
Je suis une montagne !
by Stephane Nau
Dans l'instabilité de nos vies, il est important de retrouver, à un moment ou un autre, de la stabilité, de l'ancrage. Cette pratique propose de retrouver les qualités de la montagne : solidité, dignité, majesté...
Script
L'invitation à cet instant,
C'est de prendre le temps de nous poser,
Prendre le temps de reconnaître que nous sommes assis.
Peut-être que pour certains d'entre nous,
D'ailleurs,
Nous ne sommes pas assis mais nous sommes allongés.
C'est ok,
Bien sûr.
Prenons le temps de nous installer confortablement dans cette façon de nous asseoir qui traduit aussi notre présence.
Ça veut dire,
Tout doucement,
D'amener notre attention sur le simple fait que le corps repose sur quelque chose et d'amener l'attention sur le contact de notre corps avec le sol,
Avec la chaise,
Le coussin,
Le banc,
Le tapis et sentir,
Ressentir ces contacts du corps avec le sol,
Sentir notre corps se poser,
Vraiment,
De nous inviter à voir que peut-être notre corps est là mais que notre esprit est encore un peu ailleurs et ça n'est pas grave.
C'est tout à fait ok que l'esprit fonctionne,
Heureusement qu'il fonctionne,
Mais si nous voyons qu'à un moment nous sommes attentifs au corps et qu'à un autre moment nous sommes tout à fait partis dans nos pensées,
C'est juste un rappel de notre tête qui nous dit « mais reviens donc ».
Alors,
Lorsque nous sentons,
Lorsque nous voyons,
Lorsque nous constatons que notre esprit est parti dans des commentaires,
Dans des souvenirs,
Dans des choses à faire,
Dans l'extérieur,
C'est l'invitation qui nous envoie de revenir.
Revenir à cette conscience que « ah,
Je suis assis,
Je suis assise,
Ah ouais,
J'arrive,
Je suis là,
Je suis là ».
Et maintenant que nous avons pris le temps de nous installer confortablement,
D'être à la fois dans cette posture à la fois stable,
Ancrée dans le sol et en même temps dans cette assise,
Dans cette verticalité,
Qui nous élève vers au-dessus,
Vers le ciel par exemple,
Alors nous pourrions juste prendre le temps de ressentir pleinement comment nous nous sentons maintenant.
Et dans cet espace qui est là,
Qui est le nôtre,
Juste là,
Nous pourrions appeler l'image d'une montagne,
La montagne la plus belle que nous n'ayons jamais vue ou la montagne imaginaire que nous trouvons belle,
Une montagne,
De laisser venir en nous cette image de cette montagne la plus belle que nous connaissions ou que nous imaginions et de noter comment est cette montagne,
Comment elle prend forme,
De noter sa base solide et en même temps peut-être que sa base est large ou au contraire très étroite,
Ce qu'il y a à la base peut-être de la végétation,
De noter comment sont ses versants,
Peut-être des versants abrupts,
Très raides,
Même avec des surplombs,
Pourquoi pas,
Ou alors des versants très doux,
Presque arrondis,
Descendant très lentement vers le sol,
Et puis de voir aussi comment est la cime,
Peut-être une cime très pointue,
Peut-être même plusieurs aiguilles,
Ou encore une cime très arrondie,
Voire même un plateau.
Cette montagne est juste notre montagne à cet instant,
Laissant nous imprégner de cette image,
Imprégner de cette montagne,
En nous invitant à cet instant à ne faire qu'un avec cette montagne,
À ressentir,
À nous ressentir comme si nous étions cette montagne,
Et d'observer l'immobilité de la montagne,
Ressentir son socle ancré dans le roc comme nous sommes posés au sol,
Observer la manière dont elle s'élève vers le ciel,
Comme nous nous élevons dans notre posture,
Et de noter que de la cime,
La montagne a une vue panoramique,
Une vue à 360 degrés de tout ce qui l'entoure,
Comme nous nous élevons et pouvons voir ce qui se passe en nous à cet instant,
Ne faire qu'un avec la montagne,
Ressentir la montagne en nous.
Et noter que la montagne est toujours là lorsque le temps change,
Parfois de la pluie,
Voire même des tempêtes,
Parfois un ciel bleu et un temps extrêmement calme,
Parfois c'est le jour et parfois c'est la nuit,
Parfois les couleurs du ciel comme les couleurs de la montagne changent,
Mais quelles que soient ces conditions qui changent,
Quel que soit ce qui est tout à fait imprévisible des changements de l'extérieur,
La montagne reste la montagne.
Elle est toujours là,
Solidement ancrée au sol et s'élevant vers le ciel.
Elle est toujours solide,
Droite et majestueuse,
Maintenant notre présence à la montagne en nous.
Cette solidité,
Cette dignité et cette majesté en nous à cet instant.
Et peut-être pourrions-nous laisser venir en nous la saison de l'automne ou de l'été plutôt.
Allons regarder la montagne en été,
Qu'est-ce qui se passe ?
Au sol,
Beaucoup de végétation,
Des animaux,
Des oiseaux,
Des rivières.
Le niveau des rivières est assez bas,
Le courant assez faible,
Mais les rivières sont toujours là et si nous montons le long de la montagne,
Le long des versants,
Nous pouvons reconnaître que petit à petit,
La montagne grise et chaude,
Et si nous remontons encore,
Nous pouvons constater que peut-être à la cime,
Il y a très peu de neige ou pas de neige du tout.
Le temps est beau,
Parfois quand même quelques orages d'été,
Assez soudains et violents,
Imprévisibles.
Et dans cette saison de l'été où la vie se déroule de manière calme et tranquille,
La montagne est impassible,
La montagne est solide,
Digne et majestueuse.
Quels que soient d'ailleurs les commentaires des randonneurs ou des personnes qui viennent la rencontrer,
Certains l'aiment,
D'autres pas,
Et la montagne reste dans cette majesté,
Solidité et dignité.
En automne,
La montagne change de couleur,
Le temps change,
Est un peu plus instable,
Encore moins prévisible.
Les animaux commencent à préparer leur refuge de l'hiver,
D'autres s'en vont,
L'ocre remplace le verre,
Et lorsque nous montons jusqu'au sommet de la montagne,
Nous pouvons constater que le froid règne un petit peu plus,
Le vent est plus fort,
Les nuages sont plus présents,
Le temps est plus instable.
En automne,
Comme en été,
La montagne reste la montagne,
Solide,
Digne,
Majestueuse.
Arrive l'hiver,
L'hiver où le temps se rafraîchit nettement,
Où les premiers froids,
Les premiers gels se présentent,
La végétation a disparu dans son côté vert et ocre pour laisser simplement les troncs et les branches d'arbres.
Il n'y a plus d'herbes,
Plus de fleurs,
Le climat est plus gris,
Les animaux sont enfermés dans leur petit refuge,
Bien au chaud en attendant la fin de l'hiver,
Les autres sont partis sous des contrées plus chaudes.
Et si nous montons le long de la montagne,
Nous pouvons noter que l'eau coule plus fort et en même temps certaines rivières,
Certains torrents,
Certaines cascades gèlent.
La cime se part de blanc,
De neige,
Et le climat est de plus en plus difficile.
Les tempêtes,
Du froid,
Du brouillard,
Des nuages,
De la pluie,
De la neige,
Du gel.
Et en hiver,
Comme en automne,
Comme en été,
La montagne reste la montagne,
Solide,
Digne,
Majestueuse.
Puis le printemps arrive,
Après la dormance de l'hiver,
Après le climat tempétueux de l'hiver,
Vient la saison de la renaissance.
La saison dans laquelle,
Au tout début de printemps,
Laissent naître quelques fleurs dans la neige.
La saison où les animaux ressortent et d'autres reviennent.
La saison des bourgeons,
La saison de l'éclosion.
Et petit à petit,
Lorsque nous montons en haut de la montagne,
Sur ses versants,
Nous voyons l'eau revenir à son courant plus habituel.
La vie reprendre même s'il fait toujours froid,
Même s'il y a toujours un temps instable,
Même si rien n'est vraiment prévisible,
Même s'il y a beaucoup de nuages et beaucoup de neige encore.
Et dans ce climat à la fois renaissant et incertain,
La montagne reste imperturbable,
Solide,
Digne et majestueuse.
Quels que soient les éléments et les conditions,
La montagne reste la montagne.
Et peut-être pourrions-nous nous inviter,
Pour le moment en tout cas,
À épouser les qualités de la montagne,
Juste à cet instant,
Dans cette assise,
De ressentir notre propre solidité,
Notre propre dignité dans la verticalité,
Notre propre majesté.
Maintenant,
Ce même enracinement,
Cette même stabilité,
À chaque instant de notre vie,
Quelles que soient les conditions,
Quelles que soient les tempêtes que nous traversons.
Invitation à ressentir cet enracinement à cet instant et d'instant en instant,
Reconnaissant à la fois notre stabilité,
Notre solidité,
Notre enracinement,
Une forme de fermeté comme le roc de la montagne,
Cette impassibilité,
Cette immobilité,
Et en même temps une certaine fluidité,
Comme l'eau des rivières,
Des torrents et des rapides.
Fluidité de notre propre intérieur.
Sentir dans cette verticalité,
Cet axe central qui nous élève,
Une forme de souplesse.
Notons dans cette immobilité tous ces petits mouvements qui nous aident à rester verticaux,
Élevés.
Bien sûr,
Nous ne sommes pas une montagne,
Ou plutôt nous avons les qualités de la montagne sans doute,
Mais d'une montagne qui en plus respire,
Sourit,
Danse,
S'émerveille.
Une montagne en mouvement,
Reconnaissant à chaque instant de notre vie où nous sentons que la confusion,
L'agitation règne,
Où nous sentons que nous sommes chahutés d'un côté de l'autre,
Sentons que parfois nous avons perdu notre chemin,
De nous rappeler que profondément nous possédons les qualités de la montagne.
Cette solidité,
Cette dignité,
Cette majesté,
Qu'à tout moment nous pouvons revenir à cette solidité tout en gardant l'œil ouvert sur le panorama,
Dans la présence,
Dans la douceur,
Et laissant se déposer et circuler quelques mots d'un petit poème zen.
Les oiseaux ont disparu dans le ciel,
Le dernier nuage s'est évanoui,
Nous sommes assis ensemble,
La montagne et moi,
Jusqu'à ce que seule la montagne demeure.
Les oiseaux ont disparu dans le ciel,
Le dernier nuage s'est évanoui,
Nous sommes assis ensemble,
La montagne et moi,
Jusqu'à ce que seule la montagne demeure.
Nous laissant circuler ces mots en nous,
Circuler ces qualités de la montagne en nous,
Reconnaissant qu'à cet instant nous sommes posés,
Nous sommes en sécurité,
Et tout va bien.
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