
LA MORT, LE GRAND PASSAGE
La mort dans son grand sens est un évèment triste et douloureux. Nous avons tous déjà perdu un être cher. Mais ne nous focalisons pas sur cet état de séparation. La pratique du yoga nous apprend que: la naissance fait partie de la vie, mais le moment du "grand passage"fait aussi partie de la vie. La mort, nous ramène toujours à la vie.
Script
Bonjour très chers auditeurs et bienvenue pour un nouvel épisode de notre émission Sagesse.
On a le grand plaisir de retrouver Stéphane Ayrault.
Bonjour Stéphane.
Bonjour Nathalie.
Et puis bonjour à toutes et à tous.
Bon ben un nouvel épisode du mois de mars cette fois-ci.
On démarre comme à chaque fois et ça va manquer par un conte.
Un conte.
Un conte issu de la tradition védique.
Mon cher Stéphane,
Alors est-ce qu'on pioche cette fois-ci ?
Parce que ça va dépendre.
Il faut que tu nous laisses le choix.
C'est vrai.
Je me suis dit est-ce que je sors mes petites notes avec le titre qu'il va donner l'histoire et cette fois-ci j'ai choisi une histoire parce qu'en fin de compte à la fin du mois avec Terre du ciel ils organisent les journées du grand passage qui parle justement de la mort et de la renaissance et donc je me suis dit ben tiens j'avais envie de faire une émission sur ce grand passage,
Sur la mort.
Est-ce qu'on est partant Nathalie ?
Allons-y parce que c'est très beau en fin de compte ce passage-là.
Oui c'est-à-dire qu'en fait comme ça d'un prime abord quand on lui dit on va aborder la question de la mort bon on se dit ça va plutôt être triste mais en fait c'est vrai que la mort nous ramène toujours à la vie.
Pas du tout,
Ça nous ramène toujours à la vie et surtout ça nous donne plein d'espoir pour l'avenir.
C'est ça qui est beau.
Alors c'est une histoire de Bouddha,
C'est une histoire autant de Bouddha et une personne,
Une femme perd son enfant et tout le monde lui dit va voir Bouddha,
Il fait plein de miracles,
Il pourra peut-être faire un miracle pour ton enfant et donc elle part voir Bouddha,
Elle voit Bouddha,
Elle lui explique dans sa tristesse et elle lui demande la question fatale est-ce que tu peux ressusciter mon fils ?
Et Bouddha la regarde vraiment avec plein d'amour,
Plein de compassion et lui donne un conseil avant en lui disant je vais peut-être le faire,
Je pourrais peut-être le faire mais avant toute chose va dans les maisons du village,
Des alentours et ramène-moi une graine de moutarde d'une maison qui n'aura jamais connu de deuil.
Donc la femme,
Fort de ce conseil,
Part,
Rencontre les premiers habitants d'une première maison en demandant est-ce que vous avez des graines de moutarde ?
Oui j'ai plein de graines de moutarde mais est-ce que cette maison n'a connu aucun deuil ?
Ah non ici on a eu plein de deuil.
Donc elle ne peut pas prendre ses graines de moutarde,
Elle passe à la deuxième maison,
Troisième maison,
Prochain village sans succès et au fur et à mesure elle a fait une centaine de maisons sans espoir,
Aucune graine de moutarde qui vient d'une maison qui n'aurait jamais connu de deuil et là elle décide de repartir voir Bouddha et au moment donné où elle reprend le chemin,
L'éveil lui arrive,
Elle obtient l'éveil,
C'est comme ça que Bouddha lui a permis d'atteindre l'éveil où elle a reconnu qu'en fin de compte le contrat sur cette planète c'est on vient mais on doit repartir et que ça fait partie de la vie,
La naissance fait partie de la vie mais le moment qu'on appelle le grand passage de la mort fait aussi partie de la vie et cette reconnaissance a complètement bouleversé cette femme et après elle va voir Bouddha en signe de reconnaissance,
Elle lui sourit et elle va continuer son chemin et en fin de compte son chemin ça va être l'enseignement où elle va enseigner aux gens que la mort fait partie de la vie et elle va voir une autre relation avec l'âme de son fils,
À une autre dimension donc c'est une histoire qui est plein de symboles qui peut être triste dans un premier abord et pourtant qu'il y a tellement de sagesse dedans.
Un peu comme la question de la mort peut être d'un prime abord triste et c'est vrai que parfois on a des êtres chers qui nous ont quittés et qui finalement de par le souvenir de leur énergie parce que moi je pense fondamentalement qu'en fait on vient tous avec un message et que la mort lorsqu'elle nous appelle et qu'on repart ailleurs parce qu'on a sûrement d'autres choses à faire ailleurs et bien le message que l'on est venu porter sur terre n'est jamais aussi présent et puissant et surtout vit en chacune des personnes que l'on a côtoyées sur cette terre donc et si la vie était et la mort une manière de faire croître encore davantage la lumière que nous nous sommes venus porter et la grandeur de notre message oui c'est le cas même si cela n'empêche dans une expérience humaine de ressentir la douleur oui alors justement on peut se poser la question et d'ailleurs les premiers moments peut-être que des questions peuvent émerger comme qu'est-ce qui reste après la mort quand ce corps nous quitte nous a abandonné est-ce qu'il y a quelque chose qui perdure ?
Qui suis-je ?
D'où est-ce que je viens ?
Que suis-je ?
Ce sont les questions fondamentales et dans la tradition védique justement c'était les questions dont les sages disaient si elle commence à émerger dans votre esprit ça veut dire que votre esprit votre intellect a atteint la maturité c'est à ce moment là que le chemin de l'éveil peut commencer donc qu'est-ce qui dure ?
Qu'est-ce qui reste après la mort ?
D'où est-ce qu'on vient ?
Comment l'univers s'est créé ?
Comment les planètes se sont créées ?
Comment le soleil se créé ?
Est-ce que même cet univers va arriver à une fin à l'aboutissement de lui-même ?
Est-ce qu'il va se rétracter sur lui-même comme ces trous noirs qui enveloppent tout,
Qui avalent tout ?
Et si tu observes dans la tradition védique il parlait de trois forces qui émanent de l'univers Brahma,
Vishnu et Shiva.
Brahma en fin de compte c'est pas des dieux assis sur des trônes on met souvent ces images on dit oui ils sont polythéistes parce qu'ils croient à plusieurs d'eux non non non c'est un dieu un créateur qui se manifeste en plusieurs énergies et les trois énergies dont on parle souvent Brahma,
Vishnu et Shiva sont très peu compris.
Brahma c'est l'énergie créatrice,
Vishnu c'est celui qui préserve la vie et Shiva associé à Maheshwara c'est celui qui transforme la vie,
Qui détruit la vie.
Et en fin de compte quand on parle du grand passage on peut parler de la grande venue qui est la naissance.
On a pris une décision à un moment donné,
L'âme pas le corps mais l'âme elle a pris une décision de revenir sur cette planète pour expérimenter.
Elle va vivre et c'est là où c'est intéressant peut-être que si on percevait la vie comme une université ou une pièce de théâtre où tu viens expérimenter quelque chose tu vas grandir à travers quelque chose et si cette vie nous donnait l'opportunité d'apprendre beaucoup plus ce que c'est qu'est-ce que d'être humain,
Qu'est-ce que sont les émotions,
Qu'est-ce que la réalisation de l'âme qui peut être fait que sur ces planètes-là.
Et que penser de toutes ces âmes qui ne sont vraiment que de passage ?
Evidemment déjà quand on croit,
Quand on est dans cette dimension de réincarnation évidemment dans la sagesse védique c'est le cas,
C'est la croyance,
C'est qu'on se réincarne.
Mais que dire finalement face à la mort d'un nouveau-né ou d'un enfant en bas âge ?
Que penser là à ce moment-là d'une âme qui n'est venue s'incarner mais presque l'espace de quelques instants ?
Oui alors l'expérience sur cette planète si tu reprends une pièce de théâtre,
Dans une pièce de théâtre tu as des caractères qui vont durer toute la pièce de théâtre et tu as des caractères de cette pièce de théâtre qui vont faire peut-être leur apparition cinq minutes pendant cette pièce de théâtre et repartent.
Et pourtant ces cinq minutes auront été d'une importance,
D'une valeur par rapport à la pièce de théâtre.
Sans ces cinq minutes la pièce de théâtre n'aurait pas pris la même dimension.
Donc de la même façon les gens viennent sur cette planète,
Le temps n'est pas important.
Alors je ne dis pas que c'est pas triste,
Je ne veux pas dire que ça ne fait pas souffrir,
Là il faut faire la différence.
Mais ce qu'ils sont venus apporter ou ce qu'ils ont pris de cette expérience a été importante pour l'évolution de leur âme.
Alors l'âme,
Il faut prendre conscience que l'âme prend des véhicules à chaque fois qu'elle vient s'incarner sur cette planète.
On a été des minéraux,
On a été des végétaux,
On a été des animaux,
On a été des êtres humains,
Mais des milliers de fois.
Donc ça dans la sagesse védique,
La réincarnation n'est pas seulement dans l'enveloppe humaine.
Non,
L'âme évolue à travers le plan de la matière.
C'est-à-dire que vraiment dans le plan védique,
Ils font la différence entre la conscience et l'expérience de la conscience dans la matière.
C'est-à-dire qu'à un moment donné,
Cette conscience va vouloir s'exprimer,
Va avoir envie d'apprendre qui elle est à travers l'expérience de la matière.
D'où le chemin de l'illumination et la réalisation peut se faire dans ce plan de la matière.
Et c'est ça qui est intéressant.
Ce qui est intéressant c'est de se dire qu'est-ce que je vais aller expérimenter sur ce plan de la matière.
Et là tout le parcours de l'âme arrive.
Qu'on dure cinq minutes,
Une heure,
Une minute,
Une vie,
80 ans,
100 ans,
Le temps n'a pas d'importance au niveau de l'âme.
Parce que ce qu'on vit ici,
C'est même pas un clignement de l'œil sur toute notre vie d'âme.
Notre vie terrestre,
Même si elle est de 100 ans,
C'est vraiment très très très court par rapport à notre expérience d'âme.
Parce que l'âme ne meurt jamais.
L'âme est éternelle.
Mais en tout cas,
Oui,
Mais l'enveloppe physique a une fin.
Mais que faire par exemple d'une âme,
Imaginons,
Reprenons l'idée de la sagesse védique qui s'est incarnée dans un rocher.
Un rocher qui peut parfois rester là des centaines et des centaines d'années.
Donc là justement,
Peu importe la notion de temps,
Même si le rocher finit en érosion et peut-être en sable,
Et bien,
Tu vois,
Sur certaines matières,
Il n'y a pas vraiment de début et de fin aussi marqués dans l'enveloppe humaine.
Non,
Pourquoi ?
Parce que déjà,
Ils n'ont pas l'intellect,
Le mental,
Donc ils n'ont pas la notion du temps que toi,
En tant qu'être humain,
Tu as.
Donc l'âme va vivre,
Peu importe le temps,
Ça peut être des milliers d'années,
C'est pas grave.
Elle fait l'expérience du minéral.
Après,
À un moment donné,
Elle passera au végétal,
Et après le végétal à l'animal,
Et après l'animal à l'humain.
Donc c'est pas ça l'important.
L'important,
C'est se dire,
Qu'est-ce qui périt et qu'est-ce qui ne périt pas en moi,
Dans ma vie ?
Et c'est ça,
Les grands sages,
Il y a un grand sage qui s'appelle Adi Shankaracharya,
Il s'est posé la question,
Plutôt que d'aborder la notion de la mort,
Il s'est d'abord posé la question,
Qu'est-ce que la vie ?
Et dans le grand passage,
Qu'est-ce qui va périr et qu'est-ce qui va être immuable et rester éternelle ?
Donc,
Il va se penser sur tout cet aspect,
Qu'est-ce qui est périssable ?
Alors,
C'est pour ça,
Dans une des premières émissions,
Sagesse,
On a parlé des cinq aspects de la vie,
Je les rappelle rapidement.
Il y avait asti,
Bhasti,
Priti,
Rupa et nama.
Asti,
C'était l'existence,
Bhasti,
C'est la connaissance,
Dans le sens,
La vie et que s'exprime.
Priti,
C'est la fondation,
Les fondements,
La nature même de cette vie,
C'est l'amour.
Et ça,
C'est du non-perceptible,
C'est de l'invisible,
C'est du domaine du subtil.
Jusqu'au jour où,
Lorsque tu viens t'incarner,
Tu vas aborder deux autres aspects qui vont être rupa et nama.
Donc,
Tu vas emprunter rupa,
Qui est la forme,
Et nama,
On va lui donner un nom,
Une pierre,
Un rocher,
Nathalie,
Stéphane,
Un ordinateur,
Peu importe.
La vie prend une forme et un nom.
Donc,
La plupart des gens s'arrêtent sur rupa et nama,
Mais très peu se posent la question,
Qu'est-ce qui est au-delà de rupa et nama ?
Qu'est-ce qui est au-delà de la forme ?
Donc,
Il y a un grand sage qui s'appelle Adi Shankaracharya,
Il a défini l'être humain en sept niveaux d'existence.
Le premier,
C'est le corps physique,
Qui est appelé kaya.
Le deuxième,
C'est le souffle.
Le troisième,
C'est manas,
Dans le sens perception,
Les sens.
Tu reçois de l'information à travers tes sens,
Les yeux,
Ton toucher,
Etc.
L'ouïe,
L'odorat,
La vue.
Donc,
Tu vas recevoir une information.
Qu'est-ce qui capte l'information ?
Qu'est-ce qui peut faire en sorte que tu vas traiter cette information ?
C'est manas.
Tu peux lire un livre,
Tes yeux parcourent les lignes du livre,
Mais à un moment donné,
Tu vas dire,
Oh,
Qu'est-ce que j'étais en train de lire ?
Et là,
Tu reviens à quatre pages.
Ça t'est déjà arrivé ?
Ça veut dire que tes yeux étaient en fonctionnement.
Donc,
Tes yeux sont simplement une porte.
Mais qu'est-ce qui permet de percevoir ?
C'est le niveau d'existence qu'on appelle manas,
La perception.
Ça,
C'est le troisième niveau d'existence.
Quatrième niveau d'existence,
C'est l'intellect,
Bouddhi.
Tu vas traiter cette information.
Tu vas lui mettre une teinture,
Une saveur,
D'accord,
Pas d'accord,
J'aime,
J'aime pas,
Confortable,
Pas confortable.
Tu vas juger,
Tu vas critiquer,
Tu vas créer des concepts,
Tu vas intellectualiser.
Tout ça,
C'est le rôle de Bouddhi en sanscrit.
Très intéressant,
Parce que c'est le sens du discernement aussi,
Bouddhi.
C'est ce qui va nous permettre,
Le summum de l'intellect,
C'est discerner ce qui périt de ce qui ne périt pas,
Ce qui meurt de ce qui ne meurt pas.
Et puis,
Ensuite,
Une fois que tu as l'intellect,
Donc Bouddhi,
Tu as chitta,
La mémoire,
Qui enregistre toute cette expérience,
Tous ces concepts que tu as mémorisés,
Tous ces comportements,
Et aussi la charge émotionnelle que tu as vécu,
Qui va laisser des impressions.
Tout ce que tu as vécu,
Ça laisse des impressions.
Dans cette vie-là,
Dans un premier niveau de conscience qu'on appelle chittan,
Dans ta vie passée,
Juste la dernière,
Qu'on appelle achittan,
Dans toutes tes autres vies,
Qu'on appelle avachittan,
Pour toucher la substance même de la conscience pure qu'on appelle suchittan.
Donc ensuite,
Après la mémoire,
Tu as ahamkara,
Qui est l'ego.
L'ego,
Lui,
C'est ta personnalité,
C'est ce qui crée la sensation de séparation.
Sinon,
Tu te cognerais autour d'une table,
D'une porte,
Parce que tu n'aurais pas de séparation.
L'ego,
C'est ce qui crée le manque de naturel.
L'ego,
C'est ce qui nous permet de créer une vie sur ces plans matériels.
Donc,
C'est tellement vaste l'ego,
C'est tellement beau.
Surtout,
Ne jamais éradiquer l'ego.
Il y a des écoles de pensée qui disent il faut éradiquer l'ego,
Puis là,
Tu te retrouves à Sainte-Anne.
Non,
Puis surtout qu'en fait,
Derrière le mot ego,
Le terme a été tellement galvaudé que c'est pour ça que les gens ne savent plus trop comment l'utiliser.
Ils voient l'ego comme plutôt quelque chose de négatif,
Alors que c'est,
En effet,
Comme tu dis,
En substance,
L'affirmation de soi.
Voilà.
Par contre,
Maintenant,
S'il prend le dessus,
Ça cause quelques petits dégâts à nous de les rectifier.
Le septième niveau d'existence,
C'est appelé le soi.
Et en sanscrit,
C'est pareil,
Le soi,
La conscience,
L'être.
Donc,
Adi Shankaracharya s'est dit quels sont ces niveaux d'existence et surtout quels sont les niveaux d'existence qui périssent et quels sont les niveaux d'existence qui demeurent.
Et quand je vais porter mon attention sur ce qui demeure,
Là,
Je comprendrai ce qui va se passer lorsque je vais mourir.
Alors,
On peut les reprendre un à un.
Le corps,
Est-ce qu'il est éternel,
Immortel ou est-ce qu'il va périr à un moment donné?
Il périt.
Donc,
Nous ne sommes pas ce corps,
Mais on emprunte ce corps comme un véhicule.
Le souffle,
Il va et vient.
Il nous a donné l'alchimie de faire vivre ce corps physique,
Mais quand il va partir,
Il s'éteint.
Il s'éteint.
Le troisième.
Enfin,
À moins qu'on ait insufflé des choses autour de soi et.
.
.
On verra ça.
Exactement.
Le troisième,
Manas,
La perception.
Quand tu dors,
Est-ce que tu es en contact avec la perception?
Non.
Donc,
Ça veut dire qu'elle peut s'éteindre.
Donc,
Elle peut périr.
Et tu as des personnes qui n'en ont plus de vue,
Ne voient plus.
Donc,
Tu n'es pas manas,
Tu n'es pas l'essence,
Tu n'es pas la perception.
L'intellect.
Il y a des gens qui ont un intellect qui fonctionne complètement différemment de nous,
Avec pas du tout la même logique que nous.
Mais l'intellect,
Quand tu dors,
Quand tu rêves,
Il n'est plus là,
Il n'est plus présent.
Parce que l'intellect,
C'est ce qui permet de cerner le pseudo-réalité dans laquelle on vit.
Donc,
Ça s'éteint.
Donc,
Tu n'es pas l'intellect.
La mémoire.
Il y a des gens qui perdent leur mémoire.
Dans une maladie comme l'Alzheimer,
Il n'est plus du tout en contact avec la mémoire.
Est-ce que tu es sa mémoire ou tu n'es pas cette mémoire?
Donc,
Tu n'es pas la mémoire.
À Ankara,
Est-ce que tu es l'ego?
Tu n'es pas l'ego.
Et le soi?
Ah,
Et si on était ce soi immortel,
Inconditionné.
Et quand tu médites,
C'est ce qu'on dit,
On dit toujours,
Quand le corps te quitte,
On appelle ça la mort.
Et quand tu apprends à quitter le corps avant qu'il te quitte,
On appelle ça la méditation.
Donc,
Apprendre,
En fin de compte,
À méditer,
C'est préparer ce grand passage.
Parce qu'il y a quelque chose en nous qui va perdurer.
Et les premières secondes,
Lorsque le corps s'est éteint,
Lorsque le moment qu'on appelle la mort est arrivé,
Il y a trois sens qui vont complètement partir et deux sens qui vont rester.
Le premier sens qui part au moment de la mort,
C'est le toucher.
Le deuxième,
C'est le goût.
Et le troisième,
C'est l'odorat.
Et il va rester ce qu'on appelle l'ouïe,
Qui est le son,
Et la vue.
C'est ces deux choses qui vont rester en nous.
Alors,
Ça nous est tous arrivé d'expérimenter un petit peu ce qu'est la mort avec le sommeil.
Et quand tu sais des fois,
Tu as fait une sieste et puis tu sors lourd de cette sieste,
Quelqu'un te parle,
Tu les entends,
Mais tu peux plus réagir,
Tu n'arrives plus à sortir,
Tu vas bouger ton corps,
Tu es dans un état un petit peu.
.
.
Voilà,
L'éthargie.
C'est-à-dire que tu expérimentes un petit peu ce qu'est la mort.
Et à ce moment-là,
C'est là que l'âme s'extirpe du corps physique.
Elle va vers la lumière,
Ou va vers ce qu'on appelle l'éveil,
Ou revient et reprend une autre forme.
Parce que ce qui est important de comprendre,
C'est que ce sera nos impressions qu'on appelle samskara,
Et nos vassanas,
Les désirs fiévreux,
Insatisfaits,
Insoumis,
Inassoumis plutôt,
Qui vont reconditionner ta condition.
Dans où tu vas t'incarner,
Dans quel corps tu vas t'incarner,
Dans quel milieu éducatif.
.
.
Donc ils vont nous ramener en fait pour réexpérimenter.
Oui,
C'est pour ça qu'il y a beaucoup d'âmes qui se réincarnent dans la famille,
Parce qu'il y a tellement de problèmes non réglés dans les familles,
Des liens karmiques qui ne sont pas réglés,
Qu'ils se réincarnent dans cette lignée.
Et là,
Ça peut se passer très très rapidement.
L'incarnation peut être aussitôt.
Tu reviens aussitôt,
Tu reprends un corps très rapidement.
Ou,
À certains niveaux,
Ça peut prendre un peu plus de temps pour que tu reviennes,
Et tu vas expérimenter d'autres plans de conscience,
Dont un qu'on appelle le paradis,
Qu'on appelle en sanskrit Brahma Loka.
Et tu as différents plans de conscience que tu vas expérimenter.
Et c'est beau,
C'est doux,
C'est plein d'amour,
C'est un moment de repos.
C'est pas du tout.
.
.
C'est pas laborieux.
Et puis finalement,
Comme tu rapproches le moment où on va quitter son corps,
Ce moment qui s'appelle la mort du moment de la méditation.
En effet,
On quitte l'espace de quelques instants,
Quelques minutes,
Quelques heures,
L'enveloppe corporelle,
Pour un lâcher prise qui est d'une intensité sans pareille,
Un petit peu comme à l'image de la mort.
Je ne suis pas déjà morte pour vous en parler,
Ou sûrement,
Mais en tout cas je n'en ai pas le souvenir.
Mais j'imagine que la mort est peut-être la plus grande forme de lâcher prise.
Oui,
Oui,
De toute façon.
Et pourquoi il y a des personnes qui durent ?
Quand j'ai travaillé auprès des personnes âgées,
Quand j'étais en centre de géontologie pasteur à Poitiers,
À un moment donné,
J'étais avec le petit père Paul,
J'adorais ce monsieur,
Et il ne voyait plus du tout sa famille.
Il était vraiment isolé,
Personne ne venait le voir,
Pas d'amis,
Pas de famille.
Et tu sentais que son corps était prêt à lâcher,
Qu'il était prêt à partir,
Et que ça allait être un soulagement même à la rigueur,
Parce qu'il allait laisser toutes les souffrances.
Et je le voyais perdurer quand même dans cet état-là.
Et un jour,
On m'a dit,
La survivante en chef m'a dit,
Bah écoute,
Il y a le petit père Paul,
Il va recevoir son fils,
Son fils unique.
Et j'ai eu un pressentiment,
J'ai su qu'une fois qu'il aurait vu son fils,
Il allait quitter son corps.
Effectivement,
Mon intuition était bonne,
Qu'un jour après,
Il quittait son corps.
Parce qu'il y avait eu un espèce de pardon,
Un relâchement qui s'est passé.
Alors c'est ça qu'il faut comprendre,
C'est-à-dire qu'il faut comprendre que ce sont nos impressions,
Nos désirs,
Et ce qu'on appelle les cinq souffrances.
Les cinq souffrances,
Ce qu'on appelle les kleshas.
La dernière fois,
On a parlé du Bouddha qui parlait des quatre grandes nobles vérités et de la voie octupe pour atteindre la réalisation.
Et en fin de compte,
Il disait,
Il y a la souffrance,
Il y a la cause à la souffrance,
Il y a la cessation de la souffrance.
Mais quelles sont ces souffrances ?
Dans le sanskrit,
Dans la science védique,
On appelle ça les cinq kleshas,
Pancha klesha.
Pancha,
Ça veut dire cinq,
Et klesha,
Ça veut dire souffrance.
La première souffrance,
C'est avidia,
L'ignorance.
L'ignorance de notre vraie nature.
L'ignorance de croire qu'on n'est qu'un corps,
Qu'on n'est qu'un mental,
Qu'on n'est que nos désirs,
Nos peurs.
Nos attachements à tout ça fait qu'on est dans ce monde d'illusion,
D'ignorance,
Qui nous empêche d'aller vers la lumière,
Vers la réalisation de l'être.
Donc c'est avidia,
L'ignorance.
Mais ça,
Il y a des gens qui ont quand même des murs bétonnés entre cette considération d'eux-mêmes et la perception qu'ils ont là.
C'est-à-dire que pour certains,
Est-ce que l'âme choisit vraiment de permettre à cet être de s'éveiller à ce message-là ?
Oui,
Parce que l'âme n'est pas dans cette notion de bien ou de mal.
Cette personne est méchante,
Pas méchante.
Celle-ci vaut le coup,
Pas le coup.
C'est une expérience,
Ni plus ni moins.
C'est comme quand dans ta pièce de théâtre,
Tu as un soi-disant méchant,
Quelqu'un qui va jouer le méchant.
Au bout du compte,
Quand il aura fini sa pièce de théâtre,
Il va redevenir un nounours.
C'est exactement ce qui se passe.
La conscience n'a pas de notion de bien ou de mal.
Elle est bien au-delà de toute cette considération-là.
Je ne l'entendais pas comme le mal,
Mais c'est vrai que je pense que beaucoup de gens qui écouteront cette émission se rendront compte que parfois,
Tous ces questionnements spirituels,
Il y a des gens avec qui tout de suite,
C'est-à-dire qu'on sait qu'on peut parler de ça.
Et peut-être pour tous les gens qui nous écoutent,
Moi,
Il me semble que tous ces concepts spirituels,
Depuis enfant,
Quand j'entendais parler de ça,
Que je regardais des émissions,
Que je lisais des ouvrages,
En fait,
Je ne comprenais pas,
Mais il y avait une partie de moi qui entendait.
J'ai toujours eu cet espèce de décalage de me dire,
Alors maintenant,
Il y a un vrai questionnement,
Il y a une nourriture,
Il y a cette radio depuis six ans,
Il y a ce métier.
Mais même avant,
Quand je n'avais pas à moi apporter des enseignements concrets,
Et bien juste en écoutant des êtres me parler de leur ouverture spirituelle,
Je l'entendais.
Pourquoi ?
Je me suis toujours posé cette question,
Alors maintenant,
Je me la pose moins évidemment,
Mais pourquoi d'autres êtres n'entendent jamais ?
Mais parce que tu t'es peut-être posé au tout début cette question,
Qui suis-je ?
Qu'est-ce que l'univers ?
Donc tu as atteint une maturité d'esprit,
Et c'est cette maturité d'esprit qui peut te permettre d'entendre les messages.
Tu vois ce que je veux dire ?
Donc c'est un chemin,
Ça prend le temps.
Et puis le chemin est long,
Mais le but est à chaque instant.
Donc chacun ira,
Il n'y a pas de souci.
Et les quatre dernières souffrances,
C'est très important de les connaître.
La deuxième,
C'est Asmita,
C'est s'accrocher à mon ego,
À ce moi-je-je,
Moi-je-je.
Et ça,
C'est une des grandes souffrances.
À chaque fois qu'on s'accroche à nos identifications,
Je suis ça,
Je suis ça.
Et puis quand on m'enlève une identification,
Là je me sens mal.
Il y a des personnes qui,
Une fois terminé leur travail,
Qui partent à la retraite,
Ils se sentent mal.
Ils vont vivre ça très difficilement parce que le travail était devenu une identification.
À chaque fois que je me suis identifié à quelque chose,
À un rôle,
De mari,
De femme,
De médecin,
De docteur,
De journaliste,
De grande actrice,
Peu importe,
À chaque fois je me suis identifié à ce rôle,
Asmita,
Moi-je-je,
Ça crée la plus grande des souffrances,
Une des plus grandes des souffrances.
Le troisième,
C'est Dwesh.
Dwesh,
Ce sont toutes nos inversions,
Tout ce qui,
Où je suis dans lequel,
En inversion avec,
Si je déteste quelque chose,
En fin de compte,
Je suis attiré par cette chose.
Plus je déteste quelqu'un,
Plus je suis prisonnier de cette personne.
D'où l'importance d'accepter les gens tels qu'ils sont.
Le quatrième.
.
.
De s'accepter tel que l'on est d'abord,
Et après ça permet d'accepter les autres.
Exactement Nathalie,
Tu as tout à fait raison.
Le quatrième,
C'est Raag.
Raag,
C'est tous les désirs inassouvis,
Tous les désirs fiévreux dans lesquels je me suis complètement immergé,
Plongé au point que je ne suis plus heureux du moment présent,
De ne plus me satisfaire de cet instant présent.
Et le cinquième,
C'est Abhinivesha,
C'est la peur.
Donc tout ça,
C'est ce qui va générer ce qu'on appelle les samskaras et des vasanas.
Donc des impressions,
Samskaras,
Des vasanas,
Des désirs fiévreux,
Insatisfaits,
Inassouvis,
Et qui va nous plonger dans cette voie qu'on appelle le samsara,
C'est-à-dire le cycle des incarnations encore et encore,
Jusqu'où on a ce désir d'atteindre ce qu'on appelle Moksha.
Avoir le désir d'atteindre la réalisation,
Moksha,
C'est Mumuksha dehors.
Donc c'est tout un beau parcours.
J'ai un petit chant védique pour clôturer,
Conclure cette émission.
On a encore un peu le temps ?
Super,
On a quelques minutes.
Très bien.
Alors ce chant védique veut dire « Mène-moi de l'irréalité vers la réalité,
De l'ignorance ou des ténèbres vers la lumière,
La connaissance,
Et de la mort vers la vie éternelle ».
Merci Stéphane,
On se retrouve le mois prochain pour une nouvelle émission.
Avec grand bonheur,
À très vite.
Rencontrez votre professeur
4.7 (31)
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