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L'accueil des émotions (4)

by Juliette Serceau

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Comment réagissez-vous lorsque votre enfant tombe, se cogne, bref se fait mal et finit en larmes ? Est-ce que vous lui dites « ce n’est rien » ? Imaginez-vous, maintenant. Vous avez froid, vous l’exprimez et quelqu’un vous répond « non, il ne fait pas froid ». Comment vous sentez-vous alors ? Nier le fait d’avoir mal ou froid, c’est nier l’expérience de l’autre, son ressenti, qui, lui, n’est pas feint. Dans l’épisode de cette semaine, je vous explique pourquoi il est important d’accueillir nos émotions

Script

Bonjour,

Je suis Juliette Cerceau,

Je suis coach de vie et coach parentale.

Je suis ravie de vous accueillir sur la boîte à outils des parents.

C'est le podcast dédié aux parents qui vous donne des outils concrets,

Applicables facilement et immédiatement pour vivre une parentalité plus épanouie.

Aujourd'hui,

Nous allons parler de l'accueil des émotions de nos enfants.

Voici la scène.

Votre enfant court puis tombe.

Il se relève difficilement en pleurant et en regardant ses mains meurtries.

Que pensez-vous à ce moment-là ?

Que lui dites-vous ?

Est-ce que vous pensez « Ah ben fallait bien que ça arrive » ou « Oui moi aussi je suis déjà tombé et je suis pas mort pour autant ».

Est-ce que vous lui criez de loin « C'est rien relève-toi,

Arrête de pleurer t'as rien ».

Ensuite vous vous approchez de lui,

Vous lui tapotez les mains pour enlever la terre ou la poussière,

Puis vous lui dites « Si t'as mal,

Il faut couper ».

« Arrête de pleurer t'as rien ».

Et vous pouvez même rajouter un « Les garçons ça ne pleure pas,

Regarde,

Est-ce que papa pleure ».

J'en fais un peu des caisses mais c'est pour être un peu drôle.

Si vous vous reconnaissez dans cette description,

En tant que parent aujourd'hui ou en tant qu'enfant que vous étiez,

Attendez un peu la suite.

Je vous décris une nouvelle scène.

C'est vous qui en êtes le personnage principal.

Vous êtes adulte et vous avez passé un examen scolaire on peut dire,

Qui va vous permettre d'avoir une nouvelle qualification.

Ou alors vous avez demandé une augmentation à votre responsable hiérarchique,

Ou vous avez candidaté à un poste,

Ou encore vous vous êtes engagé dans une compétition sportive.

Vous pouvez prendre n'importe quel exemple de souhait,

De désir,

D'objectif que vous vous êtes fixé et qui vous tient vraiment à cœur.

Peut-être que vous vous êtes investi dans l'atteinte de cet objectif,

Dans la réalisation de ce souhait.

Vous avez sacrifié des moments à réviser,

À vous entraîner ou à travailler dur et vous pensez qu'une fois que vous aurez ce que vous voulez avoir,

Que vous aurez accompli ce que vous voulez accomplir,

Votre vie sera différente.

On pourra d'ailleurs reparler dans un prochain épisode de l'illusion que c'est d'attendre qu'un événement se produise pour ressentir les émotions que l'on croit que l'on va ressentir à ce moment-là,

Mais ça n'est pas le sujet aujourd'hui.

Et patatras,

Vous n'y arrivez pas.

Vous n'êtes pas retenu au poste que vous convoitiez.

Vous n'avez pas les points nécessaires pour valider la qualification que vous vouliez obtenir ou pour réussir votre objectif sportif.

Vous n'avez pas l'augmentation que vous vouliez avoir,

Bref,

C'est la cata.

Là,

J'imagine que vous vous sentez déçu,

Triste,

Désespéré.

Peut-être que vous êtes en colère contre vous-même de ne pas avoir réussi.

Peut-être que vous êtes en colère contre les autres de ne pas vous avoir accordé ce que vous souhaitiez.

Peut-être que vous vous sentez coupable,

Peut-être que vous vous reprochez de ne pas avoir assez travaillé,

De ne pas vous être assez entraîné.

Peut-être que vous vous sentez débordé par toutes ces émotions et vous vous mettez à pleurer.

Et là,

Une personne importante de votre vie,

Ça peut être votre conjoint ou votre conjointe si vous en avez un ou une,

Un ou une amie,

Un parent,

Qui vous dit « bah c'est pas grave,

C'est rien,

Faut pas être déçu pour ça,

Il y a des choses plus graves dans la vie ».

Que pensez-vous à ce moment-là ?

Moi,

Je pense que vous accueillez ça comme une douche froide.

Vous vous dites « non mais attends,

C'était super important pour moi ça et j'ai pas réussi,

Je n'ai pas obtenu ce que je voulais.

Je suis hyper déçu,

J'avais prévu plein de choses une fois que j'aurais réalisé ça et voilà que tout s'envole ».

En fait,

Il ne me comprend pas du tout,

Il n'a absolument pas conscience de ce que ça aurait signifié pour moi d'avoir ça.

Vous vous sentez incompris,

Vous sentez que vos émotions sont bafouées par l'autre,

Comme si ça ne valait même pas la peine de les ressentir.

Je le répète parce que c'est hyper important,

Comme si ça ne valait même pas la peine de ressentir les émotions que vous ressentez.

Alors que pourtant c'est votre réalité,

Vous ressentez ces émotions.

J'ai un autre exemple en tête qui m'arrive tout le temps et qui est bien plus léger que la situation que je viens de décrire.

C'est le « j'ai froid » que je dis souvent parce que je suis hyper frileuse.

Et là mon conjoint,

La plupart du temps mais ça arrive avec n'importe qui d'autre,

Sort un « bah non il fait pas froid ».

Ok mais moi j'ai froid,

Je sais que j'ai froid quand même.

Alors qu'à l'inverse quand les autres ont chaud,

Mon conjoint également car nous n'avons pas du tout la même appréciation de la température.

Donc lui il a chaud,

Moi je suis bien.

Il se plaint qu'il a chaud,

Jamais je ne dirai « bah non il fait pas chaud ».

Lui il a chaud,

Ok,

Moi je suis bien,

Donc je réponds que je suis bien.

Nier le fait d'avoir froid ou chaud d'ailleurs,

C'est nier l'expérience de la personne,

Son ressenti,

Qui n'est pas fin,

Il est bien réel pour la personne qui l'expérimente.

Vous pouvez tout à fait ne pas avoir le même point de vue,

Mais ce n'est pas pour autant que ça n'existe pas pour l'autre personne.

Vous comprenez sûrement mieux maintenant ce que votre enfant ressent quand il exprime une émotion et que vous lui dites « non on sait rien ».

Alors j'ai pris l'exemple de la douleur parce que c'est plus parlant,

Mais c'est pas tout à fait une émotion.

L'émotion serait plutôt la peur,

La frustration,

La déception que l'enfant a ressenti induit par cette chute.

Mais ça fonctionne avec toutes les émotions,

Que l'enfant soit triste,

Déçu,

Désemparé,

En colère,

Ça fonctionne.

Lorsque l'émotion survient et que vous dites « c'est bon arrête » ou « c'est rien »,

Vous lui refusez le droit de ressentir ces émotions.

Comme quand vous n'avez pas l'augmentation que vous vouliez et qu'un proche vous dit « c'est bon c'est rien ».

Quand l'enfant pleure,

En général,

Il pleure car il ressent quelque chose.

Ça peut être de la douleur,

De la peur,

De la frustration.

Essayez de comprendre pourquoi et s'il n'a pas les mots,

Nommez l'émotion pour lui.

Si vous ne savez pas exactement quelle émotion viser,

Proposez-lui et vous ajustez en fonction de ses réponses.

J'en profite pour vous préciser que savoir accueillir les émotions passe avant tout par savoir nommer l'émotion ressentie très justement.

Ce n'est pas seulement de la colère ou de la tristesse,

Mais certainement des nuances de ses émotions principales.

C'est la raison pour laquelle j'ai élaboré une liste d'émotions que je vous mets à disposition lorsque vous vous abonnez à la newsletter.

Alors ça fait.

Ah oui,

Ton copain ne peut pas venir car il est malade.

Tu es déçu car tu pensais passer tout l'après-midi avec lui.

Peut-être que tu es triste aussi car tu aurais voulu lui raconter plein de choses.

En plus tu es fatigué donc ça augmente toute cette déception.

Quand il tombe et qu'il a l'air de s'être fait mal,

Vous pouvez lui dire Oh là là tu t'es fait mal et puis tu as eu peur aussi de te faire encore plus mal.

Et tu es sûrement déçu parce que tes pieds n'ont pas fait ce que ta tête voulait faire.

Je précise que quand les enfants tombent et pleurent un peu,

En général c'est parce qu'ils ont eu plus peur que mal.

Car quand ils ont vraiment vraiment mal,

Les pleurs ne sont pas du tout les mêmes.

Et alors les adultes qui sont autour vont réagir immédiatement.

Il ne faut pas en faire des tonnes non plus.

Vous nommez l'émotion que vous pensez que votre enfant ressent,

Mais ne restez pas bloqué dessus car il faut aussi aider votre enfant à passer à autre chose.

Une précision,

Il y a des enfants qui sont de véritables acteurs.

Ils vont tomber,

Pour continuer avec l'exemple de la chute,

Ils pleurent,

Voire ils hurlent,

Ça vous inquiète beaucoup.

Vous allez voir et vous voyez une égratignure ou même rien du tout.

Et pourtant l'enfant continue d'hurler.

Là il est très possible qu'il fasse ça par habitude,

Pour attirer votre attention ou la monopoliser.

A ce moment là,

Vous êtes en droit de lui dire stop.

Ça fait quelque chose comme,

Tu es tombé,

Tu as dû avoir peur et tu t'es fait un peu mal,

Mais un peu seulement.

Là je trouve que tu exagères,

Donc calme toi maintenant.

La difficulté va sûrement résider dans le fait de couvrir les cris de l'enfant à ce moment là.

Vous pourrez ensuite reparler de cette situation avec lui au calme.

Vous pourrez lui dire,

Tout à l'heure quand tu es tombé,

Tu as eu peur de te faire mal,

Tu as sans doute été déçu aussi et tu as eu mal,

Mais je trouve que tu as crié trop fort.

Tu peux manifester ta douleur,

Ta peur et ta déception,

Mais pas à ce point là.

Essaye de le dire avec des mots au lieu de crier.

Comme ça je pourrais mieux t'aider à passer ce mauvais moment.

Pourquoi accueillir les émotions de nos enfants après tout ?

Je suis prête à parier que vous,

Quand vous étiez enfant,

Les adultes autour de vous ne s'embêtaient pas à accueillir vos émotions.

On vous rembarrait avec rudez dans vos 22 et pourtant vous avez survécu.

Oui,

Vous avez survécu.

Mais est-ce qu'aujourd'hui,

Avec le recul que vous avez,

Vous sentez que c'était la bonne réponse ?

Est-ce que vous ne pensez pas qu'un peu plus de bienveillance,

D'écoute attentive n'aurait pas été de trop ?

Est-ce qu'aujourd'hui vous arrivez à accueillir vos émotions et à les gérer ?

Est-ce que vous savez les reconnaître avec justesse ?

Est-ce que vous ne souffrez pas de ressentir des émotions qui vous dépassent ?

Accueillir les émotions de vos enfants,

C'est leur éviter tout cela.

Accueillir les émotions,

Plutôt que de mettre un couvercle dessus et les laisser comme ça,

Ça va les aider à le faire eux-mêmes.

Progressivement,

Ils arriveront mieux à gérer leurs émotions.

Les émotions qu'ils vont ressentir toute leur vie.

Ça en fera des enfants plus à l'écoute de leurs ressentis et du ressenti des autres,

Et des adultes plus à même de gérer leurs émotions.

Des adultes qui ne se sentiront pas dépassés par des émotions trop extrêmes qui les attaqueront de plein fouet.

Et des adultes qui comprennent mieux ce qu'ils ressentent,

Ça fait des adultes plus équilibrés,

Plus heureux,

Plus en alignement avec eux-mêmes.

De plus,

On se laisse souvent guider par nos émotions,

Mais de façon subie.

Alors que lorsqu'on accueille nos émotions,

Lorsqu'on les comprend,

On peut s'en servir comme un GPS.

Nos émotions nous guident.

Si on ressent des émotions positives comme de la joie,

De l'amour,

De la gratitude,

De la plénitude,

Eh bien on continue à aller par là.

En revanche,

Si on ressent des émotions négatives,

Telles que de la peur,

De l'anxiété,

De la colère,

De la frustration,

De la déception,

C'est que quelque chose ne va pas en nous,

Et qu'il ne faut pas continuer à aller par là.

Je vous précise aussi que quand on met un couvercle sur des émotions,

Ou qu'on les cache sous le tapis,

Que ce soit les nôtres ou celles de nos enfants,

Ça ne fait pas disparaître l'émotion.

Surtout une émotion négative,

Puisqu'on fait ça plutôt avec les émotions négatives.

Je vais prendre en exemple la colère,

Qui est une émotion dévastatrice par excellence.

Si on se contient,

Elle reste.

Elle prend peut-être des formes différentes que la colère initiale,

Mais elle est toujours là.

Au contraire,

Il faut la gérer,

La comprendre.

Si nous sommes en colère,

C'est qu'il y a une raison,

Une raison profonde et un besoin qui n'est sans doute pas écouté.

Sachez enfin que nous,

Êtres humains,

Nous sommes censés pouvoir accueillir toutes les émotions de la palette des émotions.

Et il n'y a pas une émotion qui nous dépasserait,

Qui serait trop forte pour nous.

Non,

Nous sommes en mesure de ressentir toutes les émotions.

Et la bonne nouvelle,

C'est que si nous sommes en mesure de ressentir toutes les émotions,

Nous sommes également en mesure de les accueillir,

De les gérer,

Les comprendre de façon consciente.

Tout cela dans le but de nous sentir mieux en alignement avec nous-mêmes,

En compréhension avec les autres.

Enfin,

Sachez que nous sommes responsables des émotions que l'on ressent.

Lorsqu'une situation se présente,

Nous ne sommes pas obligés de nous mettre en colère,

D'être triste,

D'être déçu ou de rire.

Chacun réagit comme il veut.

Et j'utilise bien le terme vouloir,

Car les émotions que l'on ressent sont un choix,

Un véritable choix.

Il peut être inconscient,

Mais il n'en demeure pas moins que c'est un choix.

Donc quand notre enfant hurle alors qu'il n'a rien,

Nous pouvons faire le choix de ressentir de l'agacement,

De la déception,

Ou faire le choix de ressentir de la compassion,

De la bienveillance.

Alors pour résumer,

Accueillir les émotions est une façon de vraiment comprendre l'autre.

Nommer les émotions que les enfants peuvent ressentir a pour effet de leur apprendre à appréhender ce qu'ils ressentent,

Ce qui leur permet de mieux gérer leurs émotions.

C'est un apprentissage qui leur sera utile toute leur vie et que l'on peut commencer,

Nous,

Adultes.

Pour faire cela,

Je vous invite à repérer les moments conscients ou inconscients où vous interdisez à vos enfants de ressentir des émotions et à les rendre conscients.

Observez votre réaction la prochaine fois que votre enfant tombe,

Se cogne.

C'est très révélateur et je pense que c'est suffisamment fréquent pour que vous puissiez le repérer rapidement.

Observez quelle est votre réaction et votre piste d'amélioration en fonction de ce que je viens de vous dire.

Peut-être que vous n'en avez pas,

Et je vous en félicite,

Mais peut-être que vous en avez et il n'est jamais trop tard pour s'améliorer.

Et n'oubliez pas de travailler votre vocabulaire émotionnel grâce à la liste d'émotions que j'ai élaborée pour nommer plus justement l'émotion en question.

Vous retrouverez toutes les notions utiles sur le site internet BAO comme boîte à outils BAOdesparents.

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Enfin,

Sachez que si vous voulez progresser encore plus vite et de façon plus juste et efficace,

Je propose un accompagnement de coaching personnalisé que ce soit du coaching de vie ou du coaching parental.

Vous trouverez toutes les informations sur le site BAOdeL'Esprit.

Com A mardi prochain !

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