
Je suis un arbre.
by Stephane Nau
Je suis un arbre.
Script
Et pour commencer,
Si ça vous va,
Vous pouvez peut-être vous asseoir,
Et si vous le souhaitez,
Vous pouvez aussi rester debout,
Je ne vous vois pas,
Donc faites comme vous le sentez.
Mais si on parle de l'arbre,
Comme quand on parle de la montagne,
C'est mieux d'être dans une posture verticale qu'horizontale.
En même temps,
Si vous n'avez pas la possibilité de rester debout ou assis,
Sentez-vous tout à fait libre aussi de vous allonger et de rentrer dans cette pratique.
Bienvenue dans cette pratique où nous avons un petit temps là pour trouver la façon dont nous pouvons nous installer,
À la fois le plus confortablement possible,
Mais de la façon aussi la plus adaptée pour soutenir notre attention.
Ça peut nous amener à sentir le corps se poser là où il est posé,
À sentir les points de contact du corps avec,
Si nous sommes assis par exemple,
Les pieds sur le sol ou les fesses sur le coussin,
Sur la chaise,
Sur le banc de méditation,
Si nous sommes debout,
Les pieds au sol,
Vraiment d'avoir cette attention à la fois douce mais aussi déterminée à ressentir qu'est-ce qui se passe là,
Comment je sais que je suis assise,
Assis,
Comment je sais que je suis debout,
Comment j'en suis sûr.
Et ça passe inévitablement par les sensations corporelles.
Et d'amener cette attention vers ces sensations corporelles,
De nous offrir ce temps pour nous laisser nous poser,
Nous laisser nous déposer,
Nous laisser nous établir dans cet instant,
À la fois le corps et le souffle,
D'amener une certaine immobilité,
De laisser vraiment apparaître ce sentiment de stabilité,
De verticalité.
Et lorsque nous sommes un peu ajustés,
En tout cas pour le moment ajustés dans notre posture,
Lorsque nous sentons que petit à petit le silence se fait,
À la fois extérieur et peut-être,
Pour certains en tout cas,
Le silence intérieur,
De temps en temps,
Ça peut être un peu bruyant là-haut,
De laisser venir en nous une image,
L'image d'un arbre,
Ça peut être le plus bel arbre que nous ayons vu,
Ça peut être l'image d'une photographie,
Ça peut être l'image d'un arbre imaginaire que nous imaginons très beau,
Ou ça peut être,
Si nous avons la chance d'avoir une fenêtre,
L'arbre qui est là juste dehors,
Si il y en a un.
Laisser venir en nous cette image de cet arbre,
Voir sa position,
Comment il est enraciné,
Son tronc,
Ses branches,
Ses feuilles,
De noter simplement sa posture droite,
Juste de le voir,
D'aller à sa rencontre,
Et petit à petit l'image de cet arbre en nous se fait de plus en plus nette,
Et l'invitation d'aller à sa rencontre,
C'est l'invitation petit à petit à ne faire qu'un avec cet arbre,
Cet instant ou peut-être un petit peu après,
D'amener véritablement une espèce d'unité entre l'arbre et moi,
De ne faire qu'un.
Et en le détaillant petit à petit,
Je peux aller peut-être voir un petit peu en bas de l'arbre,
D'aller rencontrer les racines de cet arbre,
Peut-être des racines apparentes à l'air libre qui se plongent dans le sol,
Peut-être que nous ne voyons pas du tout de racines,
Mais nous pouvons peut-être entrer dans le sol et voir ces racines dans la terre,
Dans les pierres,
De noter les ramifications de ces racines,
Ces racines qui commencent peut-être grosses et qui s'affinent et qui s'écartent,
Et de noter combien ces racines ne font qu'un,
Qu'une,
Avec la terre qui les entoure et avec tout ce qui vit aussi dans la terre,
Tous ces micro-organismes,
Ces champignons,
Ces insectes,
Ces nutriments,
De sentir cet arbre enraciné,
Quelle que soit la profondeur des racines,
Les racines tiennent l'arbre.
Et si cela nous va,
Nous pouvons ramener cette image des racines à nous-mêmes à cet instant et ressentir nos pieds,
Ressentir nos fesses,
Ressentir le sol sous nos pieds,
Ressentir la terre sous le sol,
Ressentir notre propre enracinement à cet instant,
Notre propre stabilité,
Notre propre ancrage profond.
Et puis,
Tout doucement,
Nous pouvons déplacer notre attention du bout des racines,
Remontant le long des racines pour arriver en bas du tronc et avoir une vue peut-être plus large du tronc en lui-même.
Peut-être que le tronc de l'arbre que vous avez choisi est fin,
Peut-être qu'il est large.
Voyez simplement comment il est,
La couleur de l'écorce,
L'épaisseur.
Notez cet élancement vers le ciel et puis la façon dont le tronc soutient l'arbre,
Notant également dans cette solidité du tronc toute la vitalité du tronc,
Cet endroit,
Ce lien entre la terre et le ciel,
Entre les racines et les bouts des feuilles,
La sève qui circule juste en dessous de l'écorce,
Et puis de noter aussi l'écorce en elle-même qui protège l'arbre.
Peut-être l'écorce est-elle blanche,
Marron,
Presque noire,
Peut-être qu'elle est épaisse ou fine,
Peut-être qu'elle est très ridée ou au contraire lisse,
Cette écorce qui protège.
Et à cet instant,
Est-ce que je pourrais juste maintenant ressentir ma force,
Ressentir ma solidité,
En notant peut-être les sensations entre le bassin et les épaules,
La respiration,
L'air qui circule,
La peau qui protège,
Le souffle.
Puis déplaçant à présent,
Si ça me convient bien sûr,
Mon attention du tronc vers les branches,
Les branches qui peuvent être larges ou fines,
Peut-être large au début et plus fine à la fin,
Et de voir la largeur des branches,
De voir leur ouverture,
L'air qui circule entre les branches,
L'espace,
De noter également la souplesse des branches,
Cette forme de flexibilité aux événements extérieurs,
Et peut-être dans votre arbre,
Y a-t-il des oiseaux qui passent et qui s'arrêtent.
Et voyons que quelle que soit la densité des branches,
Les oiseaux peuvent circuler librement,
Comme l'air circule entre les branches,
Noter la liberté des oiseaux à circuler entre les branches,
Que les branches ne sont pas une prison pour l'oiseau,
Invitation à ressentir ce qui circule en nous,
Ce vaste espace,
L'espace du souffle,
Mais aussi l'espace peut-être des bras qui s'ouvrent,
Qui se referment,
L'espace des doigts qui s'écartent,
Et également ce que j'accueille,
Un peu comme l'arbre accueille les oiseaux,
Est-ce que je peux accueillir à cet instant mes sensations,
Mes pensées,
Mes sentiments,
Mes émotions,
Est-ce que tout ça en moi a la liberté d'être,
Sentir l'espace entre les branches,
Et revenir au bout des branches,
Aux feuilles,
Voir les feuilles,
Le verre,
La densité,
Ou peut-être,
L'arbre est-il très clairsemé,
Le mouvement des feuilles,
Le bruisement des feuilles dans le vent.
Juste de noter cette mosaïque de feuilles comme un peu un tableau impressionniste,
De petites touches qui s'agitent,
Et de noter également que les feuilles naissent et meurent,
Saison après saison,
Année après année,
Elles sont à la fois solides et fragiles.
L'invitation à ressentir,
Ressentir à cet instant cette forme de force et de confiance en la vie,
Confiance dans notre propre fragilité,
Confiance dans le fait que tout naît et tout meurt instant après instant,
De sentir cette subtilité en moi,
De pouvoir toucher,
Goûter l'air,
Sensation de l'air sur la peau qui passe et qui s'en va.
Voilà,
C'est l'arbre partant calme,
Mais bien sûr,
L'arbre aussi affronte des tempêtes,
Et nous pourrions voir l'arbre que nous avons choisi juste dans la tempête,
Balotté par le vent,
Et notant que son tronc reste à la fois solide et souple,
Quelle que soit la taille du tronc,
Que les branches bougent sans se rompre,
Et que si toutefois une branche tombe au sol,
C'est que cette branche était déjà morte,
Et l'arbre s'en est séparé.
Et pour ce qui est de moi,
Est-ce que dans la tourmente,
Je pourrais être souple et solide,
Comment je me sens dans ces moments d'agitation,
De confusion,
De difficulté ?
Invitation à nous ancrer dans les racines,
Dans le tronc,
Dans les branches,
Dans nos pieds,
Dans notre corps,
Dans notre souffle,
Avec confiance,
Immobile au cœur de la tourmente,
Gardant force,
Souplesse,
Espace,
Et prenant le temps pour les quelques minutes qui nous restent,
D'épouser les qualités de l'arbre,
Ressentir simplement l'arbre en nous,
Immobile.
Prenons le temps de ressentir ce qui est là,
Et peut-être aurions-nous envie,
À cet instant,
De nous lever,
De nous déployer grand comme un arbre en nous étirant,
Ou bien de rester assis et de bouger légèrement,
De nous remettre en mouvement,
Ou bien rien du tout,
Et tout est OK.
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