
S.N. Goenka - Enseignements sur la méditation Vipassana - 3
Voici la troisième et dernière des trois conférences données par S.N. Goenka les 6, 7 et 8 septembre 1991, à l'université de Rangoon. "Goenkaji" y présente les enseignements du Bouddha comme une progression logique à poursuivre sans interruption depuis le premier pas jusqu'au but final, la libération des conditionnements mentaux, causes de la souffrance. Bibliographie: _ Trois enseignements sur la méditation Vipassana par Satya Narayan Goenka. Editions Points Sagesse.
Script
Sathya Narayan Goenka Enseignement sur la méditation Vipassana Troisième jour Chers amis,
Ces deux derniers jours je vous ai parlé de l'enseignement du Bouddha et du fait qu'il ne donne de fruits que quand on le pratique.
Bien sûr,
Il faut d'abord écouter l'enseignement,
Le lire,
Tirer une sagesse des écritures,
Ce qu'on appelle Sutta Mayapanya,
Puis il faut essayer de le comprendre intellectuellement,
L'interroger et non l'accepter aveuglément,
Ce qui est une autre sagesse,
Appelée Sinta Mayapanya.
Toutes les deux sont très importantes sur la voie,
Mais,
Comme je vous l'ai dit,
C'est seulement quand on fait l'expérience de l'enseignement,
Quand on développe le Dhamma dans sa pratique,
Dans sa vie quotidienne,
Qu'on en retire à coup sûr les bénéfices.
Cela,
C'est Bhavana Mayapanya,
Une sagesse tirée de la pratique.
Bhavana veut dire le développement spirituel,
La méditation.
Là est l'apport original du Bouddha.
À son époque,
Les gens en Inde savaient très bien que l'avidité et l'aversion étaient la cause de la souffrance,
Et qu'une fois celle-ci disparue,
Il n'y avait plus de souffrance.
Après avoir atteint l'illumination,
Le Bouddha se rendit au parc au cerf pour transmettre pour la première fois son enseignement à ses cinq anciens compagnons.
Ces cinq compagnons étaient comme lui en quête de la libération,
Mais ne l'avaient pas encore atteinte.
S'ils s'étaient contentés de leur dire « J'ai trouvé l'illumination parce que je sais maintenant ce qu'est Dukkha.
Je sais que sa cause est l'avidité et l'aversion,
Et je sais qu'il y a une possibilité d'y échapper.
» Je suis sûr que ses camarades auraient souri « Oui,
Oui,
Oui,
Nous le savons aussi.
» Mais il a dit quelque chose qu'on ne savait pas encore.
Il a dit « Les quatre nobles vérités ne deviennent vraiment des vérités que lorsqu'on en fait l'expérience.
Ces quatre nobles vérités sont la souffrance existe,
Il y a une cause à la souffrance,
La cessation de la souffrance existe,
Et il existe une voie qui mène à la cessation de la souffrance.
» C'était son premier serment.
Accepter qu'il y a une voie conduisant à l'éradication de la souffrance ne suffit pas,
Ne nous aide en rien.
C'est la différence entre le Bouddha et tous les autres maîtres disant que la souffrance existe.
Quand une douleur est ressentie dans le corps,
Quand il y a une pression quelque part,
De la chaleur,
Quand un proche meurt,
Quand quelqu'un perd tous ses biens,
Son emploi,
Son pouvoir,
Sa position,
Il devient très malheureux.
Oui,
C'est évident,
Tout le monde peut le comprendre.
Mais ce n'est pas là l'enseignement du Bouddha.
Alors qu'est-ce que la souffrance ?
Qu'est-ce que Dukkha d'après le Bouddha ?
Tout ce dont vous pouvez faire l'expérience à l'intérieur du corps est Dukkha.
Quand les gens viennent à des cours de méditation,
Au début ils ont mal,
Ils souffrent de tensions,
De douleurs,
De lourdeur,
De chaleur,
De démangeaisons,
De toutes sortes de sensations désagréables.
C'est très facile à comprendre.
Il y a Dukkha parce qu'il y a douleur,
Pression,
Lourdeur.
Au cinquième,
Au sixième,
Au septième jour,
Peut-être pour certains au huitième,
Neuvième ou dixième jour,
On parvient au stade où toute solidité du corps est dissoute.
Tel est l'enseignement.
Il n'est fait appel à aucune imagination,
À aucune sorte d'auto-suggestion ni d'auto-hypnotisme.
Vous devez faire l'expérience de la vérité.
Vous devez constater vous-même que le corps n'est pas une substance solide.
Au niveau apparent,
La structure physique tout entière est solide,
Faite de chair,
D'os,
Etc.
Mais au niveau réel,
Il n'y a que vibrations,
Particules subatomiques apparaissant et disparaissant à une grande vitesse.
L'enseignement du Bouddha consiste à aller de la vérité apparente à la vérité ultime avec l'aide de Vipassana.
Ainsi,
En accord avec l'enseignement du Bouddha,
On va de la réalité apparente,
Grossière,
Vers une réalité de plus en plus subtile.
On atteint la réalité la plus subtile en ce qui concerne la matière,
L'esprit,
Les contenus mentaux,
Et alors les choses deviennent très faciles.
On transcende le champ entier du corps et de l'esprit et on fait l'expérience de quelque chose d'indescriptible,
Quelque chose qui est éternel,
Où rien ne disparaît,
Rien ne meurt,
Parce que rien n'apparaît.
Vous devez en faire l'expérience.
On peut bien vous dire « ce gâteau est délicieux ».
À moins de goûter à votre tour,
Vous ne pouvez en être certains.
De même,
Pourquoi dire que le Nibbana est merveilleux si on n'en a pas fait l'expérience ?
Il s'agit de jeux dévotionnels,
De jeux intellectuels.
Il n'apporte rien.
C'est le réel et le réel seul que Bouddha enseigne lorsqu'il dit que l'on doit faire l'expérience de chaque noble vérité de trois façons différentes.
Tout d'abord,
On doit constater que la souffrance existe partout dans le monde.
Et en effet,
Que l'on soit riche ou pauvre,
Éduqué ou non,
Il est aisé de constater que nul n'est épargné par elle.
Cependant,
Le Bouddha nous incite à faire l'expérience du champ tout entier de la souffrance jusqu'à son ultime limite,
À vérifier par nous-mêmes que tous les phénomènes physiques et mentaux sont souffrances.
C'est ainsi qu'on doit comprendre Dukkha,
La première des quatre nobles vérités,
Et comment on l'explore et en fait l'expérience.
Quand on suit un stage de vipassana,
On éprouve des tensions,
Des douleurs,
De la lourdeur physique.
Aussi Dukkha est-il une réalité évidente,
Très intense.
On ressent des sensations très solidifiées.
Mais au fur et à mesure de l'observation de ces sensations,
Ce Dukkha solidifié se dissout et on atteint le stade de l'apparition et de la disparition de la sensation,
Appelée Udayavayanana.
Udaya,
C'est l'apparition,
Et Vaya,
La disparition.
Lorsqu'une douleur apparaît,
Brute,
Solidifiée,
Il faut l'observer.
Elle va durer,
Durer,
Durer quelque temps,
Mais tôt ou tard,
Elle disparaîtra.
Quand vous ressentez de telles sensations,
Solides,
Intenses,
Grossières,
Déplaisantes,
Vous faites l'expérience de la vérité sur l'apparition de la sensation,
Samudaya Dhamma.
Mais si vous continuez à méditer,
À observer ces sensations,
Vous parvenez au stade de la dissolution totale,
Banganana,
Dans lequel toute solidité est dissoute.
La structure physique tout entière vous apparaît comme une masse de particules subatomiques apparaissant et disparaissant successivement avec une très grande rapidité.
Quand ils font l'expérience de cela,
Les pratiquants de Vipassana viennent me voir et s'exclament « C'est merveilleux !
J'ai trouvé ce que je cherchais.
Je sens un flux de sensations très subtil.
C'est si agréable.
Je n'éprouve plus de douleur.
» Les gens recherchent ce qui est agréable.
Ils viennent au cours pour le trouver,
Pour se débarrasser des sensations désagréables.
Mais un enseignant expérimenté doit leur répondre « Non,
Non,
Non,
Vous êtes fous.
Ce stade n'est pas merveilleux.
Le Bouddha a dit qu'il était dangereux.
Alors les pratiquants protestent.
Mais pourquoi dangereux ?
Pourquoi effrayant ?
Toutes mes douleurs ont disparu.
Cet état est dangereux parce que quand vous avez des sensations agréables,
Vous créez de l'attachement envers elles.
Or,
La loi de la nature est que toutes choses changent et disparaissent.
Ainsi,
Quand on atteint le stade de la dissolution totale,
Des impuretés profondes remontent à la surface et à nouveau vous ressentez des sensations solidifiées.
Et alors vous vous sentez très malheureux parce que vous aviez produit de l'attachement pour ces sensations agréables et qu'elles ont disparu.
Le stade de la dissolution est très important,
Mais il est également très dangereux et nuisible si on n'a pas le niveau requis de sagesse pour éviter de s'y attacher.
Si au contraire on a la sagesse appropriée,
On réalise que cet état aussi est impermanent,
Aussi agréable soit-il.
Quand vous éprouviez des sensations grossières,
Leur apparition et leur disparition étaient bien distinctes,
Séparées par un intervalle.
Dans l'état de dissolution totale,
Tout n'est que vaguelette et vaguelette et vaguelette.
Aussitôt qu'une vaguelette apparaît,
Elle disparaît.
Aucun intervalle ne sépare plus ces phénomènes Apparition et disparition sont quasiment simultanées et nous pouvons constater que ce phénomène aussi est nécessairement impermanent.
Alors,
Apparition,
Disparition,
On ne produit pas d'avidité envers ces sensations,
On ne produit pas d'attachement,
On reste détaché,
Pleinement équanime ou P.
K.
Dans ce cas,
Il n'y a plus aucun danger.
La voie est ensuite Sankara ou P.
K.
Alors,
Les conditionnements mentaux,
Appelés aussi réactions,
Les sankaras,
Les plus profonds,
Ceux qui ont pour conséquence de vous donner une nouvelle vie,
Vie après vie,
Remonteront à la surface et ils seront éliminés.
Cela se passe ainsi parce que vous demeurez équanime,
Parce que vous faites l'expérience que tout cela est impermanent.
Aussi puissant que soient les sankaras qui viennent à la surface,
Si vous demeurez équanime,
Ils ne peuvent pas rester,
Ils disparaissent et vous atteignez le stade de la libération totale,
D'uniban.
Mais tout cela n'est possible que si l'on a fait l'expérience du champ entier du phénomène physique et mental et constaté que tout est souffrance,
Dukkha,
Car même ce que les gens disent être agréable ne l'est pas.
Il y a du Dukkha là-dedans,
Car il y a encore apparition et disparition.
En soi,
Reconnaître l'existence de Dukkha ne vous conduira pas au but final.
Explorer le champ de Dukkha non plus,
C'est avoir fait l'expérience du champ entier de Dukkha,
En avoir atteint les limites et les avoir transcendées,
Qui vous y conduira.
Le Bouddha explique à ses cinq compagnons qu'il en va de même pour les trois autres nobles vérités,
Qu'on doit d'abord comprendre chacune d'elles,
Puis en faire l'expérience directe,
Mais que celles-ci ne deviennent réellement une noble vérité que lorsqu'on la transcendait.
Il leur rapporte également qu'il a lui-même transcendé chacune des quatre nobles vérités,
Qui sont la souffrance,
Dukkha,
La cause de la souffrance,
Dukkha Samudaya,
L'élimination de la souffrance,
Dukkha Nirodha,
Et le chemin qui conduit à l'élimination de la souffrance,
Dukkha Nirodha Gamini Patipada.
Et c'est le fait qu'il avait accompli la deuxième et la troisième étape pour chacune des quatre nobles vérités,
Et pas simplement la première étape,
Qui a convaincu ses cinq compagnons qu'il avait effectivement atteint l'illumination.
Ce n'est donc pas en dix jours que l'on atteint le stade du Nibbana.
Certains peut-être y parviennent,
Bienvenue à eux,
Je les félicite,
Mais on ne doit pas s'attendre à ce qu'en dix jours on puisse atteindre le but.
Vous connaissez la voie à présent.
L'enseignement du Bouddha est le Dhamma,
Et le Dhamma est un art de vivre,
Une manière de vivre.
En tant qu'être humain,
On peut vivre toutes sortes de vies qui n'apporteront que souffrance,
Aujourd'hui et dans l'avenir.
L'enseignement du Bouddha nous conduit hors de la souffrance,
Au présent comme dans le futur.
Il enseigne une véritable voie.
Le Dhamma nous apprend à marcher sur cette voie,
À vivre en accord avec les lois expliquées par le Bouddha.
Il n'y a pas d'autre chemin pour atteindre le but.
Maintenant que vous connaissez la voie,
Il ne vous reste qu'à y marcher,
Pas à pas,
Et vous atteindrez à coup sûr le but final.
Mais vous n'aurez pas à attendre d'y être parvenu pour tirer bénéfice de cette voie.
Chaque pas que vous y ferez vous procurera un bénéfice,
Ici et maintenant,
Avant même que vous ayez atteint le Nibban.
Bien sûr,
Une fois celui-ci atteint,
Vous en tirerez des bénéfices infinis,
Mais aucun pas sur le chemin du Dhamma n'est vain.
C'est pourquoi,
Si on trouve la voie juste,
On sait comment y marcher,
La moitié du travail est faite.
Si on est sur une fausse voie,
En dépit de tous les efforts possibles,
On ne peut pas atteindre le but final.
Si on est sur la bonne voie,
Mais qu'on ne sait pas comment y marcher,
On ne peut pas l'atteindre non plus.
Ces deux choses sont déterminantes.
On doit trouver la voie juste et recevoir la technique appropriée,
Puis il faut s'y atteler avec ardeur.
Le Tathagata montre seulement le chemin.
Je vous ai montré le chemin,
A-t-il dit,
Le reste dépend de vous.
Marchez,
Marchez sans cesse,
Travaillez vous-même à votre propre salut.
Et au fur et à mesure que vous avancez sur la voie,
La loi de la nature,
Le Dhamma,
Devient claire.
Le Dhamma n'est rien d'autre que la loi de la nature,
La loi universelle de la nature.
Il devient clair parce que vous le vivez.
Quand j'ai rencontré Sayagyi Yubakin,
Je n'avais pas lu le moindre livre sur l'enseignement du Bouddha.
Je n'avais même pas lu le Dhammapada.
Tout cela était nouveau pour moi,
Car je venais d'une tradition complètement différente.
Mais une fois que j'ai fait l'expérience de cet enseignement,
Yubakin m'a dit,
« Maintenant lisez ceci,
Lisez cela.
La théorie et la pratique doivent aller de pair.
La théorie seule ne vous sera d'aucun secours,
Mais joint à la pratique,
Elle rendra les choses très claires.
» Et au fur et à mesure que je lisais,
C'était comme si le Bouddha me disait,
« C'est comme ceci,
Regardez,
C'est comme ceci.
Ne le comprenez pas de travers.
» Parce que je pratiquais.
Quand vous pratiquez,
Chaque explication,
Chaque mot énoncé par le Bouddha prend une signification différente.
Comment se produit l'attachement aux cinq agrégats ?
Comment Dukkha se manifeste à cause de cet attachement ?
Ce que sont l'esprit,
La matière et l'interaction constante qui a lieu entre eux,
La façon dont l'un est influencé par l'autre et réciproquement.
Comment se produisent les flux et reflux de sensations à travers le corps ?
Toutes ces choses deviennent vraiment limpides.
Quand on atteint le stade de dissolution totale,
Les choses deviennent de plus en plus claires.
On réalise que la structure physique tout entière,
Comme la structure mentale,
Ne sont que vibrations.
C'est une très grande découverte que le Bouddha a faite là.
Personne avant lui n'avait vu cela.
Il y a cent ans,
Des savants occidentaux l'ont affirmé à leur tour parce que l'un d'entre eux avait découvert qu'il n'y a aucune solidité dans l'univers matériel,
Que celui-ci est seulement constitué de petites ondes et que tout l'univers est fait d'atomes qui surgissent et disparaissent,
Surgissent et disparaissent.
Ce savant,
M.
Alvarez,
Entreprit de calculer,
À l'aide d'un instrument appelé chambre à bulles,
Combien de fois une particule apparaît et disparaît en une seconde.
Il parvint au résultat de 10 puissance 22.
Gautama avait dit que la plus petite particule de matière,
Un kalapa,
Surgit et disparaît un nombre de fois étonnant en un instant,
Anekasatasa asakoti,
Ce qui signifie littéralement cent mille fois dix millions.
Tous deux ont abouti au même résultat.
Et cependant,
Quelle différence entre eux !
Parmi les nombreux étudiants occidentaux qui viennent à mes cours,
Certains ont rencontré,
À Berkeley,
M.
Alvarez.
Ils m'ont raconté que c'était l'homme le plus malheureux qui soit,
Un homme plein de tensions,
Un nœud de tensions.
Ainsi,
Le savant a atteint la même vérité que Bouddha,
À savoir que l'univers n'est composé que de vaguelettes de particules.
La vérité est la vérité.
Et cependant,
Quelle différence !
Ici,
Quelqu'un est réalisé,
Pleinement libéré.
Là,
Un autre est plein de souffrance.
Pourquoi ?
Parce que l'un a découvert la vérité de façon intellectuelle,
Tandis que l'autre l'a atteinte en en faisant l'expérience.
M.
Alvarez avait confiance en son instrument de mesure,
En son intellect.
Et c'est en se fiant à eux qu'il a pu affirmer qu'en une seconde,
10 puissance 22 de particules apparaissaient et disparaissaient.
Le Bouddha,
Quant à lui,
N'avait pas d'autre instrument de mesure que lui-même.
Il n'a pas lu cette vérité dans les Écritures,
Mais il en a fait l'expérience.
Et grâce à la dissolution de la totalité de ses impuretés mentales,
Couche après couche,
Il s'est totalement libéré.
Au contraire,
Si on en reste à la compréhension intellectuelle,
On ne peut pas se libérer du tout,
Même partiellement,
Car sans bhavana maya pājñā,
La sagesse issue de l'expérience,
On ne peut se libérer de ses impuretés mentales.
Il en va de même pour nous,
Si nous considérons l'enseignement du Bouddha seulement au niveau intellectuel,
Émotionnel ou dévotionnel,
Nous restons aussi bons ou aussi mauvais que M.
Alvarez.
Si nous en faisons l'expérience,
Alors oui,
Nous en tirerons de réels bénéfices.
Quand on atteint le stade de dissolution totale de la solidité apparente du corps physique,
Il n'y a plus que des sensations de vibration,
Vibration,
Vibration.
L'esprit et les contenus mentaux sont aussi faits de vibrations.
La matière est vibration.
Vous pouvez en faire l'expérience.
Une émotion se manifeste,
De la colère,
De la passion,
Elle donne lieu à une sensation intense,
Solidifiée.
Elle essaie de vous dominer.
Mais grâce à la pratique de vipassana,
Vous pouvez l'observer.
Voyons combien de temps elle dure,
Voyons quelles sensations elle produit dans mon corps.
Et en observant,
En continuant à observer,
Vous vous apercevez que l'intensité de l'émotion ne cesse de diminuer et que celle-ci se transforme en vibration.
Aussi intense que soit une sensation,
Elle va se transformer en vibration.
L'esprit devient vibration.
Tous les contenus mentaux deviennent vibration.
Ce n'est pas parce que le Bouddha l'a dit,
Ni parce que Sayagyi Yupakin l'a dit,
Ni parce que Goenka l'a dit,
Mais parce que votre expérience vous le dit.
Tout est dissous à présent.
Cela devient facile.
Comprendre le Bouddha devient facile.
On déplace sans difficulté son attention de la tête au pied et des pieds à la tête.
On place son attention sur les yeux.
Vibration.
Sur le nez.
Vibration.
Sur l'oreille.
Vibration.
Sur la langue.
Vibration.
Sur la peau.
Vibration.
Sur l'esprit.
Vibration.
Tout n'est que vibration.
Tout ce qui entre en contact avec un de vos sens produit des vibrations.
Un son venant en contact avec l'oreille.
Vibration.
Une forme ou une lumière venant en contact avec les yeux.
Vibration.
Une odeur venant au contact du nez.
Vibration.
Un goût entrant au contact de la langue.
Vibration.
Un objet tangible entrant en contact avec le corps.
Vibration.
Une pensée,
Une émotion,
N'importe quoi venant à l'esprit.
Vibration.
Les six sens à l'intérieur ne sont que vibrations,
Et les six sens à l'extérieur,
Les objets extérieurs,
Ne sont que vibrations.
Les portes des sens ne sont que vibrations.
Lorsqu'un son parvient au contact de son oreille,
Un bon méditant,
Bien sûr,
Cela prend du temps d'atteindre ce stade,
Mais un bon méditant s'aperçoit que cela sollicite la conscience,
Vignana.
Quelque chose s'est passé,
Dit la conscience.
C'est ainsi que l'on comprend comment fonctionnent les cinq agrégats.
Puis immédiatement,
Cela fait entrer en jeu une autre partie de l'esprit,
La perception,
Sagna,
Chargée de tous les souvenirs,
De toute l'expérience du passé,
Qui dit à son tour,
« Oui,
Ce sont des mots,
Mais est-ce que ce sont des insultes ?
Est-ce que ce sont des louanges ?
» La perception identifie,
Mais elle ne fait pas qu'identifier,
Elle évalue.
« Ce sont des insultes ?
Ah,
Mais ça ne va pas du tout,
Ça.
» « Ou alors,
Ce sont des louanges ?
Ah,
Très bien,
Très bien,
Ça,
J'aime bien.
» Et que se passe-t-il après ?
Quand le son entre en contact avec l'oreille,
Une vibration entre en contact avec une autre vibration,
Et une nouvelle sorte de vibration se produit dans tout le corps,
Comme lorsque vous frappez un gong.
La vibration n'est au point que vous avez frappé,
Mais elle se répand ensuite sur toute la surface du gong.
De même,
Le son est venu au contact de l'oreille,
Mais il se répand ensuite dans tout le corps,
Sous la forme d'un flux de vibrations,
De vibrations subtiles,
Très neutres,
Qui traversent tout le corps de la tête aux pieds.
Et lorsque la deuxième partie de l'esprit,
La perception,
La folle du logis,
Dit « Ce sont des insultes,
Ça ne va pas du tout,
Là.
» alors ces vibrations qui étaient neutres deviennent très désagréables.
Si son évaluation est positive,
Au contraire,
Elle dira « Oh,
Ce sont des louanges,
C'est merveilleux !
» et les vibrations,
De neutres,
Deviennent très agréables.
C'est là qu'intervient la troisième partie de l'esprit,
La sensation,
Vedana.
C'est la partie de l'esprit dont la fonction est de ressentir les sensations,
Quels que soient leurs types.
Sensations agréables,
Sensations désagréables ou sensations neutres.
C'est sa fonction.
Puis,
Immédiatement après que les sensations ont été ressenties,
La quatrième partie de l'esprit,
La réaction,
Sankara,
Entre en jeu.
Des sensations désagréables ?
Je n'aime pas ça.
Et de l'aversion est généré.
Mais si des sensations agréables circulent dans le corps,
La quatrième partie de l'esprit dit « Oh,
J'en veux plus,
Encore plus !
» et elle produit de l'avidité.
En apparence,
Il semblera que c'est à l'objet extérieur,
Mot,
Forme,
Couleur,
Odeur ou contact,
Que je réagis par de l'avidité ou de l'aversion.
Mais l'enseignement du Bouddha nous permet d'aller de ce niveau de réalité apparente,
Bhanyati,
Jusqu'à la réalité profonde des choses,
Paramatha,
Qui est totalement différente.
En pratiquant son enseignement,
Il devient clair que ma réaction d'avidité ou d'aversion ne vient pas de ce que l'on m'a adressé des louanges ou des insultes.
Car il y a un intervalle entre les paroles que l'on m'a dites et ma réaction.
Et cet intervalle est la sensation vedana,
Qui est agréable si l'on m'a adressé des louanges et désagréable si quelqu'un m'a insulté.
C'est précisément cela qu'a découvert le Bouddha.
Grâce à l'expérience,
Chaque parole du Bouddha nous devient claire,
Notamment dans le Samyutta Nikaya,
Lorsqu'il nous dit « Les six sens engendrent le contact ».
Les six sens,
C'est-à-dire qu'au contact des yeux,
Des oreilles,
Du nez,
De la langue,
Le corps,
Il y a une sensation agréable ou désagréable.
Donc,
Les six sens engendrent le contact,
Le contact engendre la sensation,
La sensation engendre la soif.
Notez qu'il ne dit pas « les six sens engendrent la soif,
L'avidité ou l'aversion »,
Mais « les six sens engendrent le contact ».
Voyez la différence.
Tous les maîtres indiens qui ont précédé le Bouddha,
Tous ceux qui ont enseigné à son époque et après lui,
N'ont cessé d'expliquer qu'il faut être très attentif à ne pas réagir aux objets des sens,
À ne pas s'y délecter ni à y succomber.
L'enseignement du Bouddha affirme également qu'il faut éviter d'y succomber.
Mais à quel niveau ?
Au niveau des sensations.
À une vedana agréable,
Ne réagissez pas par de l'avidité,
Tout comme à une vedana désagréable,
Ne réagissez pas par de l'aversion.
Vous devez creuser jusqu'à la racine de vos impuretés mentales.
Si vous restez à la surface de l'esprit,
Vous ne pouvez pas vous libérer.
Les volcans assoupis,
Vos réactions mentales habituelles,
Demeureront enfouies sous la surface de l'esprit.
En profondeur,
L'esprit ressent des sensations à chaque instant,
Jour et nuit,
En état de veille comme pendant votre sommeil.
À chaque instant,
Une sensation succède à une autre et cet esprit fou ne cesse d'y réagir.
Avidité,
Aversion,
Avidité,
Aversion.
Au niveau conscient,
Vous vous dites « Non,
Je n'éprouve pas d'avidité,
Je n'éprouve pas d'aversion.
» Mais,
Si vous observez en profondeur,
Vous constaterez qu'à chaque instant,
Vous produisez de l'avidité ou de l'aversion.
À chaque instant,
Vous ressentez quelques sensations,
Agréables ou désagréables,
Et vous y réagissez.
Prenons un exemple.
Vous êtes endormi,
Profondément endormi.
Un moustique vous pique.
Votre esprit conscient ne le sait pas.
En surface,
Votre esprit ne le sait pas.
Mais la partie la plus profonde de votre esprit est en contact constant avec les sensations corporelles.
Un moustique vous a piqué.
Une sensation désagréable s'est en suivi.
La partie de l'esprit qui réagit aux sensations,
Celle qu'on appelle Sankara,
Dit immédiatement « Je n'aime pas ça.
» Elle va chasser le moustique.
Elle pourra même faire en sorte que vous le tuiez.
Plus tard,
Vous ressentez de nouveau une sensation désagréable.
Cette fois-ci,
Votre réaction est de vous gratter.
Comprenez que cela se passe à un niveau profond de l'esprit.
Le niveau superficiel,
Conscient de l'esprit,
Ne réalise pas tout cela.
Si,
Au matin,
Quelqu'un vous demande « Combien de fois avez-vous été piqué par un moustique la nuit dernière ?
» Vous n'en savez rien.
Vous dormiez profondément.
Mais la partie la plus profonde de l'esprit n'est jamais endormie.
Elle demeure éveillée 24 heures sur 24,
Éveillée aux sensations corporelles,
Et elle y réagit continuellement.
Et que se passe-t-il si je ne suis pas un méditant vipassana ?
Supposons que je suis en train de parler.
C'est le niveau de la surface de mon esprit que le Bouddha nomme paritacitta et qu'en Occident on appelle le conscient et qui représente en fait une très petite partie de l'esprit qui est à l'œuvre.
Je parle,
Et ma paritacitta ne cesse de penser.
Mon intellect ne cesse de penser.
J'ai assez parlé,
Maintenant il faut que je conclue.
Comment conclure ?
Voilà tout ce qui intéresse mon intellect.
Ah,
Il faut que je dise ceci,
Ou il faut que je dise cela.
Ou bien il va se demander,
Après avoir noté l'expression des auditeurs,
Est-ce qu'ils comprennent ce que je dis,
Ou est-ce que ça leur passe au-dessus de la tête ?
Est-ce que ce que je dis les ennuie ?
Est-ce qu'ils se sont mis à regarder leur montre ?
Dans ce cas,
Je ferai mieux de m'arrêter bientôt.
Tout cela est le travail de la surface de l'esprit,
La paritacitta.
Mais la partie la plus profonde de l'esprit n'a rien à voir avec tout cela.
Elle est en contact avec les sensations corporelles.
Après une demi-heure de position assise,
Le poids de mon corps exerce une pression sur mon dos,
Et à cause de cette pression,
Une douleur s'est manifestée.
La partie de l'esprit qui évalue les sensations,
Sanya,
Dit « Je n'aime pas ça ».
Et l'aversion surgit immédiatement.
Alors j'étends un peu mes jambes,
Pour soulager la douleur,
Et je continue à parler.
Puis un peu plus tard,
Une autre tension se fait sentir,
Et je bouge à nouveau sur mon siège.
Regardez quelqu'un dans cette situation pendant une quinzaine de minutes.
Combien de fois va-t-il ainsi bouger ?
Le pauvre,
Il n'a même pas conscience de ce qu'il est en train de faire,
Mais la partie profonde de son esprit réagit constamment aux sensations.
C'est cette activité permanente de l'esprit sollicité par les sensations qu'a découverte le Bouddha.
Voilà pourquoi,
Pour comprendre ce qu'il a enseigné,
Il faut travailler au niveau des sensations.
Nous devons aller jusqu'à ce niveau profond de l'esprit,
Là où se trouvent ces volcans assoupis,
Ces habitudes invétérées de l'esprit,
Ces réactions continuelles aux sensations,
Qui se répètent de vie en vie.
On peut lire toutes les écritures,
On peut passer son temps à commenter le Dhamma.
Si on ne pratique pas,
Ça ne sert à rien,
À rien du tout.
Le Bouddha désire que vous compreniez les quatre nobles vérités,
La souffrance,
La cause de la souffrance,
L'extinction de la souffrance et le chemin qui conduit à l'extinction de la souffrance.
Mais toutes quatre doivent être expérimentées.
Dans le Dhammapada,
Le premier livre que mon enseignant m'est donné à lire,
Il est dit L'esprit précède tout phénomène.
L'esprit est le plus important.
Tout est fait par l'esprit.
Si vous parlez ou agissez avec un esprit impur,
La souffrance vous suit comme la roue du chariot suit le sabot de la bête de trait.
Chacune de ces paroles devient évidente quand on a pratiqué la méditation vipassana.
Le Bouddha a atteint des profondeurs auxquelles personne d'autre n'était parvenu avant lui.
Il a compris que l'esprit vient en premier,
Que c'est lui qui est déterminant.
Vous pouvez bien essayer d'améliorer vos actions physiques,
Vous pouvez essayer d'améliorer vos actions verbales.
Cependant,
Vous ne pourrez pas atteindre le but final,
L'illumination.
Pour cela,
Il faut améliorer vos actions mentales.
Le Bouddha fut le premier à accorder tant d'importance à l'esprit.
Tout est Manomaya.
Tout ce dont vous faites l'expérience en ce monde,
Le monde entier,
Est la création de votre esprit.
Alors,
Si vous dites ou faites quelque chose avec un esprit impur,
Vous engendrez de l'aversion,
De l'avidité.
Vous souillez davantage encore votre esprit.
Et qu'arrive-t-il alors ?
La souffrance ne cesse de vous suivre comme la roue du chariot suit irrémédiablement le bœuf attelé à ce chariot.
Cela est très simple à comprendre au niveau superficiel,
Mais lorsque l'on observe les choses en profondeur grâce à la pratique de Vipassana,
Cela devient vraiment évident.
Dukkha,
La souffrance,
Est présente tout au long de la vie et pas seulement dans cette vie,
Mais vie après vie.
Le bœuf marche,
Et à chacun de ses pas,
La roue le suit.
Il l'entraîne.
De même,
À chaque instant,
Vous sentez une sensation ou une autre et,
Par folie et à cause de vieilles habitudes mentales,
Vous y réagissez.
Avidité,
Aversion,
Votre esprit est souillé.
Et quand votre esprit est souillé,
Il y a souffrance.
Vous êtes l'esclave de vos anciennes habitudes mentales et à chaque instant vous souffrez.
Le Bouddha,
Toujours dans le Dhammapada,
Nous dit qu'à l'inverse,
Si l'on agit au niveau mental ou physique avec un esprit pur,
Alors le bonheur ne cesse de vous suivre comme votre ombre.
Ces paroles aussi deviennent lumineuses si on pratique Vipassana.
Chaque instant où vous n'engendrez ni avidité ni aversion,
Vous êtes heureux.
Si au niveau le plus profond de votre esprit vous ressentez une sensation,
Agréable,
Désagréable ou neutre,
Mais que vous réalisez que tout est impermanent,
Anicca,
Et que votre esprit reste dans un état d'équanimité,
Alors celui-ci est équilibré et il n'y a pas de souffrance.
Vous vous sentez très heureux et plus vous parvenez à ne pas réagir aux sensations,
Plus cette nouvelle habitude mentale s'installe.
Vous ne réagissez pas par de l'avidité,
Aussi agréable que soit une sensation.
Vous ne réagissez pas par de l'aversion,
Aussi désagréable qu'une sensation puisse être.
L'ancienne habitude était une habitude de souffrance.
Désormais,
Elle est devenue une habitude de libération,
De bonheur.
Quand vous agissez avec un esprit impur,
Non seulement vous souffrez ici et maintenant,
Mais vous continuerez à souffrir dans le futur,
Vie après vie.
Pourquoi ?
Parce que l'esprit est devenu esclave de cette habitude.
Il continue à engendrer de l'avidité et de l'aversion,
Vie après vie,
À chaque instant.
À nouveau,
Le Bouddha nous dit dans le Dhammapada,
« Il se lamente maintenant,
Il se lamentera dans le futur.
» Dans les deux mondes,
Celui qui agit avec un esprit impur se lamente.
Mais quand vous accomplissez de bonnes actions,
De bonnes actions mentales,
Quand vous ne réagissez pas aux sensations ni avec avidité ni avec aversion,
Ah !
Vous êtes dans un état d'esprit merveilleux,
Paisible,
Plein de bonheur et d'harmonie.
En maintenant cet état d'esprit d'instant en instant,
Vous constatez qu'il y a plein d'harmonie,
De bonheur dans cette vie et dans toutes les vies à venir.
Toujours dans le Dhammapada,
Le Bouddha nous dit,
« Ici-bas,
Il se réjouit.
Dans l'au-delà,
Il se réjouit aussi.
Dans les deux mondes,
Celui qui agit avec un esprit pur se réjouit.
» Je le répète encore,
Je dois avoir accompli quelques très bonnes actions dans le passé,
Je dois avoir quelques très bons paramis qui m'ont fait naître dans ce pays.
Si j'étais né ailleurs,
Grâce aux relations de ma famille,
J'aurais pu gagner énormément d'argent,
J'aurais pu devenir multimillionnaire,
J'aurais peut-être gagné beaucoup plus que ce que j'ai gagné en Birmanie.
Mais je n'aurais pas reçu le Dham,
Parce que nulle part ailleurs qu'en Birmanie,
On ne trouve la technique de la méditation Vipassana dans un tel état de pureté.
On enseigne des techniques de Vipassana un peu partout à travers le monde,
Cependant,
Et je ne suis pas là pour condamner quelques techniques que ce soit,
Cependant je trouve qu'aucune ne va jusqu'aux profondeurs où le Bouddha voulait que nous allions.
Dans le Dhammapada,
Il nous dit « Avec ardeur,
Être attentif à chaque instant à l'apparition et à la disparition des sensations et développer sa sagesse par cette compréhension de leur caractère impermanent.
» À chaque instant,
Nous devons être conscients de nos sensations qui apparaissent et disparaissent et attentifs à elles.
Vous êtes attentifs et en même temps vous avez une compréhension constante de leur impermanence.
Vous développez ainsi votre sagesse,
Vous êtes conscients des sensations,
Mais vous n'y réagissez pas.
Que vous marchiez,
Que vous soyez assis,
Que vous soyez allongés,
Que vous buviez,
Quoi que vous fassiez,
Vous êtes tout le temps conscients de la nature impermanente des sensations.
À chaque instant,
Vous êtes attentifs à ce qui se passe à l'intérieur.
Être dans la compréhension constante de l'impermanence,
Sampajjhānya.
Cet enseignement du Bouddha,
Dans sa pureté,
N'était disponible qu'ici,
En Birmanie.
Je suis tellement reconnaissant à cette terre du Dhamma,
À mon père dans le Dhamma qui m'a transmis la technique de Vipassana.
Autrement,
J'aurais continué à jouer à des petits jeux intellectuels au nom du Dhamma,
Donnant des conférences sur notre Bhagavad Gita,
Car elle est magnifique,
Ou sur l'Abhidhamma.
J'ai beaucoup de respect pour la communauté monastique de ce pays.
Siècle après siècle,
Cette Sangha a maintenu la connaissance théorique de l'enseignement du Bouddha dans son intégralité,
Dans sa pureté originelle.
Ici,
J'ai trouvé 2500 moines,
Instruits,
Venant de différents pays,
Qui étudient les Écritures.
S'il y a si peu de différence entre les versions thaï,
Birmane,
Singalaise ou cambodgienne de celles-ci,
Alors que 25 siècles sont passés depuis que le Bouddha a donné son enseignement,
C'est grâce à ces moines et à tous ceux qui les ont précédés,
Qui ont conservé et transmis fidèlement les textes originaux.
Nous devons leur être très reconnaissants d'avoir maintenu la connaissance théorique de l'enseignement du Bouddha dans sa pureté originelle.
Et nous devons l'être aussi envers les enseignants qui ont maintenu la pratique dans sa pureté originelle en se la transmettant de génération en génération.
C'est ainsi que nous pouvons la recevoir aujourd'hui dans sa forme la plus pure.
Si j'étais né dans ce pays sans connaître Sayagyi Yubakin,
Ma vie aurait été cachée.
Fort heureusement,
J'ai fait sa rencontre.
Il enseignait la méditation vipassana dans sa pureté originelle et avec une complète compassion,
Sans attendre quoi que ce soit en échange.
C'était quelqu'un de vraiment détaché,
Ce qui était,
Je le savais,
Tout à fait rare.
Il s'acquittait de tous les devoirs de sa charge de haut fonctionnaire et diffusait le Dhamma par amour pour aider celui qui souffrait à se libérer de sa souffrance.
A l'instar du Bouddha qui nous le dit dans le Samyutta Nikaya,
« Pour le bénéfice d'un grand nombre,
Pour le bonheur d'un grand nombre,
Avec compassion pour le monde.
» C'était son seul but.
J'ai beaucoup de chance d'avoir rencontré une telle personne.
On trouve des gourous partout,
Certes,
Mais tous cherchent le pouvoir,
Le prestige ou le respect.
Lui n'attendait rien.
Grâce à sa rencontre,
Grâce à la rencontre avec le Dhamma,
Un nouveau Goenka est né dans son centre.
Au terme de ces trois jours de conférence,
Un souvenir remontant il y a cinquante ans me revient en mémoire.
Cinquante ans,
C'est long.
J'ai été admis ici,
Dans cette université,
Après mon baccalauréat.
Et je me suis installé là,
Dans l'un de ces bâtiments.
J'ai passé trois jours dans ces lieux.
Trois jours,
C'est tout.
Là s'arrêtèrent mes études universitaires.
Des problèmes familiaux me contraignirent à partir.
Aujourd'hui,
Cinquante ans plus tard,
Je suis très heureux de pouvoir manifester ma gratitude pour ces trois jours vécus ici en donnant ces conférences sur le Dhamma.
Pendant trois jours,
J'ai profité d'enseignements mondains qui m'ont été très utiles dans ma vie.
Et pendant trois jours,
J'ai prononcé ces trois conférences pour présenter la méditation vipassana.
J'ai dit aux étudiants,
Aux professeurs et aux employés de cette université,
C'est bien que ce hall soit utilisé pour transmettre la sagesse acquise d'autrui,
Sutta maya panna,
Et pour transmettre la sagesse acquise par l'intellect,
L'examen rationnel,
Cinta maya panna.
Mais il devrait également servir à transmettre la sagesse acquise par l'expérience,
Bhava namaya panna.
En Inde,
Où l'enseignement du Bouddha s'était complètement perdu,
Les gens prennent aujourd'hui conscience de la beauté de vipassana,
Et quelques écoles ont décidé que les élèves,
Chaque matin en arrivant,
Pratiquent pendant dix minutes anapana,
L'observation de la respiration.
Dans certaines écoles,
On le fait deux fois par jour,
Avant et après les cours.
Cela a donné de merveilleux résultats.
Car comme je l'explique souvent,
Le dhamma est un art de vivre.
Il nous apprend à vivre en paix et harmonieusement à l'intérieur,
Mais aussi à ne faire rayonner que paix et harmonie à l'extérieur,
Pour les autres.
Quand on commence à pratiquer,
Certains peuvent emprunter des chemins erronés,
D'autres garder une conduite non conforme à l'éthique.
Mais malgré cela,
Toute notre vie se met à changer.
Des recherches ont été faites pour mesurer l'impact de la pratique de vipassana sur les étudiants qui font des études supérieures.
Elles montrent que cela les aide énormément dans la réussite de leurs études,
Parce que plus l'esprit devient clair,
Plus sa capacité de compréhension augmente.
Lorsque l'esprit est libre de toute confusion,
On va facilement à la racine d'un problème.
On peut le pénétrer et y trouver une solution.
On a aussi constaté que la pratique de vipassana est extrêmement anxieux,
Au point d'échouer à un examen même lorsqu'il l'avait très bien préparé.
On leur a proposé l'entraînement suivant.
Avant de lire le sujet à traiter,
Concentrez votre esprit ici,
Sur la petite zone située juste en dessous du nez et au-dessus de la lèvre supérieure pendant deux minutes.
Observez le souffle qui entre,
Le souffle qui ressort.
L'esprit se calme et lorsque l'étudiant lit le sujet à traiter,
Tout est clair,
Il se rappelle de tout et il obtient de bons résultats.
En réalité,
Le Dhamma s'occupe de choses qui dépassent le monde matériel,
Mais il nous aide même dans le domaine mondain.
Le Dhamma aide tout un chacun.
Je suis heureux que ces conférences sur le Dhamma aient été organisées dans l'université de Rangoon.
J'ai payé ma dette envers elle.
À présent,
Je voudrais bien payer cette dette envers le pays tout entier en partageant les mérites que j'ai accumulés depuis plus de vingt ans,
D'énormes par amis.
En effet,
Des milliers et des milliers de gens dans le monde ont reçu le pur Dhamma et,
Lentement,
Pas à pas,
Ils ont commencé à marcher vers le but.
Ce sont de grands mérites que j'ai ainsi acquis.
J'ai envie de partager mes mérites avec tous les habitants de ce pays du Dhamma.
Que mes frères,
Mes sœurs puissent tous les partager et ainsi sortir de leurs souffrances.
Puisse le pays tout entier croître dans le Dhamma.
Puisse tous les habitants jouir de la paix et de l'harmonie.
Puisse-t-il régner paix,
Harmonie et prospérité dans le pays.
Que tous les êtres soient heureux.
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