
La Marche Pour La Paix, Une Brève Histoire
by Janick
J'ai tout d'abord créé ce texte pour ma tante de 90 ans qui m'a initié à la philosophie bouddhiste. Sans accès aux médias sociaux, elle n'a pas pu suivre la Marche Pour La Paix qui s'est déroulée aux États-Unis entre octobre 2025 et février 2026. Je tenais à lui communiquer que quelque chose d'important se déroulait. C'est elle qui me recommande de diffuser ce texte avec notre communauté afin que d'autres personnes comme elle puissent savoir que la Paix est en marche!
Script
C'est avec beaucoup de plaisir que je partage avec toi le récit de cette fantastique marche.
Je crois humblement que c'est un point tournant dans l'histoire de l'humanité.
Si j'ai tort,
Qu'importe,
Ça l'est pour moi.
J'ai été informée de cette initiative par les médias sociaux.
Comme des millions de personnes sur la planète,
J'ai pu suivre presque pas à pas la marche.
J'ai écouté le message du leader,
Bikou Panyakara.
J'ai regardé avec fascination le calme et la douceur d'Aloka,
Le chien qui marchait avec eux.
Et j'ai vu la foule grandir petit à petit au fil du chemin.
Mais avant de célébrer leur retour au monastère de Fort Knox au Texas,
Une remise en contexte s'impose.
Premièrement,
Qui est Bikou Panyakara,
Le leader de cette marche?
Né au Vietnam en 1981,
Il est aujourd'hui âgé de 44 ans.
Il a émigré aux États-Unis avec ses parents en 1997.
Ils ont choisi de s'établir au Texas.
Bikou Panyakara poursuivit ses études,
Obtenant un diplôme en génie informatique de l'Université Darlington.
Ensuite,
Il a décroché un poste chez Motorola.
Il menait une vie calquée sur le modèle américain,
Mais sa spiritualité n'était pas comblée.
Il mûrit longuement sa décision,
Et en 2007,
Il décide de quitter son emploi pour entrer dans un monastère.
Bouddhiste,
Il choisit la voie du Theravada,
La forme la plus austère et la plus rapprochée des enseignements du Bouddha.
Il apprend et respecte les règles de la Dutanga,
Entre autres,
Ne manger qu'une fois par jour avant midi,
Se nourrir de ce que les gens lui offrent,
Marcher pieds nus,
Dormir à même le sol,
Souvent en position assise,
Et porter la même robe en la rapiéçant aux besoins.
Ces pratiques peuvent nous sembler austères,
Mais elles ont pour objectif de renforcer le détachement face au confort moderne,
Tout en créant plus d'espace pour la méditation et la pleine conscience.
Après trois ans d'études,
Il obtient sa robe de moine et commence son travail humanitaire.
Il va participer à plusieurs missions autour du monde.
Son équipe et lui apportera du soutien moral,
Mais aussi de l'eau potable et de la nourriture à des communautés affectées par des désastres naturels un peu partout sur la planète.
Lors de ses voyages,
Il est témoin de l'ampleur de la souffrance humaine.
De retour à son monastère,
Le Wong Tao Vipassana Bhavana Center à Fort Worth,
Texas,
Il continue son travail et ses réflexions.
Mais en 2020,
La pandémie frappe le monde.
La détresse est maintenant vécue par ses compatriotes,
Ses voisins.
Il met sur pied une fondation,
Wong To Loving Kindness Foundation,
Qui distribua pendant deux ans de la nourriture à 750 familles.
C'est lors de la pandémie,
Devant la généralisation de la souffrance,
Que l'idée de la marche pour la paix,
Un pèlerinage jusqu'à Washington,
Prend réellement forme.
Il élabore son projet qu'il présente à son maître,
Le Vénérable Ratanaguna,
L'abbé du monastère et une des figures importantes du bouddhisme vietnamien.
C'est lui qui donnera sa bénédiction afin que la marche puisse prendre son départ.
Mais avant,
Le Vénérable Bhikkhu Panyakara s'embarque avec d'autres moines pour un pèlerinage en Inde d'une durée de 112 jours sur près de 3000 kilomètres,
À pied,
Partant de Calcutta pour remonter jusqu'à la frontière du Népal.
Au sixième jour de cette marche,
Un chien errant commence à les suivre spontanément.
Au début,
Les marcheurs ne lui prêtent pas attention,
Pas plus qu'aux autres chiens qui suivent leur pas pendant quelques heures.
Mais celui-ci ne les abandonne pas.
Au fil des jours,
Malgré la maladie et un accident où il a été heurté par une voiture,
Il reste auprès d'eux.
Devant sa fidélité et sa personnalité qui inspirent la paix et la gentillesse,
Bhikkhu Panyakara décide de l'adopter et de lui donner un nom.
Il le nomme Aloka,
Ce qui signifie en sanskrit « lumière » ou « l'illuminer ».
À la fin de cette aventure,
Qui servira de fondement et d'entraînement physique et spirituel à la future marche aux États-Unis,
Il contacte son monastère,
Et avec l'aide de donateurs,
Il amasse les 15 000 dollars nécessaires pour transporter Aloka en avion pour payer ses soins vétérinaires et la quarantaine obligatoire à son arrivée en sol américain.
C'est aussi pendant cette marche qu'il trouve son bâton.
C'est une tige de bambou dont la partie supérieure est recourbée.
Il a commencé à l'utiliser alors que ses pieds étaient si enflés qu'il ne pouvait plus marcher sans support.
La symbolique recueillie pendant ce pèlerinage est extrêmement puissante.
Un chien errant et rejeté de tous devient l'incarnation de la paix en mouvement,
Et une tige de bambou représente la résilience,
La flexibilité,
L'humilité,
La simplicité,
Tout en signifiant le support divin.
Il prendra les trois prochaines années,
Suivant son retour de l'Inde,
Pour planifier l'itinéraire et amasser les ressources nécessaires pour amorcer la marche pour la paix.
Les objectifs de cette marche qui s'est déroulée dans la simplicité,
Sans bannière ni budget de millions de dollars,
Ont pour but de promouvoir la paix et la guérison grâce à la pratique de la pleine conscience.
Le vénérable Panyakara met l'accent sur l'éveil de la paix intérieure qui vit dans chacun de nous,
Sur des pratiques de bonté aimante en faisant face à la haine et aux divisions sociales par des gestes de compassion,
De non-violence et de compréhension mutuelles,
Sans égard à la couleur,
La religion,
Le sexe ou la culture.
Il confie plus tard à des journalistes que jamais il n'avait imaginé attirer autant d'attention.
Partout au long du parcours,
Des gens patienteront pendant des heures pour les voir passer et peut-être recevoir leur bénédiction et un bracelet.
Des milliers de personnes se rassembleront pour l'entendre livrer son message et des millions se joindront virtuellement à La Marche grâce aux médias sociaux.
La Marche s'est amorcée le 26 octobre 2025.
Les premières journées se sont déroulées dans un quasi-anonymat.
Les moines dormaient dans des cimetières,
Chacun dans sa tente.
Une légère escorte policière les accompagnait et personne au bord de la route.
La chaleur du Texas leur brûlait les pieds et le soir venu,
Ils se faisaient un feu et accueillaient quelques curieux venus écouter leur message.
Le 19 novembre,
Un tragique accident de la route a eu de lourdes conséquences.
Une camionnette a embouti l'arrière du véhicule d'escorte.
Ce dernier fut projeté sur deux d'entre eux.
L'un a subi de légères blessures,
Mais le second,
Le vénérable Frah Maha Dam Pomassan,
A été gravement blessé et a dû être transporté à l'hôpital en hélicoptère.
Au lieu de subir de multiples et douloureuses opérations pour sauver sa jambe,
Il choisira une amputation partielle.
À partir de son lit d'hôpital,
Il déclare que de perdre sa jambe est un sacrifice qu'il accepte de faire pour promouvoir le message de paix et de compassion.
Il n'a jamais exprimé de rancœur,
Pardonnant au conducteur qui a provoqué l'accident.
Il rejoindra les moines pour la conclusion de la marche,
Qu'il terminera en fauteuil roulant.
Cette nouvelle sera diffusée largement sur les médias sociaux.
À partir de ce moment,
Plusieurs personnes,
Dont moi,
Suivront quotidiennement l'évolution de la marche et les autorités renforceront leur escorte.
Les services de police,
Les pompiers et les municipalités s'impliqueront davantage,
Offrant leurs insignes qu'ils accrochent fièrement à la robe de Bikou Panyakara.
Les policiers et les shérifs deviennent,
Grâce au passage du groupe d'une vingtaine de moines,
De vrais agents de la paix.
Leur itinéraire n'est pas le plus court.
Ils marchent vers Washington en visitant des États ruraux et catholiques.
Ce n'est pas dans un esprit de conversion ou de contestation,
Mais plutôt avec la motivation d'apporter leur message de paix à des populations plus isolées.
Chaque jour,
Ils parcourent une distance entre 32 et 48 kilomètres.
Plusieurs sont pieds nus,
Transportant leurs bols à Haumont dans lequel ils prennent leur repas.
À mesure que leur mission est connue,
Des dizaines,
Bientôt des centaines et plus tard des milliers de personnes se masseront le long du parcours.
Ils ralentissent pour accepter des fleurs,
Des fruits ou de l'eau et s'arrêtent pour attacher un bracelet aux poignets d'un enfant ou d'une personne vulnérable.
À chaque fois,
Ils se recueillent,
Chantent un mantra de protection et de bien-être destiné à la personne qui reçoit leur bénédiction.
Ce sont des moments forts qui nous sont rapportés en photo et plus tard en vidéo sur les médias sociaux.
Partout,
Les larmes coulent et les gens sont touchés au plus profond de leur être.
Ils sont maintenant invités à manger et se reposer dans les églises et les centres communautaires.
Des restaurateurs offrent gracieusement des repas et quotidiennement,
Les moines invitent la population à leur rendre visite.
C'est l'occasion pour le vénérable Bhikkhu Paniyakara de prendre la parole pour expliquer en mots simples comment accéder à la pleine conscience grâce à la respiration,
Comment cultiver la paix en chacun de nous pour arriver à changer le monde dans lequel nous vivons.
Partout,
Il invite les gens à effectuer un simple rituel au réveil.
Premièrement,
On fait son lit proprement et ensuite on inscrit sur une feuille les mots suivants.
Aujourd'hui,
Ce sera ma journée paisible.
Après l'avoir inscrit,
Il invite les gens à le lire à haute voix trois fois afin de modeler l'univers pour qu'il nous aide à rester en paix,
Quoi qu'il arrive.
Il insiste sur l'importance de se détacher de notre amant,
Notre téléphone cellulaire.
Il prône un retour à une vie plus simple en maintenant notre esprit libre et propre à l'aide de la méditation.
À chaque jour,
Malgré le froid,
La pluie,
La neige,
Il prend la parole devant les foules respectueuses et silencieuses.
La dernière semaine du parcours va éprouver le groupe de moines.
Certains,
Venant de Thaïlande ou du Myanmar,
N'ont jamais connu la neige,
Ni vécu sous des températures sous le point de congélation.
Malgré le vent qui souffle en rafale et le verglas,
Malgré la grippe qui en contamine plusieurs,
Dont le vénérable Paniakara,
Ils marchent,
Sans relâche,
Vers Washington.
Au bout de 108 journées de périples à travers les États-Unis,
Le 10 février 2026,
Ils atteignent leur destination.
Ils sont maintenant des vedettes,
Les grands médias font des reportages à leurs propos,
Et encore,
Bikou Paniakara se prête au jeu des entrevues.
Ils passeront deux jours dans la capitale américaine.
Une cérémonie de paix a lieu au Lincoln Memorial,
Le 11,
Pour leur rendre hommage et pour réfléchir à la paix.
Ils recevront la gratitude et l'admiration du Dalai Lama,
De l'évêque du diocèse,
De nombreux politiciens et représentants des forces de l'ordre.
Devant des milliers de personnes rassemblées,
La sangha,
Composée des marcheurs et de nombreux moines venus de partout pour l'occasion,
Est sur la scène pour recevoir les honneurs.
Bien entendu,
Aloka ne manque pas de voler la vedette pendant la cérémonie.
Ils reviennent à la maison en autobus.
Le trajet prendra deux jours.
Leur entrée au monastère est extrêmement émouvante.
Menant pour une dernière fois le groupe,
Bikou Paniakara marche lentement avec Aloka à travers la foule.
Devant lui,
Pour l'accueillir,
Se tient son maître,
Le vénérable Ratanaguna.
L'émotion est à son comble.
Devant son gourou,
Bikou Paniakara se prosterne.
Il lui prend les pieds et pleure.
Sa mission est terminée.
La sangha est de retour à la maison.
Maintenant que la marche est finie,
C'est à notre tour de marcher à l'intérieur de nous.
Tant que nous le souhaiterons,
Le vénérable Bikou Paniakara et tout le monde bouddhiste seront présents pour nous soutenir dans notre démarche,
Afin que chaque journée soit pour chacun et pour tous les êtres vivants une journée remplie de paix.
Merci.
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