
Samatha 5 Vigilance pleine et soutenue sur souffle magnifiqu
Méditation de 30 minutes inspirée de l'ouvrage d'Ajahn Brahm: Manuel de méditation. Dans la première partie de la méditation se trouve l'enseignement d'Ajahn Brahm, puis la seconde partie se fait en silence afin d'appliquer l'enseignement. Cette méditation commence et se termine par 3 gongs. Une timbale à la fin de l'enseignement annonce la partie silencieuse.
Script
Le cinquième stade,
La vigilance pleine et soutenue sur le souffle magnifique procède assez souvent du stade précédent,
De façon naturelle et sans que l'on s'en rende compte,
Comme nous l'avons vu dans les stades précédents.
Quand la pleine vigilance s'applique aisément et continuellement sur l'expérience du souffle,
Sans que rien ne vienne interrompre le flux régulier de la tension,
La respiration finit par se calmer,
Et le souffle passe de quelque chose de brut et d'ordinaire à un souffle magnifique,
Très uniforme et très paisible.
L'esprit reconnaît ce souffle magnifique et s'en réjouit.
Il ressent une satisfaction qui va en s'approfondissant.
Il est heureux d'être là,
À observer ce souffle magnifique,
Sans que l'on ait besoin de l'y contraindre.
Vous n'avez rien à faire.
Si vous essayez de faire quelque chose à ce stade,
Vous allez perturber tout le processus.
La beauté du souffle sera perdue.
C'est comme tomber sur une mauvaise case au jeu de lois.
On doit alors reculer d'un grand nombre de cases.
À partir de ce stade de méditation,
L'acteur doit s'effacer.
Vous n'êtes plus qu'un spectateur qui observe passivement.
Une astuce utile à ce stade consiste à briser un instant le silence intérieur en se disant doucement « calme ».
C'est tout.
À ce stade,
L'esprit est si sensible qu'un petit coup de pouce suffit à le remettre sur les rails.
La respiration se calme et le souffle magnifique émerge.
Pendant l'observation passive du souffle dans l'instant,
La perception de l'inspiration ou de l'expiration,
Ou du début,
Du milieu ou de la fin de la respiration,
Devrait pouvoir disparaître.
Tout ce qui va rester sera l'expérience du souffle magnifique survenant dans l'instant.
L'esprit ne se soucie pas de savoir où l'on en est dans le cycle de respiration ni à quel endroit du corps on suit le souffle.
On simplifie donc l'objet de méditation.
On fait l'expérience du souffle dans l'instant.
Dépouillé de tous les détails inutiles,
On dépasse la dualité inspiration-expiration,
La dualité de l'intérieur et de l'extérieur,
En restant conscient seulement du souffle magnifique qui apparaît uniforme et continu et dont les changements sont à peine perceptibles.
Ne faites absolument rien et observez comme le souffle peut être uniforme,
Magnifique et intemporel.
Voyez comme vous pouvez lui permettre d'être calme.
Prenez le temps de savourer la douceur de ce souffle magnifique,
Toujours plus calme,
Toujours plus doux.
Bientôt le souffle va disparaître,
Non pas à votre instigation,
Mais quand le calme sera suffisant,
Ne laissant plus que le signe du magnifique,
Un passage bien connu de la littérature peut aider à clarifier cette expérience de disparition du souffle.
Dans Alice au pays des merveilles de Léwis Carroll,
Alice sursaute en voyant le chat du chéchire assis sur une branche d'arbre à quelques mètres d'elle,
Souriant jusqu'aux oreilles.
Comme toutes les étranges créatures du pays des merveilles,
Le chat du chéchire a autant de bas-goût qu'un politicien.
Non seulement il a le dessus sur Alice dans la conversation qui s'ensuit,
Mais il se met à disparaître soudainement,
Et ensuite,
Sans prévenir,
À réapparaître tout aussi soudainement.
Alors Alice dit,
« Et je voudrais bien que vous n'apparaissiez pas et ne disparaissiez pas si brusquement.
Cela me fait tourner la tête.
» Alors le chat lui répond,
« Très bien.
» Et cette fois,
Il disparut très lentement,
En commençant par le bout de la queue et en finissant par le sourire,
Qui persista un certain temps après que le reste de l'animal eût disparu.
« Eh bien,
» pensa Alice,
« j'ai souvent vu un chat sans un sourire,
Mais jamais un sourire sans un chat.
C'est la chose la plus curieuse que j'ai jamais vue de ma vie.
» Ce récit est étonnamment analogue à cette expérience de méditation.
De même que le chat du chéchir disparaît en ne laissant plus que son sourire,
De même,
Le corps et le souffle du méditant disparaissent pour ne plus laisser que le magnifique.
Pour Alice,
C'est la chose la plus curieuse qu'elle ait vue de sa vie.
Pour le méditant également.
Il est étrange d'éprouver aussi clairement cette beauté déliée,
Sans rien qui l'incarne réellement,
Pas même un souffle.
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