
Podcast #15 : Il est ou le bonheur ?
Podcast MEDITER TOUT SIMPLEMENT Je vous propose dans ces mini-podcasts d'un format court des réflexions à la fois légère et aussi parfois profondes. L'intention est de soutenir celle et ceux qui sont sur le chemin de la pratique méditative ;-) Merci pour vos encouragements et vos donations, c'est une partie importante de mon gagne pain ;-)
Script
Bonjour et bienvenue dans ce podcast dont le nom est Il est où le bonheur,
Il est où.
Je te souhaite une belle journée.
Je te souhaite de passer de bonnes vacances.
J'espère que les choses se passeront bien pour toi.
J'espère que tes vacances ont été douces,
Agréables.
A bientôt,
Belle journée,
Bonne soirée.
Toutes ces phrases,
Parfois prononcées de façon automatique ou sincère,
Ont attiré mon attention.
J'ai le sentiment qu'elles comportent toutes quelque chose de commun et de tellement énorme que cela n'est plus vu,
Comme un éléphant dans une pièce que personne ne voit,
Comme le bruit du moteur du frigo dans la cuisine qu'on ne remarque qu'une fois qu'il s'arrête.
Toutes les phrases signifient selon moi de manière différente qu'on souhaite le meilleur à nos proches,
Aux gens qui nous entourent quand on se sépare,
Peut-être juste pour quelques heures ou une nuit,
Quelques jours,
Peut-être pour quelques mois ou alors lorsqu'ils reviennent de vacances ou d'un voyage.
Tout cela semble porté,
Tout cela semble comme marqué d'un saut,
D'une intention,
D'un souhait que l'autre rencontre des choses agréables.
À regarder de plus près encore,
À l'intérieur de ce saut,
Il y a cette connotation invisible que finalement le bonheur réside dans le fait de rencontrer des choses douces.
C'est très chouette de souhaiter le bien aux gens qu'on aime,
De faire preuve de bienveillance.
Je ne suis pas en train de dénoncer ça.
À la fois c'est magnifique,
C'est plein de compassion,
Plein d'amour,
Ça semble être de bon sens et ça l'est,
De souhaiter le meilleur pour nos proches,
C'est vraiment chouette.
Nous sommes nous-mêmes un exemplaire de l'espèce humaine et nous fonctionnons de la même manière.
Nous recherchons douceur et joie alors nous le souhaitons aux autres,
C'est normal à vrai dire.
Et aussi il y a quelque chose qui cloche dans cette affaire,
Quelque chose autour de cette conditionnalité invisible.
Il faut rencontrer la douceur,
La beauté du moment pour accéder au bonheur.
Il y a là quelque chose qui cloche depuis ma compréhension de la psychologie bouddhiste et des travaux autour de la mindfulness,
De la pleine conscience,
De la physiologie du stress.
Pourquoi ça cloche ?
Il me semble que cela cloche parce qu'inexorablement,
Vu de l'expérience humaine,
Il va y avoir des choses qui grattent.
Où que nous soyons,
Dans un spa,
Une promenade en forêt,
Sur la plage,
En visite touristique ou dans un projet professionnel,
Inexorablement la perception du désagrément va arriver,
C'est inévitable,
De par la simple condition humaine.
Je m'explique.
Il s'agit en fait du simple fait que nous soyons dotés de capteurs qui ont pour raison d'être de remarquer le différentiel d'un confort.
Non pas d'un confort absolu,
Mais le différentiel d'un confort,
Un radar qui cherche la petite bête.
On ne sait jamais.
Où que nous soyons,
Il y a un logiciel qui nous dit qu'il faudrait avoir un peu plus,
Qu'il faudrait avoir autre chose pour être bien,
Il faudrait avoir plus doux,
Plus beau,
Et ou l'avoir plus longtemps,
En voilant d'ailleurs parfois la beauté de ce qui est déjà là.
Par conséquent,
Les souhaits de bonne journée nous invitent à rencontrer les choses agréables,
Et tout le temps.
Ce souhait serait voué à ne pas être exaucé,
Non pas qu'il n'y ait pas d'événement agréable dans nos vies,
Non pas qu'il n'y ait pas de douceur,
Non pas qu'il n'y ait pas de beauté dans la vie de la personne à qui on le souhaite,
Mais parce que le capteur qui a été offert à l'être humain pour survivre dans la jungle et la dureté de la vie à l'époque de nos ancêtres homo sapiens,
Et bien ce capteur fait que,
De toute manière,
Il va y avoir la perception de rugosité,
De la perception de dureté,
D'inconfort ou de pas assez ou pas assez longtemps.
Ceci est aussi inexorable que normal,
Adaptatif et inconscient.
À vrai dire,
En soi ce n'est pas un problème.
C'est même encore aujourd'hui très utile dans certaines circonstances.
C'est le caractère systématique et automatique qui peut parfois rendre ce dispositif problématique,
Limitant,
Autodestructeur d'une certaine manière.
Naturellement,
La question qui naît de ce raisonnement est,
Il est où le bonheur ?
Il est où,
Comme dirait Christophe Mahé,
Le chanteur ?
Il est où le bonheur ?
Il est où,
Si de toute manière aussi douce et voluptueuse sont mes conditions de vie ?
Mes capteurs,
Lassés,
Blasés de cette volupté,
Cherchent l'imperfection de la situation,
Voire sont stimulés par la prévision,
L'anticipation de la fin de cette volupté.
Il est où le bonheur ?
Il est où,
S'il n'est pas dans cette volupté,
S'il n'est pas non plus dans cet inconfort qu'on recherche inlassablement et avec acharnement à éviter ou à anéantir.
Mon ami,
Je te souhaite des vacances,
Je te souhaite une journée,
Je te souhaite un voyage,
Je te souhaite une soirée,
Une semaine,
Un moment,
Non pas un bon moment,
Non pas une bonne semaine ou un bon voyage,
Finalement l'invitation,
Vu de cette perspective,
De cette sagesse potentiellement cachée dans cette psychologie bouddhiste,
Dans cette pleine conscience laïque,
Finalement l'invitation serait de vivre chaque moment en devenant l'observatrice,
L'observateur des moments qui passent les uns après les autres.
Devenir l'observatrice,
L'observateur des circonstances et de la relation que nous avons avec ces circonstances.
De devenir consciente et conscient du jugement d'appréciation de ce moment agréable,
De ce jugement d'évitement,
De cet évêtement désagréable et alors cultiver une forme de désobéissance biologique qui nous ouvre la porte à une autre façon d'être au-delà de la quiétude et de l'inquiétude,
Comme le nomme un enseignant charge nous.
Juste être moment après moment,
Juste être avec.
Pourrions-nous apprendre à rester avec les choses telles qu'elles sont dans le moment ?
Voilà toute l'invitation de mon point de vue,
Fort de mon regard sur ces sagesses ancestrales et que la science contemporaine tente de documenter et d'expliciter.
Peut-être est-ce une voie possible vers une autre humanité qui libérerait alors de notre empreinte égotique la surface de nos relations et celles de la planète.
Si de cette réflexion pouvait naître une proposition,
Elle serait non pas de comprendre ou de croire cette hypothèse,
Mais simplement le temps d'un instant de prendre le doux risque de ne rien faire,
Ou plus précisément de ne rien faire et de le savoir moment après moment.
Je ne parle pas ici de subir notre vie ou de se résigner.
Je ne parle pas non plus d'une posture intellectuelle.
Je parle d'observer et d'accepter radicalement ce qui est dans l'instant,
Par le corps et dans le corps,
Et alors trouver de l'apaisement dans le non-rejet,
Dans l'absence de non-acceptation,
Pour laisser émerger un geste juste,
Une parole juste.
Oui,
C'est contre-intuitif.
Oui,
Cela peut être rugueux,
Peut générer de la peur,
De l'incompréhension.
Mais de là où je suis,
De mes propres expériences,
C'est dans cet espace que réside la porte.
Alors,
En respectant nos limites,
Voyons comment on peut cultiver ceci dans les prochains petits moments imparfaits de notre mieux.
Prenez soin de vous,
À bientôt.
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4.7 (12)
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