
La patience
Cultiver la patience en temps de crise est-ce possible ? Comment ne pas céder à l'impatience devant les petits et les grands tracas de l'existence ? Nicole nous révèle des pistes de solution ainsi que des exercices concrets pour y parvenir.
Script
Bonjour,
Ici Nicole Bordeleau et bienvenue à un autre épisode de Nicole Bordeleau en balado.
Et juste avant que je ne vous partage le sujet de cet épisode,
J'aimerais vous inviter à vous joindre à moi pour prendre une longue,
Lente et profonde respiration,
Et peut-être plus qu'une.
Peu importe où vous êtes en ce moment,
Commencez par inspirer longuement par le nez,
Et expirez,
Inspirez lentement,
Profondément,
Consciemment par le nez,
Et en expirant,
Sentez que vous venez de vous libérer d'une couche de tension,
De stress ou de fatigue ou d'impatience.
Une autre fois,
Inspirez et expirez.
Je ne sais pas ce qui en est de vous,
Mais toutes les fois où je prends un moment au cours de ma journée pour m'offrir trois longues,
Lentes et profondes respirations,
J'ai l'impression que le temps se suspend.
J'ai l'impression de revenir à mon être,
De me relier à mon souffle,
D'être plus présente,
Plus attentive à ce qui est.
Et aujourd'hui,
Le sujet dont j'aimerais vous entretenir est un sujet qui n'est pas très,
Très populaire,
Mais qui est vital et qui est une piste de réflexion qui peut apporter un changement profond dans notre vie.
Et le sujet d'aujourd'hui est celui de la patience.
Il y a une histoire que j'ai répétée quelquefois et je trouve qu'elle résonne tellement en moi.
C'est l'histoire d'un disciple qui espérait atteindre l'éveil.
Il demanda à son maître,
« Combien de temps,
Croyez-vous,
Faut-il pour atteindre la sagesse ?
» Le maître lui sourit et répondit,
« Trente années.
» « Oh,
Si je triple mes efforts et ma vitesse d'apprentissage,
Croyez-vous que moi je pourrais y parvenir en dix ans ?
» « Hum,
Dans ton cas,
J'ai bien peur qu'il te faille attendre quarante ans,
» conclut le sage.
Cette histoire,
Elle résonne en moi parce que ce disciple me rappelle qui j'étais il y a quelques années.
J'ai souvent poussé sur le temps pour qu'il avance,
J'ai souvent brûlé des étapes Pour arriver plus rapidement à je ne sais quel but je me fixais à l'époque,
J'ai précipité des événements et je suis certaine que j'ai bousculé déjà.
Et chemin faisant,
Je n'ai récolté que confusion,
Conflits et souvent de piètres résultats.
Parce que je crois que la patience,
C'est ce qui mène à l'excellence.
Contrairement à ce que l'on croit,
Être patient ce n'est pas assumer un rôle de victime,
Ni attendre les bras croisés que les choses se règlent d'elles-mêmes.
La patience pour moi aujourd'hui c'est une boussole intérieure,
C'est un guide qui m'indique quand c'est le temps d'avancer,
Mais quand c'est le temps aussi de lâcher prise.
Dans un sens plus profond,
La patience m'enseigne la non-fixation.
Elle me protège de l'obsession.
Elle m'enseigne l'acceptation du rythme naturel des choses de la vie.
Lorsque j'étais petite,
J'étais extrêmement fougueuse.
Et lorsque je voulais quelque chose,
Je le voulais immédiatement.
Mais quand j'étais avec mon grand-père paternel,
Celui-ci affichait un calme olympien.
Et en sa présence,
Je m'apaisais.
Souvent on pense que la patience,
C'est l'apanage des sages,
Des bienveillants,
Des maîtres de méditation de ce monde.
Mais mon grand-père était quelqu'un qui a traversé une dépendance,
Quelqu'un qui a connu la maladie,
La paralysie.
Et non seulement je ne l'ai jamais vu perdre patience devant les petits tracas du quotidien,
Mais je ne l'ai jamais vu perdre son calme devant les grandes tragédies de l'existence.
C'est quelqu'un qui ne cédait pas à l'impatience.
C'est auprès de lui que je vais apprendre,
Et je le réalise aujourd'hui,
Car à l'époque j'étais trop jeune pour pouvoir le nommer en ces mots,
Que la patience est un état d'être,
Pleinement,
Dans l'instant présent,
Tout en demeurant ouvert et disponible pour le suivant.
Être patient,
C'est une leçon de tous les instants,
Et pour certains d'entre nous,
C'est l'apprentissage de toute une vie.
Je sais que pour certains la patience peut sembler comme de l'inaction ou de l'indifférence ou de l'apathie,
Que certains croient que être patient,
C'est se croiser les bras et attendre que nos problèmes se règlent d'eux-mêmes,
Mais c'est loin d'être le cas.
Être patient,
C'est être au moment présent,
Demeurer en lien avec la réalité,
Peu importe comment elle se manifeste,
Que ce moment que nous sommes à vivre soit heureux ou difficile,
Qu'il soit confortable ou inconfortable.
Être patient,
C'est demeurer en lien avec ce qui est,
Et c'est demeurer ouvert et disponible pour le prochain moment à venir.
C'est d'être dans un état de réceptivité,
À y regarder de près.
La véritable patience,
Elle est faite d'humilité et de courage,
De résilience et d'abandon,
De foi et de discernement.
La véritable patience nous enseigne quand c'est le moment de fournir des efforts et quand c'est le moment de lâcher prise.
C'est pourquoi face au revers de la vie,
C'est la plus haute forme de courage qui soit.
Il ne faut pas confondre la personne qui attend et celle qui est patiente.
Dans l'attente,
Il n'y a pas de souffle,
Il n'y a pas de vie,
Il n'y a qu'espérance d'un autre moment que celui que nous sommes à vivre.
En fait,
Cette patience est imposée par le mental.
Elle découle très souvent de notre égo.
Mais comment demeurer patient lorsque nous sommes au cœur d'une pandémie qui sévit depuis le printemps dernier?
C'est vrai qu'une crise par essence peut faire jaillir plus souvent dans une journée l'impatience,
L'irritabilité,
L'intolérance.
Mais cela dit,
C'est une opportunité de devenir plus conscient de ces auto-saboteurs qui éteignent la joie et qui très souvent mènent nos conditionnements.
Dans toute crise,
Il y a un facteur qui demeure.
C'est que,
Comme tout événement,
Une crise demeure dans sa nature éphémère.
Elle est passagère,
Elle est transitoire.
Et même si elle semble s'éterniser,
Il faut s'en rappeler.
Tout est appelé à passer,
Tout est appelé à changer.
Et on peut s'appuyer sur cette conviction,
Sur cette certitude pour mieux traverser des difficultés,
Pour mieux faire face à l'adversité.
Comment arrive-t-on à un tel état d'être?
Je me rappelle il y a plusieurs années,
Au bout du fil,
Avec un ami,
Nous discutions justement de la patience.
Et il me confiait être patient avec ses clients,
Avec les étrangers,
Avec les voisins.
Mais dès qu'il posait le pied à la maison,
Il était impatient envers ses enfants,
Envers sa conjointe.
Une des premières étapes pour cultiver la patience,
C'est précisément ce qu'a fait mon ami.
C'est d'être capable de reconnaître comment se manifeste notre impatience.
Où est-ce qu'elle émerge le plus souvent?
Dans quelle situation?
Dans quelle sorte de réaction?
Et au fil de notre conversation,
Mon ami a réalisé que son impatience était faite d'avidité et d'ambition.
C'est quelqu'un qui souhaitait arriver à un but très précis.
Et pour cela,
Il souhaitait que tout le monde vive à la même cadence que lui.
Nous vivons dans une société qui mise si fortement sur la rapidité,
L'instantanéité,
L'efficacité,
Que l'impatience est dans toutes les sphères de notre vie.
Nous souhaitons que le pont se libère de toute circulation parce que nous sommes au moment de le traverser.
Nous souhaitons que les fils d'attente disparaissent parce que nous sommes pressés.
Nous sommes si impatients d'arriver à un but que nous sommes prêts à sauter des étapes pour obtenir des résultats immédiats.
Mais la patience ne propose aucun raccourci.
Au contraire,
Elle nous apprend à ralentir.
Tout ce qu'elle a à nous offrir,
C'est ce moment,
Mais c'est ce qu'il y a de plus riche et de plus beau dans notre existence.
C'est cet instant même où nous sommes vivants.
Alors au téléphone avec mon ami ce soir-là,
On a convenu d'une stratégie pour exercer la patience.
Il a décidé que pour le prochain mois,
Il se pratiquerait à ne couper la parole à personne,
Même pas à un de ses enfants.
Ce sont de petits gestes comme ça,
De petits actes de courage qui font que petit à petit,
On entre dans cet état de patience.
Lorsqu'on décide de ne pas bousculer les autres,
De ne pas précipiter les événements,
Petit à petit,
On cède de moins en moins à l'impatience.
Il y a cette très très belle expression qui est aussi vieille que le monde et qui nous conseille de respirer par le nez.
Notre respiration est directement reliée à notre système nerveux.
C'est par elle qu'on peut cultiver la patience.
Quand on commence à respirer par le nez,
Ça nous permet de ralentir notre souffle.
Un souffle qui est lent,
Qui est profond,
Qui est conscient,
Met un frein à l'impatience,
Aux fluctuations incessantes de notre mental.
On peut ainsi,
Par le souffle,
Tranquilliser bon nombre de nos états d'âme,
Comme l'anxiété,
La colère,
La peur et bien entendu l'impatience.
Il y a un maître japonais qui disait,
« Votre vie change plus de 8 millions de fois par année.
» En effet,
Nous respirons plus de 8 millions de fois par année et chaque fois que nous respirons,
Quelque chose en nous se transforme.
Ainsi,
Si nous respirons consciemment,
Nous pouvons nous servir du souffle comme d'un agent de transformation profonde pour changer l'impatience en patience.
Alors il nous faudrait respirer,
Avant de répondre trop brusquement,
Avant de monter le ton,
Respirer,
Pour ne pas précipiter les événements,
Pour ne pas bousculer les gens.
Respirer,
Avant de tirer une conclusion,
De mettre fin à une discussion,
Respirer,
Pour pacifier l'esprit et ramener notre attention dans le ici et le maintenant de notre vie.
Voilà comment on cultive la patience,
À travers de petits gestes,
Parsemés tout au long d'une journée.
C'est au cœur du souffle,
Et en s'appuyant sur l'instant présent,
Qu'on découvre en soi un état d'être,
Une force tranquille,
Qu'on appelle patience.
Alors j'aimerais vous laisser sur cette pensée.
Avec un cœur patient,
Une respiration consciente et une pensée de compassion,
On peut naviguer librement sur toutes les vagues de l'existence.
À la semaine prochaine.
Namasté Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.
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