
S'endormir avec quelque chose de plus grand
Dans cette méditation guidée, je t'accompagne doucement dans le sommeil, à travers un ancrage au corps profond, un voyage sous un ciel nocturne, et une descente progressive vers le sommeil, tout en te sentant protégé par quelque chose de plus grand. Idéale si tu arrives au lit épuisé sans réussir à trouver le sommeil.
Script
Si tu écoutes ça ce soir,
C'est peut-être parce que tu es épuisé,
Épuisé de tout porter,
De tout contrôler,
De faire semblant que ça va,
Alors qu'au fond tu n'as plus la force de tenir.
Cette séance est faite pour toi.
Ce soir tu n'as rien à résoudre,
Tu n'as pas à comprendre ce que tu traverses.
Tu as juste à poser tout ça,
Là,
Maintenant.
Parce que cette nuit,
C'est ton moment,
Tu n'as rien à tenir.
Allonge-toi confortablement,
Ferme les yeux et laisse cette nuit faire ce que toi tu ne peux plus faire.
Commence par sentir ton corps tel qu'il est ce soir,
Pas tel qu'il devrait être,
Juste tel qu'il est.
Imagine qu'il y a quelque part en toi une braise.
Elle est là depuis longtemps,
Même quand tu ne la sens plus.
Et ce soir,
Tu vas la laisser rayonner.
Elle commence au centre de ta poitrine,
Sans cette chaleur,
Juste derrière l'esternum.
Elle est discrète,
Mais réelle.
Et à chaque inspiration,
Tu lui donnes un peu d'air.
Tu lui donnes un peu d'air.
Tu inspires,
La chaleur augmente et tu expires,
Elle s'installe en toi.
Laisse-la descendre,
Maintenant.
Elle glisse dans ton ventre,
Comme de la cire tiède qui coule,
Sans se presser.
Ton ventre,
C'est l'endroit où tu gardes tout ce que tu as à avaler,
Ce que tu as serré sans t'en rendre compte.
Et elle continue dans ton bassin,
Dans tes cuisses.
Partout où elle passe,
Les muscles se détendent.
Cette douce chaleur atteint tes genoux et puis t'est mollé.
Ces muscles qui t'ont gardé debout toute la journée,
La chaleur les reconnaît.
Elle leur dit que c'est fini pour ce soir,
Qu'il n'y a plus besoin de tenir,
De forcer.
Et puis tes pieds,
Tu sens une douce chaleur s'y installer.
Tes orteils se décontractent.
Le corps finit par lâcher,
Tout doucement,
Sans même le savoir.
Maintenant,
Laisse la braise remonter.
Elle revient au centre,
Dans le ventre,
La poitrine.
Et puis cette fois-ci,
Elle monte dans la gorge,
Dans ta mâchoire.
Tous ces muscles que tu contractes quand tu retiens quelque chose,
Laisse-les fondre un peu aujourd'hui.
Dans tes épaules,
Tu sens la chaleur comme un manteau qui te pose sur le dos.
Tes épaules qui descendent légèrement sous son poids.
Dans tes bras,
Dans tes mains,
Ces mains qui ont donné,
Qui ont tenu,
Qui ce soir reçoivent.
La braise est maintenant partout,
Dans chaque endroit fatigué,
Tendu,
Dans chaque endroit qui attendait d'être réchauffé,
Sans oser le demander.
Tu n'es plus en train de tenir et tu commences à te laisser aller.
Je voudrais que tu imagines quelque chose.
Tu es dehors,
Il fait nuit,
Il n'y a plus de bruit,
Plus de roule à jouer,
Plus personne à qui ressembler,
Plus de demande à satisfaire.
Juste toi et le ciel au-dessus de toi.
Tu t'allonges dans l'herbe,
Les bras légèrement ouverts,
Les paumes vers le haut et tu regardes.
Le ciel est immense.
Tu te sens tout petit et c'est un soulagement.
Sans sous-toit,
La terre ferme,
Stable,
Ancienne.
Elle ne bouge pas.
Elle n'a jamais bougé.
Elle te porte depuis le premier jour,
Sans rien attendre en retour.
Et cette nuit,
Elle te porte encore,
Sans au-dessus de toi le ciel,
Infini,
Silencieux.
Il ne te demande rien.
Il est juste là.
Et entre les deux,
Toi,
Tenu.
Lorsque tu inspires cette image d'être tenu par quelque chose que tu ne peux nommer exactement,
Quelque chose de plus vieux que tes peurs,
De plus grand que tes problèmes,
De plus patient que tout ce que tu as connu.
Cette chose t'imprègne.
Lorsque tu expires,
Toutes tes défenses descendent d'un cran.
Toutes les batailles que tu mènes,
Tu n'as pas à les gagner ce soir.
Toutes les questions que tu portes,
Elles peuvent t'attendre jusqu'au demain.
Tout ce que tu n'as pas encore guéri en toi,
Tu n'as pas à t'en occuper maintenant.
La nuit va s'en charger.
Petit à petit,
Il y a une force dans l'univers qui ne s'épuise pas,
Qui ne se décourage pas de toi.
Qui ne compte pas tes erreurs.
Elle est là ce soir.
Elle a toujours été là.
Même quand tu ne la sentais pas.
Surtout quand tu ne la sentais pas.
Et elle te dit quelque chose ce soir.
Pas avec des mots.
Avec une sensation de chaleur réconfortante.
Une chaleur qui commence au centre de ta poitrine,
Au niveau de ton cœur.
Tu peux lâcher.
Tu peux te reposer.
Tu mérites de guérir pendant que tu dors.
Cette chaleur descend dans ton ventre et parcourt tout ton corps encore une fois.
Dans tes doigts.
Dans tes cuisses.
Dans tes mollets.
Dans tes pieds.
Et remonte jusque dans ta gorge.
Dans ta mâchoire.
Au sommet de ton crâne.
Elle réchauffe.
Elle assouplit.
Spécialement là où tu t'es endourci.
Là où tu attends encore de guérir.
Tu n'as rien à faire d'autre que recevoir.
La terre te supporte toujours.
Et le ciel veille sur toi.
Entre les deux tu te laisses complètement aller.
La terre.
Le ciel.
Et toi entre les deux.
En sécurité.
Tes paupières sont lourdes.
Ta respiration est lente.
Tu n'as plus rien à porter.
Quelque chose de plus grand que toi veille sur toi cette nuit.
Tu peux disparaître dans le sommeil.
Un sommeil doux.
Sûr.
Tu glisses.
Tu es tenu.
Toujours tenu.
Je te souhaite une bonne nuit.
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