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La Bibliothèque des Rêves — Histoire pour Dormir

by Fred Tillon

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Une histoire à respirer pour glisser doucement vers le sommeil. Un soir d'automne, au bout d'une vieille rue pavée, une bibliothèque vous ouvre ses portes. Vous montez un escalier en colimaçon jusqu'à une alcôve tranquille, un fauteuil de cuir, une lampe dorée et une tasse de chocolat chaud. Quelque part, une horloge ancienne égrène les secondes. Dans cette histoire, le souffle fait partie du récit. Fred vous guide d'abord sur un rythme lent, quatre temps pour inspirer, six pour expirer. Puis c'est le tic-tac de l'horloge qui prend le relais, et vous n'avez plus qu'à le suivre. Une expiration plus longue que l'inspiration aide le corps à ralentir et prépare naturellement au sommeil. L'histoire se termine en fondu, sans retour à l'éveil : vous pouvez vous endormir pendant l'écoute. À écouter au lit, lumière éteinte. Histoires à respirer - une série de récits guidés où chaque histoire vous fait découvrir le souffle autrement. Voix et musique originale : Fred Tillon.

Script

Bonsoir.

Je suis Fred.

Et ce soir je vous emmène dans une bibliothèque un peu particulière,

Un soir d'automne.

Laissez votre corps trouver sa position la plus confortable.

Sentez le poids de vos membres s'abandonner complètement.

Fermez doucement les yeux.

Accordons d'abord le souffle.

Inspiré par le nez de.

.

.

Et laisser l'air repartir lentement.

4,

5,

6.

Encore une fois,

Inspiré de.

.

.

3,

4,

Expirez 2,

3,

4,

5,

6.

Puis laissez votre respiration continuer seule,

Lente,

En rythme ou tranquille,

Comme une marée qui se retire en douceur.

C'est la fin d'une journée d'automne,

Le crépuscule étend ses teintes cuivrées sur le monde.

Vous vous promenez dans une vieille rue pavée,

Dans une ville que vous ne connaissez pas,

Mais qui vous semble étrangement familière.

Les pavés sont lisses,

Polis par des siècles de passage.

De chaque côté de hautes maisons de pierres dorées par la lumière déclinante.

Des feuilles mortes tourbillonnent autour de vous,

Bruns chauds,

Rouges profonds,

Or éclatant.

L'air sans l'automne.

La terre,

Une pointe de sucre,

La fumée d'une cheminée lointaine,

Le pain qui cuit quelque part.

Au bout de la rue,

Un bâtiment plus ancien que les autres.

Ces murs sont couverts d'un lierre flamboyant.

Des vitraux brillent doucement et projettent des reflets colorés sur les pavés.

Vous savez.

Sans pouvoir lire l'enseigne.

Que c'est une bibliothèque.

Vous posez la main sur la poignée en bronze,

Fraîche et patinée.

La porte s'ouvre sans un bruit.

Une bouffée d'air chaud vous accueille.

Et avec elle le parfum des vieux livres.

Papier ancien,

Cuir,

Encre séchée,

Poussière dorée.

L'odeur de milliers d'histoires endormies.

De l'intérieur,

Le lieu paraît infini.

Des étagères de bois sombres montent jusqu'à un plafond qui se perd dans l'ombre.

Des lampes anciennes diffusent une lueur dorée.

Quelques bougies brûlent,

Ça et là.

Et quelque part,

Dans les profondeurs de la bibliothèque,

Une horloge ancienne égrène les secondes.

Un son loque.

Régulier.

Rassurant.

Vous avancez sur des tapis épais qui amortissent vos pas.

Vous passez la main le long des livres,

Cuir lisse,

Tissu râpeux.

Papier gaufré.

Velours doux.

Certains sont tièdes.

Comme s'il venait d'être lu.

Un escalier en collimaçon vous invite à monter.

Chaque marche craque doucement.

Au troisième étage,

Le plafond est plus bas.

Les étagères plus proches.

C'est intime,

Comme le ventre chaud d'un bateau fait de livres.

Entre deux étagères,

Une alcove.

Une grande fenêtre en ogive donne sur la ville en contrebas.

Devant elle,

Un vieux fauteuil de cuir bordeaux,

Profond et moelleux,

Avec des coussins de velours vert et or.

À côté,

Une lampe de lecture à l'abat-jour vert.

Et une tasse de chocolat chaud qui fume.

Avec une touche de cannelle.

À vous installer.

Le cuir se moule à votre corps comme une étreinte.

Depuis votre fauteuil,

Vous entendez toujours l'horloge.

Laissez votre souffle s'accorder à elle.

Pendant 4 battements,

Vous inspirez 2,

3,

4.

Pendant 6 battements,

Vous expirez 2.

Quatre pour recevoir.

6 pour relâcher.

L'horloge compte.

Et vous n'avez qu'à suivre.

Par la fenêtre,

La ville s'illumine doucement.

Les fenêtres des maisons s'allument une à une.

Des cheminées laissent monter de fines volutes de fumée.

Les réverbères posent des halos dorés sur les pavés luisants.

Prenez une gorgée de chocolat.

La chaleur se répand dans votre gorge,

Dans votre poitrine.

Dans tout votre corps.

À côté de la tasse,

Un livre que vous n'aviez pas vu.

Sa couverture est bleue nuit,

Constellée de minuscules étoiles dorées.

Vous l'ouvrez.

Il n'y a pas de mots sur ces pages.

Seulement des images qui bougent doucement.

Des lieux où vous vous êtes sentis bien.

Peut-être un jardin d'été.

L'herbe haute et l'hépacrète.

Le bourdonnement des abeilles.

Vous tournez la page.

Une plage au coucher du soleil.

Le sable tiède sous les pieds.

Une autre page.

Une forêt en hiver.

Silencieuse.

Sous la neige.

Chaque page est un refuge.

Vous les tournez lentement.

De plus en plus lentement.

Puis vous refermez le livre et le gardez sur vos genoux.

Une couverture de laine est posée sur le bras du fauteuil.

Ou la tirer sur vous.

Jusqu'au menton.

Elle sent la lavande et le cèdre.

Votre corps s'enfonce plus profondément dans le fauteuil,

Vos épaules s'abaissent.

Votre mâchoire se détend.

Vos mains reposent immobiles.

Sur le livre.

Vous ne comptez plus.

L'horloge le fait pour vous.

Par la fenêtre,

La nuit est complète.

Une lune presque pleine se lève et mêle sa lumière argentée à la clarté dorée de la lampe.

La flamme des bougies danse paresseusement.

On dirait que les livres eux-mêmes respirent,

Qu'ils rêvent des histoires qu'ils contiennent.

Et l'horloge ralentit.

Les secondes s'étirent.

Le temps,

Ici,

N'a plus d'importance.

Les bruits de la ville en contrebas s'estompent.

Les contours des étagères se fondent dans l'ombre.

Les titres dorés deviennent de simples lignes de lumière.

Vous ne savez plus très bien si vos yeux sont ouverts ou fermés.

Cela n'a plus d'importance.

Vos dernières pensées dérivent comme des feuilles sur une rivière tranquille.

Elle passe.

S'éloigne.

Disparaissent.

La Bibliothèque vous garde.

La couverture vous tient chaud.

Le livre conserve vos rêves entre ses pages.

Et vous dormez.

Dans la bibliothèque des rêves.

Bonne nuit.

5.0 (3)

Avis récents

Edward

October 1, 2026

Très efficace visualisation. Merci

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