
Pour des relations frères et soeurs apaisées (18)
Nous vivons longtemps avec nos frères et soeurs. Si la relation que vos enfants ont entre eux est chaotique, cela peut être un véritable enfer pour les enfants comme pour leurs parents. Et la relation que l’on a avec les autres membres de la fratrie détermine l’adulte que nous devenons. Cela peut également créer des blessures profondes d’enfance. Dans cet épisode, je vous explique quels sont les écueils à éviter pour faire en sorte que tous les membres de la famille s’entendent bien.
Script
Vous écoutez l'épisode 18 des relations frères et sœurs apaisés.
Bonjour,
Je suis Juliette Cerceau,
Je suis coach de vie et coach parentale.
Je suis ravie de vous accueillir sur la boîte à outils des parents.
C'est le podcast dédié aux parents qui vous donne des outils concrets applicables facilement et immédiatement pour vivre une parentalité plus épanouie.
Aujourd'hui,
Nous allons parler des relations entre frères et sœurs.
Alors,
Entre frères et sœurs,
C'est générique.
Ça peut être entre deux frères,
Entre deux sœurs,
Entre plusieurs frères et sœurs,
Peu importe.
Ce que je veux dire,
C'est la relation entre les enfants d'une fratrie.
Alors,
Pourquoi je veux vous parler de ce sujet ?
Eh bien,
Parce qu'en général,
Nous vivons longtemps avec nos frères et sœurs.
Et si ça se passe mal,
Ça peut être un véritable enfer pour les enfants et leurs parents.
Et puis,
Se battre tous les jours à la maison,
Au point d'être mieux en dehors de la maison,
C'est quand même fatigant.
Ça peut également créer des blessures profondes d'enfance.
En tout cas,
Les relations que l'on a avec les autres membres de la fratrie déterminent l'adulte que nous devenons.
La rivalité entre frères et sœurs peut arriver à tout âge.
Je pense qu'on imagine très bien qu'elle peut arriver à l'adolescence,
Mais même avant et même tout petit.
Je m'appuie pour cet épisode sur mon expérience personnelle en tant que petite sœur et en tant que maman d'un garçon et d'une fille,
Et sur le livre de Adèle Faber et Hélène Maslich.
Alors,
Je suis désolée pour l'anglais,
Je pense que c'est Faber,
Mais bon.
Ça s'écrit F-A-B-E-R et Hélène Maslich,
M-A-Z-L-I-S-H.
Le livre,
C'est Frères et sœurs sans rivalité.
Et je vous invite vraiment à le lire si vous voulez creuser un peu plus le sujet.
Évidemment,
Je vous mettrai les références dans les notes de cet épisode.
Alors,
Pourquoi les relations entre frères et sœurs seraient-elles difficiles ?
On imagine tout un tas de raisons,
Comme la jalousie,
Le favoritisme des parents pour l'un ou pour l'autre,
La comparaison entre les deux,
Ou par reproduction de ce qu'on a connu.
Et pour tout un tas d'autres raisons beaucoup moins évidentes.
Alors,
J'aimerais aborder quatre points différents,
Et tous ces points vont faire que vous aurez une famille harmonieuse.
Le premier,
C'est donner le droit de ne pas aimer son frère ou sa sœur et de l'exprimer.
L'exemple que je vais prendre est celui d'un aîné qui a une petite sœur ou un petit frère.
C'est le plus parlant,
Mais il fonctionne aussi à l'inverse,
Peu importe le rang de naissance.
Il y a un enfant qui est très bien avec ses parents et patatra,
Un autre enfant arrive.
Un enfant avec qui il va devoir partager l'affection de ses parents,
Leur temps,
Ses jouets,
L'organisation familiale.
Dans leur livre,
Adèle Faber et Hélène Maslich prennent l'exemple d'un couple.
Tout un coup,
L'une des personnes du couple annonce à l'autre qu'il va y avoir une autre personne dans le couple.
Ils ne seront plus deux,
Mais trois.
La deuxième personne va devoir partager la première avec la troisième.
Mais surtout qu'elle ne s'inquiète pas,
Parce que son cœur est assez grand pour les aimer tous les deux.
Imaginez cela dans votre relation de couple,
Comment vous sentiriez-vous ?
Et alors là,
Vous dites que cette troisième personne est méchante,
Que vous avez envie de lui faire du mal,
Et la première personne vous dit �� Arrête un peu,
Tu veux,
Je ne veux pas entendre des mots pareils,
Cette nouvelle personne,
Tu dois l'aimer.
» Bon,
Ça donne encore moins envie de l'aimer,
N'est-ce pas ?
Ce que je vais dire ensuite rejoint ce que je disais dans l'épisode 4,
Qui s'appelle l'accueil des émotions.
Un enfant,
Ou un adulte d'ailleurs,
N'est pas obligé de ressentir ce qu'il devrait ressentir.
Un frère ou une sœur n'est pas obligé d'aimer son frère ou sa sœur.
Ça paraît étrange quand je dis,
Mais c'est vrai.
Vous,
Vous n'appréciez sûrement pas tout le monde.
Il y a sûrement des personnes de votre entourage que vous n'appréciez pas,
Même des personnes de votre famille.
Le caractère,
Les affinités,
Les centres d'intérêt,
Ça ne se commande pas.
Donc,
Donnez-leur aussi ce droit,
Ce droit de ne pas aimer son frère ou sa sœur.
Et ils ont le droit de dire que leurs frères ou leurs sœurs les agacent,
Qu'ils sont pénibles,
Qu'ils voudraient qu'ils ne soient pas là.
Je comprends que ça ne vous fasse pas plaisir,
Mais ils ont le droit de ressentir de la haine,
Ou de l'indifférence d'ailleurs,
Envers leurs frères ou sœurs,
Et surtout,
Ils ont le droit de le dire.
Il vaut mieux d'ailleurs que ce ressentiment soit exprimé,
Plutôt qu'il soit enfoui.
Je préfère toujours que les enfants s'expriment,
Plutôt qu'ils se taisent.
Le deuxième point,
C'est « donner pareil,
C'est donner moins ».
Alors,
Quand j'ai lu ça dans le livre de Adèle Faber et Hélène Masselich,
Je me suis dit « mais comment ?
Donner pareil,
C'est justement pareil,
C'est le propre de l'équité ».
Et ensuite,
En lisant leur exposé,
J'ai compris.
J'ai compris que nous,
Nos enfants,
Tout le monde,
Nous ne voulons pas être aimés,
Car nous sommes la copie conforme de quelqu'un d'autre.
Nous voulons être aimés pour ce que nous sommes nous,
C'est-à-dire un être unique.
Et c'est exactement pareil pour nos enfants.
Si vous partagez un gâteau entre vos deux enfants,
Les parts ne seront pas exactement égales,
Et ça pourrait créer une dispute entre les deux enfants,
Parce que l'un d'entre eux aura reçu une plus petite part que l'autre.
La demande de l'enfant qui râle cache en réalité un besoin.
Il peut avoir encore faim,
Et donc vous pouvez lui proposer autre chose à manger.
Plutôt que de lui dire « écoute,
C'est quasiment pareil,
Contente-toi de cette part ».
Tout n'est pas une question de moins,
Plus ou égal,
Mais tout est une question d'assouvir un besoin.
Si l'un de vos enfants a besoin un peu plus de vous,
Accordez-le lui.
Si l'un de vos enfants a plus faim que l'autre,
Rajoutez une portion.
Et surtout,
Vos enfants ne veulent pas être aimés de la même façon.
Ils veulent être aimés pour leur unicité.
Donc ne leur dites pas « le cœur de maman est assez grand pour vous tous ».
Ce n'est pas tout à fait vrai.
Est-ce que vous aimez autant deux choses identiques ?
Alors,
Je vais prendre un exemple de paire de chaussures,
Et c'est un exemple qui est quand même assez misogyne,
Je m'en rends compte,
Mais c'est assez simple.
Qu'est-ce que vous ressentiriez si vous aviez deux paires de chaussures identiques ?
Ça ne sert à rien,
N'est-ce pas ?
Mais si vous avez deux paires de chaussures assez semblables,
Mais avec quand même des différences,
Et que vous pourriez porter celle-là avec tel pantalon et l'autre paire avec telle robe,
Par exemple.
Là,
C'est différent.
Bon,
J'arrête avec cette métaphore douteuse.
Tout ça pour vous dire que vos enfants sont uniques,
Même s'ils sont très semblables.
Donc,
Dites-leur que vous les aimez parce que ceci ou parce que cela.
Vous pouvez leur dire que vous les aimez parce qu'ils sont eux-mêmes,
Parce que personne d'autre dans le monde n'est comme eux,
Avec leur sourire,
Leur réaction,
Etc.
Le troisième point,
C'est ne donnez pas d'étiquette à vos enfants.
Alors,
Les étiquettes,
J'en ai déjà largement parlé dans l'épisode 7,
Qui s'appelle les étiquettes.
J'avais expliqué que lorsqu'on donne une étiquette à un enfant,
Lorsqu'on lui donne un rôle,
Il a tendance à rester dans ce rôle,
À être enfermé dans cette étiquette.
J'avais parlé de l'étiquette du méchant,
Du timide,
Du sage,
Etc.
Et j'avais rapidement évoqué celle de l'ordre de la fratrie,
Le grand frère ou la grande sœur,
Celle ou celui du milieu,
Le petit dernier ou la petite dernière.
Ce sont également des étiquettes.
J'en profite pour parler également de comparaison entre frères et sœurs.
Comment ton frère arrive à ranger ses chaussures alors que toi,
Tu en es incapable ?
Tu t'appliques bien mieux que ta petite sœur.
Ce mécanisme de comparaison vise à souligner le comportement approprié que l'un de vos enfants a et pour que l'enfant qui ne fait pas ce que vous souhaitez qu'il fasse prenne exemple sur l'autre.
Je dirais que ça part d'un bon sentiment.
Mais celui qui se fait critiquer,
Ne pensez-vous pas qu'il va en vouloir à son frère ou à sa sœur ?
Un peu comme à l'école où lorsque le bon élève répond à toutes les questions.
Les élèves moins bons se sentent idiots.
Et l'un tel autre service donc,
Celui qui sait tout,
Ne le fait sûrement pas exprès pour que les autres se sentent idiots.
Mais malgré lui,
Il renvoie aux autres l'image de leur ignorance et de leurs valeurs moindres.
Puisqu'à l'école,
On a autant de valeurs qu'on a de connaissances.
Comment alors ne pas détester l'un tel autre ?
De la même manière,
Comment ne pas détester son frère ou sa sœur qui fait tout mieux que soi ?
Sortez de ce mécanisme.
Les relations entre frères et sœurs en seront largement apaisées.
Alors comment faire ?
Adèle Faber et Hélène Maslich nous conseillent de constater simplement ce qui se tient devant nous,
Que ça nous convienne ou pas.
Au lieu de Ou Je conçois que ce ne sera pas évident et que c'est une nouvelle habitude à prendre.
Surtout si vous-même vous avez été élevé ainsi.
Mais c'est vraiment très important.
Faites l'essai et constatez ce qui se passe.
Et enfin,
Le quatrième point,
C'est comment gérer les disputes.
Quand vos enfants se disputent,
J'imagine que ça arrive assez souvent,
Pour des affaires d'état telles que « ce cube-là était à moi » ou « elle m'a piqué mes crayons de couleur »,
Comment réagissez-vous ?
Est-ce que vous prenez parti ?
Est-ce que vous réprimandez le bourreau et que vous consolez la victime ?
Est-ce que vous donnez raison à l'un et tort à l'autre ?
Si vous faites ça,
C'est votre fonctionnement par défaut et sûrement un comportement que l'on vous a montré lorsque vous vous disputiez avec vos frères et sœurs étant petits.
Mais ce comportement ne fait qu'exacerber les tensions,
Tout comme les comparaisons.
Aux yeux d'enfants qui se disputent,
Si l'adulte intervient et qu'il donne raison à l'un,
L'autre se sentira forcément lésé et il n'aura qu'envie de se venger.
Résultat,
Les tensions sont un peu plus fortes qu'avant.
Adèle Faber et Hélène Maslich proposent une autre façon de faire que je trouve efficace.
Je l'utilise moi-même quotidiennement.
Lorsque des enfants se disputent,
Aidez-les à trouver des solutions à leurs problèmes.
Bien sûr,
Il faut prévenir du danger et fixer des limites,
Mais ça,
Vous le faites en permanence,
Pas seulement quand il y a une dispute.
Il s'agit du cadre que vous fixez de façon permanente.
Et pour cela,
Je vous renvoie à l'épisode 8,
Dans lequel je vous parle justement du cadre.
Vous pouvez aussi intervenir pour séparer les enfants,
Ce qui leur permet de prendre un temps de pause.
Toi,
Tu vas dans telle pièce,
Et toi,
Dans l'autre,
Sans privilégier personne.
Si l'objet de la dispute était qu'ils voulaient tous les deux aller dans une pièce,
Si vous ordonnez à l'un d'entre eux d'aller dans cette pièce,
Forcément,
Ça va l'avantager et vous aurez raté votre désir d'impartialité.
Mais pour le reste,
Laissez-les se débrouiller.
C'est une super compétence à avoir et à enseigner.
Deux personnes veulent des choses différentes,
Sinon,
Il n'y aurait pas de désaccord.
Comment faire ?
Quels compromis peuvent-ils trouver ?
Quelles concessions peuvent-ils faire ?
Et pour cela,
Rappelez les faits.
Je vous donne un exemple qui sera sûrement plus parlant.
Louis,
Tu veux le crayon de couleur rouge pour colorier les pommes de ton arbre.
Et toi,
Mathilde,
Tu le veux aussi pour colorier les pétales de ta fleur.
Comment pouvez-vous faire ?
Alors,
Selon l'âge des enfants ou leur créativité,
Ils vous répondront avec des idées,
Ou alors,
Ils vont vous dire,
Je ne sais pas,
Et ce sera à vous de les proposer.
Par exemple,
Les pommes et les pétales ne sont pas forcément rouges.
De quelle autre couleur vous pouvez les colorier ?
Voilà,
Donc c'est ces quatre points que je voulais revoir avec vous.
Le premier point,
C'est donner leur le droit de ne pas aimer son frère ou sa sœur et de l'exprimer.
On n'aime pas forcément tout le monde et l'amour ne se commande pas.
Même si ça vous fait de la peine et même si vous voudriez que vos enfants s'aiment,
Ce n'est pas une obligation et ils ont le droit de l'exprimer.
Au contraire,
Lorsque vous leur donnez le droit de dire qu'il ou elle n'aime pas son frère ou sa sœur,
Ils vont se sentir beaucoup plus compris et ils vont être sûrs de votre soutien.
Le second,
C'est donner pareil,
C'est donner moins.
Il y a toujours l'idée de besoin derrière une demande,
Donc assouvissez le besoin.
Ensuite,
Ne donnez pas d'étiquette à vos enfants.
Je vous renvoie à l'épisode 7 pour plus de détails sur ce sujet.
Et je vous disais qu'il fallait éviter les comparaisons entre frères et sœurs.
Et enfin,
Comment gérer les disputes ?
Posez un cadre,
Des limites,
Les dangers.
Vous pouvez séparer les enfants,
Mais surtout vous les aider à trouver une solution entre eux pour qu'ils puissent trouver une solution à leurs problèmes ensemble.
Personnellement,
J'ai lu ce livre il y a quelques années et j'utilise toutes ces techniques dont je viens de vous parler au quotidien.
Je ne dis pas qu'il n'y a aucune dispute,
Ça c'est sûr,
Il y a forcément des désaccords qui naissent,
Mais c'est plutôt bien géré et ça ne tourne pas en pugilat.
Après,
Mes enfants ont 6 et 3 ans,
Donc encore une fois,
Je pense que c'est plutôt à l'adolescence que ça va être un peu plus violent.
Mais déjà,
Là,
Les disputes sont là et ils apprennent à les gérer ensemble.
Donc je me dis que pour l'avenir,
C'est plutôt positif.
Je vous conseille vivement d'essayer tout ça.
Et surtout,
Dites-moi si vous rencontrez des difficultés que je n'aurais pas évoquées dans cet épisode.
À mardi prochain !
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