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Le Petit Prince (Chapitre 6-9)

by Kathy

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Cette fabuleuse histoire a des messages intemporels pour tous les âges. Laissez-vous porter par les aventures de l'aviateur et de son jeune ami plein de sagesse et de douceur. Si vous avez aimé cette lecture, faites-le moi savoir par un petit don ou un message: cela m'aidera à bientôt produire plus d'enregistrements. "S'il vous plaît... dessine-moi un mouton !" (Musique de Kai Engel, Doctor Turtle et NaturesEye.)

Script

Chapitre 6 Ah,

Petit prince,

J'ai compris peu à peu ainsi ta petite vie mélancolique.

Tu n'avais eu longtemps pour distraction que la douceur des couchers de soleil.

J'ai appris ce détail nouveau le quatrième jour au matin quand tu m'as dit J'aime bien les couchers de soleil.

Allons voir un coucher de soleil.

Mais il faut attendre.

Attendre quoi ?

Attendre que le soleil se couche.

Tu as eu l'air très surpris d'abord.

Et puis tu as ri de toi-même.

Et tu m'as dit Je me crois toujours chez moi.

En effet,

Quand il est midi aux Etats-Unis,

Le soleil se couche sur la France.

Il suffirait de pouvoir aller en France en une minute pour assister au coucher du soleil.

Malheureusement,

La France est bien trop éloignée.

Mais sur ta si petite planète,

Il te suffisait de tirer ta chaise de quelques pas et tu regardais le crépuscule chaque fois que tu le désirais.

Un jour,

J'ai vu le coucher du soleil 44 fois.

Et un peu plus tard,

Tu ajoutais Tu sais,

Quand on est tellement triste,

On aime les couchers de soleil.

Le jour des 44 fois,

Tu étais donc tellement triste ?

Mais le petit prince ne répondit pas.

Le cinquième jour,

Toujours grâce aux moutons,

Ce secret de la vie du petit prince me fut révélé.

Il me demanda avec brusquerie,

Sans préambule,

Comme le fruit d'un problème longtemps médité en silence.

Un mouton,

S'il mange les arbustes,

Il mange aussi les fleurs ?

Un mouton mange tout ce qu'il rencontre.

Même les fleurs qui ont des épines ?

Oui,

Même les fleurs qui ont des épines.

Alors,

Les épines,

À quoi servent-elles ?

Je ne le savais pas.

J'étais alors très occupée à essayer de dévisser un boulon trop serré de mon moteur.

J'étais très soucieuse,

Car ma panne commençait de m'apparaître comme très grave.

Et l'eau à boire,

Qui s'épuisait,

Me faisait craindre le pire.

Les épines,

À quoi servent-elles ?

Le petit prince ne renonçait jamais une question,

Une fois qu'il l'avait posée.

J'étais irritée par mon boulon,

Et je répondis n'importe quoi.

Les épines,

Ça ne sert à rien.

C'est de la pure méchanceté de la part des fleurs.

Oh !

Mais après un silence,

Il me lança,

Avec une sorte de rancune.

Je ne te crois pas.

Les fleurs sont faibles.

Elles sont naïves.

Elles se rassurent comme elles peuvent.

Elles se croient terribles avec leurs épines.

Je ne répondis rien.

À cet instant-là,

Je me disais,

Si ce boulon résiste encore,

Je le ferai sauter d'un coup de marteau.

Le petit prince dérangea de nouveau mes réflexions.

Et tu crois,

Toi,

Qu'elles les fleurent ?

Mais non,

Mais non,

Je ne crois rien.

J'ai répondu n'importe quoi.

Je m'occupe,

Moi,

De choses sérieuses.

Il me regarda stupéfait.

De choses sérieuses ?

Il me voyait,

Mon marteau à la main et les doigts noirs de cambouis,

Pencher sur un objet qui lui semblait très laid.

Tu parles comme les grandes personnes.

Ça me fit un peu honte.

Mais impitoyable,

Il ajouta,

Tu confondes tout.

Tu mélanges tout.

Il était vraiment très irrité.

Il secouait au vent des cheveux tout dorés.

Je connais une planète où il y a un monsieur cramoisi.

Il n'a jamais respiré une fleur.

Il n'a jamais regardé une étoile.

Il n'a jamais aimé personne.

Il n'a jamais rien fait d'autre que des additions.

Et toute la journée,

Il répète comme toi,

Je suis un homme sérieux,

Je suis un homme sérieux.

Et ça le fait gonfler d'orgueil.

Mais ce n'est pas un homme,

C'est un champignon.

Un champignon.

Le petit prince était maintenant tout pâle de colère.

Il y a des millions d'années que les fleurs fabriquent des épines.

Il y a des millions d'années que les moutons mangent quand même les fleurs.

Et ce n'est pas sérieux de chercher à comprendre pourquoi elles se donnent tant de mal pour se fabriquer des épines qui ne servent jamais à rien.

Ce n'est pas important la guerre des moutons et des fleurs.

Ce n'est pas plus sérieux et plus important que les additions d'un gros monsieur rouge.

Et si je connais,

Moi,

Une fleur unique au monde,

Qui n'existe nulle part,

Sauf dans ma planète,

Et qu'un petit mouton peut anéantir d'un seul coup,

Comme ça,

Un matin,

Sans se rendre compte de ce qu'il fait,

Ce n'est pas important ça ?

Il rougit,

Puis reprit.

Si quelqu'un aime une fleur qui n'existe qu'à un exemplaire dans les millions et les millions d'étoiles,

Ça suffit pour qu'il soit heureux quand il les regarde.

Il se dit,

Ma fleur est là,

Quelque part.

Mais si le mouton mange la fleur,

C'est pour lui comme si,

Brusquement,

Toutes les étoiles s'éteignaient.

Et ce n'est pas important ça ?

Il ne put rien dire de plus.

Il éclata brusquement en sanglots.

La nuit était tombée.

J'avais lâché mes outils.

Je me moquais bien de mon marteau,

De mon boulon,

De la soif et de la mort.

Il y avait sur une étoile,

Une planète.

La mienne,

La terre.

Un petit prince à consoler.

Je le pris dans mes bras.

Je le berçais.

Je lui disais,

La fleur que tu aimes n'est pas en danger.

Je lui dessinerai une muselière à ton mouton.

Je te dessinerai une armure pour ta fleur.

Je.

.

.

Je ne savais pas trop quoi dire.

Je me sentais très maladroit.

Je ne savais comment l'atteindre ou le rejoindre.

C'est tellement mystérieux le pays des larmes.

J'ai appris bien vite à mieux connaître cette fleur.

Il y avait toujours eu,

Sur la planète du petit prince,

Des fleurs très simples,

Ornées d'un seul rang de pétales et qui ne tenaient point de place et qui ne dérangeaient personne.

Elles apparaissaient un matin dans l'herbe et puis elles s'éteignaient le soir.

Mais celle-là avait germé un jour d'une graine à portée dont ne sait où.

Et le petit prince avait surveillé de très près cette brindille qui ne ressemblait pas aux autres brindilles.

Ça pouvait être un nouveau genre de baobab,

Mais l'arbuste cessa vite de croître et commença à préparer une fleur.

Le petit prince,

Qui assistait à l'installation d'un bouton énorme,

Sentait bien qu'il en sortirait une apparition miraculeuse.

Mais la fleur n'en finissait pas de se préparer à être belle,

À l'abri de sa chambre verte.

Elle choisissait avec soin ses couleurs.

Elle s'habillait lentement.

Elle ajustait un à un ses pétales.

Elle ne voulait pas sortir toute fripée comme les coquelicots.

Elle ne voulait apparaître que dans le plein rayonnement de sa beauté.

Et oui,

Elle était très coquette.

Sa toilette mystérieuse avait donc duré des jours et des jours.

Et puis,

Voici qu'un matin,

Justement à l'heure du lever du soleil,

Elle s'était montrée.

Et elle,

Qui avait travaillé avec tant de précision,

Dit en baillant,

« Je me réveille à peine.

Je vous demande pardon.

Je suis encore toute écoiffée.

» Le petit prince alors ne put continuer son admiration.

« Que vous êtes belle,

N'est-ce pas ?

» répondit doucement la fleur.

« Et je suis née en même temps que le soleil.

» Le petit prince devina bien qu'elle n'était pas trop modeste.

Mais elle était si envoûtante.

« C'est l'heure,

Je crois,

Du petit déjeuner,

» avait-elle bientôt ajouté.

« Auriez-vous la bonté de penser à moi ?

» Et le petit prince,

Tout confus,

Ayant été chercher un arrosoir d'eau fraîche,

Avait servi la fleur.

Ainsi l'avait-elle bien vite tourmentée par sa vanité un peu ombrageuse.

Un jour,

Par exemple,

Parlant de ses quatre épines,

Elle avait dit au petit prince,

« Il peut venir les tigres avec leurs griffes.

» « Il n'y a pas de tigres sur ma planète,

» avait objecté le petit prince.

« Et puis les tigres ne mangent pas d'herbe.

« Je ne suis pas une herbe,

» avait doucement répondu la fleur.

« Ah,

Pardonnez-moi.

Je ne crains rien des tigres,

Mais j'ai horreur des courants d'air.

Vous n'auriez pas un par avant ?

» « Horreur des courants d'air,

Ce n'est pas de chance pour une plante,

» avait remarqué le petit prince.

« Cette fleur est bien compliquée.

» « Le soir,

Vous me mettrez sous globe.

Il fait très froid chez vous.

C'est mal installé.

Là d'où je viens.

.

.

» Mais elle s'était interrompue.

Elle était venue sous forme d'une graine.

Elle n'avait rien pu connaître des autres mondes.

Humiliée de s'être laissée surprendre à préparer un mensonge aussi naïf,

Elle avait toussé deux ou trois fois pour mettre le prince dans son tord.

« Ce par avant,

J'allais le chercher,

Mais vous me parliez.

» Alors elle avait forcé sa toux pour lui infliger quand même des remords.

Ainsi le petit prince,

Malgré la bonne volonté de son amour,

Avait vite douté d'elle.

Il avait pris au sérieux des mots sans importance et était devenu très malheureux.

« J'aurais dû ne pas l'écouter,

» me confia-t-il un jour.

« Il ne faut jamais écouter les fleurs.

Il faut les regarder et les respirer.

» La mienne embaumait ma planète,

Mais je ne savais pas m'en réjouir.

Cette histoire de griffe qui m'avait tellement agacée eut dû m'attendrir.

Il me confia encore.

Je n'ai alors rien su comprendre.

J'aurais dû la juger sur les actes et non sur les mots.

Elle m'embaumait et m'éclairait.

Je n'aurais jamais dû m'enfuir.

J'aurais dû deviner sa tendresse derrière ces pauvres ruses.

Les fleurs sont si contradictoires.

Mais j'étais trop jeune pour savoir l'aimer.

Chapitre 9 Je crois qu'il profita,

Pour son évasion,

D'une migration d'oiseaux sauvages.

Au matin du départ,

Il mit sa planète bien en ordre.

Il ramonna soigneusement ses volcans en activité.

Il possédait deux volcans en activité.

Et c'était bien commode pour faire chauffer le petit déjeuner du matin.

Il possédait aussi un volcan éteint.

Mais comme il disait,

On ne sait jamais.

Il ramonna donc également le volcan éteint.

S'ils sont bien ramonnés,

Les volcans brûlent doucement et régulièrement,

Sans éruption.

Les éruptions volcaniques sont comme des feux de cheminée.

Évidemment,

Sur notre planète,

Nous sommes beaucoup trop petits pour ramonner nos volcans.

C'est pourquoi ils nous causent des tas d'ennuis.

Le petit prince arracha aussi,

Avec un peu de mélancolie,

Les dernières pousses de Baobab.

Il croyait ne jamais devoir revenir.

Mais tous ses travaux familiers lui parurent,

Ce matin-là,

Extrêmement doux.

Et quand il arrosait une dernière fois la fleur,

Et se prépara à la mettre à l'abri sous son globe,

Il se découvrit l'envie de pleurer.

« Adieu »,

Dit-il à la fleur.

Mais elle ne répondit pas.

« Adieu »,

Répéta-t-il.

La fleur toussa,

Mais ce n'était pas à cause de son rhume.

« J'ai été saute »,

Lui dit-elle enfin.

« Je te demande pardon.

Tâche d'être heureux.

» Il fut surpris par l'absence de reproches.

Il restait là,

Tout déconcerté,

Le globe en l'air.

Il ne comprenait pas cette douceur calme.

« Mais oui,

Mais oui,

Je t'aime »,

Lui dit la fleur.

« Tu n'en as rien su par ma faute.

Cela n'a aucune importance.

Mais tu as été aussi saute que moi.

Tâche d'être heureux.

Laisse ce globe tranquille,

Je n'en veux plus.

Mais le vent,

Je ne suis pas si enrhumé que ça.

La fraie de la nuit me fera du bien.

Je suis une fleur.

Mais les bêtes,

Il faut bien que je supporte deux ou trois chenilles si je veux connaître les papillons.

Il paraît que c'est tellement beau.

Sinon,

Qui me rendra visite ?

Tu seras loin,

Toi.

Quant aux grosses bêtes,

Je ne crains rien.

J'ai mes griffes.

» Et elle montrait naïvement ses quatre épines.

Puis elle ajouta,

« Ne traîne pas comme ça,

C'est agaçant.

Tu as décidé de partir.

Va-t'en.

» Car elle ne voulait pas qu'il avit pleurer.

C'était une fleur tellement orgueilleuse.

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