
Ouvrir le jour avec Marie Madeleine
Cette prière du matin a été pensée comme un espace pour entrer dans le jour avec confiance, ouvrir la conscience à ce qui vient, laisser la voie se révéler à mesure, accueillir les rencontres qui traverseront les heures et offrir une place à ce qui cherche aujourd’hui à prendre forme à travers nous. Aux côtés de Marie-Madeleine, cette prière accompagne un mouvement simple et profond : ne pas vouloir connaître toute la route avant de l’emprunter, mais demeurer suffisamment ouverte pour reconnaître ce qui se présente, ce qui appelle notre attention, ce qui devient juste lorsque le jour commence à déployer son propre paysage. Elle peut être écoutée au réveil, pendant un temps calme, avant de travailler ou simplement lorsque vous ressentez le besoin d’entrer dans votre journée depuis un espace intérieur plus vaste.
Script
Bonjour.
Je te souhaite la bienvenue.
Pour cette prière du matin à Marie-Madeleine.
Pour ouvrir le jour.
Marie Vallée.
Je viens à ta rencontre,
Au commencement de ce jour.
Dans cette heure où les contours du monde semblent encore assez vastes pour accueillir ce qui n'a reçu aucune forme.
Le matin est là.
Intacte dans sa part inconnue.
Et je me tiens devant lui avec cette conscience simple.
D'être vivante.
Disponible à ceux qui s'approchent.
Attentif à ce qui charge déjà à naître dans la matière des heures du réel.
Ta présence accompagne ce premier mouvement.
Elle ne trace aucune route à ma place,
Elle ne choisit rien pour moi.
Elle reste auprès de cette ouverture.
Comme une mémoire vivante.
De la femme qui marche en elle-même.
Avec assez de confiance pour rencontrer le jour.
Sans lui demander.
De se dévoiler déjà entièrement.
Alors ?
Urgent.
Ce matin,
Possède une couleur qui n'appartient qu'à lui.
Même lorsque les décors semblent familiers,
Même lorsque les gestes attendus ressemblent à ceux de tant d'autres jours.
Une part du monde n'a rien.
Encore jamais été rencontré depuis ce point précis de mon existence.
Elle esheure devant moi.
N'ont encore accueilli aucune de mes paroles.
Aucun regard.
Et aucune décision.
Je les contemple comme un espace vivant.
Dont la forme se révélera peu à peu.
Et cette absence de définition devient en moi une ouverture.
Plutôt qu'un vide à combler.
Ou quelque chose à contrôler.
Marie Madeleine.
Auprès de toi.
Je laisse le jour avoir toute la nuit.
Sa nargeur.
Je n'ai rien à lui imposer avant qu'il ne commence réellement.
À se déployer.
Il peut venir à moi avec ses nuances,
Ses rythmes,
Ses variations imprévues.
Ma confiance et ma conscience reste assez souple pour le recevoir tel quel.
Et tel qu'il prendra forme.
Une part de moi,
C'est déjà.
Ce qu'elle souhaite accomplir.
Une autre reste disponible.
Ce que la réalité ajoutera au dessin de ce jour.
Et entre ces deux mouvements se crée un espace intérieur.
Riberon.
Vivement.
Vastes et respirables.
Dans cette première heure,
Je sens la porte du jour sourire doucement.
Ce n'est encore ni le chemin.
Ni l'œuvre.
Ni la rencontre.
Seule moi,
Cette entrée dans le jour.
Ce consentement à être là avant.
De savoir.
Ce que les heures feront émerger.
Mon regard se pose sur le matin avec davantage de présence.
Les choses trouvent doucement leur contour.
La matière du monde devient perceptible.
Et ma pensée cesse un instant.
De vouloir atteindre ce qui se trouve encore trop loin.
Quelque part.
Autour de moi.
La journée commence déjà à prendre son mouvement.
Des maisons s'éveillent.
Des routes se remplissent.
Des voix apparaissent.
Des gestes se préparent.
Je reçois cette pulsation.
Sans le précipiter devant elle.
Car il y a une douceur bien agréable dans le fait de sentir que le jour existe sans avoir besoin d'être immédiatement maîtrisé,
Que le temps avance sans réclamer de moi une compréhension totale et que ma seule présence suffit.
À franchir cette première porte.
L'intérieur de cette ouverture.
Eh bien la vie devient plus vaste.
Ce qui semblait compact se dessève.
Les possibles retrouvent de l'air.
Et la journée cesse d'apparaître comme un ensemble déjà écrit.
Elle devient un territoire encore plus vivant.
Susceptible d'accueillir une idée inattendue.
Et en mouvements différents.
Une perception neuve.
Je ne cherche pas à provoquer ces ouvertures.
Je leur laisse simplement.
Assez de place.
Pour qu'elle puisse exister.
Lorsqu'elle se présente.
Marie Madeleine.
Je reconnais dans ta proximité une qualité de silence qui n'enferme rien.
Elle permet à la conscience de rester éveillée sans se tendre.
De regarder devant elle sans vouloir immédiatement nommer ce qu'elle voit.
Et dans ce silence intérieur.
Le matin,
Devient presque une matière que l'on peut sentir.
Quelque chose de neuf,
De clair.
Disponible.
Une étendue encore libre de toute conclusion.
Je me tiens.
Quelques instants dans cette sensation agréable.
Car le jour qui commence ne demande aucune promesse.
Aucune déclaration.
Aucune conquête.
Il s'ouvre,
Simplement devant moi.
Et mon être sourd avec lui.
Une partie de la confiance,
Eh bien,
Naît peut-être ici.
Et maintenant.
Dans cette capacité à rester devant ce qui vient.
Soit remplir aussitôt l'espace de prévision.
En laissant la réalité le droit de se présenter.
Sous une forme différente de tout ce que mon imagination aurait pu préparer.
Enfin… Ce matin devient une porte intérieure.
Autant qu'une heure du jour.
Il élargit,
Ce qui en moi accepte encore d'être surpris.
Touché.
Déplacée par une pensée.
Par la beauté de la vie.
Et peut-être une direction imprévue.
Ce matin offre à ma conscience Une manière neuve.
De regarder.
De percevoir.
De ressentir.
Et plus tard d'agir.
Comme si le monde pouvait apparaître quelques instants.
Débarrasser de tout ce que je crois déjà connaître de lui.
Et dans cette ouverture d'esprit.
Et de cœur.
Je sens aussi ma propre capacité à entrer pleinement dans cette journée.
Je suis là.
Toute entière.
Avec mon intelligent.
Ma sensibilité.
Mon expérience.
Mon désir de créer.
Mon aptitude à discerner ce qui se présentera.
Et je sais que rien ne m'est retiré.
Rien n'est remis entre d'autres morts.
La confiance.
Que j'ouvre ce matin.
Appartient à cette souveraineté calme.
Celle de savoir que je peux rencontrer le réel.
À mesure qu'il y vient.
Marie-Madeleine Fermez-moi !
Encore un instant de rester.
Devant cette porte ouverte avec toi.
Aucun besoin de hâter le mouvement.
Le matin vient jusqu'à moi.
Avec sa lumière propre.
Et grâce à toi.
Et avec toi.
Je lui offre mon attention.
Avant de lui offrir mes gestes.
Et puis quelque chose en moi.
Se mettra doucement en marche.
Marie-Madeleine devant moi.
La voix.
Commence maintenant à apparaître.
Elle ne se donne jamais d'un seul regard.
Elle surgit dans la proximité.
Dans la portion immédiatement accessible.
Dans ce qui devient suffisamment clair pour être vécu.
Et j'aime cette idée qu'un chemin puisse exister avant même que j'en connaisse la totalité.
Et qu'il puisse se révéler en avançant.
À la mesure exacte de ce qui rend chaque être humain.
Alpable.
Et à la mesure exacte de ce que chaque œuvre rend visible.
Marie-Madeleine,
Aide-moi à marcher avec cette conscience.
Car les directions de ce jour ne sont pas encore toutes dessinées et leur part inconnue ne m'effraie pas.
Elle garde ouverte la possibilité d'une bifurcation féconde.
D'une réponse différente de celle que j'attendais.
D'une idée qui peut-être modifiera légèrement ma manière d'aborder ce qui m'attend.
Je sais que le chemin reste vivant.
Parce qu'il n'est jamais.
Entièrement contenue.
Dans le plan que j'en avais fait.
Alors Marie-Madeleine.
Au fil de cette journée.
Permets-moi de.
.
.
Mouah !
Que certaines choses auront une évidence immédiate.
Elles se présenteront avec cette simplicité particulière des gestes,
Qui trouvent naturellement leur place.
Comme si plusieurs éléments dispersés se rassemblaient soudain autour d'une même direction.
Je veux,
Avec ton être,
Pouvoir reconnaître cette cohérence lorsqu'elle apparaît.
Sentir lorsqu'une route devient plus lisible.
Lorsqu'une décision cesse de demander autant d'effort intérieur parce que son sens se ressemble.
De lui-même.
Je sais que d'autres passages seront flous.
Ils demanderont peut-être quelques heures ou quelques jours.
Un regard supplémentaire.
Une information encore absente.
Là aussi,
Je sais que la voix continue d'exister.
Même lorsqu'elle reste partiellement cachée.
Alors Marie-Madeleine ?
Permets-moi de rester devant cette part inachevée,
Sans la contraindre à devenir trop claire,
Trop tout.
Car tu m'as déjà enseigné que le chemin possède Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.
Org propre rythme de révélation.
Et que la confiance consiste parfois à laisser une direction mûrir jusqu'à ce qu'elle devienne suffisamment présente.
Pour être reconnu.
Marie Madeleine Apprends-moi !
Ce matin.
À me rendre disponible à cette intelligence du mouvement.
Car tu m'as aussi appris.
Que marcher signifie découvrir.
Un pas transforme la perspective.
Un déplacement révèle ce qui était masqué depuis l'endroit précédent.
Une action produit,
Une information que la pensée seule ne pouvait offrir.
Et la journée pourra ainsi me répondre.
Par sa matière même.
Et mon discernement s'affinera à mesure.
Que je participerai réellement.
Ce qu'elle me propose.
Marie-Madeleine Je sens combien cette voix peut rester simple lorsqu'elle n'est pas surchargée de tout l'avenir.
Ce qui m'appartient aujourd'hui se trouve dans les heures proches,
Dans les décisions présentes.
Dans les passages qui apparaîtront,
Probablement,
Au fur et à mesure.
Et le reste ?
Restera au-delà de l'horizon de ce matin.
Et je sais.
Que cette distance est aussi sagesse.
Et que je n'ai aucune raison de porter aujourd'hui.
Ce qui n'a encore forme réelle.
Marie-Badeline.
Ta présence marche ici.
Et maintenant.
Auprès de moi.
Au creux de mon cœur.
Comme une campagne silencieuse.
Elle ne désigne aucune direction.
Je sais qu'elle rappelle seulement par sa proximité.
Que la femme qui avance peut écouter sa propre intelligence,
Reconnaître ce qui devient juste et ce qui ne l'est pas.
Sentir la cohérence d'un mouvement et rester pleinement responsable de ses choix.
Et Marie Madeleine.
Cette compagnie intérieure que tu m'offres.
Je sais qu'elle ne retire rien à ma liberté.
Je sais qu'elle l'élargit.
Et je sais que parfois.
.
.
Une possibilité surgira depuis un angle que je n'avais pas encore regardé.
Elle pourra être discrète.
Presque facile à négliger.
Peut-être parce qu'elle ne correspond pas à l'image que j'avais construite d'une réponse.
Marie Magdalene.
Permets-moi de garder assez d'espace intérieur dans ma conscience pour l'avoir.
Pour t'approcher.
Pour sentir si.
.
.
Et bien.
Cette possibilité.
À une véritable densité.
Car tu m'as déjà enseigné que les voies les plus fécondes ne portent pas toujours l'apparence que l'on attend d'elles lorsqu'elles apparaissent pour la première fois.
Je sais,
Marie-Madeleine,
Qu'à d'autres moments la route continuera simplement.
Dans la direction déjà connue.
La confiance aussi possède cette dimension,
De reconnaître qu'un chemin reste vivant.
Même lorsqu'il demande de poursuivre des gestes familiers.
Tout simple.
Tu m'as déjà enseigné que toutes les ouvertures n'ont pas besoin.
De produire des bifurcations.
Certaines approfondissent une voix des gens engagés.
Lui donne davantage de substance,
La rend plus claire à mesure que l'on y avance.
Alors,
Marie-Madeleine.
Ainsi je marche dans ce jour,
Sans chercher partout une rupture ou une confirmation.
Permets-moi de rester disponible,
Ce qui change,
Et fidèle à ce qui reste juste.
Et entre ces deux mouvements,
Une trajectoire se dessinera,
Ou pas,
Avec plus de finesse que si je tentais d'en décider chaque détail dès maintenant.
Au revoir et Madeleine.
Permets-moi de voir que le chemin peut également se révéler par une sensation de justesse,
Difficile à réduire à un simple raisonnement.
Plusieurs éléments trouvent leur place.
La pensée respire mieux.
La direction devient plus simple à tenir.
Permets-moi de recevoir cette cohérence comme une information parmi d'autres.
Avec assez de discernement pour l'éprouver dans le réel.
Et assez de confiance pour ne pas l'étouffer sous une analyse sans fin.
Et lorsque viendra l'heure d'un choix.
Fermez-moi.
Apprends-moi !
De rester proche de ce qui est réellement là.
Les possibles seront regardés pour ce qu'ils contiennent.
Les conséquences visibles pourront être pesées.
Et mon intelligence prendra.
.
.
Sa part entière.
Pernez-moi !
De ne… attendre.
Aucune voix extérieure venant abolir la complexité.
Je cherche seulement cette qualité de présence qui permet d'entendre plus clairement.
Sa propre pensée.
On va y mêler.
Le chemin de ce jour peut être droit.
Ou légèrement courbe.
Danse.
Et l'humanité.
Étonnamment fluide.
Ou tout ceci à la fois.
Et permets-moi.
De ne pas contrôler.
Le besoin.
De sa forme.
Sa forme.
N'importe moins que la manière dont je le rencontre.
J'aimerais entrer dans ces variations avec une conscience éveillée.
En sachant qu'une voix peut se préciser.
À mesure qu'elle est vécue.
Et Marie-Madeleine.
Tandis que j'avance.
Tout près de toi.
Permets-moi de voir comme le monde commence lui aussi à venir vers moi.
Marie-Madeleine Maintenant,
Cette journée n'est plus seulement devant moi.
Elle commence à se peupler.
Des voix.
Des visages.
Des images.
Des détails du monde vont entrer mon champ.
Je désire les rencontrer avec une attention qui ne soit ni distraite,
Il n'y a rien.
Car il y a dans chaque jour.
.
.
Une part.
Qui vient à nous depuis l'extérieur.
D'une manière imprévisible.
Que nous ne fabriquons pas.
Et qui peut pourtant modifier subtilement notre manière de penser.
De sentir.
Et aussi de comprendre.
Au revoir,
Madeleine.
Permets-moi de rester auprès de cette ouverture à la rencontre.
Permet-moi de n'exiger aucune disponibilité infinie.
Seulement une conscience assez présente pour voir ce qui se présente réellement.
Permets-moi de ressentir qu'une conversation pourra porter une nuance peut-être inattendue.
Un visage familier apparaître autrement.
Une phrase trouvait en moi un écho particulier.
Car je veux laisser ces moments exister.
Avant de décider ce qu'il signifie.
À Marie-Madeleine Tu m'as déjà enseigné que la rencontre commence parfois dans les choses les plus ordinaires.
Une lumière sur un mur Une odeur dans l'air.
Un fragon de musique.
Car la beauté dans les tailles.
Apparaît souvent sans recherche.
Et je sais que le jour possède ses propres manières de toucher la conscience.
Tu m'as déjà enseigné que je n'ai pas besoin d'en faire des signes.
Leur simple existence suffit à élargir l'expérience et à rappeler que le monde reste plus riche.
Que ce que mon programme avait prévu.
Alors ?
Marie-Madeleine aujourd'hui.
Permets-moi.
Deux parmi les êtres croisés.
Que certains auront une place familière.
D'autres ne feront que passer.
Car chacun arrive.
À moi avec son propre univers.
Sa propre histoire.
Une journée qui lui appartient.
Tout autant que la mienne m'appartient.
Permets-moi que cette pensée ouvre en moi Une.
.
.
Manière de laisser tomber.
L'autre.
Être pleinement.
Outre.
Sans réduire sa présence à la fonction qu'il occupe dans mon propre récit.
Car je désire entendre ce qui mérite réellement d'être entendu.
Car tu m'as déjà enseigné qu'une parole peut parfois déplacer une idée.
Révéler une perspective nouvelle.
Offrir un mot,
Là où ma pensée restait encore imprécise,
Et qu'il suffit d'une attention disponible.
Pour qu'une rencontre qui paraît ordinaire devienne féconde et constructive,
Belle dans sa magie.
Sans qu'elle ait besoin d'être grandiose,
Ni absolument chargée d'un sens mystique.
Alors à l'intérieur de cette présence ?
Je reste également en relation.
Avec ce que les rencontres éveillent en moi.
La joie,
La curiosité.
Une question.
Et une intuition qui peuvent apparaître au détour d'un échange.
Et ouvrir un espace intérieur.
Permets-moi de les accueillir comme des mouvements vivants.
Assez longtemps pour sentir ce qu'ils contiennent.
Sans les transformer immédiatement en conclusion.
Marie Madeleine.
Permet-moi de reconnaître dans cette journée la possibilité de recevoir.
Recevoir une parole juste.
Une aide simple.
Une attention,
Une idée.
La beauté de la vie.
Ou un moment de douceur.
Car je sais que certaines heures,
Offre davantage.
Que ce que l'on avait imaginé.
Et il serait bien évidemment dommage.
De les traverser avec le regard déjà fixé sur ce qui vient ensuite.
Je souhaite laisser entrer ce qui nous rit.
Lorsque cela se présente,
Avec cette simplicité qui se transforme.
Et qui ne transforme pas chaque don.
En dette.
On vous en promet.
Marie Madeleine.
Au fil des heures.
Permets-moi de voir cette qualité de présence.
Celle qui devient une manière d'habiter le jour.
Celle qui ne demande aucun effort continu de ne vivre aucune tension.
Celle qui ressemble plutôt à une fenêtre intérieure laissée ouverte ?
Suffisamment pour que le monde puisse entrer lorsqu'il porte une information.
Ou une possibilité que je n'aurais jamais pu créer seule.
Au revoir les madeleines.
Apprends-moi à ne chercher aucune révélation à chaque rencontre.
Certaines conversations resteront légères.
Certaines images traverseront simplement le regard.
Certains visages seront oubliés quelques minutes plus tard.
Et apprends-moi que leur valeur ne dépend pas de la trace qu'ils laisseront.
La vie quotidienne possède aussi cette texture éphémère,
Faite de passages qui existent pleinement.
Sans devenir des événements.
Omarie Madeleine Apprends-moi à voir qu'à mesure que cet état de conscience s'installe.
Que le jour gagne en profondeur sans devenir plus lourd,
Que je peux enfin marcher parmi les êtres et les choses avec une attention souple,
Recevoir ce qui vient,
Laisser passer ce qui demande rien de moi,
Reconnaître ce qui mérite également de rester quelques instants plus longtemps.
Permets-moi de vivre le moment.
De mettre mes mains dans ce jour.
Au revoir Madeleine.
Je me tourne maintenant vers ce que cette journée me permettra de faire exister.
Car certaines intentions vivent déjà en moi depuis longtemps.
Et peut-être que d'autres apparaîtront au fil des heures.
Et je crois que ce matin.
Je n'ai besoin que de sentir la disponibilité de mes mains,
De ma pensée.
De ma voix.
De mon cœur,
De tout ce qui peut devenir matière.
Lorsque je choisis de lui donner une forme.
Oh Marie-Madeleine !
Permet-moi de comprendre que l'œuvre du jour peut être humble.
Une page.
En geste.
Une décision.
Quelques mots assemblés avec justesse.
Une action qui permet à ceux qui étaient encore intérieurs de rejoindre enfin le monde.
Et apprends-moi.
Que je n'attends à coup aucun d'accomplissement total de ces heures.
Je leur ouvre simplement un passage.
Afin que ce qui peut naître aujourd'hui trouve la place.
De naître aujourd'hui.
Au Marie-Madeleine.
Tu m'as déjà fait comprendre qu'il y a en moi des choses qui demandent depuis longtemps à devenir plus concrètes.
Il y a.
Une certaine intuition qui cherche,
Une phrase dans laquelle prendre forme.
Une autre pensée qui réclame une structure réelle.
Ou alors encore un projet.
Qui attend une première action.
Apprends-moi à reconnaître leurs mouvements.
Et alors ce matin,
Je leur offre une disponibilité réelle.
Les mains peuvent commencer là où l'esprit,
Rester encore peut-être parfois dans l'attente.
Et parfois,
Le premier geste contient déjà l'ouverture.
De tout ce qui y suivra.
Marie-Madeleine.
Cette œuvre appartient au jour avant d'appartenir au résultat.
Je le sais.
Et je veux rester proche.
De ce qui se crée pendant que cela se crée.
Sentir la matière répondre.
Percevoir lorsqu'une forme devient plus juste,
Lorsqu'une idée trouve enfin la langue qui lui convient.
Et tu m'as déjà fait prendre conscience.
Qu'il existe cette joie.
Dans ce contact avec ce qui prend corps.
Et je sais qu'elle tient moins à l'achèvement qu'au sentiment de participer réellement.
À l'apparition de quelque chose qui,
Quelques heures plus tôt,
N'existait encore que sous forme.
De possibilités.
À Marie Magdalene.
Ta présence accompagne ici et maintenant.
La femme que je suis.
Qui œuvre depuis son propre centre.
Je suis cette femme qui ne commande rien,
Qui ne sanctifie aucune productivité.
Qui reste près de cette capacité créatrice qui transforme l'intuition en geste.
Et le désir en matière.
Je me tiens,
Ici et maintenant,
Dans cette filiation libre,
Dans cette mémoire des femmes qui ont donné forme à ce qu'elles portaient sans attendre qu'une autorité extérieure leur indique.
Le moment.
Ou la manière.
Comme toi.
Alors,
Aujourd'hui,
Certaines choses prendront peut-être une forme très nette tandis que d'autres resteront encore en cours d'élaboration.
Alors ?
En cette ultime guidance.
Permets-moi d'apprendre,
Alors laissez le rythme.
Car tu as déjà essayé de me.
.
.
Faire comprendre qu'une œuvre vivante n'a aucune obligation de se montrer entièrement dans une seule journée.
Et dans la journée qu'il a commencée.
Elle peut avancer par fragments.
Par couche successive.
Par reprise.
Et chacun de ces passages participe à ce qu'elle deviendra.
Au nom de l'Union Européenne.
Je veux aussi laisser une place à l'inattendu dans ce que je crée.
Une phrase meilleure que celle que j'avais préparée peut apparaître en écrivant,
Je le sais.
Une idée secondaire.
Devenir soudain centrale.
Une direction nouvelle se révéler dans la matière elle-même.
Car tu m'as déjà appris que l'œuvre possède parfois une intelligence propre.
Lorsqu'on lui accorde assez d'intention.
Et assez de temps.
Pour la laisser répondre de manière juste.
Alors,
Marie-Madeleine.
Ainsi se battant.
Je.
.
.
N'entreprend aucune conquête.
Je me permets de prendre simplement place dans ce que je peux offrir au monde aujourd'hui.
Car une part de moi s'est créée,
Organisée,
Écrite,
Parlée.
Façonner,
Agir,
Choisir.
Et cette puissance en moi peut rester tranquille.
Elle n'a besoin d'aucune mise en scène pour être réelle.
Car elle se reconnaît au moment où où l'intention devient juste.
La journée peut alors commencer pleinement.
Ici et maintenant,
La porte reste ouverte.
La voix se dessinera,
Les rencontres viendront.
Et mes mains sauront reconnaître ce qui leur appartient vraiment.
J'ai compris que je n'ai rien à connaître de plus pour entrer dans ce matin.
Marie Magdalene.
Puis ta présence,
Restez auprès de moi.
Comme une proximité mais libre.
Une mémoire de verticalité et de confiance,
Tandis que je prends moi-même,
En toute souveraineté,
Le premier pas de ce matin.
Et devant moi.
Le jour respire encore dans sa part inconnue.
J'ouvre ma conscience à son espace.
J'entre dans sa matière.
Et je me déploie vers le monde.
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