
Méditation pour un Deuil Difficile, comme la Perte d’un Enfant
La méditation n’a pas le pouvoir d’enlever la douleur. La douleur est là, comme la présence de l’enfant ou de l’être cher que l’on a perdu. Comme l’arbre qui a reçu la foudre et qui va chercher la vie grâce à ses racines, la pratique de la méditation peut nous aider à retrouver ce qui nous relie à la vie. Méditation et voix de Dominique Sauthier.
Script
Bonjour,
Je vous propose une méditation guidée pour une situation très particulière et très douloureuse qui est le deuil d'un enfant.
Perdre un enfant est une des pires souffrances qu'un être humain puisse vivre,
Que ce soit après une longue maladie ou brutalement,
Lors d'un accident,
Quand un parent perd son enfant ou un de ses enfants.
C'est comme si une part de lui-même lui était enlevée,
Arrachée.
La douleur est telle qu'il n'est pas sûr de pouvoir survivre.
L'enfant parti laisse comme un gouffre béant que rien ne pourra jamais combler.
Il n'y a pas de consolation,
Pas de réparation.
La vie est définitivement changée.
Il y a un avant et il y a un après.
La douleur sera toujours là,
Plus ou moins aiguë,
Comme la présence en creux de l'enfant que l'on a perdu.
Et il faut continuer à vivre avec cette douleur,
Autour de cette douleur.
Et la question qui se pose,
C'est comment continuer à vivre alors qu'une partie de soi est morte.
Même si l'on est profondément blessé,
Quelque chose pourtant en soi est encore vivant,
Demande à vivre,
À continuer sa croissance.
Ce sera autour d'une blessure que la croissance se fera,
Comme celle de certains arbres qui même touchés en plein cœur par la foudre,
Trouvent dans leurs racines la force de reverdir et de refleurir.
Au début,
Ce seront quelques fragiles petites branches,
Puis la vie gagnera de plus en plus.
Et puis,
Il y a peut-être d'autres enfants dont il faut s'occuper.
Comment se sentir encore parent quand un enfant nous a été enlevé ?
Peut-on encore faire vivre ce lien quand il a été totalement dévasté ?
Mais ils sont là,
Ces autres enfants.
Ils ont perdu un frère,
Une sœur,
Et ils ont encore besoin de parents.
Ils ont besoin d'amour,
Ils ont besoin d'attention pour grandir.
Laissez-les vous tirer par la manche,
Vous ramener au présent,
Au maintenant avec ces nécessités.
Ils ne pourront jamais remplacer celui ou celle qui est parti,
Mais ils sont là,
Vivants.
Laissez-les vous ramener à la vie,
À l'innocence de la vie.
La méditation n'a pas le pouvoir d'enlever la douleur.
La douleur est là et sera toujours là,
Comme la présence de l'enfant que l'on a perdu.
La méditation permet peut-être de trouver un chemin vers sa douleur,
D'être un peu moins effrayé et démuni,
De lui faire une place qui nous permette de continuer à vivre sans avoir peur d'être débordé,
Submergé,
De trouver peut-être un peu d'apaisement.
Comme l'arbre qui a reçu la foudre et qui va chercher la vie grâce à ses racines,
La pratique de la méditation peut nous aider à retrouver ce qui nous relie à la vie.
La première étape de la méditation,
C'est de s'asseoir.
Quand on est en souffrance,
Ça peut paraître difficile.
On pense qu'en s'asseyant,
On ne saurait rien avoir à faire de spécial,
Sans la protection d'un livre,
D'un ordinateur,
De la télé,
La douleur va nous sauter à la figure.
Pour ne pas être emporté,
Nous allons nous appuyer sur notre corps,
Nous allons être très attentifs à notre corps.
Asseyez-vous sur une chaise ou sur un coussin de méditation.
Vos pieds sont bien à plat sur le sol si vous êtes assis sur une chaise.
Sur un coussin,
Les jambes sont simplement croisées devant soi et c'est la tranche externe des pieds qui est en contact avec le sol.
Vous pouvez laisser tout le poids de votre bassin se déposer sur la chaise ou sur le coussin.
Vous sentez que la terre est solide et qu'elle vous porte,
Qu'elle ne bouge pas.
Vos pieds sont bien en contact avec le sol,
Vous pouvez sentir la solidité,
La résistance du sol sous vos pieds.
Vous êtes assis avec le dos droit et la tête relevée,
Sans dureté.
Vous pouvez poser vos mains sur vos cuisses,
Abaisser le regard devant vous et détendre la mâchoire.
Vous pouvez vous redresser.
Vous êtes comme un arbre,
Bien enraciné,
Dressé vers le ciel.
Vous sentez une force qui vient de votre assise,
De vos pieds qui touchent le sol,
Une force qui vous nourrit.
Vous respirez,
Vous êtes traversé par le mouvement rythmique de votre respiration.
Vous sentez l'air qui entre dans votre corps,
Qui soulève votre poitrine,
Votre ventre,
Puis se retire.
C'est comme une vague qui vous traverse.
Puis le mouvement reprend,
L'air entre dans votre corps puis se retire.
Vous pouvez poser votre attention sur l'air qui entre et qui sort de votre corps.
Suivre ce mouvement rythmique,
Une vague après l'autre.
Inspire,
Expire.
Inspire,
Expire.
Vous pouvez vous abandonner à ce mouvement.
Il n'y a plus rien d'autre que ce mouvement.
Vous pouvez vous laisser bercer doucement.
Vous pouvez laisser le rythme de votre respiration vous apaiser.
Inspire,
Expire.
Inspire,
Expire.
L'air qui entre dans votre corps est frais,
Il vous nourrit,
Il circule dans tout votre corps et va vivifier chacune de vos cellules.
L'air que vous expirez est tiède,
Il a la chaleur de votre corps vivant.
Ce mouvement d'aller-retour,
C'est le mouvement même de la vie qui vous habite.
Vous pouvez laisser ce souffle de vie pénétrer votre corps et l'irriguer.
Sentir comme la vie est là,
Comme elle pétille en milliers de petites étoiles dans votre corps.
Mais peut-être que la souffrance est aussi là,
Aiguë,
Sourde ou comme un vide vertigineux.
Sentez le poids de votre corps posé sur la chaise ou sur le coussin.
Sentez la solidité de votre assise,
Vos pieds bien en contact avec le sol comme enracinés.
Comme l'arbre touché par la foudre,
Vous pouvez entourer cette blessure de toute la force de votre présence corporelle et de la vie qui vous anime.
Votre souffle est une ressource,
Vous pouvez bercer votre souffrance avec votre souffle.
Votre corps est comme un contenant pour cette souffrance,
Le souffle,
Le mouvement qui berce,
Qui apaise,
Qui adoucit.
Inspire,
Expire,
Inspire,
Expire.
Rencontrer sa douleur est une épreuve et en même temps un soulagement.
C'est une épreuve parce qu'il faut se laisser traverser par la souffrance et c'est un soulagement parce que nous donnons droit à ce que nous vivons au plus profond de nous-mêmes.
Contrairement à ce que nous pourrions imaginer,
Rencontrer et reconnaître sa souffrance ce n'est pas la retenir,
S'y attacher ou l'augmenter.
Bien au contraire,
En lui donnant droit,
On lui permet d'évoluer,
De se transformer et de trouver une place qui n'entrave pas le mouvement d'une vie qui est toujours là et qui ne demande qu'à continuer et à nous faire grandir.
Alors cette méditation est terminée,
Je vous dis au revoir et j'espère que cette méditation pourra vous accompagner.
Rencontrez votre professeur
4.6 (15)
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