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Dors malgré la culpabilité - Soin Nocturne

by Jimmy Sportelli

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Dans ce soin nocturne, tu seras guidé à travers une forêt ancienne, jusqu'à un bassin d'eau calme sous les étoiles. Là, tu poseras symboliquement ce que tu te reproches. Non pas pour effacer le passé, mais pour arrêter de le porter dans ton sommeil. Bonne écoute.

Script

Peu importe ce qui t'alourdit en ce moment,

Peu importe la culpabilité que tu peux avoir pour toi-même,

Ce soir c'est le moment de tout lâcher,

Pour que demain soit une meilleure journée,

Pour que tu retrouves ta joie de vivre et ta légèreté.

Bienvenue dans ce soin nocturne,

Installe-toi confortablement,

Allongé sur le dos si possible,

Les bras le long du corps ou posé sur ton ventre,

Du moment que tu te sens bien.

Ce soir tu n'as rien à faire,

Tu n'as même pas besoin d'essayer de dormir,

Tu es juste là et ça suffit,

Je t'invite à fermer les yeux si ce n'est pas déjà fait.

Commence par prendre une grande inspiration par le nez,

Lentement,

Et relâche par la bouche.

Encore une fois,

Inspire lentement et relâche.

Une dernière,

Inspire profondément et en expirant imagine que tu poses ton corps,

Qu'il s'enfonce légèrement dans le lit.

Maintenant laisse ta respiration redevenir naturelle.

Porte ton attention sur tes pieds,

Tu peux sentir leur poids,

La couverture sur eux ou bien l'air autour.

Relâche-les complètement,

Les orteils,

La voûte plantaire,

Les chevilles,

Tout se détend.

Remonte doucement dans les jambes,

Les mollets,

Les genoux qui se relâchent,

Les cuisses s'enfoncent dans le matelas.

Toute la partie basse de ton corps est lourde,

Ton bassin se dépose,

Tes hanches s'ouvrent,

Tout ventre se relâche ou détendu.

Ton dos entier repose sur le matelas.

Chaque vertèbre se dépose l'une après l'autre,

Le milieu entre les omoplates,

Tout le poids est porté par le lit.

Tu n'as rien à soutenir et c'est tes épaules qui descendent,

Loin des oreilles.

Si tu sens une tension,

Imagine qu'elle fond doucement comme de la neige au soleil.

Les bras sont lourds,

Les mains sont ouvertes et détendues.

Ton cou se relâche,

Ta mâchoire se desserre,

Laissant un tout petit espace entre les dents.

Ta langue est complètement détendue,

Tes yeux se relâchent aussi,

Lits sont en front,

Ton cuir chevelu se détend.

Tout ton corps est posé,

Lourd,

En sécurité.

Et c'est dans ce corps-là que tu vas pouvoir tout lâcher ce soir.

Imagine que tu marches dans la nuit,

L'air est doux,

Il fait sombre,

Mais tu n'as pas peur.

Tu es dans une ancienne forêt où les arbres sont immenses,

Leurs troncs sont si larges que tu ne pourrais même pas en faire le tour avec tes bras.

Les branches forment une voûte au-dessus de toi,

Et entre les feuilles tu aperçois des étoiles.

Sous tes pieds nus,

Un sentier de mousse,

Souple,

Tout doux.

Chaque pas est absorbé par le sol,

Tu avances sans effort.

Au bout du sentier,

Il y a une clairière,

Et dans cette clairière,

Un large bassin d'eau,

Immobile.

Elle reflète le ciel,

Les étoiles,

La lune.

Comme un miroir.

Tu t'approches du bord,

Tu t'assoies,

Et en regardant l'eau,

Tu sens quelque chose se réveiller dans ta poitrine.

Quelque chose que tu portes depuis longtemps,

Comme un poids,

Une tension,

Un œuf.

C'est la culpabilité.

Peut-être que tu sais exactement à quoi elle est liée.

Peut-être que c'est flou.

Juste un malaise,

Sourd.

Une impression de ne pas avoir été assez,

Assez présent,

Assez bon,

Assez respectueux envers toi-même.

Tu n'as pas besoin de nommer la raison ce soir.

Tu n'as pas besoin de la comprendre.

Tu n'as besoin que de la reconnaître.

Elle est là.

Tu la sens.

Pour commencer.

Maintenant,

Imagine que dans ta main,

Il y a une petite pierre,

Toute lisse,

Ronde,

De la taille d'un galet de régière.

Elle est lourde pour sa taille.

Cette pierre contient tout ce que tu te reproches.

Tous les mots que tu n'aurais pas dû dire,

Ou ceux que tu n'as jamais osé prononcer.

Les décisions que tu regrettes,

Les personnes que tu as déçues,

Ou que tu crois avoir déçues.

Les promesses non tenues,

Envers les autres,

Envers toi-même.

Le moment où tu n'étais pas à la hauteur de ce que tu voulais être.

Tu as un instant cette pierre dans ta main,

Sans son poids.

Tu as porté cette pierre longtemps,

Dans la journée et dans la nuit.

Même quand tu essayais de ne pas y penser,

Elle était là,

Quelque part dans tes poches,

Dans ton ventre,

Dans ta gorge,

Ta poitrine.

Ce soir,

Le bassin est là pour toi.

Quand tu te sentiras prêt,

Et pas avant,

Il n'y a aucune urgence.

Tu pourras poser la pierre dans l'eau.

Tu avances ta main au-dessus du bassin,

Sans son poids une dernière fois,

Et tu ouvres les doigts.

La pierre glisse,

Elle touche la surface de l'eau sans bruit,

Et elle descend lentement.

Tu la regardes devenir de plus en plus petite.

Le bassin est très profond,

Jusqu'à disparaître dans les profondeurs.

L'eau redevient calme,

Le miroir se reforme,

Et ta main est vide,

Légère.

Prends un temps pour sentir comme c'est bon,

De se sentir libéré de ce poids.

Comme c'est bon de se sentir enfin de nouveau pur.

Tu peux même prendre une respiration,

Profonde par le nez,

Et expirer en sentant cette libération.

Regarde l'eau maintenant.

Ce que tu vois refléter ce n'est plus le ciel,

C'est toi,

Ton visage,

Tes yeux.

Mais ce reflet te regarde sans jugement,

Sans reproche,

Sans la dureté que tu avais parfois envers toi-même.

C'est un regard bienveillant,

Comme celui d'un être cher.

Et si ce reflet pouvait parler,

Il te dirait ceci.

Tu as fait tout ce que tu pouvais,

Avec ce que tu savais,

Et ce que tu avais.

Tu n'étais pas censé être parfait.

Les erreurs ne sont pas des preuves que tu es mauvais.

Ce sont des preuves que tu es vivant,

Que tu apprends,

Et que c'est normal d'en faire.

Ce soir,

Tu mérites de dormir en paix.

L'eau du bassin commence à briller doucement.

Une lumière douce,

Blanche,

Laiteuse.

Cette lumière vient vers toi.

Elle touche tes mains.

Tes poignets.

Elle remonte le long de tes bras,

Comme une chaleur légère.

Elle entre dans la haine,

Là où le nœud était,

Et là où il y avait du dur,

Du serré,

Du sombre.

La lumière se dépose.

Elle ne force rien.

Elle ne tire rien.

Elle réchauffe.

Quelque chose commence à se détendre à l'intérieur.

Juste un début.

Un premier fil qui se relâche.

Tu n'as pas besoin de tout pardonner ce soir.

Le pardon de soi,

Ce n'est pas un interrupteur.

C'est un chemin.

Et cette nuit,

Tu as fait un pas sur ce chemin.

La lumière continue de monter.

Elle touche ta gorge.

Là où les non-dits se coincent parfois.

Elle touche ton front.

Là où ton mental peut tourner en boucle aussi.

Elle enveloppe tout ton visage dans une douce tièdeur.

Tu es entouré de cette lumière maintenant.

Assis au bord du bassin,

Dans la clairière,

Sous les étoiles.

La forêt respire autour de toi.

Tout est calme.

Tu peux aller t'allonger maintenant.

Là,

Au bord du bassin.

La mousse est toute douce pour toi.

La lumière du bassin est toujours là.

Elle veille.

Tu peux fermer les yeux tranquillement,

Comme tu les as fermés dans ton lit.

Ton corps est lourd,

Toujours.

La culpabilité est au fond du bassin.

Et toi,

Tu es ici.

Ce soir,

C'est toi qui compte.

Chaque respiration t'enfonce un peu plus dans le calme.

Tu as fait de ton mieux.

Le silence de la forêt t'enveloppe.

Et cette nuit,

Te voilà pardonné.

Dors maintenant.

Tout ira bien à partir de demain.

Bonne nuit.

© 2026 Jimmy Sportelli. All rights reserved. All copyright in this work remains with the original creator. No part of this material may be reproduced, distributed, or transmitted in any form or by any means, without the prior written permission of the copyright owner.

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