,
Tous ces gens qu'on n'aime pas,
On essaie vraiment de voir à quel point ils sont esclaves de leurs propres émotions conflictuelles.
Et toujours avec la même sincérité,
La même intensité que pour les gens que nous aimons,
On va leur envoyer des pensées positives,
Des pensées altruistes,
On va leur souhaiter qu'ils se libèrent de leur souffrance et des causes de leur souffrance.
On leur souhaite d'être en paix.
Et quand on fait ces souhaits,
On n'est vraiment pas du tout dans une sorte de discours un peu naïf ou bisounours.
On n'est pas du tout en train d'excuser leurs actions négatives,
On n'est pas du tout en train d'excuser la souffrance qu'ils engendrent.
On est vraiment en train d'ouvrir notre coeur et de comprendre que si ces gens-là pouvaient être en paix,
Automatiquement ils arrêteraient d'engendrer de la souffrance.
Donc en fait,
Quand on fait ce souhait,
C'est en même temps le souhait que leurs victimes puissent être en paix.
Et c'est vraiment une travail d'ouverture de coeur où on essaye d'avoir la même qualité de souhait pour les gens qu'on aime,
Pour les gens qui nous sont indifférents et pour les gens qu'on n'aime pas.
Que tous ces gens puissent être en paix,
Libérés de leur souffrance et des causes de leur souffrance.
Et on va tâcher de maintenir cet état d'esprit positif,
Altruiste et kuanim pendant toute la durée de la séance.
On a terminé la préparation,
On va passer aux exercices sur l'entraînement de l'esprit,
La méditation à proprement parler.
Et pour ça,
On va commencer par prendre la posture en sept points du ogi vaira okana.
Les sept points qui sont donc,
Premier point,
Les jambes en lotus ou demi lotus ou simplement les jambes croisées.
Si possible,
Les genoux touchent le sol pour s'ancrer dans la terre,
S'enraciner.
On peut visualiser des racines qui partent des genoux et des fesses et qui vont jusqu'au centre de la terre.
Et on est extrêmement présent,
Bien conscient du contact du sol,
Du coussin sous les fesses et du sol sous les genoux.
Extrêmement présent.
Idéalement,
Pendant toute la séance,
On devrait essayer de maintenir cette vigilance,
Cette connexion avec le sol.
Premier point de la posture.
Ensuite,
Le deuxième point de la posture,
C'est le dos.
Le dos est droit,
Comme une flèche qui part vers le ciel ou comme une aiguille d'acupuncture qui relierait la terre et le ciel ou simplement comme un arbre puissant qui s'élance vers le ciel.
De la même manière que cet arbre est puissant et droit,
Il garde en même temps une certaine souplesse et on essaie vraiment avec le dos de garder cette idée en même temps de solidité et en même temps de souplesse.
Idéalement,
Il n'y a aucune tension dans le dos.
Parfois,
On dit que c'est comme si chaque vertèbre était posé les unes sur les autres,
Un peu comme des pièces de monnaie posées les unes sur les autres et que ça formait une colonne.
On essaie vraiment de rester très souple tout en gardant cette discipline et son dos droit.
Ensuite,
Les épaules sont complètement dégagées.
Il n'y a aucune tension dans les épaules.
Elles sont très souples,
Un peu comme les branches d'un arbre qui peuvent bouger au gré du vent.
C'est le troisième point.
Quatrième point,
Les mains sont posées dans le giron.
La main droite sur la main gauche ou la gauche sur la droite,
Ça n'a pas beaucoup d'importance.
Les deux pouces se rejoignent naturellement et le tranchant de la main est au contact du bas du ventre.
Généralement,
On dit que le tranchant de la main est à quatre doigts sous le nombril.
Ensuite,
Le cinquième point,
C'est la tête.
La tête est droite,
Comme si on tenait le plafond avec le sommet du crâne et le menton est légèrement incliné vers le bas pour favoriser la rectitude entre la nuque et la colonne,
En même temps pour favoriser l'humilité et le fait de se recentrer.
Le point suivant,
Ce sont les yeux.
Sixième point,
Idéalement on dit que les yeux sont mi-clos.
On garde juste une toute petite fente entre les paupières,
Suffisamment fermée pour ne pas être dérangée par ce qui nous entoure et suffisamment ouverte pour capter un tout petit peu de lumière et bien rester présent,
Vigilant,
Pour éviter de tomber dans la torpeur.
Et ce point-là,
On peut un petit peu l'adapter.
Si on a tendance à être un petit peu trop dans la distraction,
On peut fermer les yeux pour se recentrer et si au contraire on est un peu fatigué et qu'on tombe dans la torpeur,
On peut légèrement ouvrir les yeux.
Dans ce cas-là,
Le regard suit l'arrête du nez.
Et le septième et dernier point,
C'est la bouche.
La bouche est fermée naturellement,
Sans crispation,
Comme s'il y avait un cheveu entre les dents du haut et les dents du bas et la langue est posée contre le palais et les dents du haut.
Et dans ce premier exercice,
Tout en maintenant cette posture,
On va simplement poser notre attention sur la respiration et on va utiliser comme support de méditation le comptage de la respiration.
Et on va compter 21 respirations.
A chaque fois que l'esprit va partir et suivre une pensée ou une sensation,
Dès qu'on en prendra conscience,
Tranquillement,
On reviendra au comptage de la respiration.
C'est vraiment à nouveau comme un animal sauvage,
L'animal part,
On tire sur la corde pour le ramener et dès qu'on a tiré sur la corde et qu'il est revenu,
On revient dans cette souplesse,
Cette douceur et tranquillement on continue le comptage.
Et quand on aura terminé les 21 respirations,
On posera les deux mains sur les genoux et on laissera l'esprit dans son état naturel.
Et quand on a compté les 21 respirations,
Tranquillement on repose les deux mains sur les genoux et on laisse l'esprit dans son état naturel.
Quand on dit qu'on laisse l'esprit dans son état naturel,
On n'est pas dans une forme de torpeur,
On n'est pas dans une forme de repos à laisser aller l'esprit n'importe comment.
En fait,
C'est un petit peu comme si quand on pose notre attention sur la respiration,
On utilise l'esprit comme une lampe torche qui va se focaliser sur la respiration ou sur le comptage.
Et quand on dit qu'on laisse l'esprit dans son état naturel,
On arrête de focaliser l'esprit sur un point et l'esprit devient comme un soleil qui éclaire dans toutes les directions.
Donc on a conscience des sensations,
Des pensées,
Des sons,
Mais on ne les saisit pas.
On reste totalement libre de toute saisie,
De tout concept.
On garde un esprit vaste,
Un esprit qui est comme le ciel où il peut y avoir des intempéries,
Il peut y avoir des nuages,
Des éclairs,
Mais le ciel reste vaste.
Et pour reprendre l'exemple du soleil,
Qu'importe que le soleil éclaire une fleur ou qu'il éclaire un cadavre,
Le soleil reste lumineux,
Chaleureux,
Rayonnant.
Et de la même manière,
Peu importe ce qui apparaît dans notre esprit,
Que ce soit une pensée ou une sensation agréable ou désagréable,
L'esprit reste simplement conscient de ce qui apparaît sans être volué par ce qui peut apparaître.
Donc on garde encore quelques secondes l'esprit dans son état naturel.
Puis une deuxième fois,
On va reprendre la posture,
On remet les mains dans le giron et une deuxième fois on va compter 21 respirations.
Et à nouveau,
Quand on a compté les 21 respirations,
On repose les deux mains sur les genoux et on laisse l'esprit dans son état naturel,
Libre de toutes saisies,
De tout concept.
On garde un esprit vaste et on peut constater que des choses apparaissent puis disparaissent,
Vont et viennent,
Des pensées,
Des sensations,
Des sons,
Et on ne les saisit pas,
On ne réagit pas.
Et une troisième et dernière fois,
On va reprendre la posture de méditation,
Les mains dans le giron,
Et à nouveau on va compter 21 respirations.
Et une dernière fois,
Quand on a compté les 21 respirations,
On va reposer les deux mains sur les genoux et laisser l'esprit dans son état naturel.
On a terminé le premier exercice sur l'entraînement de l'esprit,
On peut bouger un petit peu si on le souhaite pour se dégourdir,
Se détendre,
Bouger un petit peu les jambes,
Le dos,
Les épaules,
La tête si on en ressent le besoin.
Là on est un peu comme l'animal sauvage qui va gambader un petit peu après avoir fait des exercices,
Après avoir essayé de se discipliner.
Et quand on se sent prêt,
On va raviver notre état d'esprit positif,
Altruiste,
Équanime,
Raviver notre motivation d'entraîner cet esprit sauvage,
De le dompter.
On va reprendre les sept points de la posture.
Et dans ce deuxième exercice,
On va poser notre attention sur les sensations liées à la respiration.
Donc cette fois-ci,
On ne va pas utiliser de support mental,
Pas de comptage,
On va simplement poser notre attention sur le va-et-vient du souffle.
Et plus précisément,
On va poser notre attention sur l'air qui rentre dans les narines,
Puis qui passe par la gorge et remplit les poumons,
Puis ressort des poumons,
Repasse par la gorge et ressort des narines.
Toutes les sensations liées à la respiration,
De l'air qui rentre et qui ressort.
Et comme tout à l'heure,
À chaque fois que l'esprit part dans la distraction ou la torpeur,
Dès qu'on en prend conscience,
On le ramène sur le support de méditation,
Sur les sensations liées à la respiration.
Et si jamais notre esprit est un petit peu trop distrait,
On peut prendre des inspires un petit peu plus profonds,
Plus denses,
Des expires un peu plus longs,
De manière à avoir une respiration un petit peu plus grossière,
Un petit peu plus visible au niveau des sensations.
Et dès que notre esprit est stable,
On reprend une respiration naturelle.
Et si notre esprit est stable,
On peut essayer d'observer à partir de quand les sensations disparaissent.
Quand on inspire,
L'air rentre dans les narines,
Puis passe dans la gorge.
Et quand l'air continue à descendre pour aller remplir des poumons,
À partir de quand on n'est plus suffisamment sensible pour ressentir cet air.
Et à chaque expire,
Quand l'air sort des poumons,
À partir de quand on arrive à sentir cet air qui sort au niveau de la gorge,
Puis au niveau des narines.
Si on essaye d'affiner un petit peu,
On peut essayer d'observer à quel point précis les sensations disparaissent et les sensations apparaissent.
Et on relâche la concentration,
On remet les deux mains sur les genoux.
Et à nouveau,
On laisse quelques instants l'esprit dans son état naturel,
Libre de toute saisie,
De tout concept.
Puis une deuxième fois,
On va reprendre notre support de méditation.
On repose notre attention sur les sensations liées à la respiration.
L'air qui rentre dans les narines,
Qui passe dans la gorge,
Qui remplit les poumons.
Et cette fois-ci,
On va essayer de se limiter aux sensations au niveau des narines.
Et si notre esprit est stable,
Peut-être que l'on peut constater des différences de sensations entre le moment où l'air rentre dans les narines et le moment où l'air sort des narines.
Peut-être qu'on peut constater qu'il y a plutôt une sensation de fraîcheur quand on inspire,
Et plutôt une sensation de chaleur quand on expire.
Peut-être que l'on peut constater la différence de température de l'air qui rentre dans les narines et l'air qui sort des narines.
Et on relâche la concentration,
On repose les deux mains sur les genoux.
Et à nouveau,
On laisse quelques instants l'esprit dans son état naturel.
Et enfin,
Une troisième et dernière fois,
On reprend la posture.
Et une dernière fois,
On va poser notre attention sur les sensations de la respiration,
Et plus précisément les sensations au niveau des narines.
Et on relâche la concentration,
On repose les deux mains sur les genoux.
Et une dernière fois,
On laisse quelques instants l'esprit dans son état naturel,
Libre de toute saisie,
De tout concept.
A nouveau,
On peut bouger un petit peu si on souhaite,
Si on en ressent le besoin.
On peut bouger un petit peu les jambes,
Les épaules,
La tête,
Le dos,
Avant de passer au troisième et dernier exercice.
Parfois quand on parle de méditation,
D'entraîner son esprit,
On a tendance à penser que c'est quelque chose qui est plutôt lié au mental ou à l'intellect.
Mais en fait,
Ce travail de l'attention au niveau des sensations,
C'est vraiment un entraînement qui peut nous permettre de nous libérer de nos émotions conflictuelles.
Parce qu'en fait,
À chaque fois qu'une émotion est là,
Avant d'arriver,
Notre corps nous envoie des signaux.
Notre respiration peut un petit peu s'accélérer,
Ou être un peu saccadée.
On peut avoir un petit peu une douleur dans le ventre.
Peut-être au niveau des poumons se sentir un petit peu oppressé,
Sentir quelque chose dans le coeur.
En fait,
À chaque fois,
Notre corps nous envoie des informations au travers de sensations et nous prévient qu'une émotion va arriver.
Un petit peu comme un voyant qui s'allume sur le tableau de bord d'une voiture.
Si on a bientôt plus d'essence,
Il y a un voyant qui va s'allumer.
Exactement de la même manière,
Notre corps nous envoie des signaux.
Et le problème,
C'est que simplement,
Nous ne sommes pas attentifs.
Nous ne sommes pas présents ou conscients ou sensibles à ces signaux.
Et donc,
Dans l'entraînement de l'esprit,
Il y a vraiment une idée d'être beaucoup plus présent et beaucoup plus conscient de chaque sensation qui apparaît dans le corps.
Plus on sera vigilant à la moindre sensation qui apparaît,
Et plus on pourra accueillir tranquillement l'émotion qui vient après,
Sans tomber dans l'émotion,
Tomber dans la colère,
Tomber dans l'orgueil.
On accueille l'émotion tranquillement et on peut y réagir avec sagesse,
Plutôt qu'être dans une réaction automatique.
Donc vraiment,
Ce travail de précision,
Ce travail de présence aux sensations est vraiment extrêmement important,
Dans la vue de se libérer des émotions religieuses,
D'avoir un esprit en paix.
Et pour terminer cette séance,
On va passer au troisième et dernier exercice.
Donc on reprend la posture,
Et justement on va faire un travail au niveau des sensations du corps,
Où cette fois-ci,
Dans cet entraînement,
On va essayer de ne pas bouger du tout pendant cinq minutes.
On va essayer de ne pas réagir.
Alors bien sûr,
Au moment où on entend ces mots,
On a plutôt tendance à avoir envie de bouger,
Peut-être que ça va nous gratter,
Et on peut observer à quel point on a l'habitude de répondre au moins de stimuli,
À réagir à chaque fois de manière instinctive,
Non consciente.
Et là on va vraiment essayer pendant cinq minutes de ne pas bouger,
Et de simplement observer ce qui se passe au niveau du corps.
Et quand on dit qu'on ne bouge pas,
Généralement on a tendance à se rigidifier,
À se crisper,
À se contracter,
Alors qu'en fait il n'y a aucune nécessité à ça.
On peut tout à fait garder un corps très souple,
On reste dans la posture,
Avec cette forme de douceur,
De souplesse,
De bienveillance.
Simplement,
On ne réagit pas.
Il ne s'agit pas de se rigidifier,
De devenir comme une pierre.
On reste totalement souple,
Tranquille,
Et on ne réagit pas aux sensations.
On les constate,
Et on constate leur caractère impermanent.
Elles arrivent,
Elles repartent,
Peut-être qu'elles stagnent un petit peu un moment,
Mais on sait qu'elles finiront par partir.
On ne les saisit pas.
On essaie vraiment de garder un esprit totalement équanime.
S'il y a une sensation agréable,
On l'accueille tranquillement,
Sans la saisir.
Et s'il y a une sensation désagréable,
On l'accueille de la même manière,
Sans réagir,
Sans vouloir la repousser.
Et on reste encore quelques secondes comme ça,
Sans bouger,
Extrêmement conscient de toutes les sensations qui apparaissent,
Mais sans les saisir,
Sans réagir.
Si on constate qu'à force de ne pas réagir,
On s'est un petit peu rigidifié,
Qu'on a un peu contracté des muscles,
On se détend tranquillement.
On garde un corps extrêmement souple.
On reste encore quelques secondes et on relâche la concentration.
On repose les deux mains sur les genoux et on laisse l'esprit quelques instants dans son état naturel.
En fait,
Dans cet exercice,
On essaie vraiment.
.
.
En même temps,
On entraîne notre acuité,
Notre capacité à observer les sensations.
Et en même temps,
Là,
Cette fois-ci,
On entraîne l'esprit à ne pas réagir.
En fait,
Selon les enseignements du Bouddha,
On considère que les souffrances viennent du fait qu'on cherche à saisir les sensations agréables ou les pensées agréables,
Tout ce qui est agréable en règle générale,
Et on cherche à fuir tout ce qui est désagréable.
Le problème étant que dans notre vie,
Forcément on va vivre des moments désagréables et forcément les moments agréables finissent par finir.
Et c'est cela,
Entre autres,
Qui engendre de la souffrance.
Donc dans ces exercices d'entraînement de l'esprit,
Le fait de ne pas bouger du tout et d'accueillir toutes les sensations,
Peu importe qu'elles soient agréables ou désagréables,
Ça nous permet vraiment d'entraîner cet esprit à ne plus être esclave de ce schéma habituel,
De saisir ce qui est agréable et rejeter ce qui est désagréable.
Et comme tout,
Dans la vie,
Plus on s'entraîne à ce genre d'exercice,
À entraîner cet esprit,
Plus ça va devenir facile dans les journées,
Dans les aléas de la vie,
De ne pas réagir.
Alors bien sûr,
Il ne s'agit pas du tout d'être comme une feuille morte qui vole au gré du vent.
Il ne s'agit pas du tout d'avoir aucune réaction et de ne plus vivre.
Au contraire,
Il s'agit d'être extrêmement présent,
Conscient de toutes les sensations,
Mais simplement de ne plus être esclave.
Et s'il est juste d'agir d'une certaine manière,
À ce moment-là,
On va agir.
Mais on va agir avec sagesse,
Ça ne sera pas une réaction automatique.
Et de la même manière,
Bien entendu,
Qu'il n'y a aucun souci à apprécier les choses agréables de la vie,
Mais il s'agit de ne pas les saisir,
De ne pas souhaiter que ça soit permanent,
Puisque de toute façon ça ne le sera pas.
Donc il n'y a aucun souci à apprécier les choses,
Mais en les appréciant avec leur caractère impermanent.
Et c'est justement parce qu'on a conscience de leur caractère impermanent qu'on peut encore mieux les apprécier.
Et de la même manière,
S'il y a quelque chose de très désagréable qui se passe dans notre vie,
Le fait de savoir que c'est impermanent,
Ça va nous permettre d'avoir un peu de douceur pour accueillir ce moment,
Même s'il est difficile,
Et savoir que de toute façon il ne va pas durer.
Et donc quoi qu'il puisse arriver de tout accueillir avec cet esprit paisible,
Cet espace paisible qui accueille,
Qui constate,
On constate des sensations,
On constate des pensées parfois agréables,
Parfois désagréables,
Et à chaque fois on essaye de les accueillir paisiblement,
Tranquillement.
Et pour terminer cette séance,
On va passer à ce qu'on appelle la dédicace,
Le fait de dédier cette séance.
On dédie cette séance à tous les gens pour ne pas rester dans une pratique égotique,
Une pratique un peu trop personnelle.
Et donc pour ça,
On va recommencer à penser à tous les gens auxquels on avait pensé en début de session,
On repense à tous les gens qu'on aime,
On repense à tous les gens qui nous sont indifférents,
Tous les gens qu'on ne connaît pas,
Et on repense à tous les gens qui nous mettent en colère,
Que l'on considère comme mauvais.
Et à tous ces gens,
On va leur dédier cette séance,
On leur dédie le temps qu'on y a consacré,
On leur dédie les bienfaits qu'on a pu y trouver,
Peut-être un esprit plus posé,
Peut-être un esprit plus vaste,
Peut-être qu'au contraire on a constaté que notre esprit était aujourd'hui très embrumé,
Beaucoup dans la distraction,
Mais c'est pas grave,
On a accueilli,
On a entraîné notre esprit en fonction de comment il était aujourd'hui,
On leur dédie peut-être une ouverture de coeur,
On leur dédie absolument tous les bienfaits de cette séance et surtout tous les mérites de cette séance.
Et on peut les visualiser heureux,
Souriants,
Et surtout libérés de leurs souffrances et des causes de leurs souffrances.
On les visualise en paix.
Et quand on dit qu'on dédie cette séance à tous ces gens,
En fait il faut pas voir ça comme une forme de prière ou de vœux pieux,
En fait il y a quelque chose de très pragmatique,
De très concret à dédier cette séance à tous ces gens.
En fait à chaque fois qu'on entraîne notre esprit,
Ça va nous permettre d'être un petit peu moins esclaves de nos émotions conflictuelles et donc d'être beaucoup plus agréable à vivre pour les gens qui nous entourent.
Donc quand on dit qu'on dédie nos séances d'entraînement de l'esprit,
Nos séances de méditation à tous ces gens,
Il y a quelque chose de très pragmatique,
De très factuel.
Et dans quelques minutes,
Le gong de fin va retentir.
Je vous propose d'essayer de constater à quel point ce gong va apparaître dans notre conscience sans que ça nous demande un effort.
Et on va essayer de maintenir notre vigilance jusqu'à la dernière vibration sonore.
Au fur et à mesure que le gong va disparaître,
On va essayer de bien maintenir notre vigilance,
Un petit peu comme un dernier exercice de l'entraînement de l'esprit.
Et quand cette séance sera terminée,
Qu'on va se lever du coussin,
Essayons de maintenir ces qualités qu'on a développées durant cette séance.
Cet esprit plus vaste,
Ce cœur plus équanime,
Cette capacité à ne pas réagir à chaque sensation,
Cet esprit extrêmement présent,
Conscient de la moindre sensation,
Cet esprit équanime.
Essayons vraiment de maintenir toutes ces qualités qu'on a développées et essayons de faire en sorte que chaque méditation soit un petit peu comme un sachet de thé qu'on pose dans l'eau.
Au fur et à mesure,
L'eau va prendre le parfum du sachet de thé.
Et de la même manière,
Essayons de faire en sorte que chaque méditation parfume un petit peu notre esprit,
Nous libère un petit peu plus de nos émotions conflictuelles,
Et que petit à petit,
À force de pratiquer,
À force d'entraîner cet esprit,
On puisse réellement se libérer et ainsi définitivement arrêter d'engendrer de la souffrance autour de nous ou pour nous-mêmes.
Que réellement chaque méditation,
Petit à petit,
Nous permette d'être en paix.
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