
Ce soir Marie Madeleine apaise mon coeur sans repos
Une prière méditative du soir à Marie-Madeleine, créée pour apaiser son coeur qui semble ne pas trouver le repos. Un moment doux, enveloppant, centré sur l'apaisement et le dépôt de ce qui semble peser lourd en fin de journée. Pour trouver le sommeil et laisser derrière soi ce qui attriste.
Script
Prayer à Marie-Madeleine.
Pour les nuits.
Où le cœur ne trouve pas le repos.
Aux toits !
Qui avaient dans l'obscurité sans jamais chercher à me sortir avant l'heure.
Je me tiens devant toi cette nuit.
Mon cœur ne trouve pas le repos.
Je te le dis sans détout.
Comme on dépose une chose.
Entre des mensures.
Sans chercher à l'expliquer.
Et sans chercher à m'en excuser.
Le sommeil ne vient pas.
Et cette nuit est ainsi.
Je ne lutte pas contre elle.
Je viens simplement m'asseoir dans ta présence.
Comme on s'assoit près d'une source.
Dont on ne demande rien.
Sinon d'être là.
Oh,
Toi !
Qui a connu les nuits où rien ne se résout.
Où le corps reste éveillé sans raison,
Qu'il puisse nommer Apprends-moi à rester ainsi,
Sans me fuir moi-même.
Je pense à toutes les nuits qui ont précédé la tienne.
Celles dont on ne parle pas.
Celles qui n'ont laissé aucune trace dans les récits.
Et qui pourtant ont formé autant que les nuits décisives.
Au toit.
Qui a connu l'obscurité ordinaire.
Avant l'obscurité sacrée.
Apprends-moi que cette nuit-ci,
Si banal.
Si y est semblable à tant d'autres nuits,
Son sommeil.
Porte-t-elle aussi sa part de sacré ?
En pleine main.
Parce que je la traverse en cherchant ta présence.
Marie-Madeleine Je te confie.
Ce cœur qui bat trop fort pour s'endormir.
Ce souffle qui cherche.
Sa mesure et ne la trouve pas encore.
Je ne te demande pas de la faire taire.
Je te demande seulement de rester à ses côtés.
Comme tu es resté aux côtés de ceux qui,
En toi,
Ne trouvaient pas non plus de repos facile.
Aux toits.
Qui apportait cette absence avant de porter une seule présence pleine.
Tu sais ce que c'est que d'habiter un corps.
Qui ne s'apaisent pas sur commande.
Tu sais.
Que la paix ne se force pas.
Elle se reçoit.
Lentement.
Dans les nuits.
Où l'on accepte de rester sans solution.
Cette nuit.
Je ne cherche pas de solution.
Je cherche.
Simplement ta présence.
Et si cette présence tarde à se faire sentir,
Si les premières heures de la nuit ne m'apportent qu'un silence sans réponse perceptible,
Je ne m'en inquiète pas.
En toi.
Qui a connu ce même délai entre l'appel et la réponse ressentie.
Entre la fidélité offerte et la consolation reçue.
Apprends-moi la patience,
Qui ne demande pas de preuves immédiates.
La présence n'a pas besoin d'être ressentie tout de suite pour être réelle.
Elle peut se déposer lentement.
Comme une chaleur qui gagne un corps froid.
Sans que l'on puisse dire.
Quel instant précis elle a commencé ?
Mes mains reposent.
Ouverte sur le drap.
Elles ne tiennent rien.
Elles ne retiennent rien.
Aux toits.
Qui a versé le parfum.
Sans en garder égoïstement une goutte pour toi-même.
Apprends à mêmement.
Cette même ouverture.
Que je ne cherche pas à retenir le sommeil.
Qui ne vient pas.
Ni à repousser la veille qui s'installe devant.
Communement.
Reste ouverte,
Comme les tiennes l'étaient.
Offerte à ce qui vient sans être forcée.
Oh,
Toi !
Qu'il savait donner.
Sans demander de retour.
Enseigne à mon corps cette générosité envers lui-même.
Qu'il cesse de s'en vouloir,
De ne pas dormir.
Qu'il cesse de se juger pour cette nuit qui s'étire.
Qu'ils reçoivent au lieu du sommeil.
Une autre forme de repos.
Celui d'être accompagné.
Ici.
Maintenant.
Sans condition.
Mes mains ?
Immobile sur le drap.
Porte aussi.
Tout ce que la journée a déposé.
Les gestes accomplis.
Les objets touchés.
Les autres mains serrées.
Ou éviter.
Oh,
Toi !
Dont les mains ont touché.
Ce que d'autres refusaient de toucher.
Sans crainte d'être salie par ce contact.
Accueillons les morts.
Cette même absence de crainte.
Que je n'ai pas peur.
De ce que cette journée a laissé en moi.
Que je le tienne.
Cette nuit.
Comme tu te nais.
Ce que tu approchais sans dégoût.
Sans jugement.
Avec la seule même tendresse.
D'un contact qui ne cherche pas à trier.
Ce qui mérite être touché de ce qui ne le mérite pas.
Je pense à ton silence cette nuit.
Pas le silence de l'absence.
Plutôt celui de la présence pleine.
Qui n'a besoin.
D'aucune parole pour se faire sentir.
Aux toits.
Qui savait te taire.
Lorsque les mots n'auraient fait qu'abîmer ceux qui se vivaient.
Viens habiter mon silence de cette même qualité.
Que le silence de cette chambre ne soit plus un silence vide.
Mais un silence habité.
Le tien,
Posé sur le bien.
Comme une main sur une épaule qui ne demande rien d'autre que d'être reconnue.
Ce silence.
À mesure que la nuit avance.
Change de texture.
Il n'est plus seulement l'absence de bruit.
Il devient une matière.
Presque palpable.
Dans laquelle chaque pensée qui traverse mon esprit se dépose sans faire de vagues.
Comme une pierre.
Qu'on laisse couler.
Dans une eau profonde.
Sans qu'elle n'ont trouble la surface.
Oh,
Toi !
Qui savait habiter ce genre de silence.
Sans en avoir peur.
Apprends-moi à m'y tenir sans chercher à le remplir de mots.
De justification.
D'explication.
Que finalement.
Personne ne me demande.
Autroi.
Qui a aimé.
Sans mesure.
Et sans retenue.
Verse sur cette nuit ce même excès d'amour que tu versais sur les pieds que tu essuyais de tes cheveux.
Je ne te demande pas de dénouer mon insomnie comme on dénoue un nœud.
De deux mondes.
De la baignée.
De cette même tendresse que tu donnais sans compter.
Sans coton.
Nous revoilà.
Ne juge que je sois digne de la recevoir.
Cette tendresse-là.
Je voudrais qu'elle descende jusque dans les endroits les plus tendus de mon corps.
La nuque.
Qui ne relâche pas.
La mâchoire qui reste serrée même dans le noir.
Le ventre qui garde en lui l'attention des gestes non accomplis dans la journée.
Oh toi !
Qui ne réservait ta tendresse à aucune partie plus digne qu'une autre.
Étant là sur tout mon corps et dans mon cœur et dans mon âme.
Sans exception.
Jusque dans ces recoins que je n'arrive pas moi-même à nommer.
Jusque dans ce que je ne sais pas encore que je porte.
Mon corps est lourd de tout ce que le jour a déposé en lui.
Au toit,
Qui apportait un vase d'albâtre rempli de ce parfum précieux.
Sans jamais craindre le poids.
Apprends-moi à porter ce que je porte cette nuit.
Sans en avoir honte.
Ce qui pèse en moi n'est pas une faute.
C'est simplement ce qui n'a pas encore trouvé sa juste place,
Ce qui attend.
Comme le parfum attendait dans le vase fermé.
Le moment juste pour se répondre.
Je ne sais pas si ce moment est cette nuit.
Et je ne le cherche pas.
Je reste.
30 secondes.
Avec ce poids.
En ta présence.
Et si ce poids semble parfois s'alléger,
Puis revenir.
Puis s'alléger encore.
Dans le mouvement irrégulier d'une nuit qui n'avance jamais tout à fait droit.
Je ne m'en étonne pas.
A toi.
Dont la propre traversée n'a pas été une ligne droite.
Mais une suite de recul et d'avancer.
Accompagne ce mouvement qui est le mien cette nuit.
Que je n'exige pas de moi une progression continue vers le calme.
Que j'accepte ce va-et-vient comme faisant partie lui aussi.
De la manière dont une nuit se traverse fidèlement.
Oh,
Toi !
Dont la fidélité n'a jamais dépendu d'une réponse immédiate.
Dont l'amour n'a jamais attendu d'être compris.
Pour continuer d'exister.
Apprend à mon cœur cette fidélité silencieuse envers lui-même.
Il continue de battre.
Dans le noir.
Sans qu'il ait besoin de comprendre pourquoi il ne s'apaise pas encore.
Qu'il batte.
Qu'ils puissent.
Simple mot.
Reconnue.
Accompagné.
Telle qu'il est cette nuit.
Agité.
Éveillez.
Et incapable de lâcher ce qu'il porte.
Je sens.
En récitant ces mots dans le silence de mon cœur.
Une présence qui ne juge rien.
Aux toits.
Qui n'a jamais reculé devant ce que les autres trouvaient inconvenant.
Les larmes versées en public.
Le parfum trop précieux la présence d'une femme,
L'art.
Où on ne l'attendait pas.
Ne recule pas non plus devant mon insomnie.
Devant cette agitation qui n'a pas de nom vraiment précis.
Devant ce cœur qui refuse le repos.
Que le corps réclame pourtant.
Reste avec moi dans cette contradiction.
Reste avec moi dans ce corps fatigué et cet esprit qui ne s'arrête pas.
Reste avec moi.
Sans chercher à résoudre ce qui s'est mis.
N'a pas à être résolue.
Bois-toi.
Qui apportait en toi des présences contraires avant de trouver ton unité.
Tu sais que la paix.
N'est pas l'absence de contradictions.
Mais une manière de l'habiter sans s'y déchirer.
Apprends-moi cette habitation-là.
Que je puisse être en même temps.
Ce corps qui s'épuise de veiller.
Et ce cœur qui refuse de s'aider.
Sans collant.
Et à vaincre l'autre.
Pour que cette nuit soit juste.
Autre.
Qui a suivi jusqu'au bout ce que d'autres avaient fui.
Qui y est resté.
Lorsque rester ne servait à rien de visible.
Apprends-moi cette présence à moi-même qui ne cherche aucune utilité.
Je n'ai pas besoin que cette nuit serve à quelque chose.
Je n'ai pas besoin qu'elle produise du repos.
Qu'elle mène à un sommeil réparateur.
Quel est un sens que je pourrais raconter demain ?
Elle peut simplement être ce qu'elle est.
Une nuit traversée.
On t'accompagne.
Sans autre but que d'être traversée ainsi.
Je pense à tes pieds.
Dans la poussière des routes que tu as suivies.
Oh toi,
Qui a marché et sans savoir toujours où cela te mènerait.
Garde mes pas cette nuit.
Même si mes pas ne sont que ceux d'un corps qui se retourne dans un lit.
Qui cherchent une position que rien ne satisfait,
Qui errent sans avancer.
Ce n'est pas rien.
Cette errance.
C'est un chemin.
Lui aussi.
Même s'il ne mène nulle part d'autre qu'à l'aube.
Chaque tour que je fais dans ce lit Chaque changement de position.
Chaque recherche d'un appui plus juste pour ma tête.
Mon épaule.
Monde.
Je te les offre comme autant de pas sur une route que je ne vois pas encore s'éclaircir.
Aux toits.
Qui a continué de marcher.
Même lorsque la route semblait ne mener nulle part.
Accompagne mes pas minuscules.
Ces déplacements qui ne quittent jamais ce lit.
Mais qui pourtant sont un mouvement.
Une manière de rester vivante.
Dans cette nuit.
D'académie figée.
À l'autre bas.
Qui a versé des larmes sans qu'on te demande de les justifier.
Laisse-moi pleurer,
Si les larmes viennent cette nuit.
Laisse-moi rester sèche s'ils ne viennent pas.
Je ne force ni l'enculé.
Ni l'autre.
Je reste simplement.
Dans ce corps qui porte.
Un milliard de choses.
Sans masque et sans nid.
Il y a en moi cette nuit.
Quelque chose qui ressemble.
Une attente infinie.
Je n'attends pas le sommeil précisément.
J'ai cessé de l'attendre comme on attend un train qui devrait déjà être là.
J'attends autre chose.
De plus subtil.
Peut-être de moins nommable.
Autoi.
Qu'il y a attendu dans le jardin.
Sans savoir ce que tu attendais vraiment.
Accompagne cette attente qui est la mienne.
Qu'elle ne soit pas une tension de plus ajoutée à celle du jour.
Mais une ouverture.
Un espace sacré.
Laissée libre.
Pour ce qui voudra bien s'y déposer.
Cette attente a son objet.
Je voudrais ne plus la fouiller.
En cherchant à l'occuper.
À la remplir de pensées.
Deux plans pour le lendemain.
De compte à régler avec la journée qui vient de se passer.
Re-toi.
Qui savait rester dans le vide sans avoir besoin de le combler.
Apprends-moi cette même capacité.
À laisser un espace ouvert en moi.
Sans urgence de le remplir.
Que cet espace devienne.
Un lieu que ta présence peut habiter à sa manière.
À son rythme.
À son envie.
Sans que j'ai Enforcer les contours.
Om Ahi Medlin.
Je te confie mes pensées qui tournent,
Celles qui reviennent sans que je les appelle.
Celle qui porte encore la trace du jour passé.
Oh toi,
Qui savais laisser partir ce qui devait partir sans t'y accrocher !
Ne les chasse pas de force.
Accompagne-les simplement,
Jusqu'à ce qu'elles se fatiguent d'elles-mêmes.
Comme des vagues.
Qui finissent par perdre leur élan sur le sable blanc.
Oh,
Toi qui savais écouter jusqu'au bout !
Ce que d'autres auraient interrompu.
Écoute avec moi ce que ces pensées répètent cette nuit.
Je ne charge pas.
Allait faire taire plus vite qu'elle ne le veut.
Je les laisse parler.
En ta présence.
Jusqu'à ce qu'elle trouve d'elle-même le moment de se taire.
Oh Marie-Madeleine,
Je te confie aussi mon corps.
Cette chair qui porte la journée entière dans ses muscles,
Dans sa nuque.
Dans ses mâchoires serrées.
Ce cœur qui souffre.
Ô toi !
Dont le corps a porté tant de gestes d'amour.
Dénoue ce qui dans le bien.
Reste noué.
Par cette même douceur que tu mettais dans chaque geste.
C'est lui.
Qui ne brusque rien.
Qui attend que l'attention elle-même consente à se défaire.
Il n'y a pas de honte,
Cette nuit,
À ne pas dormir.
Oh toi !
Qui a été jugée.
Pour ce que tu donnais.
Pour ce que tu étais.
Pour la manière dont tu aimais.
Tu sais ce que c'est que de porter un regard extérieur qui ne comprend pas.
Protège-moi cette nuit de mon propre regard sur moi-même,
Celui qui juge cette insomnie.
Qu'il a trouvé inutile.
Qui voudrait qu'elle cesse plus vite.
Que je pose sur moi le même regard que le tien.
Sans condamnation.
Sans exigence.
Seulement une présence qui accueille ce qui est.
Ce regard.
Sans condamnation.
Je voudrais qu'il devienne aussi le mien.
Envers ce corps qui refuse le repos.
Toi qui n'a jamais séparé l'amour du corps de l'amour de l'âme.
Apprends-moi cette même unité.
Que je ne pose pas ce corps fatigué à un esprit qui devrait,
Lui,
Savoir se calmer.
Que je les tienne ensemble.
Comme un seul être qui traverse cette nuit tout entière.
Sont des vidéos.
Sont partis sacrifier une autre.
Oh toi,
Qui a aimé jusqu'au pied de la croix !
Lorsque tout semble perdu.
Quand rien ne laissait présager une suite.
Apprends-moi cette fidélité.
Qui ne dépendent d'aucun résultat visible.
Je reste éveillée cette nuit.
Sans savoir si le sommeil viendra.
Je reste fidèle à cette veille.
Comme tu es resté fidèle à ce que tu aimais,
Sans garantie,
Sans preuve.
Simplement parce que partir aurait été une douleur.
Plus grande que celle de rester dans l'incertitude.
Je respire lentement.
Dans cette obscurité.
Oh,
Marie-Madeleine !
Toi dont la présence a traversé tant de nuits sans jamais s'épuiser.
Prête-moi un peu de cette endurance silencieuse.
Que chaque respiration soit une manière de rester avec toi.
Sans effort.
Son calcul.
L'air qui entre.
Est l'air qui sort.
Aussi simple que ta fidélité elle-même.
À chaque respiration.
Je voudrais déposer un peu plus de ce que je porte.
Pas tout d'un coup.
Pas par un effort de volonté.
Mais peu à peu.
Souffle après souffle,
Comme une marée qui retire lentement ce qu'elle avait apporté.
Ô toi qui n'as jamais rien arraché de force !
Laisse ce dépôt se faire à son rythme.
Sans que j'aie à le précipiter.
Sans que j'aie d'aides.
Le remarquer pendant qu'il se produit.
Hier en cette nuit.
Un espace que je ne comprends pas entièrement.
Cet espace entre la fatigue du corps.
Et l'agitation de l'esprit.
C'est entre deux.
Où l'on n'est ni tout à fait éveillé ni tout à fait reposé.
Oh,
Toi !
Qui a habité les entre-deux.
Entre la vie ancienne et la nouvelle.
Entre le doute.
Et la reconnaissance.
Entre l'absence.
Et la présence.
Habite aussi cet entre-deux qui est le mien en cette nuit.
Que je n'ai pas besoin.
De sortir de cet espace pour être rompé.
Que je puisse y rester.
Avec toi.
Sans urgence.
C'est entre deux.
Je le reconnais maintenant.
Commande-lui.
Que tu connais mieux que quiconque.
Oh toi,
Qui as vécu dans l'entre-deux d'une vie transformée sans que rien.
Dans les premiers temps.
Ne porte encore le nom de cette transformation.
Apprends-moi à ne pas exiger de cette nuit.
Qu'elle se range clairement du côté du sommeil.
Ou du côté de la veille.
Qu'elle reste ce qu'elle doit être.
Indéterminée.
OPA !
Et que c'est… indétermination.
Elles-mêmes deviennent avec toi un lieu habitable.
On m'a émanelé.
Je pense à toutes les nuits que tu as connues avant de connaître la nuit décisive.
Toutes ces nuits ordinaires.
Sommeil crâque.
Sans révélation.
Où tu devais simplement continuer à vivre,
À marcher.
Aimez.
Sans certitude de ce que cela donnerait.
Cette nuit.
Est l'une de ces nuits ordinaires pour moi aussi.
Elle n'a pas besoin d'être extraordinaire pour être sacrée.
Elle est sacrée.
Simplement.
Parce que je la traverse en ta présence.
Oh toi,
Qui n'as jamais eu besoin de comprendre pour continuer d'aimer.
Donne-moi cette même capacité.
À ne pas comprendre pourquoi cette nuit est ainsi.
Pourquoi le repos se dérobe ?
Pourquoi le cœur s'agite quand tout autour appelle au calme ?
Je n'ai pas besoin de comprendre.
J'ai seulement besoin de rester.
Ainsi.
Et maintenant ?
Peigne.
Tu es saine.
Qui reste avec moi.
Cette absence de compréhension,
Je voudrais ne plus la vivre comme un échec de mon esprit.
À saisir ce qui lui échappe alors en toi.
Qui a avancé sans toujours comprendre ce que tu vivais.
Sur le moment même où tu le vivais.
Montre-moi que la compréhension n'est pas la condition de la paix.
On peut rester.
Traverser.
Sans avoir résolu la question de pourquoi.
Et cette nuit.
N'a pas s'expliquer entièrement.
Pour être accueilli.
Un corps.
Pas la peuple.
Ça lourdit dans le matelas.
Même si l'esprit continue de veiller.
Au revoir les Madeleines.
Toi qui savais.
Que le corps et l'esprit ne s'apaisent pas toujours au même rythme.
Ne me presse pas de faire coïncider les deux avant l'heure.
Laisse mon corps se déposer à son rythme.
Et mon esprit veillé aux siens.
Tous deux enveloppés par la même présence,
Celle qui ne distingue pas ce qui dort de ce qui veille,
Mais qui aime le tout.
Ensemble.
Je te remercie cette nuit.
Non,
Pour ce sommeil qui n'est pas encore venu.
Mais pour cette présence qui,
Elle,
Entière.
Depuis le premier instant.
Où je me suis tournée vers toi.
E-toi.
Qui donne sans qu'on ait à mériter le don.
Je reçois cette compagnie comme on reçoit une eau dans le désert.
Sans l'avoir cherché avec assez de force pour la mériter.
Simplement.
Parce qu'elle est offerte.
Je voudrais que cette reconnaissance ne s'arrête pas à cette seule nuit.
Oh,
Toi !
Dont la gratitude a traversé.
Chaque étape de ta vie.
Même les plus obscurs.
Apprends-moi à reconnaître.
Au fil de toutes les nuits semblables qui viendront.
Cette même présence,
Offerte sans condition.
Que chaque nuit.
Son sommeil de Vienne.
Une occasion renouvelée de te retrouver ici.
Dans ce même silence.
Dans cette même fidélité.
Oh Marie-Madeleine,
Reste avec moi encore.
Dans les heures qui restent avant le jour.
Reste avec moi.
Et si le sommeil vient ?
Et reste avec moi.
S'il ne devient pas.
Reste avec moi.
Dans le silence de cette chambre.
Dans le poids de ce corps.
Dans l'agitation de ce cœur qui cherche encore sa mesure.
Oh toi,
Qui aimais sans condition,
Sans retenue,
Sans jamais demander que l'amour soit facile à recevoir.
Verse sur cette nuit.
Le même amour.
Et la même tendresse.
Comme mon cœur.
Agis-tu comme il l'est ?
Se sache aimer tel qu'il est.
Et pas malgré son insomnie.
Mais toujours avec elle.
Dont elle à travers elle.
Je reste ici.
Dans cette obscurité qui n'a besoin de rien d'autre pour être un lieu sacré.
Je reste ici.
Avec toi.
Ô toi qui aveillais fidèlement sans jamais avoir besoin que la nuit cède pour rester présente.
Et si cette nuit se referme ?
Sans que le repos ne soit venu.
Elle n'aura pas été une nuit perdue.
Elle aura été une nuit habitée.
Tenue tout entière dans ta présence.
Toutes les nuits que tu as connues avant moi.
Et comme toutes celles qui viendront encore.
Appareillement accompagnée.
Pareillement aimé.
En Marie-Madeleine Toi qui es là.
Dans cette obscurité.
Arreste.
Car je reste avec toi.
Mon cœur qui ne trouve pas le repos.
Se repose malgré tout dans cette seule certitude.
Que je ne suis pas seule cette nuit.
Que je ne l'ai jamais été.
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