
Aladin et la Lampe Merveilleuse
Le conte de ce soir est Aladin et la lampe merveilleuse, issu du recueil Les Mille et Une Nuits. Lu par Salima, ce conte nous enseigne la résilience au travers des aventures d'Aladin, jeune homme vivant sans le sou, qui se révèlera toutefois plein de ressources pour conquérir la femme qu'il aime et obtenir la ve qu'il souhaite. Allonge-toi dans une position confortable, ferme les yeux et laisse-toi emporter au pays des Mille et Une Nuits!
Script
Aladin est la langue merveilleuse.
Quelque part en Afrique vivait un puissant magicien qui possédait d'innombrables trésors obtenus par magie.
Un jour qu'il était assis devant ses étranges instruments grâce auxquels il pouvait voir le futur,
Il vit dans un tourbillon de fumée quelque chose qui lui coupa le souffle.
Dans une ville lointaine vivait un jeune garçon,
Aladin,
Qui possédait sans le savoir un très grand pouvoir magique.
Plus encore,
Enterré dans une cave sous une colline hors des murs de la ville,
Se trouvait le plus merveilleux trésor qui soit au monde.
Ce n'était pas tout.
Dans la même cave se trouvait une vieille lampe qui pouvait exaucer tous les désirs de celui qui la possédait.
Aladin et Aladin seulement pouvaient se rendre maîtres du trésor et de la lampe.
Le magicien,
Fasciné par ce qu'il avait vu,
Revint subitement sur terre.
« Ne suis-je pas un grand magicien ?
Se dit-il.
Je ne vais certainement pas laisser un tel trésor entre les mains de cet ignorant.
» En hâte,
Il se déguisa en religieux et,
Frottant l'anneau magique qu'il avait aux doigts,
Il dit « Conduis-moi dans la ville d'Aladin.
» En un éclair,
Il fut dans la rue où Aladin jouait avec ses compagnons.
Dès qu'il l'eut reconnu,
Le magicien appela le jeune garçon.
« Aladin,
Mon cher neveu,
Viens que je t'embrasse.
Cela fait si longtemps que je te cherche.
» Aladin,
Le regardant avec étonnement,
Répondit « Je ne vous connais pas.
Ma mère ne m'a jamais parlé d'un oncle,
Et mon regretté père ne m'avait jamais parlé d'un frère.
» « Mon pauvre enfant,
Dit en pleurant le magicien,
Cela fait si longtemps que je n'ai pas vu ton cher père,
Et il me faut apprendre maintenant qu'il est mort.
Mon cher enfant,
Continua-t-il,
Par amour pour ton défunt père,
Je veux prendre en charge ton éducation et faire de toi une personne respectable,
Car je vois à tes vêtements que ta mère a bien du mal à vous faire vivre.
» « Mon oncle,
Dit Aladin,
Ma mère en effet n'est qu'une pauvre ouvrière.
Allons la trouver pour lui annoncer la bonne nouvelle.
» Tout d'abord,
La pauvre veuve ne voulut pas croire le mystérieux étranger,
Mais elle se radoucit quand il lui donna dix pièces d'or afin qu'elle l'achète des vêtements à son fils.
« Mais seulement les plus beaux,
Précisa-t-il avant de s'en aller.
Car si Aladin doit devenir riche et puissant,
Il doit être vêtu en conséquence.
J'en jugerai par moi-même demain,
Car dès le lever du jour,
Je le prendrai à ma charge.
» La mère d'Aladin employait les dix pièces d'or à l'achat des plus beaux et des plus fins vêtements qu'elle put trouver.
Le matin suivant,
Quand l'étranger revint,
Aladin l'attendait,
Vêtu aussi somptueusement que les enfants les plus riches de la ville.
« Parfait,
Approuva le magicien.
Maintenant,
Partons.
Il n'y a plus de temps à perdre.
» Il l'emmena dans de splendides jardins.
Ils se reposèrent sur une pelouse douce comme du velours et écoutèrent le chant des oiseaux.
Aladin n'avait jamais rien vu ni entendu d'aussi beau,
Même dans ses rêves.
Quand le magicien vit Aladin aussi émerveillé,
Il se frotta les mains.
Son plan devait réussir.
« Je vais te faire voir des choses extraordinaires et inconnues,
Des richesses que personne n'a jamais vues,
» promit-il alors qu'ils approchaient de la colline sous laquelle était enfouie le trésor.
Le magicien commença à mesurer le sol,
Puis il s'arrêta.
Ayant allumé un feu de quelques brindilles,
Il y jeta une poignée d'encens.
Bientôt,
Il n'y eut plus qu'un épais nuage de fumée.
« Regarde à travers la fumée,
» dit le magicien en montrant le sol.
Aladin,
Surpris,
Découvrit une trappe pourvue d'un anneau en fer.
« Tu vas soulever cette trappe et descendre dans les profondeurs de la terre,
» murmura le faux-oncle.
« Tu passeras par des couloirs,
Des salles,
Des jardins.
Tout ce que tu pourras prendre sur le chemin sera à toi.
La seule chose que je désire est une lampe qui est accrochée dans une des salles.
» « Avec plaisir,
Mon oncle,
» dit Aladin,
« mais pourquoi ne viendriez-vous pas avec moi ?
» « Je reste ici pour veillir à ta sécurité,
» dit le magicien.
« Maintenant,
Vas-y !
» Aladin attrape l'anneau et soulève la trappe.
Le jeune garçon arrive à un passage obscur après avoir traversé de grandes salles peintes d'or,
D'argent,
De diamants,
De perles et autres pierres précieuses.
Il continue d'avancer et arrive à un jardin merveilleux.
De chaque branche des arbres tombent des diamants,
Des perles,
Des rubis,
Des amethystes,
Des émeraudes et des saphirs.
Dans une niche est accrochée la lampe.
Elle est vieille,
Poussiéreuse et éclaire faiblement.
Aladin la décroche avec précaution,
Éteint la flamme,
Jette l'huile et prend le chemin du retour.
Alors seulement,
Il prend le temps d'admirer les richesses qui l'entourent et d'en remplir ses poches.
Le magicien l'attend dans la plus grande impatience.
Quand il le voit,
Il crie.
« Que de temps t'a-t-il fallu ?
Viens maintenant,
Passe-moi la lampe et je t'aiderai à sortir.
» « Je ne peux pas,
Mon oncle,
Elle est trop lourde.
Aidez-moi d'abord à sortir,
» péquait Aladin.
Mais le magicien n'a pas la moindre intention de l'aider.
Il veut la lampe pour ensuite se débarrasser du jeune garçon.
Aladin essaie encore et encore,
Mais il ne peut réussir à soulever la lampe jusqu'à l'ouverture.
Alors le magicien entre dans une fureur épouvantable.
« Un gras !
» hurle-t-il.
« Je vais te donner une leçon.
» Et à ces mots,
Il jette une seconde poignée d'ensemble en le feu,
Tout en marmonnant des paroles magiques dans une langue inconnue.
La dalle de pierre se met à bouger et,
Lentement,
Recouvre l'ouverture.
« Puisque je ne peux pas avoir cette lampe,
Tu peux mourir.
Personne ne viendra te chercher là,
» dit-il avec un rire mauvais.
Puis il frotte l'anneau magique.
Aladin est tout seul dans l'obscurité.
Il appelle au secours,
Mais personne ne peut l'entendre.
Il remonte les couloirs,
Les dalles,
Jusqu'au jardin merveilleux,
Cherchant une issue éventuelle.
Mais rien.
Désespéré,
Il revient au point de départ et se laissant tomber dans un coin.
Il pleure silencieusement.
Puis il se met à prier.
Comme il prie,
Ses doigts accrochent la vieille lampe et,
Soudain,
Un génie à la figure énorme se matérialise devant lui.
« Maître,
Vous m'avez appelé.
Que désirez-vous ?
» demande-t-il à Aladin.
« Emmène-moi auprès de ma mère,
» ordonne le jeune garçon,
Abasourdi,
Et,
Avant d'être revenu de son étonnement,
Il se retrouve devant la porte de sa maison.
Il raconte ses aventures à sa mère,
Qui convient avec lui que la lampe renferme un pouvoir magique,
Et ils comprennent alors pourquoi le magicien y tenait autant.
Aladin est fou de joie.
« Fini la pauvreté et l'éprivation !
» Et il fait de nouveau apparaître le génie auquel il commande à dîner.
Le génie disparaît un instant,
Puis il reparaît chargé d'une bassine et de douze plats d'argent,
Chacun rempli d'émets les plus délicats.
Sa mère ne peut en croire ses yeux et tremble de crainte.
« Jette cette lampe,
Mon fils !
Elle est ensorcelée et ne nous apportera que des ennuis.
» Mais c'est elle qui m'a libérée de cette trappe dans laquelle mon prétendu oncle m'avait enfermée,
Proteste Aladin en commençant à manger.
Pourtant sa mère ne cesse de s'inquiéter et de trembler.
Pour lui faire plaisir,
Aladin promet de cacher la lampe dans un endroit sûr et de chercher un travail honnête.
Puis tous deux décident de vendre les plats d'argent,
Et ainsi de vivre un certain temps confortablement.
Pendant la journée,
Aladin va de marché en marché,
Regardant travailler les orfèvres et les commerçants,
En essayant d'apprendre quelque chose.
Un jour,
Il décide d'ouvrir lui-même un commerce.
Emportant avec lui les pierres précieuses qu'il a ramenées du Jardin Merveilleux,
Il quitte la maison.
Il a à peine fait quelques pas qu'il entend les trompettes du messager du sultre.
« Rentre chez vous !
» crie celui-ci.
« Fermez portes et fenêtres !
» La princesse Badroul-Boudour,
Fille du sultan,
Va passer.
Elle ne doit pas être vue.
Si quelqu'un désobéit à cet ordre,
Il aura la tête coupée.
Aladin a souvent entendu parler de la beauté de la princesse,
Et il brûle d'envie de la voir.
Inconscient du danger,
Il se cache donc derrière une porte et attend qu'elle passe.
En effet,
La princesse est la plus belle brune que l'on puisse voir au monde.
Quand elle passe devant la porte derrière laquelle se cache Aladin,
Le vent soulève légèrement son voile,
Découvrant ainsi un visage dont la perfection le fait trembler d'émotion.
Une fois la princesse passée,
Il reprend ses pierres précieuses et rentre en courant chez lui.
Il a toujours devant ses yeux la vision de la princesse,
Et bien que sa raison sache que c'est pure folie,
Son cœur déborde d'amour.
Il ne peut plus ni manger ni dormir.
Sa mère le remarque et lui en demande la raison.
« Hélas,
Mon fils !
» se lamente-t-elle lorsqu'il lui raconte son tourment.
« La fille du sultan n'est pas pour quelqu'un comme toi.
Quel que soit ton amour pour elle,
Mon fils,
Il ne faut plus y penser.
» « Ma fortune peut égaler celle du sultan,
» rétorque Aladin.
« Je suis sûr que le sultan ne possède pas de pierres précieuses comparables aux miennes.
» Aladin dispose ses pierres précieuses dans le bassin d'argent et ajoute.
« Cher homère,
Vous allez vous présenter au sultan et demander pour moi la main de la princesse.
Prenez ces joyaux et offrez-les au sultan.
» La mère d'Aladin prend donc le bassin plein de joyaux et,
Courageusement,
Se rend au palais.
Après avoir franchi d'innombrables portes,
Elle arrive dans une grande pièce au centre de laquelle trône le sultan en personne.
Elle veut rebrousser chemin,
Mais le sultan la remarque.
« Faites venir cette femme,
Je suis curieux de savoir ce qu'elle désire,
» dit-il à son grand-vizir.
Une fois devant lui,
La mère d'Aladin se prosterne.
« J'ai un fils nommé Aladin,
» commence-t-elle,
Et d'une voix tremblante.
Elle raconte comment son fils,
Bien que ce soit interdit,
A vu la princesse et,
Devant sa beauté incomparable,
En est tombé follement amoureux.
« Et je suis venue ici pour demander à sa majesté la main de sa fille pour mon fils.
» « Et qu'est-ce qui te permet de penser qu'il est digne de ma fille ?
» questionne le roi,
Amusé.
« Il vous envoie ce présent,
» répond la mère d'Aladin en découvrant le bassin d'argent.
Le sultan se penche vers son grand-vizir et lui dit.
« Chacune de ces pierres vaut dix fois plus que ma fortune tout entière.
Que dis-tu d'un tel cadeau ?
» « Que dois-je répondre ?
» « Je dois reconnaître que le présent est digne de la princesse,
» répond le vizir à contrecoeur.
« Mais je pense qu'il serait plus prudent d'attendre quelques mois avant de vous prononcer,
Car je suis très soupçonneux quant à l'origine de ces pierres.
» « Rentre chez toi,
Bonne femme,
» répond le sultan,
« et dis à ton fils que j'accepte sa requête,
Mais qu'il lui faudra attendre trois mois,
Car il me faut le temps de faire tous les préparatifs.
» La mère,
Débordante de joie,
Se dépêche de rentrer pour annoncer la bonne nouvelle.
Cette nuit-là,
Aladin s'endort le cœur léger.
Mais il ne sait pas que le grand-vizir est prêt à tout pour l'empêcher d'épouser la princesse,
Car lui-même a un fils qu'il veut marier à la fille du sultan.
Le grand-vizir sait ce qu'il lui reste à faire.
Le sultan devient vieux et il perd un peu la tête.
S'il n'entend plus parler d'Aladin pendant quelque temps,
Il oubliera sa promesse.
Alors il pourra le convaincre que son propre fils est plus digne d'épouser Badr-ul-Boudour.
Le vizir ne perd pas de temps.
Le plus important dans la préparation d'un mariage est la procession qui,
À travers la ville,
Se rendra jusqu'au palais du sultan.
Le grand jour arrive.
Des soldats et des gardes en uniforme de cérémonie défilent dans les rues,
Tandis que la population s'active à allumer des lampions et à jeter des fleurs.
Aladin ne sait rien de tout cela,
Car il ne quitte pratiquement pas sa chambre,
Comptant les jours qui le séparent de sa chance.
Pourtant,
Ce soir-là,
Il s'aventure dans les rues et,
Étonné de voir la ville en fête,
Demande quelle est la raison de cette agitation.
Nous célébrons aujourd'hui le mariage du fils du grand-vizir avec la princesse Badr-ul-Boudour étranger,
Lui répond-on.
Nous attendons que l'époux sorte du bain pour l'accompagner jusqu'au palais.
Aladin n'attend pas plus longtemps.
Il court jusqu'à sa chambre,
Prend la lampe qu'il avait cachée et fait glisser ses doigts sur le bronze.
« Que désirez-vous,
Maître ?
» demande aussitôt le génie.
« Je veux prendre la place du prétendant,
Même le fils du vizir chez lui,
Et enferme-le.
Procure-moi aussi les mêmes vêtements que les siens.
» « Il sera fait selon votre désir,
Maître »,
Répond l'esclave de la lampe.
Et en un clin d'œil,
Aladin est habillé et parfumé comme un prince et transporté au palais.
La procession arrive à hauteur des portes du palais et personne n'a remarqué la substitution.
Aladin se jette aux pieds du sultan,
« Monarque au-dessus des monarques du monde !
» commence-t-il.
« Je viens au sujet de la promesse que vous avez faite à ma mère.
» Le sultan,
Irrité,
Se tourne vers le grand vizir.
« Je me souviens,
» dit-il,
« ce doit être cet Aladin.
Toi,
Mes créants,
Tu voulais que ton fils prenne sa place.
» « Je pensais seulement à votre intérêt,
» dit le vizir,
Furieux de la tournure des événements.
« Et si vous voulez bien me permettre ce conseil,
Demandez à cet homme une dote digne de la princesse.
Vous ne savez même pas quelle est sa fortune.
Notre coutume,
Aladin,
Est d'exiger une grosse dote pour une princesse.
Pour ma fille,
Je demande quarante plats d'or fin,
Remplis de pierres précieuses.
À cette seule condition,
Je te donnerai ma fille.
Que sa majesté attende un instant.
Je reviens avec la dote qu'elle demande,
» répond Aladin.
En hâte,
Il rentre chez lui.
Un instant plus tard,
On le voit apparaître dans la rue,
Suivi de quarante servantes,
Chacune portant sur la tête un plat du plus bel or,
Rempli des plus beaux joyaux.
Il s'est procuré tout cela grâce à la lampe magique.
Le sultan peut à peine en croire ses yeux.
Il vient lui-même à la rencontre d'Aladin,
L'embrasse comme son propre fils,
Et,
N'écoutant plus les avertissements jaloux de son vizir,
Il donne l'ordre de commencer les festivités.
En un instant,
La musique retentit et le sol se met à trembler sous les pieds des danseurs.
Tout le monde s'amuse.
Le sultan,
À qui Aladin a plu tout de suite,
Appelle ses juges et ordonne que le contrat de mariage soit signé sur le champ.
Une fois la chose faite,
Aladin se lève et demande la permission de se retirer.
« Où voulez-vous aller,
Mon fils ?
» demande le sultan.
« Aujourd'hui est un grand jour et votre épouse vous attend.
J'ai décidé qu'avant le lever du jour,
J'aurais fait construire un palais digne de recevoir la princesse.
J'aimerais que vous choisissiez vous-même l'emplacement de notre future demeure.
» « Choisissez la partie de mon royaume qui vous plaira,
» dit le sultan.
« Mais vous n'avez pas besoin d'un palais.
À partir de ce jour,
Celui-ci est le vôtre.
» Cette nuit-là,
Une armée de génies invisibles travaille à la construction du palais d'Aladin tout près de celui du sultan.
La princesse Badroul-Boudour tombe éperdument amoureuse d'Aladin dès qu'elle le voit.
Et les festivités de leur mariage durent quarante jours et quarante nuits dans le plus grand abas.
Le grand vizir,
Voyant que sa cause est perdue à jamais,
Ne tente plus jamais d'empêcher leur bonheur.
Ils auraient donc pu vivre parfaitement heureux si,
Quelque part,
Le terrible magicien ne s'était un jour souvenu d'Aladin.
Il s'installe donc devant ses instruments.
Quelle n'est pas sa surprise de voir qu'Aladin vit comme un prince,
Et qu'il a épousé la fille du sultan lui-même ?
Il entre dans une colère terrible,
Car il est sûr que le fils d'un misérable tailleur n'a pu devenir gendre du sultan,
Sans l'aide des pouvoirs magiques de l'Alan.
Il se décide à agir,
Et sans perdre une minute,
Il frotte son anneau magique.
En un éclair,
Le voilà transporté dans la ville même où vit Aladin.
Il se promène dans les rues,
Questionnant les passants.
Bientôt,
Il sait tout ce qu'il veut savoir sur Aladin et son palais.
Alors,
Il achète une douzaine de lampes neuves,
Et commence à arpenter les rues en criant « Qui veut échanger une vieille lampe contre une neuve ?
Qui veut échanger une vieille lampe contre une neuve ?
Qui veut échanger une vieille lampe contre une neuve ?
» Les citadins,
Pensant que le camelot a perdu la raison,
Profitent de cette offre inespérée.
Le magicien échange en souriant lampe après lampe,
Tout en se rapprochant du palais d'Aladin.
Quand il arrive aux portes du palais,
Il ne lui reste plus qu'une lampe,
Une lampe neuve contre une vieille.
Il a appris qu'Aladin et son épouse ne sont pas au palais.
Ainsi,
Ne craint-il pas d'être découvert.
Il tremble d'émotion lorsque l'un des esclaves du palais ouvre la fenêtre et lui crie « Attends un instant,
Notre maître a une très vieille lampe dans sa chambre.
Je crois qu'il serait bien content si on la lui changeait pour une neuve.
» Le magicien n'en croit pas ses yeux.
L'esclave lui donne,
Contre une neuve,
La lampe magique qu'il désire depuis si longtemps.
Dès qu'il l'a entre les nains,
Il se hâte de quitter la ville.
Puis il attend que la nuit tombe et que le palais soit endormi.
Alors il frotte la lampe et le génie lui apparaît.
« Maître,
Que désirez-vous ?
» demande-t-il.
« Je veux que le palais d'Aladin ainsi que la princesse soient transportés chez moi en Afrique.
Mais je veux qu'Aladin reste ici.
» Il s'expliquera lui-même avec le sultan,
Dit-il d'un rire mauvais.
La nuit est sans étoiles et sans lune.
Tout à coup,
Sans que personne ne s'en aperçoive,
Le palais s'élève dans le ciel,
Ne laissant à la place qu'une vaste surface de terre battue.
Le matin,
Quand le sultan se réveille,
Il regarde comme il en a l'habitude vers le palais d'Aladin.
Mais ce jour-là,
Il ne peut en croire ses yeux.
À la place du palais,
Il n'y a plus qu'un espace vide.
Horrifié,
Le vieux sultan fait appeler son grand-vizir.
« Dis-moi ce que tu vois,
Lui ordonne-t-il en ouvrant la fenêtre.
— Majesté,
Le palais du prince a disparu,
S'écrit le vizir stupéfait.
Puis,
Se tournant vers le sultan,
Il ajoute,
Si seulement vous m'auriez écouté.
J'ai toujours pensé que cet Aladin avait usé de moyens malhonnêtes et de magie pour épouser votre fille.
Il faut l'attraper,
Le punir sévèrement et le forcer à s'expliquer.
» Le sultan,
La veille encore si attentionné pour Aladin,
Ne pense plus maintenant qu'à se venger.
« Il faut qu'il souffre les pires tortures,
Crie-t-il,
Fou de rage.
Lancez les gardes à sa recherche,
Confouez toute la ville pour le retrouver.
» Il ne cherche pas longtemps.
Aladin dort profondément près d'un buisson.
On l'emmène devant le sultan,
Fou furieux,
Et lorsqu'il est jeté dans le plus noir et le plus profond cachot,
Il n'a toujours pas compris ce qui lui arrive.
Il est là,
Impuissant,
Sans défense.
Très loin au-dessus de lui,
Il entend la voix du sultan.
« Je te donne quatre jours et quatre nuits.
Si d'ici là la princesse Badroul-Boudour n'est pas revenue,
Je te ferai couper la tête.
» Aladin l'écoute le cœur serré.
« Où donc est sa chère princesse ?
» Il réfléchit longtemps à sa mystérieuse disparition,
Et à la non moins mystérieuse disparition de son palais.
Il comprend enfin que seul le magicien peut être l'auteur de ce crime.
Mais comment le retrouver,
Maintenant qu'il n'a plus sa lampe merveilleuse ?
Tandis qu'Aladin souffre dans sa prison,
Le magicien fait sa cour à la pauvre princesse Badroul-Boudour.
« Rien ne sert de pleurer,
Belle princesse.
Vous ne reverrez jamais Aladin.
» Lui répétait-il sans cesse.
« Maintenant que je vous ai fait amener ici,
En Afrique,
Vous et votre palais,
Personne ne saura plus essayer de vous enlever à moi.
Je vous ai choisi pour épouse,
Et ce soir,
Je viendrai vous demander votre main.
Si vous refusez de me prendre pour époux,
Malheur à vous.
» ajouta-t-il d'une voix menaçante avant de la quitter.
La princesse se cache tout d'abord la tête dans les mains,
Et se met à pleurer.
Puis elle imagine un plan.
Ce soir-là,
Elle met sa plus belle robe,
S'enduit des plus riches parfums,
Et ordonne qu'on prépare un somptueux festin,
Accompagné des vins les plus forts.
Puis elle s'assoit et attend le magicien.
Elle l'accueille avec son plus beau sourire.
« Vous êtes mon maître !
» l'émurère-t-elle,
En se prosternant devant lui.
Le magicien ne peut détacher les yeux de la merveilleuse princesse.
Elle l'invite à se mettre à table,
Lui offre un verre de vin.
La soirée passe,
La princesse parle,
Rit,
Dit mille bêtises,
Et le magicien ne cesse de boire.
« Je sais,
Mon maître,
» dit encore la princesse,
« que votre pouvoir dépasse bien celui de tous les rois du monde.
D'où le tenez-vous ?
» De cette lampe bégait le magicien,
Sortant de sa robe la lampe merveilleuse.
« Il me suffit de la frotter ici et.
.
.
» Il ne peut terminer sa phrase.
Il glisse lourdement sur le sol et se met à ronfler.
La princesse n'attendait que cet instant.
Elle attrape la lampe et la frotte comme le magicien lui a indiqué.
« Que désirez-vous,
Maîtresse ?
» demande le génie.
« Envoie ce magicien en enfer et reviens tout de suite,
» commente-t-elle.
Le géant s'empare du magicien et disparaît pour reparaître une seconde plus tard.
« Vous n'entendrez plus jamais parler de ce magicien,
» dit-il.
« Désirez-vous autre chose,
Princesse ?
Ramenez ce palais où il était.
» La lampe,
Une fois de plus,
Réalise les désirs de la princesse.
Avant que le coq ne chante,
Aladin est libéré et rendu à sa princesse.
Le sultan se réjouit avec eux et Aladin oublie bien vite les souffrances du cachot.
Mais à partir de ce jour,
La lampe disparaît et on n'en entendra plus parler.
L'intelligente princesse l'a cassée en mille morceaux.
Elle en a brûlée une partie,
Enterrée une autre et jetée le reste à la mer.
Bonne nuit.
Rencontrez votre professeur
4.6 (138)
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