
Le Réveil Qui N'A Jamais Sonné - Conte Moderne
Un conte à écouter de jour comme de nuit, pour petits et grands rêveurs en quête de paix intérieure. Voici le premier d’une trilogie magique née dans l’Atelier du Temps, ce lieu imaginaire où Maître Chronos répare les instants figés de nos vies. Clara y apporte un réveil silencieux depuis quinze ans… et un regret profond : ne jamais avoir dit "je t’aime" à son frère jumeau disparu. Ce récit fantastique et émouvant explore les chemins invisibles du deuil et la force de l’amour au-delà des mots. Un voyage doux et symbolique pour aider petits et grands à traverser la perte, à se réconcilier avec le passé et à rouvrir le cœur.
Script
Bienvenue dans l'Atelier du Temps,
Un lieu où la magie rencontre la réalité du cœur humain.
Vous vous apprêtez à découvrir un univers unique,
Celui de Maître Chronos,
Un horloger extraordinaire qui ne répare pas les montres,
Mais le temps lui-même.
Cette histoire inaugure une trilogie de contes modernes où chaque visite à l'Atelier mystérieux révèle une vérité profonde sur nos blessures et nos guérisons.
Chaque conte peut être écouté seul,
Mais tous trois forment un voyage initiatique à travers les regrets,
Les pardons et l'acceptation.
Aujourd'hui,
Nous rencontrons Clara,
Une femme hantée par un réveil qui ne sonne plus depuis 15 ans.
Son histoire va nous apprendre que l'amour trouve parfois des chemins que les mots ne peuvent pas emprunter.
L'Atelier du Temps,
Le réveil qui n'a jamais sonné.
Est-ce que tu savais qu'il existe une ruelle qui n'apparaît que lorsque l'on en a vraiment besoin ?
C'est un atelier poussiéreux dont on entend mille tic-tacs chantant à l'unisson.
Au-dessus de la vieille porte graissante est accrochée une enseigne qui indique « Chronos,
Réparation temporelle ».
Un vieux monsieur travaille ici et les gens du coin l'appellent « Maître Chronos » tant il paraît insondable et mystérieux.
Sa réputation le précède,
On dit de lui qu'il ne répare pas que les montres cassées mais bien au-delà,
Il répare le temps lui-même.
Ce matin-là,
Alors que la pluie tambourinait contre les carreaux de l'atelier,
La clochette de la porte tinta doucement.
Une femme d'une quarantaine d'années entra,
Trempée jusqu'aux os,
Ses cheveux châtains collés contre son visage,
Il émanait d'elle une fine odeur de vanille.
Elle tenait contre elle un vieux réveil rouge,
Celui qu'on trouve dans toutes les chambres d'enfants.
« Bonjour »,
Dit-elle d'une voix hésitante,
« on m'a dit que vous répariez le temps ».
Chronos leva les yeux de l'horloge comptoise qu'il était en train d'ajuster.
C'était un homme âgé avec une barbe blanche taillée avec soin et des lunettes rondes aux verres étrangement irisés.
Quand il regardait quelqu'un,
On avait l'impression qu'il voyait bien plus que ce qui était visible.
« Cela dépend,
Mademoiselle Clara »,
Répondit-il en posant ses outils.
« Quel moment voulez-vous réparer ?
» Clara sursauta,
Elle n'avait pas dit son nom.
« Comment savez-vous que je m'appelle Clara ?
» dit-elle.
« Mes lunettes »,
Expliqua-t-il en tapotant ses verres,
« elles me permettent de voir les fêlures du temps.
Et vous,
Ma chère,
Vous en avez une particulièrement profonde,
Elle date de… voyons… » Quinze ans.
Les yeux de Clara s'emplirent de larmes.
Elle serra le réveil plus fort contre elle.
Oui,
C'était le réveil de son frère jumeau,
Lucas.
Il était malade,
Très malade.
Les médecins avaient dit qu'il ne passerait pas la nuit.
J'avais promis de rester éveillée avec lui,
De lui tenir la main jusqu'au bout.
Mais j'étais épuisée après des semaines de veille.
Je me suis endormie vers trois heures du matin.
Sa voix se brisa.
Quand je me suis réveillée,
Il était parti,
Parti tout seul.
Et je n'ai jamais eu le courage de lui dire,
De lui dire que je l'aimais plus que tout au monde,
Que j'aurais donné ma vie pour lui.
Le réveil n'a plus jamais sonné depuis cette nuit-là.
Cronos hocha la tête gravement,
Prit le réveil des mains tremblantes de Clara et l'examina sous une étrange loupe qui faisait scintiller l'objet de mille couleurs.
« Ah,
Je vois le problème »,
Murmura-t-il.
Ce réveil s'est arrêté à quatre heures dix-sept exactement.
« C'est l'heure où votre frère est parti,
N'est-ce pas ?
» Clara acquiesça,
Incapable de parler.
« Voulez-vous que je le répare pour qu'il sonne à nouveau ?
» « Non,
» chuchota-t-elle,
« je veux que vous répariez cette nuit.
Que vous me donniez une chance de rester éveillée pour lui dire ses mots avant qu'il parte.
» Cronos la regarda longuement à travers ses lunettes magiques,
Puis il sourit,
Un sourire triste et doux à la fois.
« Clara,
Puis-je vous montrer quelque chose ?
» Il l'emmena vers le fond de l'atelier,
Là où trônait une immense horloge aux aiguilles transparentes.
Au lieu de chiffres,
Elle portait des mots,
Joie,
Peine,
Espoir,
Regret,
Amour,
Pardon.
« Cette horloge mesure les moments importants de la vie,
» expliqua-t-il.
« Regardez attentivement.
» Puis il fit tourner les aiguilles jusqu'à ce qu'elle s'arrête sur « amour ».
Aussitôt,
L'horloge se mit à projeter des images dans l'air,
Comme un cinéma magique.
Clara se vit enfant,
Courant dans un jardin avec Lucas.
Ils avaient sept ans et jouaient aux explorateurs.
Lucas,
Plus fragile,
Était essoufflé.
Mais Clara l'attendait toujours.
« Viens,
Lucas,
On va découvrir un trésor !
» Et Lucas souriait,
Les yeux brillants d'admiration pour sa sœur.
L'image changea.
Clara a dix ans,
Partageant son goûter avec Lucas,
Qui avait oublié le sien.
Puis,
Clara a quinze ans,
Se battant avec un camarade de classe qui s'était moqué de la maigreur de son frère.
« Vous voyez,
» dit doucement Cronos,
« votre amour pour Lucas,
Vous le lui avez montré mille fois,
Pas avec des mots,
Mais avec des actes.
Chaque fois que vous l'avez protégé,
Chaque fois que vous avez ralenti votre pas pour l'attendre,
Chaque fois que vous avez partagé avec lui,
C'était votre façon de lui dire « je t'aime ».
« Mais je n'ai jamais prononcé ces mots »,
Sanglota Sarah.
« Les mots sont importants,
C'est vrai,
Mais regardez-encore.
» L'horloge projeta une dernière image.
Clara épuisée qui sent dormir la tête sur le lit de Lucas.
Dans son sommeil,
Sa main tenait encore celle de son frère.
On pouvait voir Lucas,
Faible mais conscient,
Qui regardait sa sœur avec une tendresse infinie.
« Cette nuit-là,
» reprit Cronos,
« Lucas n'était pas seul.
Il avait avec lui quinze années de votre amour,
Quinze années de protection,
De partage,
De complicité.
Il est parti en paix,
Clara,
Parce qu'il savait,
Il a toujours su.
» Clara pleurait maintenant à chaud de larmes,
Mais c'était des larmes différentes,
Moins amères.
« Mais alors,
Pourquoi le réveil ne sonne-t-il plus ?
» Cronos prit l'objet et le retourna.
À l'arrière,
Gravé dans le métal,
Apparu des mots que Clara n'avait jamais vus.
« Pour ma sœur chérie,
Qui veille toujours sur moi,
Lucas.
» « Il l'avait fait graver en secret,
» expliqua Cronos.
« Il voulait vous l'offrir pour votre anniversaire.
Le réveil ne sonnait plus parce qu'il attendait que vous compreniez le message.
» Avec des gestes précis,
Cronos remonta le mécanisme.
Le réveil se remit à faire tic-tac doucement,
Un son rassurant et familier.
« Avez-vous toujours envie que je répare cette nuit ?
» demanda-t-il.
Clara regarda le réveil,
Puis l'horloge aux mots,
Puis le visage bienveillant du vieil horloger.
Pour la première fois depuis quinze ans,
Elle sourit vraiment.
« Non,
Cette nuit était parfaite comme elle était.
Lucas et moi,
Nous avions tout le temps du monde pour nous dire notre amour,
Et nous l'avons fait à notre façon.
» Elle serra le réveil contre son cœur.
Il sonnait maintenant d'un carillon cristallin,
Comme un rire d'enfant.
« Combien vous dois-je ?
» demanda-t-elle.
« Rien du tout,
» répondit Cronos en la raccompagnant vers la porte.
« Vous aviez juste besoin de vous souvenir que l'amour n'a pas toujours besoin de mots pour être entendu.
» Clara sortit de l'atelier,
Le réveil tintant joyeusement dans ses mains.
Quand elle se retourna pour remercier Cronos une dernière fois,
La ruelle était vide.
Seul le son du réveil résonnait dans le silence,
Rappelant à Clara que certains moments n'ont pas besoin d'être réparés,
Ils sont déjà parfaits.
Moralité de l'histoire,
L'amour véritable se montre plus par les actes que par les mots.
Parfois,
Ce que nous considérons comme des échecs sont en réalité nos plus beaux succès.
Cette histoire touche maintenant à sa fin,
Pensez à laisser une note ou un commentaire si vous avez aimé cette histoire,
Ce sera ma plus belle récompense.
A suivre dans le tome 2,
L'horloge qui marchait à l'envers.
A bientôt !
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4.8 (15)
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