
Atelier du temps-La pendule qui s’est arrêtée trop tôt-Tome3
Et si accepter l'irréparable était la plus belle des réparations ? Dernier chapitre d'une trilogie magique où l'Atelier du Temps dévoile ses secrets les plus profonds. Lily, sept ans, arrive avec une pendule figée et un poids trop lourd pour ses petites épaules. Derrière les mille tic-tac de l'atelier, Maître Chronos cache une vérité que personne n'a encore découverte. Parfois, ce sont les questions innocentes d'un enfant qui rouvrent les portes qu'on avait refermées à jamais. Ce récit final explore l'acceptation, la perte et cette paix qui naît quand on cesse enfin de vouloir réparer l'impossible. Une histoire où celui qui guérit les autres apprend enfin à se guérir lui-même.
Script
Nous voici arrivés au dernier chapitre de notre voyage dans l'Atelier du Temps.
Après avoir accompagné Clara dans son deuil et Henri dans son pardon,
Nous allons découvrir l'histoire la plus précieuse de toutes,
Celle de Maître Kronos lui-même.
Car l'horloger qui répare le temps des autres porte lui aussi une fêlure secrète.
Et c'est une petite fille nommée Lily qui par sa visite innocente va dévoiler le mystère caché derrière ses lunettes magiques et ses mille horloges qui ne cessent jamais de tic-tac-er.
Cette histoire finale nous enseigne que parfois,
Accepter l'irréparable est la plus belle des réparations et que même ceux qui guérissent les autres ont besoin,
Eux aussi,
D'être guéris.
Voici le dernier conte de l'Atelier du Temps.
L'automne avait posé ses couleurs dorées dans la ruelle secrète quand la clochette de l'Atelier tinta pour la troisième fois.
Mais cette fois,
Ce n'était pas un adulte qui entrait.
C'était une petite fille d'environ 7 ans,
Aux nats trousses et aux yeux verts brillants de détermination.
Elle tenait par la main sa grand-mère,
Une dame élégante aux cheveux blancs.
« Bonjour Monsieur Kronos,
Dit la petite fille d'une voix claire,
Je m'appelle Lily.
Mamie Rose m'a dit que vous répariez le temps cassé.
» Kronos leva les yeux de son établi.
Ses lunettes magiques scintillaient étrangement quand il regarda la petite fille.
Pour la première fois depuis des années,
Ça m'attrembla légèrement.
« Bonjour Lily,
Dit-il,
Qu'est-ce qui t'amène dans mon atelier ?
» Lily grimpa sur un tabouret,
Elle était trop petite pour voir l'établi,
Et déposa avec précaution une pendule de salon.
C'était une belle pendule ancienne avec des fleurs peintes sur le cadran,
Mais ses aiguilles étaient figées sur 16h23.
« C'est la pendule de maman,
Expliqua Lily.
Elle s'est arrêtée le jour où maman est partie au ciel,
J'avais 5 ans.
Papa l'a mise au grenier parce que ça lui faisait trop de peine de la voir,
Mais moi je l'ai retrouvée.
» Elle avait l'air si sérieuse,
Si adulte pour son âge.
« Je voudrais juste que vous répariez le temps pour que ma maman revienne,
Juste un petit peu,
Juste pour que je lui dise au revoir comme il faut,
Parce que le jour où elle est partie,
J'étais à l'école,
Et j'ai pas pu lui dire que je l'aimais.
» Mamie Rose posa une main réconfortante sur l'épaule de sa petite fille.
Ses yeux étaient humides.
Cronos prit la pendule entre ses mains.
Pour la première fois depuis qu'il tenait cet atelier,
Ses doigts tremblaient vraiment.
Il retira ses lunettes et les posa sur l'établi.
« Lily,
Dit-il d'une voix qu'on ne lui connaissait pas,
Avant de réparer ta pendule,
Puis-je te montrer quelque chose ?
» Il se dirigea vers le fond de l'atelier,
Là où une immense horloge était cachée derrière un rideau de velours rouge.
Personne jamais n'avait vu cette horloge,
Même pas Clara,
Même pas Henri.
Cronos tira le rideau.
L'horloge était magnifique et tragique à la fois.
Son cadran était fissuré en deux et une seule aiguille tournait très lentement,
Comme si elle cherchait désespérément quelque chose qu'elle ne trouverait jamais.
« Cette horloge,
Murmura Cronos,
S'est arrêtée il y a cinquante ans.
C'était l'horloge de ma fille,
Élise.
Elle avait sept ans,
Comme toi.
Un jour,
Elle jouait près de la rivière et.
.
.
» Sa voix se brisa.
Mamie Rose porta sa main à sa bouche.
« Je n'ai pas pu la sauver,
Continua-t-il.
J'étais le plus grand horloger du royaume.
Je savais réparer n'importe quelle montre,
N'importe quelle horloge,
Mais je n'ai pas pu réparer ce moment-là.
Alors j'ai passé ma vie à apprendre la magie,
À comprendre les mystères du temps,
À aider les autres à réparer leurs instants brisés.
Mais cette horloge,
Je n'ai jamais réussi à la réparer.
» Lili descendit de son tabouret et s'approcha de la grande horloge.
Elle leva sa petite main et caressa doucement le cadran fissuré.
« Elle était comme moi,
Votre fille ?
» « Oui,
Exactement comme toi,
Courageuse,
Curieuse et pleine de vie.
» « Et vous avez essayé de faire revenir le temps pour la sauver ?
» « Pendant des années,
J'ai tout essayé.
Mais le temps,
Lili,
Ne revient jamais en arrière,
Même pour moi.
» Lili réfléchit un long moment,
Puis elle regarda Cronos avec une sagesse qui n'appartenait pas à son âge.
« Monsieur Cronos,
Est-ce que votre fille vous a dit qu'elle vous aimait avant de partir ?
» « Non,
Elle était partie jouer sans même me dire au revoir.
J'étais occupée à réparer une horloge stupide.
» « Mais elle le savait,
N'est-ce pas,
Qu'elle était aimée ?
» Cronos s'agenouilla devant la petite fille,
Les larmes coulant librement sur son visage.
« Oui,
Elle le savait.
Chaque jour,
Je le lui montrais.
» « Alors c'est pareil pour ma maman et moi,
» dit simplement Lili.
« Le matin où elle est partie,
Je ne lui ai pas dit je t'aime.
» « Mais tous les autres matins,
Je le lui disais.
» « Et ce matin-là,
Quand je suis partie à l'école,
Elle m'a fait un bisou et elle a dit à ce soir,
Ma chérie.
» « Elle savait.
» Mamie Rose pleurait maintenant ouvertement,
Cronos aussi.
« Tu es très sage,
Lili,
» chuchota l'horloger.
« Non,
» dit la petite fille,
« c'est juste que Mamie Rose m'a beaucoup parlé de maman.
» « Elle m'a dit que maman savait toujours que je l'aimais.
» « Tous les jours où j'étais capricieuse et même les fois où j'oubliais de le dire.
» Lili prit la main de Cronos dans sa main.
« Je crois que votre fille aussi,
Elle savait.
» « Les papas et les mamans savent toujours.
» Cronos regarda la petite fille de 7 ans qui venait de lui donner la leçon qu'il cherchait depuis 50 ans.
Il se releva,
Essuya ses larmes et marcha jusqu'à la grande horloge brisée.
« Tu as raison,
Lili,
Tu as tellement raison.
» Avec des gestes doux,
Il toucha le cadran fissuré.
Et pour la première fois en 50 ans,
Il n'essaya pas de le réparer.
À la place,
Il caressa la fissure avec tendresse,
Comme on caresse une cicatrice qui fait partie de nous-mêmes.
« Élise savait,
Elle a toujours su.
» Quelque chose d'extraordinaire se produisit.
La fissure du cadran se mit à briller d'une lumière dorée.
L'aiguille solitaire cessa de chercher désespérément et se mit à tourner normalement,
Avec paix et sérénité.
L'horloge n'était pas réparée.
La fissure était toujours là,
Mais elle n'était plus une blessure.
Elle était devenue une marque d'amour,
Une preuve que quelque chose de précieux avait existé.
Cronos se tourna vers Lili et prit la pendule de sa maman.
« Veux-tu savoir un secret,
Lili ?
Les horloges qui s'arrêtent quand quelqu'un qu'on aime part,
Elles ne sont pas vraiment cassées.
Elles marquent simplement un moment précieux,
Un moment où l'amour était si fort qu'il affigeait le temps.
» Il remit délicatement la pendule en marche.
Elle se mit à tic-tac-er doucement.
« Mais maintenant,
Cette pendule va continuer à avancer,
Parce que ta maman n'aurait pas voulu que tu restes bloquée par la tristesse.
Elle aurait voulu que tu continues à grandir,
À rire,
À jouer,
À vivre.
» Elle marquait maintenant l'heure présente,
Mais on pouvait encore voir gravé légèrement sur le cadran le fantôme de 16h23,
Le moment précieux où sa maman était partie.
« Je peux la garder dans ma chambre ?
» « Bien sûr,
Et chaque fois que tu l'entendras tic-tac-er,
Tu te souviendras que le temps avance,
Mais que l'amour,
Lui,
Reste pour toujours.
» Lili serra la pendule contre son cœur.
Puis elle fit quelque chose d'inattendu.
Elle grimpa sur son tabouret,
Se pencha vers Cronos et lui fit un bisou sur la joue.
« Merci,
Monsieur Cronos,
Et je crois que votre fille Élise,
Elle est fière de vous,
Parce que vous aidez plein de gens à réparer leur cœur.
» Après le départ de Lili et de sa grand-mère,
Cronos resta longtemps devant la grande horloge d'Élise.
La fissure brillait toujours de sa lumière dorée.
L'aiguille tournait paisiblement.
Il remit ses lunettes magiques et regarda autour de lui.
Toutes les horloges de l'atelier semblaient briller différemment,
Plus chaleureusement,
Plus tendrement.
Car il venait de comprendre ce que Clara,
Henri et maintenant Lili lui avaient appris.
On ne répare pas vraiment le temps,
On apprend à vivre avec ses fêlures.
On transforme ses blessures en sagesse.
On accepte que certains moments ne reviendront jamais,
Mais que leur amour,
Lui,
Demeure éternellement.
Cette nuit-là,
Pour la première fois depuis 50 ans,
Maître Cronos dormit en paix.
Et dans l'atelier,
Toutes les horloges sonnèrent à l'énuisson.
Non pas pour marquer une heure précise,
Mais pour célébrer une vérité intemporelle.
L'amour n'a pas besoin d'être réparé,
Il est déjà parfait,
Même dans ses adieux.
Moralité finale de la trilogie Accepter nos blessures et nos pertes fait partie de la guérison.
L'amour véritable ne disparaît jamais,
Même quand le temps nous sépare de ce qu'on aime.
Et parfois,
Ce sont les plus petits qui nous enseignent les plus grandes sagesses.
Nous voici arrivés à la fin de cette trilogie.
Merci d'avoir voyagé avec nous à travers ces trois histoires de réparation,
D'acceptation et d'amour.
Dites-moi ce que vous avez pensé de ce conte,
Je me ferai une joie de vous lire et de vous répondre.
Et on se retrouve très vite pour de prochaines aventures.
A bientôt !
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