
L’ego, prédicateur de chaos
Et si votre ego n’était pas votre ennemi… mais un protecteur un peu trop zélé ? Dans cet épisode, Johan explore le fonctionnement du mental et ses scénarios catastrophes, pour apprendre à reprendre une posture d’observateur et redevenir acteur de ses pensées.
Script
Bonjour,
Bienvenue dans le bien-être se pratique,
Petit partage d'expérience.
Je suis Johan Bréant et aujourd'hui nous allons rencontrer un compagnon que nous connaissons tous très bien,
L'ego.
L'ego ou le mental,
C'est cette petite voix dans notre tête qui commente tout,
Souvent avec une certaine tendance à la critique et à l'exagération.
Rien n'est jamais assez bien,
Tout peut devenir un danger.
Avec lui,
Il n'y a pas vraiment de juste milieu,
Il fonctionne dans l'extrême.
Et pourtant,
Cet ego n'est pas là pour nous nuire,
C'est un agent profondément dévoué à notre cause,
Simplement un agent un peu trop zélé.
Pour mieux comprendre,
Imaginons quelque chose.
Imaginons que nous sommes un état,
Un pays indépendant.
Comme tout pays,
Nous avons différents ministères pour fonctionner et parmi eux,
Un ministère essentiel,
Celui de la défense.
L'ego s'y agit là,
Plus précisément dans une cellule très particulière,
Le service de renseignement.
Son rôle,
Observer,
Analyser,
Anticiper.
Il collecte des données,
Archive nos expériences passées,
Fait des liens et surtout,
Il imagine des scénarios,
Souvent les pires.
Pourquoi ?
Parce que sa mission n'est pas de nous rendre heureux,
Sa mission c'est de nous maintenir en sécurité.
Alors il anticipe le danger,
Il amplifie les risques,
Il prévoit des issues de secours,
Mais à force de vouloir nous protéger,
Il finit par prendre le pouvoir.
Il ne consulte plus,
Il décide.
On pourrait dire qu'il fonctionne en mode coup d'état permanent.
Et dans cet état,
Il devient une sorte de dictateur intérieur,
Sa vision devient la seule réalité possible.
Nous voilà alors pieds et poings liés à ses prédictions et cette catastrophe qu'il imagine.
Et cette catastrophe qu'il imagine devient à nos yeux inévitable.
Avez-vous déjà ressenti ça,
Cette impression que ce qu'il annonce va forcément se produire ?
Pour ma part oui,
Mais si l'on regarde les faits,
Combien de ces scénarios se sont réellement réalisés ?
Le soleil est-il sorti de son orbite pour s'écraser sur la terre ?
Le pire s'est-il produit ?
Dans la grande majorité des cas non,
Car l'égo n'est pas un oracle,
C'est un système de protection.
Il imagine le pire parce que c'est sa fonction,
Mais cela ne veut pas dire qu'il a raison.
Alors,
Si cet agent a pris le pouvoir,
Comment reprendre la main sans entrer en guerre contre lui ?
Parce que c'est souvent là que tout se complique.
Nous croyons qu'il faut faire taire cette voie,
La combattre,
La faire disparaître.
Mais ce serait une erreur.
Un chef d'état ne combat son service de renseignement,
Il l'écoute,
Puis il décide.
Ce qui pose problème ce n'est pas que l'ego parle,
C'est que nous avons appris à lui obéir automatiquement.
La première étape c'est simplement ça,
Reprendre une position d'observateur,
Se rendre compte que ce que nous entendons est une hypothèse,
Pas une réalité.
Notre agent de renseignement a un mode particulier,
Le mode alerte maximal.
C'est là qu'il dramatise,
Généralise,
Imagine des scénarios catastrophes.
En psychologie,
On parle de biais de négativité et d'hypervigilance.
À ce moment-là,
Il ne ment pas,
Mais il déforme.
Reprendre le pouvoir ce n'est pas dire c'est faux,
C'est plutôt demander est-ce que c'est certain ?
C'est une nuance essentielle.
Nous passons de la croyance automatique à une évaluation consciente.
Et surtout,
Cet agent n'a pas besoin d'être réduit au silence,
Il a besoin d'être rassuré.
Parce qu'au fond,
Il agit comme s'il était seul responsable de notre survie.
Alors,
Nous pouvons lui dire intérieurement,
Merci pour l'information,
J'ai entendu,
Je vais m'en occuper.
C'est simple,
Mais extrêmement puissant.
Dans notre système intérieur,
Il y a une place qui a été oubliée,
Celle d'être le décideur conscient.
Le chef d'état,
Ce n'est pas l'égo,
C'est notre conscience,
C'est nous.
Et elle fonctionne différemment.
Elle observe,
Elle nuance,
Elle choisit,
Elle ne réagit pas dans l'urgence.
Alors non,
Notre monde ne va pas s'effondrer demain.
Mais surtout,
Nous ne sommes pas obligés de vivre sous un régime intérieur autoritaire.
Nous pouvons changer de gouvernance,
Passer d'un système dirigé par la peur à un système guidé par la conscience.
Et cela ne demande pas de tout transformer.
Juste un premier geste,
Observer et choisir à nouveau.
Merci de votre écoute et surtout,
Restez aux commandes.
Rencontrez votre professeur
5.0 (6)
