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Plonger dans les Upanishads. Médidation Eternel Premier Jour

by Pia Le Cannu

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Évalué
4.3
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Méditation
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36

Pia le Cannu propose une méditation qui s’émancipe des échelles temporelles de nos vies particulières. On s’ouvre au Soi, à Cela, au Toujours-déjà-là. Equilibre entre ce qui relève de l’intemporel et ce qui pulse dans notre corps éphémère, cette méditation éclaire cette part vive en nous, intime au coeur de l’intime, qui ne nous appartient pas.

Script

Éternel premier jour Prends assise dans un tailleur confortable.

Dépose tes deux mains là où se croisent tes chevilles.

Le dos d'une de tes mains logée dans le creux de la paume de ton autre main.

Pousse au contact l'un de l'autre.

Ferme tes yeux et initie une respiration océanique,

Aussi nommée respiration Ujjayi,

Haut de la gorge légèrement restreinte.

Ton inspiration et ton expiration se font désormais par le nez et accompagnent le son de l'océan.

Rien n'est forcé.

Ta respiration se ralentit naturellement.

Les vagues qui s'enroulent à l'inspiration remplissent tes poumons d'un air frais et déroulent à l'expiration une brume d'embrun.

Par ce souffle,

Tu commences à entrer en harmonie avec un horizon,

Un paysage à perte de vue,

Constant dans son mouvement.

Durant toute la pratique,

Observe cette même respiration.

Aucun compte,

Aucune suspension ne sont nécessaires.

L'unique modification se situe dans le haut de ta gorge,

Légèrement restreinte.

Bassin déposé en terre,

Tes jambes ancrent ta stabilité.

La circonférence de ton assise devient dense dans sa présence.

Une densité dans le dedans de ta chair,

Dans ses pourtours,

Et peu à peu l'au-delà des contours de ton corps,

Juste ici,

Présent.

Les frontières s'effacent.

Tu deviens totalité,

Faite de matière et de vide.

Toi et le tout autour,

Unis.

Ton buste,

Quant à lui,

Est souple,

Mue par les mouvements de ta respiration,

Ondulations rondes,

Subtiles et constantes.

Un buste est un diaphragme,

Un océan,

Océanique.

Peu à peu,

Ouvre-toi la possibilité de ce qui n'a ni commencement,

Ni fin.

Émancipe-toi du compte du temps.

Tes souffles,

Comme une danse éternelle qui ne t'appartient pas.

S'immiscent alors en toi la possibilité d'une liberté,

Hors des échelles temporelles de nos vies,

Hors de toute biographie,

Hors de toute généalogie.

Dans ce souffle commun,

Propre à la vie,

Tu fais de l'expérience,

Même rien qu'un instant.

Un instant de l'intemporel.

Ressens ton corps comme un point de passage,

Animé par le souffle vital.

Tu es respirant et respiré.

Souffle lent,

Stable,

Posé.

Vague qui s'enroule dans le creux de ton inspire et se déroule,

Apaisée dans ton expire.

Puis perçois,

Sans prendre garde,

Que tu entres en amitié avec ce qui n'a pas de communes mesures.

Laisse-toi verser au-delà de ce qui s'entend et de ce qui s'évalue.

Souffle tranquille,

Corps élancé,

Socle bien ancré.

Tu accueilles petit à petit l'incommensurable.

Goûte au parfum des temps immémoriaux,

Comme un éternel premier jour.

Tu glisses en un temps et en un lieu sur lesquels nul n'a d'emprise.

Plus grand que l'espace,

Plus grand que tous les êtres.

Tu es au contact d'une vérité muette et impalpable.

Et c'est bien depuis tes cycles de respiration que tu accèdes à l'intime de ton intime.

Conjonction de toi,

Incarnée juste ici,

Et du moi,

Principe supérieur qui t'embarque dans son toujours déjà là.

Ce moi,

Avec un grand M,

On le nomme aussi cela.

Tu es cela.

T'advins ma scie.

Au-dedans de toi,

Tu fais place à un principe impersonnel,

Éclatant et immuable,

Qui porte le nom d'Atman.

Inspire par le nez,

Expire par la bouche.

Palme de tes pieds,

Naissance de tes cuisses,

Bassin,

Bercé par le sentiment océanique.

Pli de tes coudes,

Paume de tes mains,

Creux des clavicules,

Haute de l'infini.

Sommet de ton crâne,

Couronnée de lumière.

À nouveau,

Inspire par le nez,

Expire par la bouche.

Encore dans ce même temps suspendu,

Voyage une main sur ton cœur,

Puis déplace ton autre main jusqu'à la portée devant toi,

À hauteur de ton épaule,

Et présente sa paume face au monde.

Pour la première,

Contact paume à peau,

Paume à cœur,

Sa chaleur,

Sa sincérité.

Et ton autre main,

Tenue en signe de salut,

Demeure sans crainte.

Tes mains ainsi portées observent un temps de silence,

Présence vive.

Enfin,

Pour compléter cette pratique,

Chantons trois sons M ensemble,

Dont la vibration est le souvenir du désir,

Du mouvement,

De se mettre en mouvement,

De la matière,

De devenir matière,

Au premier jour de l'univers.

Inspire.

Dans le silence revenu,

Vibration qui persiste,

Prends tout ton temps pour ouvrir tes yeux.

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