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Le Chat Botté - Conte de Charles Perrault

by Salima El Yaalaoui

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Ce conte est parfait pour toi si tu as des difficultés à t'endormir et nécessites une longue période de relaxation avant de tomber dans les bras de Morphée. L'histoire de ce soir est Le Chat Botté, de Charles Perrault. Lu par Salima, ce conte nous rappelle que, bien plus que les biens hérités de notre famille, l'intelligence et la débrouillardise mènent plus loin. Allonge-toi dans une position confortable, ferme les yeux et laisse-toi emporter dans le Château du Marquis de Carabas!

Script

Le conte de ce soir s'intitule « Le chat bouté » et vous est lu par Salima.

Un meunier ne laissa pour tout bien à trois enfants qu'il avait que son moulin,

Son âne et son chat.

Les partages furent bientôt faits.

Ni le notaire ni le procureur n'y furent point appelés.

Ils auraient su bientôt manger tout le pauvre patrimoine.

L'aîné eut le moulin,

Le second eut l'âne et le plus jeune n'eut que le chat.

Ce dernier ne pouvait se consoler d'avoir un si pauvre lot.

« Mes frères,

Disait-il,

Pourront gagner leur vie honnêtement en se mettant ensemble.

Pour moi,

En revanche,

Lorsque j'aurai mangé mon chat et que je me serai fait un manchon de sa peau,

Il faudra que je meurs de faim.

» Le chat,

Qui entendait ce discours,

Mais qui n'en fit pas semblant,

Lui dit d'un air posé et sérieux.

« Ne vous affligez point,

Mon maître.

Vous n'avez qu'à me donner un sac et me faire faire une paire de bottes pour aller dans les broussailles,

Et vous verrez que vous n'êtes pas si mal partagé que vous croyez.

» Quoique le maître du chat ne fit pas grand fond là-dessus,

Il lui avait vu faire tant de tours de souplesse pour prendre des rases et des souris,

Comme quand il se pendait par les pieds ou qu'il se cachait dans la farine pour faire le mort,

Qu'il ne désespéra pas d'en être secouru dans sa misère.

Lorsque le chat eut ce qu'il avait demandé,

Il se botta bravement et mettant son sac à son cou,

Il en prit les cordons avec les deux pattes de devant,

Et s'en alla dans une garenne où il y avait grand nombre de lapins.

Il mit du son et des lasserons dans son sac,

Et s'étendant comme s'il eût été mort,

Il attendit que quelques jeunes lapins,

Peu instruits encore des ruses de ce monde,

Vint se fourrer dans son sac pour manger ce qu'il y avait mis.

À peine fut-il couché,

Qu'il eut contentement,

Un jeune étourdi de lapins entra dans son sac,

Et le maître chat,

Tirant aussitôt les cordons,

Le prit et le tua sans miséricorde.

Tout glorieux de sa proie,

Il s'en alla chez le roi et demanda à lui parler.

On le fit monter à l'appartement de sa majesté,

Où,

Étant entré,

Il fit une grande révérence au roi et lui dit,

« Voilà,

Sire,

Un lapin de garenne que M.

Le Marquis de Carabas – c'était le nom qu'il lui prit en gré de donner à son maître – m'a chargé de vous présenter de sa part.

Dis à ton maître,

Répondit le roi,

Que je le remercie et qu'il me fait plaisir.

» Une autre fois,

Il alla se cacher dans un blé,

Tenant toujours son sac ouvert,

Et lorsque deux pèreries y furent entrées,

Il tira les cordons et les prit toutes deux.

Il alla ensuite les présenter au roi comme il avait fait du lapin de garenne.

Le roi reçut encore avec plaisir les deux pèreries et lui fit donner un pourboire.

Le chat continua ainsi pendant deux ou trois mois à porter de temps en temps au roi du gibier de chasse de son maître.

Un jour qu'il sut que le roi devait aller à la promenade sur le bord de la rivière avec sa fille,

La plus belle princesse du monde,

Il dit à son maître,

« Si vous voulez suivre mon conseil,

Votre fortune est faite.

Vous n'avez qu'à vous baigner dans la rivière,

À l'endroit que je vous montrerai,

Et ensuite me laisser faire.

» Le marquis de Carabas fit ce que son chat lui conseillait,

Sans savoir à quoi cela se répond.

Dans le temps qu'ils se baignaient,

Le roi n'en tapassait,

Et le chat se mit à crier de toute sa force.

« Au secours,

Au secours,

Voilà monsieur le marquis de Carabas qui se noie !

» À ce cri,

Le roi mit la tête à la portière,

Et reconnaissant le chat qui lui avait apporté tant de foie du gibier,

Il ordonna à ses gardes qu'on alla vite au secours de monsieur le marquis de Carabas.

Pendant qu'on retirait le pauvre marquis de la rivière,

Le chat s'approcha du carrosse et dit au roi que,

Dans le temps que son maître se baignait,

Il était venu des voleurs qui avaient emporté ses habits,

Quoiqu'il lui criait au voleur de toute sa force.

Le drôle les avait cachés sous une grosse pierre.

Le roi ordonna aussitôt aux officiers de sa garde-robe d'aller guérir un de ses plus beaux habits pour monsieur le marquis de Carabas.

Le roi lui fit mille caresses,

Et comme les beaux habits qu'on venait de lui donner relevaient sa bonne mine,

Car il était beau et bien fait de sa personne,

La fille du roi le trouva fort à son gré,

Et le marquis de Carabas ne lui eut pas jeté deux ou trois regards fort respectueux et un peu tendres qu'elle en devint amoureuse à la folie.

Le roi voulut qu'il montât dans son carrosse et qu'il fût de la promenade.

Le chat,

Ravi de voir que son dessein commençait à réussir,

Prit les devants,

Et ayant rencontré des paysans qui fauchaient un prêt,

Il leur dit,

Bonnes gens qui fauchez,

Si vous ne dites au roi que le prêt que vous fauchez appartient à monsieur le marquis de Carabas,

Vous serez tous hachés menus comme chair à pâté.

Le roi ne manqua pas de demander au faucheur à qui était ce prêt qu'il fauchait.

C'est à monsieur le marquis de Carabas,

Dirent-ils tous ensemble,

Car la menace du chat leur avait fait peur.

Vous avez là un bel héritage,

Dit le roi au marquis de Carabas.

Vous voyez,

Sire,

Répondit le marquis,

C'est un prêt qui ne manque point de rapporter abondamment toutes les années.

Le maître chat,

Qui allait toujours devant,

Rencontra des moissonneurs,

Et leur dit,

Bonnes gens qui moissonnez,

Si vous ne dites que tous ces blés appartiennent à monsieur le marquis de Carabas,

Vous serez tous hachés menus comme chair à pâté.

Le roi,

Qui passa un moment après,

Voulut savoir à qui appartenaient tous les blés qu'il voyait.

C'est à monsieur le marquis de Carabas,

Répondirent les moissonneurs.

Et le roi s'en réjouit encore avec le marquis.

Le chat,

Qui allait devant le carrosse,

Disait toujours la même chose à tous ceux qu'il rencontrait.

Et le roi était étonné des grands biens de monsieur le marquis de Carabas.

Le maître chat arriva enfin dans un beau château dont le maître était un ogre,

Le plus riche qu'on ait jamais vu.

Car toutes les terres par où le roi avait passé étaient de la dépendance de ce château.

Le chat,

Qui eut soin de s'informer qui était cet ogre et ce qu'il savait faire,

Demanda à lui parler,

Disant qu'il n'avait pas voulu passer si près de son château sans avoir l'honneur de lui faire la révérence.

L'ogre le reçut aussi civilement que le peut un ogre.

On m'a assuré,

Dit le chat,

Que vous aviez le don de vous changer en toutes sortes d'animaux,

Que vous pouviez par exemple vous transformer en lion,

En éléphant.

Cela est vrai,

Répondit l'ogre brusquement,

Et pour vous le montrer,

Vous m'allez voir devenir lion.

Le chat fut si effrayé de voir un lion devant lui qu'il gagna aussitôt les gouttières,

Non sans peine et sans péril,

À cause de ses potes qui ne valaient rien pour marcher sur les tuiles.

Quelques temps après,

Le chat,

Ayant vu que l'ogre avait quitté sa première forme,

Descendit et avoua qu'il avait eu bien peur.

On m'a assuré encore,

Dit le chat,

Mais je ne saurais le croire que vous aviez aussi le pouvoir de prendre la forme des plus petits animaux,

Par exemple de vous changer en un rat.

Je vous avoue que je tiens cela tout à fait impossible.

Impossible,

Reprit l'ogre,

Vous allez voir.

Et en même temps,

Il se changea en une souris,

Qui se mit à courir sur le plancher.

Le chat ne l'eut pas plus tôt aperçu qu'il se jeta dessus et la mangea.

Cependant,

Le roi,

Qui vit en passant le beau château de l'ogre,

Voulut entrer dedans.

Le chat,

Qui entendit le bruit du carrosse qui passait sur le pont-levis,

Courut au devant et dit au roi,

Votre Majesté soit la bienvenue dans le château de Monsieur le Marquis de Carabas.

Comment,

Monsieur le Marquis,

S'écria le roi,

Ce château est encore à vous ?

Il ne se peut rien de plus beau que cette cour et que tous ces bâtiments qui l'environnent.

Voyons-les dedans,

S'il vous plaît.

Le marquis donna la main à la jeune princesse,

Et suivant le roi,

Qui montait le premier,

Ils entrèrent dans une grande salle où ils trouvèrent une magnifique collation que l'ogre avait préparée pour ses amis qui le devaient venir voir ce même jour-là,

Mais qui n'avaient pas osé entrer,

Sachant que le roi y était.

Le roi charmait des bonnes qualités de Monsieur le Marquis de Carabas,

De même que sa fille qui en était folle,

Et voyant les grands biens qu'il possédait,

Lui dit,

Après avoir bu cinq ou six coups,

Il ne tiendra qu'à vous,

Monsieur le Marquis,

Que vous ne soyez mon gendre.

Le marquis,

Faisant de grandes révérences,

Accepta l'honneur que lui faisait le roi,

Et dès le même jour,

Il l'épousa la princesse.

Le chat devint grand seigneur,

Et ne courut plus après les souris que pour se divertir.

Bonne nuit.

4.4 (59)

Avis récents

Sandra

June 9, 2025

J'ai tout écouté tes contes je les adores.Ne change rien c'est parfait😄☄️

Christine

September 13, 2023

Super ! Merci bien

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